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It Iß.
T'oung pao
'h
POUR SERVIE A
L'ÉTUDE DE L'HISTOIRE, DES LANGUES, DE LA GÉOGRAPHIE ET
DE L'ETHNOGRAPHIE DE L'ASIE ORIENTALE
(CHLINIC, JAI»ON, CORÄK, tNDO-CHLNK, A.S1E:
CKJVTRA.LK et MALA-ISIE).
RÉDIGÉES PAR MM.
GUSTAVE SCHLEGEL
Professeur de Chinois à l'Universite de Leide
ET
HENRI CORDIER
Professeur à l'Ecole spéciale des Langues orientales vivantes et à l'Ecole libre des
Sciences politiques à Paris.
Série II. Vol. HI.
e,-<-'«-^^^^?^^k.»--»o
LIBRAIRIE ET IMPRIMERIE
CI-DEVANT
E. J. BRILL.
LEIDE — 1902.
DS
50]
3
Y.
794699
IMPKIMERIE CI-DEVANT E. J. BRILL, LEIDE.
SOMMAIRE.
Articles de Fonds.
Page»
G. Sciii-EOEr., On the invention and use of fire-arms and gunpowder in
China, prior to the arrival of Europeans i
J. Reauvais, Kouang-si 12, 59, 145
M. DE Marom-es, Souvenirs de la rôvolte des T'ai-P'ing 201
Henri Cordier, Les marchands hanistes de Canton 28i
Mélanges.
Ancient Chinese Phonetics, by S. H. Schaank 106
Abel-Réinusat, bibliographe, par Henri Cordier lOO
Le traité Russo-Chinois sur la Mandchourie 119
Situation do l'Indo-Chine (1897—1901). Rapport par M. Paul Doumer . . 122
Peinture au Japon 167
Les douanes impériales maritimes chinoises, par Henri Cordier 222
Le Laos Siamois, par M. Suzor 240
Tariétés.
Shichi ko Zôshikwan no uta, Lied der Daishichi Kötögakko Zöshi-kwan,
von Dr. Gramatzky 30
Traité Anglo-Japonais 32
Une histoire de l'art japonais, par Thiébault-Sisson 33
XHI* Congrès international des Orientalistes 35, 316
Remèdes tonkinois 132
Un train impérial. — Consécration des chemins de fer en Chine. . . . 134
Chinese pnctorial art 177
Le roi Tchoulalonkorn 179
Congrès international des Onentalistes de Hanoï 183
La coloration dentaire des Annamites . ^ 184
Docnments officiels.
Anglo-Chinese Treaty 324
Convention entre la France et le Siam 335
Nécrologie.
Professor Carl Arendt, Pierre Heude, par Henri Cordier; Cornelis Petrus
Tiele, par G. Schlegel 37
Eugène Buis.sonnet, Marquis Saigo, Robert James Forrest, Mary Summer,
Léon Feer, par Henri Cordier 248
Alexandre Michie, Jonathan Lees, James H. Hart, Angelo Zottoli, Lieou
K'ouen-yi, par Henri Cordier
IV SOMMAIRE.
Bulletin critique.
Pages
Tlie Religious System of China, by J. J. M. de Groot (G. Schlegel). . . 41
Publications de l'École française d'Extrême-Orient: I. Numismatique Anna-
mite, par Désiré Lacroix; II. Nouvelles recherches sur les Chams, par
Antoine Cabaton; III. Phonétique annamite, par L. Cadière; Atlas
archéologique de l'Indo-Chine, par E. Lunet de Lajonquière (Henri
Cordier) 187
Relations économiques de l'Angleterre avec l'Extrême-Orient, par M. Edouard
Clavery; Les Douanes Impériales chinoises, par Philippe Delmas (Henri
Cordier): Cl. MadroUe, Les premiers voyages français à la Chine. La
Compagnie de Chine (Gabriel Marcel); Histoire des Relations de la
Chine avec les Puissances Occidentales 1860 — 1900 L'Empereur T'oung
Tché (1861—1875), par Henri Cordier {The Spectator) 251
Notes on Chinese Literature: with Introductory Remarks on the Progressive
Advancement of the Art; and a list of Translations from the Chinese
into various european Languages, by A. Wylie (Henri Cordier) . , . 340
Chronique.
Allemagne et Autriche, Asie centrale. Grande Bretagne, Chine, Corée,
Etats-Unis, France, Indo-Chine Française, Japon, Pays-Bas et Colonies
Néerlandaises, Russie 49, 137, 192, 264, 347
Bibliographie.
Livres nouveaux 54, 140, 198, 261, 342
Publications périodiques 344
Notes and Queries.
1. Want of ear-laps with the Japanese; 2. Déplacement du Lob-Nor . . 143
Index alphabétique 359
sous LE PATRONAGE DU GOUVERNEMENT GÉNÉRAL DE L'INDO-CIIINE.
'^M*^^"
Une Exposition internationale doit s'ouvrir à Hanoï eu novembre
prochain. La situation géographique de l'Indo-Chine, la variété des
civilisations qui s'y sont établies, les croisements de races et de langues,
de religions et d'arts qui s'y sont accomplis, la désignent comme un
foyer naturel et commun pour toutes les recherches qui intéressent
l'Asie orientale, de l'Inde à la Malaisie et au Japon. Ces considérations
ont naguère encouragé la création deV Ecole Française d^ Extrême-Orient.
Elles nous paraissent devoir faire souhaiter que le rendez-vous donné à
Hanoï s'étende aux hommes d'étude que préoccupe l'exploration histori-
que et linguistique, archéologique et religieuse de ces vastes régions.
C'est dans cette pensée que, sous le haut patronage du Gouverne-
ment général, nous croyons devoir prendre l'initiative d'un Congrès
international d'orientalistes qui se réunira au cours de l'Exposition.
Tout en faisant appel aux concours habituels qu'ont obtenus les
Congrès organisés jusqu'ici, nous espérons tout particulièrement que les
savants et les corps scientifiques disséminés dans l'Extrême-Orient, et
privés en général du bénéfice des Congrès européens, mettront volontiers
à profit cette occasion de rompre un isolement regrettable et de prendre
enfin contact entre eux. La philologie d'Extrême-Orient qui souffre
surtout de la dispersion excessive des efforts individuels, est eu droit
d'attendre les plus sérieux avantages d'une réunion qui pourra introduire
plus de cohésion dans les recherches. Le progrès sera considérable si les
différents pays intéressés, que relient tant d'attaches, s'organisent eu un
groupe scientifique, si l'Inde, le Siam, l'Indo-Chine, l'Archipel Indien,
la Chine, la Corée, le Japon rapprochent et coordonnent leurs travaux.
Ïj Ecole Française (î Extrême-Orient, instituée par l'Etat et la Colonie
en vue d'étudier les antiquités, l'histoire et la philologie de l'Iudo-Chine
et des pays voisins, est chargée de l'organisation de ce Congrès.
Des négociations sont engagées dès maintenant en vue de procurer
aux membres du Congrès des facilités exceptionnelles de passage et de
séjour. Une circulaire ultérieure indiquera les avantages obtenus en
même temps que la date exacte (novembre-décembre) du Congrès.
Au cas où vous auriez des observations à nous soumettre ou des
questions à nous adresser, nous vous prions d'entrer en rapport avec
l'un des deux secrétaires du Comité d'initiative:
M. Henri Cordier, professeur à l'Ecole des langues orientales vivan-
tes, rue Nicolo, 54, Paris (16®).
Et M. Louis Pivot, directeur de l'Ecole française d'Extrême-Orient,
Saigon.
COMITE D'INITIATIVE:
Président: M. E. Senakt, de l'Institut.
Secrétaire général: M. Henri Cokdier, professeur à l'Ecole des langues
orientales vivantes.
Membres: MM. Barbier de Meynard, Barth, Breal, Dr. E. -T. H amy,
de l'Institut ; MM, Ed. Ch avannes et Sylvain Levi, professeurs au Collège
de France; Bonbt, Lorgeou, Léon de Rosny, Vinson et Vissière, profes-
seurs à l'Ecole des langues orientales vivantes ; E. Aymonier, directeur
de l'Ecole coloniale; Ch. Lkmire, commissaire général adjoint de l'Indo-
Chine, à l'Exposition Universelle de Paris ; L. Guimep, directeur du Musée
Guimet; Maurice Courant, maître de conférences à l'Université de Lyon.
ON THE INVENTION AND USE OF FIRE-ARMS
AND GUNPOWDER IN CHINA, PRIOR TO
THE ARRIVAL OF EUROPEANS.
BY
G. SCHLEGEL.
-*••
We read iu the History of the expedition sent by Kuhilai Khan
in 1293, to punish the King of Java, that, on the 15th of the third
month, the army was divided into three bodies in order to attack
Kalang\ it was agreed that on the 19th they should meet at Daha ')
and commence the battle on hearing the sound of the p'au *).
Groeneveldt dared not translate this character p'au by "cannon",
although he wonders that the sound this p'au produced was strong
enough to be audible to three bodies of troops (who were each at
a great distance one from the other). So he thought it was some
kind of rocket. (Notes, p. 24, note 2). Bat, by this explication, the
1) Daha was situated in the actual reeidency of Kediri in East Java (Hageman,
History of Java, Vol. II, p. 97).
Groeneveldt's "Notes on the Malayan Archipelago", p. 24. This is a common Chinese
phrase. We read in the Eoa-iiien ki ^^ ^g g^ , Chap. Bl, that it was agreed that
the hesieged should make a sally with all their troops the next evening, in the second
watch, as soon as thev heard the sound of a gun 2^'^ ^ 1^ ^ Hi J^ ^ %
1
2 G. SCHLEGEL.
difficulty is not removed; for it is not the question if the Mongols
at that time had fire-arms, but if they had explosive powder, i. e.
gunpowder.
Now, notwithstanding all what has been alleged by different
european authors against the use of gunpowder and fire-arms in
China, I maintain that not only the Mongols in 1293 had cannon,
but that they were already acquainted with them in 1232.
We read in the Pai Pien (published in 1581) that on the walls
of the city of Si-ngan (in Shen-si) was preserved a long time an
iron cannon, called "Heaven-shaking Thunder". It had the form of
a closed roller, on the top of which was a hole (vent) scarcely wide
enough to admit a finger, and which cannon was for a long time
not employed in warfare. It was an engine belonging to the Kin
Tatars when they held Pien (modern Khai-fung fu p^ ^ jjf^ in
Honan). In the Annals it is described as an iron canister, in which
powder was put and kindled by fire, when the cannon went off, and
the fire burst forth of it with a crashiug sound as of thunder,
which was audible at a distance of more than a hundred miles
(about 33 engl, miles) and seared more than half a Chinese acre
(about one twelfth of one english acre).
When the fire was lighted and it hit the iron cuirasses, they
were all pierced ^).
The Kin Tatars occupied the city of Khai-fung in A.D. 1232,
where they were besieged by the Mongols; and in the History of
n ('•««! ^-È). Ti - ?L . -a # =fê . ¥ 'I' ^ 7 ffl o lit
^X^nZ^^. ÄÄ^ii (read 5Ï), ^ ^,
?;fiS H #iW 0 ± .;>C S ^ ^ Ifl ^® , Viae ^H;
apiid Enoyolop. ^^ $j^ ^^ j^ , Chap. 42, Article ^Q^ p'ao or guns.
ON CHINKSK VIRK-ABMS. 3
the Suug-dynasty, translated by de Mailla, Vol. IX, p. 160, the
passage translated by us, is equally given, though only in trans-
cription.
His translation runs: "II y avait alors à Cai-fong-fon des Ho-
^'pao ou Pao à feu, appelés Tcîiin'tien-leî, dans lesquels on mettait
"de la poudre, qui prenant feu éclatait comme un coup de tonnerre
"et se faisait entendre à plus de cent ly\ son effet s'étendait à un
"demi arpent de terre tout autour du lieu où il éclatait, et il n'y
"avait aucune cuirasse de quelque bon fer qu'elle fût qu'il ne brisât
''\read perçât)".
Mailla adds: "Outre cette terrible machine, les Kin avaient encore
"une espèce de javelot qu'ils appelaient i'«-Ao-fstaw^ (^ ^ ^-É")»
"c'est-à-dire javelot de feu qui vole] dès que la poudre qu'ils y met-
"taient prenait feu, il était poussé à plus de dix pas et faisait des
"blessures mortelles. Ces deux machines étaient ce que les Mongoua
"craignaient le plus."
The Chinese text of the above is to be found in the ;5i?: Ä ?ffi
* ^ (Wylie, p. 22) and runs: ï^^ X^^M^'S^.
#o A*:^tti5:o «*'lißiH:r.^„ch»pt. 90,
fol. 4 verso.
The late W. F. Mayers has also given a translation of these
passages; but, as it seems, only after an excerpt in the Wu~pi'cJii
( jiç ^^ ^) ^^ which the most important particulars are omitted,
as will be easily seen by comparing his translation with mine and
that of father De Mailla %
4) See Journal of the China Branch Koyal Asiatic Societv, Shanghai 1871, Art. V,
p. 91.
G. SCHLEGEL.
I lay particularly stress upon the meauing of the character 5^
^ , to pierce, to penetrate, the cuirasses, which Mayers translates
by "no armour could withstand their shock" and De Mailla by
"il n'y avait aucune cuirasse .... qu'il ne brisât." Evidently both
authors shrinked from accepting the fact that the cannon of the
Kin Tatars were loaded with buUets. ^^ only means to pierce, not
to shock or to break. Examples taken at random from my Dutch-
Chinese Dictionary; ^ 5^^^? ^^® arrow pierced his head;
H^ ^ jj^ ^ 1 ^^® arrow went through his cuirass; ^ y\. *^
•^i it penetrates through marrow and bones; 5^ ^1] j[^, it pene-
trates till the bottom; ^^ J\j) )^ cold piercing the heart; :^^,
to penetrate into, to fathom ; ^ JÖ ® ^ Ü ^ M Itt ^ ' ^^^^
an equal mood and quiet spirit one is able to penetrate into the
affairs of the world; ^J ^^, to pierce with nails: ^ ^ ^ ^
5^/^, the rain penetrated through the interstices of the tiles;
^ 3t ^ ^ ' *^® moon-light penetrated through the window;
^ ^ -^ ^' I ^°^ ^^^ ^^1® *® ^o<^^ through it; ^ ^ -^p ^X
5^ Ä ]^ , he fired a bullet through his head, etc.
If the missiles of these engines only smashed or broke the
cuirasses, the historian would have written ^ or ^, and not 5^.
As for the use of ^ or ^^1 for balistas, we remark that the
proper character for them is ||^ ^ , "hurling Engine". I quote
the following example from the history of Li Tsih (A.D. 594 — 669;
Mayers, Chinese Reader's Manual N°. 372): ^ Ji[| ^ij # ^ . Ä
^ S ^ )9f tÊ tt Ä ' ^* ^**'* P^* "P balistas, which hurled big
stones, and all what was hit by them was immediately crushed ^).
The imperial dictionary of K'ang~hi defines the expression as
S 4^ iSl t^l ^ 5 0 W ^ ' *ba* wherewith in the army stones
are thrown by a spring, is called a Balista (p'ao).
5) Vide jg* g 1^ J^ •Ä, History of Corea in the Books of the T'ang-dynasty.
ON CHINESE FIRE-ARMS. 5
This character was also written $^ and pronounced p'ao., and
is defined in K'ang-hi as ^ ^ !^ , machine for throwing stones.
It is only when these stones were thrown out of a tube, that the
character {^ , commonly written fl@, , "enveloped stones", replaced
the old terra :^ ^ , "hurling engine". The character ^^ is ono-
matopoic and interchanged with the character j)^, to crackle, to
sputter, as fire ").
We have no need to remind the reader that, till very late, in
Europe, stone bullets were used instead of iron ones for loading
cannon. In Leyden these stone bullets, shot by the Spaniards during
the siege of this town in 1574, are still to be seen, half embedded,
at the foot of the gates of the town.
The mortars wherewith these stone bullets were shot, were called
in French Pierriers, defined in Boiste and Nodier's "Dictionnaire
universel de la langue française" as: "Mortier de 15 pouces de
"diamètre, destiné à lancer des pierres; petite pièce de canon de
"2 à 3 livres de balle".
It is evident that this name was made in imitation of the old
french perrieres (for pierrieres), engines for hurling large stones;
exactly as, in Chinese, the name of the balista p'ao was later applied
to the gun-powder-canuons.
Neither Pauthier nor Yule have taken note of the above mentioned
important passage in which it is impossible not to recognize the use
of regular cannons, lighted by a vent (^).
In the § ^ ^ ^ , a book not noted by Wylie, it is said,
that in the third year of the eponyme Hien-ping of the Sung-dynasty
6) The characters jfi^ and y^^ are pronounced as well p'ao as p'ok; with the
latter pronunciation they mean to crackle, to sputter as fire.
6 G. SCHLEGEL.
(A.D. 1000), a certain T'ang-fuh presented (to the Emperor) a newly
invented "Fire-ball-gun" ').
Somewhat later, in A.D. 1287, Kubilai Khan, during his war
with JSfayan, employed in a nocturnal expedition 10 soldiers, armed
with guns ( »/^ ^'Q, ), whose sound so frightened the enemy that he
fled on all sides ^).
We have thus no reason to doubt that the Mongols employed
fire-arms in their expedition to Java, and the Javanese probably
learnt from them to employ them also.
Ma Hoan, who accompanied, in A.D. 1413, the Eunuch Ching
Ho to Java, says distinctly that the Javanese fired guns (^ >/^
^) at their weddings.
This is still done to the present day. Raffles (History of Java,
Vol. II, p. 350) says of the Javanese weddings: "The procession
moves on to the sound of national music and the occasional firing
of cannon".
Mayers concluded from the statement in Ma Hoan, that the
Javanese must have had fire-arms at that time ^).
Marsden (History of Sumatra, 3d Edit., p. 347) equally says
that fire-arms were known in Sumatra before the arrival of the
Portuguese.
They were known in the 14th century in the state of Padja-
djaran in West-Java.
According to the Javanese history translated by Raffles and
Hageman, this state was divided, after the death of its sovereign
Chiang Wanara in A.D. 1390, into several principalities, under
about six different chiefs.
The principal regalia came into the hands of the king of Ma-
8) See Paiithier'a Marc Pol, Vol. I, p. 239 in the note.
9) China Review, Vol. Ill, p. 178.
ON CHINKSK MRK-ARMS. 7
japdhit, among which were a gua, called Nyahi telômi and seteral
others of smaller calibre. The gun setômi is now in the possession
of the Susuhiinan '**).
In another Javanese poem, the Serat Kanda it is told that, in
the battle with an army of Siyem (Siam), Kamhoja and Sokadana,
two large guns were captured, to which the names of Guntur gëni
and Jagur were given.
The booty was offered to Braioijaya^ king of Madjapahit ").
As Brawijaya became king of Madjapahit in A.D. 1299, and
died in A.D. 1307 '*), the battle must have taken place during his
reign, let us say in 1304.
It would prove at all events that the Siamese and Cambodians
made use of cannon in their war with Madjapahit, as early as the
14th century.
It must be mentioned, however, that according to a Javanese
poem containing the History of Baron Sakendèr, the princess
Tarurogo, daughter of Retno Sekar Mandhopo^ who had been
made a prisoner at the fall of the state of Padjadjaran, was later
sold for three pieces of artillery to a Dutchman called Baron Sukmul.
These pieces bore the names of Guntur gem (agni), the fiery thunder,
Ki Pamuk, the furious combatant and Nyahi Setomt ").
But this is not in concordance with the fact that, at that time,
no Dutch were established at Jacalra.
The first mention of a dutch embassy to Mataram (Java) took
10) Raffles, History of Java, Vol. I, p. 106; Hageman, Gcschiedenis van Java, Vol.
J, p. 21.
11) Dr. J. Brandes, Pararaton, or the Book of the Kings of Tumapel and Madjapahit,
p. 190 (Transactions of the Batavian Society of Arts and Sciences, Vol. XLIX, Batavia 1896.
12) Ibid., p. 188 and 189. .\ccording to another tradition. Brawijaya died in A.U. 13(6.
Ibid., p. 191.
13) Cohen Stuart, Gcschiedenis van Baron Sakéndhèr, Vol. II, p. 98.
8 G. SCHLEGEL.
place in 1573, when they ofiFered to the Sultan of Mataram four
pieces of artillery ^*).
According to Raffles (1. c. p. 259), the large gun, called Kiai
Guntur Agni, was cast in 1566 in Mataram itself '^).
A piece of this name is to be seen in the Kraton of Surakarta,
on the Sitinggil. But this is no direct proof, because the Javanese
are accustomed to give such fanciful names to cannons for which
they have a superstitious feeling '**).
The old Javanese and Malay name for a gun (rifle) is Bedil, a
word for which a foreign etymology has been vainly sought. Bedil
bnluh, bamboo-rifle, is the name of a child's popgun. The modern
name of a gun is sënâpang, from the Dutch snaphaan.
According to the Annals of the Ming-dynasty, the natives of
Tonghing, against whom the emperor Ching-tsu had sent an expe-
dition in A.D. 1407, employed tubes filled with inflammable material
for purposes of warfare "). But according to Pauthier's translation,
it were the Chinese who made use of these fire-arms, which they
called ]0 1^ É^ ?^ ^^ "guns with supernatural springs" '^).
As neither Mayers nor Pauthier give the Chinese text of this
important passage, I copy it here in the note. It is found in the
92d Chapter of the Books of the Ming dynasty, fol. 7 recto, of the
fourth chapter of Military Memoirs ( ::^ ^ pîj )? Article ^ :^ or
Fire-arms, and of which I give a new translation, so that the
reader may judge for himself.
14) Ibid., p. 163; Raffles, History of Java, Chronological Table of Events, Vol. II,
p. 260.
16) Cohen Stuart, op. cit., Vol. II, p. 164.
16) Cohen Stuart, op. cit., p. 165.
17) Mayers in Journal of the North China Branch uf the Royal Asiatic Society, 1871,
Article V, p. 94.
18) Arrivant aux flings, on voit que Tching-tsou, pour conque'rir le Kiao-tchi (la
Coohinchine), se procura des p'âo ou "canons" qui furent nommés des "p'âo ou canons
retentissants à mouvements surnaturels" (Marc Fol, II, p. 474, footnote).
ON CHINKSE KIUK-AR1I8. 9
"What were anciently called P'ao were all machines for hurling
"stones. In the beginning of the Mongol- dynasty (A.D. 12C0), p'ao
"(catapults) of the Western regions were procured. In the siege of
"the city of Ts'ai-chow of the Kin (Tatars), fire was for the first
"time employed (in these p'ao) '"), but the art of making them was
"not handed down, and they were afterwards seldom used.
"When Ching-tsu pacified Kiao-chi (A.D. 1407), they (the Chi-
"nese) procured (obtained) the art of the guns and cannons with
"miraculous machinery, and they established a special regiment for
"practising with them ^°). For their fabrication native and wrought
"red copper was alternatively employed. Those for which iron was
"employed, the malleable iron from Kien ^') was the best, and the iron
"from Si ^*) only came next. They were of diflFerent size. For the
"big ones carriages were employed; for the next in size and the
"smaller ones, rests, pickets and ramrods *') were used.
"The big ones were of use for the defense (of a place); the small
"ones were useful in battle. They were employed according to the
"requisites, and the most important engines of an army in march" -^).
19) The siege of this town, situated in the province of Honan, took place in A. U. 1233.
20) This makes it doubt fal if the Chinese learnt the art from the Annamites, and it
would rather seem that the Chinese employed cannon in the siege of the capital. Mayers,
/. c. p. 94, says: "it must be admitted that the authority on which the statement rests
appears inadequate".
21) Probably from the province of Fuh-kien. Gp. $£ ^S. kièn Uin, waterlily seeds
coming from Fuh-kien (Douglas).
22) Either western iron, or iron from Kiang-si.
23) The fork-like rests used for resting the old muskets upon, are now called in
Chinese *^ ^^ ^Ë (See my Dutch-Chinese Diet. i. v. Mttsketvork) ; the character
"i?^ stands for "lH^ , old sound t'ok. The ramrod of a musket is called to the present
^^y ^i, «ra ^° Chinese (See my Dictionary and Doaglas' Amoy Mx^t^-llicMAèng thok).
Mayers' translation (p. 94) "frames, posts or staves" is not correct, and leads to a mis-
understanding of this important passage.
10 G. SCHLEGEL.
If the Annamites had invented fire-arms, they would not have
borrowed from the Chinese the words sung ^, fire-arms; sung hiêp
^ ^ , a gun ; sung ^oan ^^ ^ , a pistol = Chinese ^ ^ , a
short gun, a pistol; sung-tay ^ ^^, a pistol, = Chinese -^ ^,
a hand-gun, pistol; sûng-vân ^^ ^ (read P^ ), a pistol = Chinese
P^ , numeral for guns and t^, a gun; and phdt sung, a gun-shot
= Chinese ^ ^ , Canton fdt ch'ung, to fire a gun.
The Cambodians borrowed the Chinese p'ao (Khmer phav, Cam-
bodian phau) from the Chinese, with the meaning of petards.
In Cambodian the cock of a gun is called kay, which is curtailed
Chinese (Canton) »/^ ^^ fo kai {faw kaai) fire-cock. In English it
is also called cock, which is also used verbally in "to cock a gun".
The German (Hahn) and Dutch (haan) also mean cock. The
French call it "le chien" (the dog); the Spaniards call it pie de
goto de escopêta, "cat-foot of a musket", a very cumbrous circum-
locution; the trigger of a gun in called gatillo, "a kitten". Have
the English, Germans and Dutch borrowed the word from the Chinese,
or has the reverse taken place? The coincidence is, at all events,
remarquable.
The above quoted texts thus justify us to admit that the Chinese,
as well as the Javanese, knew and employed fire-arms, cannon and
guns, as early as the 13th and 15th century, long before Europeans
came to these countries.
That, for a long time afterwards, the Chinese did not make
use of fire-arms is due to the conservative spirit of the people, who
m^^m. mm-^z. -kA-'^^. -k^^m
A^mn^, HÄBijffl. %^%^n.
ON CHINR8K KIRK-ARMS. H
stuck to their old arms, exactly as has been the case in Earope.
In the first half of the 13th century, a French poet looks with
disgust to the supersession of the feats of chivalry by mere
mechanical methods of war in the following lines:
^^ Chevaliers sont esperdus.
Cil ont auques leur tens perdu;
Arhalestier et mineor
Et perrîer et engigneor
Seront dorénavant plus chier" *^).
Have not even, in our modern armies, cuirassiers and dragoons,
donned with steel cuirasses, which are not proof against the modern
bullets, persisted as a survival of the time when fire-arms were un-
known or little used?
Besides, the secret of the construction and the use of these fire-
arms was jealously guarded by the Chinese government; and it was
only after Kia Tsmg'a reign (1522—1566) that fire-arms were in-
troduced into the army ^^).
25) Yule's Marco Polo, II, p. 127. First Edition.
26) Mayers, /. c. p. 96, where stands, erroneously, 1422.
KOUANG-SI
TRADUCTION DE DOCUMENTS
HISTOBIOUES, GEOGRAPHIQUES ET ADMINISTRATIFS SUR LA PROYIIE DU KOUANG-Sl.
TIRÉS DU «KOUANG-SI T'ONG-TCHEU TSI-YAO»
S m m. M ^ 9
(Compendium des renseignements les plus utiles sur la Province du Kouang-Si.)
PAR
J. BEAUVAIS,
Interprète du Consulat de France à Long-Tcheou.
Préfecture de l^'^ rang de Lieou-Tcheou-Fou.
Historique.
La Préfecture de l^'" rang de Lieou-Tcheou-Fou {ißf jj\ jjfj)
appartient au cercle du fleuve de droite, le Yeou-Kiang-Tao {'^
Sous la Dynastie des Ts'in (^), 255 à 206 av. J.C., le terri-
toire de Lieou-Tcheou faisait partie de la province, ou Kiun ( ^ )
(ancienne divisiou territoriale) de Kouei-Lin (^/|>fC)-
«Sous la Dynastie des Han ( *^ ), 206 av. J.C. à 220 après, le
territoire actuel de la Préfecture faisait partie du Kiun de Ts'ang-
Vou (^ j^).
A l'époque des Trois Royaumes (San Kouo ^ ^ ), 220 à 265,
Kon\No^si. 13
le territoire de lu Préfecture fit de nouveau partie du Kiun de
Kouei-Lin ( ^$ ;|y(c )•
Sous la Dynastie des Tsin (^), 265 à 420, et dei Song (;7Jç),
420—479, le territoire de la Préfecture fut détaché du Kiun de
Kouei-Lin et incorporé au Hien {^) de Ï'an-Tchong ()^ FJI ),
dépendance de Kouaug-Tcheou ( J^ jj\)-
Sous les 7Vi (^), 479 à 502, sous les Léang (^), 502 à
557, et sous les Tch'en (|^), 557 à 589, le territoire de Lieou-
Tcheou-Fou appartenait au Kiun de Ma-p'ing {]^ ^).
Sous la Dynastie des Souei ( |î^ ), 581 à 619, le Kiun de Ma-
P'ing fut supprimé.
Sous les T'ançi ( ^ ), 618 à 907, le territoire de Lieou-Tcheou-
Fou, formait le Kiun de Long-Tch'eng (^^), lequel fut com-
posé du Kiun de Cheu-Ngan (^â^) ^^ ^" Hien de Ma-P'ing.
Le Kiun de Long-Tch'eng ne reçut cette dénomination que plus tard.
Il porta au début le nom de Kouen-Tcheou ( ^ jf| ). Il était rat-
taché au Tao (^) ou cercle de Ling-Nan (^ ^).
A Vépoque des Cinq petites Dynasties ( 3£ ^ ), 907 à 960,
Lieou-Tcheou appartint d'abord au pays de Tch'ou (^) puis aux
Han méridionaux, Nan-Han (^ )||), 918 à 971.
Sous la Dynastie des Sang (^j^), 960 à 1279, Lieou-Tcheou
appartenait au Kiun de Long-Tch'eng, lequel faisait partie intégrante
de la marche occidentale, Si-Lou ( ^ ^) de Kouang-Nan ( ^ ^ ).
Sous la Dynastie des Yuen (tC), 1279 à 1368, la marche ou
Lou (^) de Lieou-Tcheou appartenait au cercle ou Tao (5^)
du Kouang-Si ( J§ H ).
Sous la Dynastie des Ming ( i|^ ), 1368 à 1644, la Préfecture
de 1®"^ rang de Lieou-Tcheou-Fou appartenait à la Trésorerie ou
Pou-Tcheng-Sseu ( -ffj i§i^ 1^ ) du Kouang-Si.
Sous la dynastie actuelle des Ts'ing (]^), 1644 à nos jours,
aucun changement n'a été apporté à cet état de choses.
14 J. BBAUVAIS.
La Préfecture de 1^^ rang de Lieou-Tcheou-Fou comprend une
préfecture de 2"^° rang, ou Tcheou {jj\), et sept sous-préfectures
ou Hien {^). Ce sont:
La Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien ( >|| ^ ^ ).
La Sous-Préfecture de Lo-Yong-Hien (^f § |^).
La Sous-Préfecture de Lo-Tch'eng-Hien (^^^)-
La Sous-Préfecture de Lieou-Tch'eng-Hien (^p IK IB)-
La Sous-Préfecture de Houai-Yuen-Hien (*^ jS./^)*
La Sous-Préfecture de Yong-Hien (^È^).
La Préfecture de 2°^^ rang de Siang-Tcheou ( ^ j^ ).
La Sous-Préfecture de Lai-Pin-Hien {^^^).
Limites du territoire.
La préfecture de Lieou-Tcheou-Fou se trouve à 370 Li ( J^ )
au S.O, de la capitale de la province et à 7860 Lis de la capitale
de l'Empire. Son territoire mesure 425 lis de l'E. à l'O. et 830 lis
du N. au S.
A 265 lis dans l'E., il confine au territoire de la Sous-Préfecture
de Sieou-Jen-Hien {jjßjp, ^), ou Préfecture de P'^rang de P'ing-
Lo-Fou (^ 1^ ij^)> au village de Ts'ai-Ts'ouen (^^), pré-
fecture de 2°^® rang de Siang-Tcheou.
A 160 lis à l'O., il confine par le territoire de la SousTPréfecture
de Lieou-Tch'eng-Hien, au village de Ta-Ts'ao-Ts'ouen ( ]^ |^ ;^»|' )
de la Sous-Préfecture de Yi-Chan-Hien (S |i| 1^), préfecture de
K'ing-Yuen-Fou (^ jS iff )•
A 270 Lis au S., il confine par le village de T'ang-Ts'ouen
( ^ >hl* ) de la Sous-Préfecture de Lai-Pin-Hien {^^^) au
territoire de la Sous-Préfecture de Kouei-Hien (]^^) de la
Préfecture de Sin-Tcheou-Fou {^ j^ ff^)-
A 560 lis au N., il confine au territoire de la Sous-Préfecture
de Souei-Ning-Hien ( ^ ^ ^ ) de la province du Hou-Nan ( Jj^ ^ )
K0UANQ-8I. 15
par la grotte de Ta-Ying-T'ong (3^ ^ Al^), de la Sous- Préfecture
de Houai-Yuen-Hieu (1^ i§ ^).
A 160 lis au S.-E., il confine par la montagne de Nieou-
I^an ('^^^ [il) de la Préfecture de Siang-Tcheou (|| ^) au
territoire de la Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien ( ^ ^ )ß ) de
la Préfecture de Sin-Tcheou-Fou ( '^ ^ jfj ).
A 560 lis au N.-E., il confine au territoire de la Sous-
Préfecture de Youg-Ts'oug-Hien (3^ ^ ^) de la province du
Kouei-Tcheou ( ^ ^ ) par le territoire de la Sous-Préfecture de
Houai-Yuen-Hieu (»^ Sa ^)-
A 120 lis au S.-O., par le village de Nieou-Li-Ts'ouen (^
^ij^) de la Sous-Préfecture de Ma-P'iug-Hien ( ,B| ^ ^ ),
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Ts'ien-Kiang-Hien
(^ ni^S) de la préfecture de Seu-Ngen-Fou (^, Jg i^).
A 130 lis au N.-E., il confine à Kiai-P'ai-Pao (|?. j{$ ;g) de
la Sous-Préfecture de Lo-Yong-Hien ( ^^ ^ )^)i à la préfecture
de Yong-Ning-Tcheou ( ^ ^ j^H ) de la Préfecture de Kouei-Lin-Fou
Murailles et Fossés.
L'ancienne cité de Lieou-Tcheou ( ^p ^ ) se trouvait au N.
du Long-Kiaag (gJ/X) — le fleuve du Dragon — . A l'époque
des T'ang (||), 618 à 907, et des Qong (^), 960 à 1279, elle
était entourée d'une levée de terre.
Au début de la période Hien-Choen (^ '^)i ^ers 1265 (règne
de l'Empereur Tou-Tsong-Houang-Ti >K ^ â 'i^*' 1264 à 1274)
la cité fut transportée au S. du Fleuve dans l'emplacement occupé
de nos jours par la cité de Lieou-Tch'eng-Hien ( ij^ ^ ^ )•
Jusque sous les Yuen ( 7^ )> 1279 à 1368, la cité ne posséda
pas d'enceinte fortifiée.
La l®""® année de la période Houg-Vou ()^ |^), ir68, soua
k
16 J. BE AU VAIS.
l'Empereur T'ai-Tsou-Kao-Hoang-Ti {~)st&'^ Ê,^) ^ont le
nom personnel était Yuen-Tchang (7^^ J^) et qui régna de 1368
à 1398, la ville fut transportée à l'emplacement qu'elle occupe en-
core. Durant la 4™® année de la même période (1371), la ville fut
entourée d'un mur de terre. Dans la 12™® année, l'enceinte fut
élargie et transformée en muraille de briques. Elle mesure 3 lis de
l'E. à l'O. et 2 lis du N. au S. Elle est haute de 2 tchang
(5(C) ^^ pieds et forme un circuit de 748 tchang ou 7480 pieds.
Elle est percée de 5 portes: la porte de l'Est, Tong-Meun ( ^ P^ ),
la porte de l'Ouest, Si-Meun ( ^ P^ ), la porte de Tchen-Nan-Meun
(ÄÄP1)' 1^ PO^^® ^^ Tsing-Nan-Meun (i^^P^) et la
porte du Nord, Pei-Meun ( :^[^ f^ ). En dehors des murailles, la
rivière tourne autour de la ville en lui faisant comme une ceinture.
Durant la 24"^^ année de la période Kia-Tsing (^ji^), 1545,
sous l'Empereur Cheu-Tsong-Sou-Hoang-Ti ( ift ^ ^ M ^ )
dont le nom personnel était Heou-Ts'ong ( j^ ^^|[ ) et qui régna
de 1521 à 1566, on éleva une muraille extérieure allant de l'O.
au S. en enveloppant la partie N. de la cité. Les deux extré-
mités de cette muraille extérieure aboutissent à la rivière. Elle est
longue de 590 tchang ou de 5900 pieds, elle est haute de 14 pieds
et percée de 3 portes, celle du N. porte le nom de Kong-Chen
(;^J^), celle de l'E. celui de Pin-Hi (^flft) et celle de l'O.
celui de Lieou-Tchao {^ ^fj.
Mandarins,
Le personnel administratif de la Préfecture se compose;
1^ de Un préfet de P"^ rang, pre classe Tcheu-Fou (^ jfj).
Les appointements dits Ngo-Fong (^f^) sont de 105 léangs
(p^) ou taëls d'argent. Il touche en outre. 1** à titre de Pieu-
Fong-Chon-Yin (^ 'j^ ^ ^) 89 léangs ou taëls; 2" à titre de
Yang-Lion-Yin (^ ^ ^) mille léangs; 3° à titre de Yeu-Kouei-
KOUANO-SI. 17
Yang-Lien-Yin ( ^ Ü # ||| $| ) 500 taëls. Il a droit à uu per-
sonnel de 60 individus, intendants, sbires, etc. pour l'entretien des-
quels il touche annuellement une somme de 366 taëls d'argent.
2° Un secrétaire King- Li (^ )^).
Les appointements sont de 40 taëls. Il touche à titre de Yang-
Lien-Yin, 120 taëls d'argent. Il a droit à un personnel de 6 individus,
intendants, sbires et palefreniers pour l'entretien desquels il touche
par an une somme de 36 taëls d'argent.
3** Uu assistant de Préfet de l«"" rang T'ong-P'an ( ^ if ij ).
Ses appointements dits Ngo-Foug-Yia, sont de 60 taëls d'argent.
Il touche en outre 1° à titre de Pien-Fong-Yin 36 taëls d'argent,
7 ts'ien (@), 1 feun (^), 5 li ( J|), soit 36 taëls, 715. 2° à
titre de Yang-Lien-Yin 500 taëls d'argent. Il a droit à un personnel
de 29 individus, intendants, sbires, agents de police, porteurs de
chaises, de parapluies et d'éventails, etc. pour lesquels il touche par
an une somme de 174 taëls d'argent.
4° Un directeur des Etudes de Préfecture de 1®"" rang Eiao-
Cheou i^^).
Ses appointements sont de 45 taëls d'argent.
5° Un Sous-Directeur des Etudes Hiun-Tao (^|| ^).
Ses appointements sont de 40 taëls d'argent. Il a droit à 3 por-
tiers ou plantons, pour l'entretien desquels il touche annuelle-
ment une somme de 18 taëls d'argent, et à 8 pourvoyeurs, pour
les jeunes, pour lesquels il touche annuellement une somme de
24 taëls.
La Préfecture est sous les ordres d'un intendant de circuit, dé-
nommé Tao-T'ai, avec juridiction militaire du Fleuve de droite,
Yeou-Kiang-Ping-Pei-Tao ( ;& OC ^ Ht 3! )• ^^ Tao-T'ai a sous
ses ordres les 4 préfectures de Lieou-Tcheou-Fou {^^ ^ /f^)» ^^
K'ing-Yuen-Fou (^ Jl jfj), de Seu-Ngen-Fou (^ ,® /jÇ) et de
X8 J. BEAUVAIS.
Sin-Tcheou-Fou (^^^jjy*). II réside dans la ville de Lieou-
Tcheou-Fou. II touche comme appointements 105 taëls d'argent et
à titre de Yang-Lien ( ^ ^ ) 2400 taëls d'argent. Il a droit à
25 portiers, sbires, plantons, porteurs de chaises, de parasols et
d'éventails, et à 12 policiers, en tout un personnel de 37 hommes
pour lesquels il touche annuellement une somme de 222 taëls.
Depuis la 4™^ année de la période Kouang-Siu (^ ^^)i -^^^
pereur actuel (depuis 1875), la circonscription administrative de
Pai-Chai (Po-Sê ^ ^ ) a été détachée de ce cercle pour être
rattachée à celui du fleuve de gauche Tso-Kiang Tao ( ^ ^H ^ )
dont le titulaire réside à Nan-Ning-Fou (^ 1^ j^) (Tao-T'ai du
cercle Nan-Seu-Tchen-Tao (^ îf0 ^), id est Nan-Niog-Fou, Seu-
Tch'eng-Fou (îWîffiifï)' Tchen-Ngan-Fou (^^jfj).
Écoles.
Nombre des bacheliers littéraires, 20.
Nombre des bacheliers militaires, 20.
En dehors de ce nombre, il a été attribué aux personnes inscrites
sur les registres de la Sous-Préfecture de Lo-Yong-Hien ( ^|| ^
^ ), mais étrangères à cette localité, deux diplômes de bachelier
littéraire.
Bacheliers subventionnés (Lin-Cheng ^ ^)'. leur nombre est
fixé à 34. Chacun d'eux touche par an une quantité de riz, fixée à
2cheu Cg), 8 teou (J^), 5 cheng (ff^), 7 ho {^), 7 cho ( >V| ),
2 tch'ao (^y?): ce qui fait un total de 97 cheu, 1 teou, 6 cheng,
2 bo, 5 cho. Les années qui renferment un 13™^ mois intercalaire,
cette quantité s'augmente de huit cheu, neuf cheng, six ho, huit cho.
Dans la Sous-Préfecture de Lo-Tch'eng-Hien ( ^ îffi ^ ), cha-
que année on prélève sur les reliquats budgétaires, de quoi entre-
tenir un bachelier du grade de Kong-Cheng ( ^ /g^ ).
Les terres appartenant aux écoles ont une superficie de 35
KOÜAKO-SI. 10
meous ( ^ ), 6 feuns ( ^ ) qui rapportent un fermage de 4 taëls,
4 ts'ien.
Il existe un collège, dénommé «Collège du Fleuve Lieou»,
Lieou-Kiaug Chou Yuan (#P ^1 # |^)-
Distribution des troupes.
1° Bataillon du milieu, Tchoug-Ying ( Pp ^ ), des troupes placées
sous le commandement du Général en chef de la province T'i-
piao (fêl^).
Ce bataillon comprenait originairement un effectif de 867
hommes. Son effectif actuel est do 726 sous-officiers et soldats,
se décomposant en: 6 sergents, Ouai-ouei-ts'ien-tsong (^|> ^
^ Ü). et caporaux, Ouai-ouei-pa-tsong ( :^[» ^ fllU! ),
4 premiers soldats, Ngo-.ouai-ouai-ouei (^ ^[» ^[» ^), 67 ca-
valiers, 475 fantassins et 174 hommes affectés au service des
Yamens, ce sont les Cheou-ping (-»j- ^).
De ce bataillon, 522 hommes, résident dans la cité même
de Lieou-Tcheou-Fou, dont ils composent les forces de défense;
203 hommes et un sergent occupent de la façon suivante deux
postes militaires ou Sin ( ^ )•
1° Poste de Yong-Fou-Sin (^ jjjg ^). C'est la garnison
de la cité de Youg-Fou-Hieu ( 3< jjïg iß ) à 240 lis à l'E. du
quartier général du bataillon (Lieoû-Tcheou-Fou). Cette garnison
se compose d'un adjudant, Pa-tsong (^^) et de 59 hommes.
62 autres soldats sont détachés dans chacun des autres petita
postes ou T'ang (^) qui dépendent de ce poste principal.
2=" Poste de Lou-Tchai-Sin ( J|g ^ ^) à 105 lis à l'E.
du quartier général du bataillon. Ce poste comprend un sergent
et 28 soldats. 54 autres hommes sont détachés dans chacun des
T'ang qui dépendent du Sin de Lou-Tchai.
Durant la 12°^® année de la période Kouaug-Siu 1886, le
20 J. BR AU VA 1 8.
bataillon du milieu des troupes placées sous le cominanderaeut
du Généi'al en chef, stationné à Lieou-Tcheou-Fou, suivit le
Général en chef et alla résider avec lui à Long-Tcheou.
2° Bataillon de Gauche Tso-Ying ( ^ "^ ), des troupes placées sous
le commandement du Général en chef de la Province.
Ce bataillon comprenait originairement un efiectif de 866
hommes. Son effectif actuel est de 726 hommes et sous-officiers,
se décomposant en 5 sergents Ouai-Ouei-Ts'ieu-Tsong et caporaux
Ouai-Ouei-Pa-Tsong; 3 premiers soldats Ngo-Ouai-Ouai-Ouei,
69 cavaliers, 476 fantassins et 173 Cheou-Ping.
Sur cet effectif total, 414 hommes sont laissés dans la cité
de Lieou-Tcheou-Fou dont ils forment la garnison défensive.
Le lieutenant, Ts'ien-Tsong {~y ^^), commandant la Com-
pagnie de droite Yeou-Chao (yj^H''^)» a le commandement
de 8 T'ang, placés en 8 des plus importants points des routes
de terre, et dans lesquels sont placées de petites garnisons,
s'élevant au total de 46 hommes.
Enfin, deux sergents, ouai-ouei et 264 hommes sont répartis
de la façon suivante dans 5 postes ou Sin.
1° Poste de Pai-cha-Sin (Éî ïJ'^ ^) ^ 75 lis à l'E. du
quartier général du bataillon (Lieou-Tcheou-Fou).
La garnison se compose d'un adjudant Pa-Tsong et de 30
hommes. Elle n'a pas à garder des postes de 2"^® et de 3°^®
ordre, T'ang ou K'ia ( -fr )•
2° Poste de Yen-Tong-Sin {^'M ^)» ^ 70 lis au S.
du quartier général du bataillon. La garnison se compose d'un
' sergent, Ouai-Ouei et de 25 hommes. De ce poste dépendent
également les 25 hommes de garnison du poste de Hong-Lai-Sin
3° Poste de Ou-Tou-Sin i^^'^) à 70 lis à l'O. du
quartier général du bataillon.
KOL'ANO-81. 21
La garnison se compose d'un adjudant Pa-Taong et de 18
hommes. A ce poste se rattachent encore 54 hommes dispersés
dans chacun des postes secondaires ou T*ang, qui en dépendent.
4° Poste de San-Tou-Sin ( H HS ^^H. ) à 70 lis à l'O. du
quartier général du bataillon. La garnison se compose d'un
adjudant, Pa-Tsong et de 44 hommes. A cette garnison se rat-
tachent celles des deux postes, Sin, des défilés de ïou-Pouo
( t5 tS ) 0^ Ta-Ying-Hiu ( ^ -^ :^ ), soit 28 hommes.
5° Poste de Ki-Kong-Chan-Sin (|| ^ |i| ^) à 40 lis au
S.-O. du quartier général du bataillon. La garnison se compose
d'un sergent, Ouai-Ouei, et de 40 hommes. Elle n'a pas d'eflFectifs
détachés dans des postes secondaires T'ang ou Pao (^)-
3° Le Bataillon de gauche Tso-Ying, de la Brigade de Lieou-K'ing,
Lieou-K'ing-Tchen-Piao ( ^P )^ ^ >^ ), brigade de Lieou-
Tcheou-Fou et de K'ing- Yuan-Fou.
Dans le courant de la 12"^^ année de la période Kouang-Siu
(1886), le bataillon de gauche Tso-Ying, des troupes placées
sous le commandement du Général en chef de la province,
devint le bataillon de gauche de la brigade de Lieou-K'ing.
Ce bataillon comprend actuellement un efiectif de 271 ofiS-
ciers, sous-oflBciers et soldats.
Sur cet effectif total, 16 officiers et sous-officiers résident
dans la cité de Lieou-Tcheou-Fou et se décomposent de la
façon suivante.
Un commandant Yeou-Ki (j^^); un capitaine en second
Cheou-pei (tJ' ^ )'. 2 lieutenants Ts'ien-Tsong (-^ ^)i quatre
adjudants, Pa-Tsong, 5 sergents et caporaux, 3 soldats de V^
classe, Ngo-Ouai-Ouai-Ouei, 15 cavaliers de combat, 96 fantassins
de combat et 64 Cheou-Ping. Le reste de ce bataillon soit 5
officiers et sous-offîoiers et 75 soldats est réparti en garuisons
dans 5 postes ou Sin de la façon suivante.
22 J. BEAÜVATS.
1° Poste de Lo-Yong-Sin (^^#01). un sous-officier
chef de poste; 12 fantassins de combat; 8 Cheou-Ping.
2° Postes de Lo-Keou-Siu {^^^ ^ {^) et de Kao-Ling-Sin
( 1^ ^ J^). Un sous-officier chef de poste, 9 fantassins de
combat et 6 Cheou-Ping.
3° Poste .de Tchong-Tou-Sin (4* 1® ^)' Un sous-officier
chef de poste, 6 fantassins de combat et 4 Cheou-Ping.
4° Poste de Siaog-Tcheou-Sin ( ^ fl^ ^ )• Un sous-officier
chef de poste, 12 fantassins de combat et 8 Cheou-Ping.
5° Poste de Ta-Yo-Siun {^ ^ '^). Un sous-officier chef
de poste, 6 fantassins de combat et 4 Cheou-Ping.
4° Le bataillon de droite Yeou-Yïng ( "^ ^ ) des troupes placées
sous le commandement du Général en chef de la province.
Ce bataillon comprenait originairement un effectif de 866
hommes. Son effectif actuel est de 726 sous-officiers et soldats,
se décomposant eu 5 sergents et caporaux, 3 soldats de P^ classe,
69 cavaliers, 476 fantassins et 1 73 Cheou-Ping.
Sur cet effectif total, 390 hommes sont cantonnés dans la
cité de Lieou-Tcheou-Fou, dont ils assurent la défense.
Un adjudant, commandant les postes de rivière, Chouei-Sin
(^ ^) a avec lui 135 hommes répartis dans ces différents
postes. Enfin un sergent et 200 hommes tiennent garnison
dans un seul poste ou Sin de la façon suivante.
Poste de Lieou-Tch'eng-Sin ( t||J l^ß ^ )• H défend la cité
de Lieou-Tch'eng-Hien et se trouve à 80 lis au N.-O. du
quartier général du bataillon (Lieou-Tcheou-Pou); un adjudant
et 50 hommes résident dans la cité, le reste, soit 149 hommes,
est réparti dans les différents T'ang ou Pao qui dépendent de
ce Sin.
5° Bataillon de droite Yeou-Ying, de la brigade de Lieou-K'ing,
Lieou-K'iug-Tchen-Piao.
KOl'ANO-SI, 23
Durant la 12'"® année de la période Kouang-Siu 1886, le
bataillon de droite, Yeou-Yiog des troupes placées sous le
commandement du Général en chef de la province, devint le
bataillon de droite de la brigade de Lieou-K'ing.
Ce bataillon comprend actuellement un effectif de 211 offi-
ciera, sous-officiers et soldats. Sur cet effectif total, 16 officiers
et sous-officiers et 125 soldats résident en garnison dans la
cité de Lieou-Tcheou-Fou, se décomposant de la façon suivante:
un commandant Yeou-Ki, un capitaine en second Cheou-Pei,
deux lieutenants Ts'ien-Tsong, quatre adjudants Pa-tsong, 5
sergent et caporaux, trois soldats de 1" classe Ngo-Ouai-Ouai-
Ouei, 12 cavaliers de combat, 69 hommes d'infanterie de combat
et 44 Cheou-Ping.
5 sous-officiers et 65 hommes sont répartis de la façon sui-
vante dans 5 postes ou Sin.
1° Poste de Lieou-Tch'eng-Sin ( ^p |^ ^ ). Un sous-officier
chef de poste, 12 soldats de combat, 8 Cheou-Ping.
2° Poste de T'ai-P'ing-Sin (:fc^îJl). Un sous-officier
chef de poste, 5 soldats de combat, 5 Cheou-Ping.
3° Poste de Ou-Tou-Siu ( 5£ ^ ^ ). Un sous-officier chef
de poste, 12 soldats de combat, 8 Cheou-Ping.
4° Poste de Lieou-Chan-Sin ( ^ [Jj ^ ). Un sous-officier
chef de poste. ,
5° Postes de San-Tou-Sin ( H f|$ ÉR ) et de Ki-Kong-Sin
( ^ ^ »^ )• Un sous-officier chef de poste, 9 soldats de combat
et 6 Cheou-Ping.
6° Bataillon d'avant garde. Ts'ien-Yiug ( "^ ^ ) des troupes placées
sous le commandement du Général eu chef de la province.
Ce bataillon comprenait originairement un effectif de 866
hommes. Son effectif actuel est de 725 sous-officiers et soldats,
se décomposant en 6 sergents et caporaux, 3 soldats de V^ classe,
24 J. BBAUVAIS.
Ngo-Ouai-Ouai-Ouei, 68 cavaliers, 475 fantassins, et 173
Cheou-Piog.
Sur cet effectif total 498 hommes sont cantonnés dans la
cité de Lieou-Tcheou-Fou pour sa défense et 228 sont répartis
comme garnisons dans 2 postes ou Sin de la façon suivante:
1° Poste de Tch'oan-Chan-Sin ( ^ |1| ^ ) à 80 lis de
distance du quartier général du bataillon (Lieou-Tcheou-Fou).
Il comporte un adjudant, Pa~Tsong, et 40 hommes de garnison;
83 autres hommes sont répartis dans chacun des T'ang qui dé-
pendent de ce Sin.
Dans le courant de la 12™^ année de la période Kouang-Siu
(1886), les officiers, sous-officiers et soldats du bataillon d'avant
garde, Ts'ien-Ying des troupes placées sous le commandement
du Général en chef de la province ont été licenciés par ordre
supérieur.
7° Bataillon d'arrière-garde Heou-Ying ( ^ '^ ), des troupes pla-
cées sous le commandement du Général en chef de la province.
Ce bataillon comprenait originairement un effectif de 866
hommes. Son effectif actuel est de 725 sous-officiers et soldats,
se décomposant en 6 sergents et caporaux, 3 soldats de l^""® classe,
Ngo-Ouai-Ouai-Ouei, 68 cavaliers, 475 fantassins, et 173
Cheou-Ping.
Sur cet effectif total, 462 hommes sont cantonnés dans la
cité de Lieou-Tcheou-Fou, pour sa défense. Un adjudant, Pa-
Tsong, commandant les postes de rivière Chouei-Sin, a avec
lui 136 hommes répartis dans ces différents postes et enfin 127
hommes tiennent garnison dans un seul poste ou Sin, de la
façon suivante.
Poste de Siang-Tcheou-Sin (^ ^ ^)- H défend la cité
de Siang-Tcheou et est éloigné de 160 lis du quartier général
du bataillon (Lieou-Tcheou-Fou). Il comprend un adjudant Pa-
KOUANO-SI. 25
tsong et 72 hommes, 55 autres soldats sont répartis dans cha-
cun des autres postes ou T'ang qui dépendent de ce Sin.
Durant la 12"^^ année Kouang-Siu (1886) les officiers, sous-
officiers et soldats du bataillon d'arrière-garde des troupes pla-
cées sous le commandement du Général en chef de la province,
ont été licenciés par ordre supérieur.
8° Le bataillon de garde de la cité de Lieou-Tcheou-Fou, Lieou-
Tcheou-Tch'eng-Cheou-Ying (^p îlfl ^ "'J' *^ )' ^®^ troupes
placées sous le commandement du Général en chef de la province.
Ce bataillon comprenait originairement un efîectif de 150
hommes. Son effectif actuel est de 329 sous-officiers et soldats,
ainsi décomposé. Un caporal Ouai-Ouei-Pa-Tsong, 2 soldats de
1*^° classe, Ngo-Ouai-Ouai-Ouei, huit cavaliers, 139 fantassins,
179 Cheou-Ping.
Le bataillon complet réside en garnison dans la cité de
Lieou-Tcheou-Pou. Il n'envoie de détachement dans aucun poste
extérieur.
9° Le bataillon de garde de la cité, Tch'eng-Cheou-Ying ( ^ -»J' «^ )
de la brigade de Lieou-K'ing, Lieou-K'ing-Tchen-Piao.
Durant la 12™® année Kouang-Siu (1886) le bataillon de garde
de la cité de Lieou-Tcheou-Fou dépendant des troupes placées
BOUS le commandement direct du Général en chef de la pro-
vince devint le bataillon de garde de la cité de la brigade de
Lieou-K'ing, Lieou-K'ing-Tchen-Piao-Tch'eng-Cheou-Ying.
Son effectif est de 161 officiers, sous-officiers et soldats. Sur
cet effectif, 9 officiers et sous-officiers et 125 hommes résident
eu garnison dans la ville de Lieou-Tcheou-Fou dont ils assurent
la défense. Ce contingent se décompose en: 1 capitaine en P"^,
Tou-seu (^^); 1 lieutenant, Ts'ien-Tsong; 2 adjudants,
Pa-Tsong; 1 sergent, Ouai-Ouei-Ts'ien-Tsong; 1 caporal, Ouai-
Ouei-Pii-Tsoug; 3 premiers soldats, Ngo-Ouai-Ouai-Ouei, neuf
26 J. BE AU VA IS.
cavaliers de combat; 70 fantassins de combat et 46 Oheou-Ping.
ÜU autre contingent de 2 sous-officiers et de 25 hommes est
réparti dans 2 postes, ou Sin, de la façon suivante:
1° Poste de Pai-Cha-Sin ( ÉI fcJ^ ^ )' ^^ sous-officier chef
de poste, 9 fantassins de combat et 6 Cheou-Ping.
2° Poste de Tch'oan-Chan-Sin ( ^ UJ 'X ), 1 soldat de
l^""^ classe, Ngo-Ouai-Ouai-Ouei, 6 fantassins de combat et 4
Cheou-Ping.
10° Bataillon de Yong-Houai (Yong-Houai-Ying ^4*^©), ou
bataillon de Yong-Hien (JÈ^) et de Houai-Yuen-Hien ('^
^ ^ ). Ce bataillon comportait originairement un effectif de
624 hommes. Son effectif actuel est. de 717 sous-officiers et
soldats, se décomposant ainsi: 6 sergents et caporaux, 14 cava-
liers, 247 fantassins, 450 Cheou-Ping.
Sur cet effectif 107 hommes, résident dans la cité de Houai-
Yuen-Hien, quartier général du bataillon à 330 lis au N. de
Lieou-Tcheou-Fou, et 131 hommes sont détachés dans chacun
des postes ou T'ang des rivières ou des routes de terre qui en
dépendent. Un autre détachement de 3 sergents et caporaux,
476 soldats, est réparti comme garnisons de la façon suivante
dans cinq postes ou Sin.
V Le poste de Chen-K'eou-Sin {f)iP'^)a, 190 lis du
quartier général du bataillon. Il se compose d'un adjudant Pa-
Tsong, et de 8 hommes. A ce poste appartiennent également
62 soldats disséminés dans les T'ang fluviaux et postes des
routes de terre qui en dépendent.
2° Le poste de Cheu-Pei-Sin (5|ï$'^) à 235 lis du
quartier général du bataillon, il se compose d'un sergent et de
12 hommes. A ce poste appartiennent également 26 soldats dissé-
minés dans 3 T'ang fluviaux ou K'ia ( ~fc ) des routes de terre.
3° Le poste de Yong-Hien-Sin ( |4 ^ '^ )• C'est la gar-
K0UAIIH-8I. 27
nison de la cité de Yong-Hien, à 90 lis au S. du quartier
général du bataillon. Il se compose d'un adjudant, Pa-Tsong, 2
sergents ou caporaux et 135 soldats. 52 autres hommes appar-
tenant à ce poste sout détachés dans les T'ang des rivières ou
dès routes de terre qui relèvent de ce même poste.
4° Le poste de Lo-Tch'eng-Sin ( H ^ffi ^ ). C'est la gar-
nison défensive de la cité de Lo-Tch'eng-Hien à 230 lis au
S. du quartier général du bataillon. Son e£Pectif se compose
de 1 lieutenant Ts'ien-Tsong et de 28 hommes. Il comprend en
plus 57 hommes répartis dans chacun des T'ang qui dépendent
du poste.
5' Le poste de T'ong-Tao-Sin (ig^ ^) à 160 lis du
poste de Lo-Tch'eng-Sin. Il se compose d'un adjudant Pa-Tsong
et de 86 hommes répartis dans chacun des T'ang qui dépendent
du poste.
Soldats aborigènes.
Lo-yong (g^^), un T'ou-cho (±^) ou (?); 3 Pao-mou
(^ ^ ) ou chefs de Pao, petits postes fortifiés, et 265 soldats
répartis dans ces Pao, auxquels sont attribués des terres d'une super-
ficie de 897 meous.
Lo-Tch'eug (^ |^)> 1^ P*o ou postes, 15 Pao-mou ou chefs
de poste, dans lesquels sout répartis 210 hommes. Les terrains
attribués aux Pao, ont une superficie de 2987 meous.
Lieou-Tch'eng (^p '^)i 21 postes ou Pao, 21 chefs de Pao ou
Pao-mou, dans lesquels sont répartis 212 hommes. Les terrains
attribués aux Pao ont une superficie de 5197 meous.
Yong-Hien ( ^$ ^ ), 2 Pao ou postes, 2 Pao-mou ou chefs de
Pao, 14 soldats sont répartis dans ces 2 Pao, auxquels sont attri-
bués des terres d'une superficie de 178 meous.
I
28 J, BEAU VAIS.
Milices régionales. Min-Tchouang (ß^).
Ma-P'ing {]^ ^) 40 hommes, tous exercés au fusil de chasse.
Lo-Yong 38 hommes, sur lesquels 5 sont exercés au fusil de
chasse et le reste au tir de l'arc et au maniement du sabre et de
la lance.
Lo-Tch*eng 28 hommes tous exercés au fusil de chasse.
Houai-Yuen 24 hommes, 12 sont exercés au fusil de chasse et
le reste au sabre et à la lance.
Yong-Hien 24 hommes, tous exercés au fusil de chasse.
Siang-Tcheou 28 hommes, 15 sont exercés au fusil de chasse,
le reste est exercé au tir de Tare et au maniement de la grande lance.
Lai- Pin 40 hommes, 35 sont exercés au fusil de chasse, le reste
est exercé au tir de l'arc.
Produit des Impôts.
La totalité de l'Impôt sur le riz, dans toute l'étendue de la
Préfecture, est en nature de 23028 cheu, 4 teou, 5 cheng, 7 ho et
7 cho (soit environ 1.381.680 kilogrammes).
Dans ce total le riz de l^^e qualité Peuu-Cho-Mi (2|S Ê 7|t)
entre pour 11166 cheu, 5 teou, 4 cheng. Le reste est composé de
riz de qualité inférieure, Tcho-Cho-Mi (^ Ê ^)-
Le produit total de l'Impôt foncier, Ti-ting-yin ( i^J^ ~J^ ^ )
s'élève à 19584 taëls d'argent, trois ts'ien, six feun, trois li. Dans
les années qui renferment un treizième mois intercalaire, le pro-
duit de l'Impôt foncier augmente de 1104 taëls d'argent, huit ts'ien,
six feun, six li.
Positions stratégiques.
La préfecture de l^' rang de Lieou-Tcheou-Fou forme une sorte
de ceinture défeusive aux deux pays de-Tch'ou (^), province du
KOUANG-ai. 29
Hou-Nan, et de K'ien (|^), province du Kouei-Tcheou. Elle con-
tient et dirige les populations sauvages des Man (^). Elle eat
entourée de montagnes et de fleuves et constitue une aorte de
marche frontière éloignée. Son occupation permet d'anéautir les
mauvaises influences du fleuve K'ien-Kiaug (||^'/X) ^^ d'éteindre
les tours à fumée placées sur les montagnes (ce qui signifie que la
tranquillité des frontières est assurée).
(à suivre.)
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VARIÉTÉS.
Shichi ko Zöshikwan no uta.
Sono ichi,
Satsuma no kuni wa, saikai no hin !
Kenji no uinareshi tokoro )iari.
Saigô Nanshû, Okubo kötö konochini
umarete tenka wo keieisu.
Yama wa takashi: kaimon '),
Mizu wa kiyoshi: kinkô').
Sono yama ni nozomi,
Sono mizu ni yokushi,
Kogö wo tsuikwai su.
Ware ra tanoshi ya.
Hippu kokorozashi wo tateru ya
Sangun mo ubônashi.
Senri no gaku to ni tabisuru wagasomo.
Anjô no shosatsu yama nasu totemo,
Senjin no ato wo tadorite susurai
Kakuse zo kotaeu kimi ga megumi ni.
Sono
m.
Satsuma no kuni wa, kyushû no ten
Seiki no yadorishi tokoro nari.
Tenshô no eki '), bôshin no hen ♦)
Tai ko wo sasae •) ôji ni tsutomu ♦).
Matsu wa aoshi kqjô,
Naroi wa shiroshi liowan.
Sono matsu ni utai,
Sono nami ni ukabi,
Ôji wo tsukwai su
Warera tanoshi ya
Hippu kokorozashi wo tateru ya
Sangun mo ubônashi.
Banri no seito ni tabisuru" wagatomo,
Batto ') wo kata ni, ôru ') wo totte,
mi wo kintetsu to kitaïte susumi
Kakute zo agenan waga ko no homare wo.
lÂed der Daishichi Kotôgakko Zoshikwan.
(von Prof. Tnjimnra, kokngakasha der Schule, übersetzt von Dr. Gramatzky.)
1.
Satsumaland am Strande der Westsee!
Recken gebarst du: Okubo, Saigö.
Des Reiches Führer waren sie.
Himmelwärts strebend raget das See-
thor.
Wasser krystallrein ziert die Brokat-
bucht.
Schaun wir den Kairaon, baden im Meer
wir.
Auf unsrem Schreibtisch türmen sich
Bände,
Doch hehrem Ahnen Beispiel, dem
Lasst folgen uns, und vorwärts geh 's,
Treu dem geliebten Herrn.
2.
Satsumaland im äussei"sten Kyüshü!
Dir wurden Söhne hellen Verstandes,
Vor Taikö furchtlos, dem Kaiser treu.
Kiefern, sie grünen um deine Burgen,
Wellen zieh'n silbern durch deinen Hafen.
Singend im Walde, im Nachen uns
schaukelnd,
Vergangner Zeiten denken wir.
Uns geht das Herz auf, voller Lust.
Auchfder gemeine Mann, er kann wollen;
Eiserner Wille lässt sich nicht beugen.
Studien weg endlos, dir gilt die Reise.
Schläger und Ruder stählen den Körper,
Wir üben uns und lernen es.
Dann vorwärts geh's, und laut erschalP
Unserer Schule Ruhm!
^i
g«5-
1) Der Kaimondake (am Eingang der Kagoshimabucht), gewöhnlich
schrieben, hier y|^ p" .
2) Dichterischer Name für die Kagoshimabucht, Kagoshima no wan.
3) Cfr. den interessanten Aufsatz v. Gnbbins: "Hideyoshi and the Satsuma Clan in the
16th century" Trans. Vol. Vlll.
4) I), i. Meiji gwannen, am Anfang der Periode Meiji
5) = bat (an.), der Ballschlnger beim amerikanischen Bascballspiel.
6) = oar! (engl.).
32
VARIETES.
TRAITE ANGLO- JAPON AIS.
Londres, Il février. — Le Foreign
Office publie le texte suivant d'un traité
entre l'Angleterre et le Japon, signé à
Londres par lord Lansdowne et M. Ha-
yashi, envoyé extraordinaire et ministre
pléni))otentiaire de S. M. l'empereur du
Japon à la cour de Saint-James.
Les gouvernements de la Grande-
Bretagne et du Japon, mus par le seul
désir de maintenir le statu quo et la paix
générale en Extrême-Orient, et en outre
spécialement intéressés à maintenir l'in-
dépendance de l'empire de la Chine et
de l'empire ^e la Corée et à assurer des
facilités égales dans ces deux pays au
commerce et -à l'industrie de toutes les
nations, conviennent par les présentes
ce qui suit:
LE TEXTE DU TRAITÉ.
Article premier. — Les hautes parties
contractantes ayant mutuellement re-
connu l'indépendance de la Chine et de
la Corée, se déclarent entièrement dé-
gagées de toute tendance agressive con-
tre l'un ou l'autre de ces deux pays.
Ayant en vue toutefois leurs intérêts
spéciaux, dont ceux de la Grande-
Bretagne se réfèrent principalement à la
Chine, tandis que le Japon, en outre des
intérêts qu'il possède en Chine, est inté-
ressé à un degré particulier au point de
vue politique aussi bien que commercial
et industriel en Corée, les hautes parties
contractantes reconnaissent qu'il sera
permis à toutes deux de prendre telles
mesures qui pourront être indispensables
en vue de sauvegarder ces intérêts s'ils
sont menacés soit par l'action agressive
de toute autre puissance, soit par des
troubles en Chine ou en Corée, et né-
cessitant l'intervention d'une des deux
hautes parties contractantes pour la pro-
tection de la vie et des biens de ses
sujets.
Art. 2. — Si la Grande-Bretagne ou
le Japon, pour la défense des intérêts
respectifs ci-dessus décrits, était impliqué
dans une guerre avec une autre puis-
sance, l'autre partie contractante gardera
une stricte neutralité et fe)'a ses efforts
pour empêcher d'autres puissances de
prendi-e part aux hostilités contre son
allié.
Art. 3. — Si dans le cas précité, toute
autre puissance ou toutes autres puis-
sances prenaient part aux hostilités con-
tre ladite alliée, l'autre partie contrac-
tante viendra à son aide et fera la guerre
en commun avec elle et concluera la paix
d'un commun accord.
Art. 4. — Les hautes parties contrac-
tantes conviennent que ni l'une ni l'autre
ne concluera sans consulter l'autre, d'ac-
cord séparé avec une auti*e puissance, au
préjudice des intérêts ci-dessus décrits.
Art. 5. — Toutes les fois que de l'avis,
soit de la Grande-Bretagne, soit du Japon,
les intérêts ci-dessus mentionnés seront
en péril, les deux gouvernements com-
muniqueront l'un avec l'autre pleinement
et franchement.
Art. 6. — Le présent traité devra
entrer en vigueur aussitôt après la date
de sa signature et rester effectif pendant
cinq ans à partir de cette date. Dans le
caig où ni l'une ni l'autre des deux hautes
parties contractantes n'aui-ait notifié
VARIETK8.
BS
douze mois avant l'expiration de ces cinq
années l'intention d'y mettre fin, le
présent traité devra les lier jusqu'à ce
que l'une ou l'autre des deux parties
contractantes l'aura dénonce. Mais si
quand arrivera la date fixée pour son
expiration, l'une ou l'autre alliée est
engagée dans une guerre, l'iilliance devra
«ipso facto» continuer jusqu'à ce que la
paix soit conclue.
En foi de quoi, les soussignés dûment
autorisés par leui-s gouvernements res-
pectifs, ont signé ce traité et y ont apposé
leurs sceaux.
Fait en double à Londres, le 30 janvier
1902.
Suivent les signatures.
Le texte de ce traité est adressé par
le marquis de Lansdowne à sir Claude
Mac-Donald, ministre d'Angleterre à
Tokio dans une lettre datée du Foreign-
Office, 30 janvier 1902.
Le secrétaire d'Etat y déclare que
ce traité peut être regardé comme le
résultat des événements qui ont eu lieu
pendant les deux dernières années en
Extrême-Orient et de la part que la
Grande-Bretagne et le Japon y ont prise.
Les deux puissances ont agi dans des
vues similaires.
Lord Lansdowne attire spécialement
l'attention du ministre sur les articles
2 et 3.
Il ajoute que le gouvernement anglais
s'est décidé à conclure ce traité avec la
conviction qu'il ne contient aucuneclause
qui puisse être regardée comme une
indication de tendance agressive ou
égoïste dans les régions auxquelles il
s'applique. C'est une mesure de pré-
caution pour la défense d'importants
intérêts anglais et ne menace aucune-
ment la position actuelle ou les intérêts
légitimes d'autres puissances. Il conclut:
Le Gouvernement de Sa Majesté espère
que le traité pourra tounier au mutuel
avantage des deux pays, qu'il contribuera
au maintien de la paix, et dans le cas
où celle-ci serait malheureusement rom-
pue, qu'il aura pour effet de restreindre
le champ des hostilités.
UNE HISTOIRE DE L'ART JAPONAIS.
LA OOLLEOTION HAYASHI.
Tous les amateurs, tous les curieux
connaissaient, bien avant l'Exposition de
1900, cette collection Hayashi qui va,
d'ici quelques jours, s'égrener sous le feu
des enchères et semer un peu partout la
fleur d'art si patiemment et si amoureu-
sement réunie par le plus opiniâtre et le
mieux renseigné des chercheurs.
Avant d'être, à l'Exposition de 1900,
en qualité de commissaire général du
son pays, M. Hayashi s'était créé à Paiis,
comme importateur d'objets d'art ancien
japonais, une clientèle aussi difilcile en
fait de goût qu'éclairée. C'est grâce à lui,
à cette documentation si complète que,
le premier, il avait su réunir et qu'il
mettait, avec une libéralité enthousiaste,
au service de tous, amateurs ou japoni-
sant<<, que nos idées ont commencé peu à
peu à se faire plus précises et plus justes
Japon, le représentant des intéi-êts de | en ce qui concerne l'histoire de cet art,
8
34
apprécié chez nous depuis des siècles,
mais aussi peu connu que possible, et
surtout dans ses origines, les Japonais
eux-mêmes s'étant mis les derniers à
l'étude et n'ayant commencé que depuis
une trentaine d'années à remonter aux
sources authentiques et à classer scienti-
fiquement leurs richesses.
En même temps qu'il familiarisait
davantage les nôtres avec l'histoire du
peuple japonais et de son art, M. Hayashi
servait d'intermédiaire à ses concitoyens
pour leur faire connaître et goûter nos
productions à nous et, par comparaison
avec les travaux de nos artistes, stimuler
au Japon le sentiment artistique en-
dormi, enlizé sous la tradition et figé
dans des formules stériles autant que
conventionnelles. La rénovation des éco-
les d'art japonaises dont nous avons
admiré, à l'Exposition de 1900, l'en-
seignement vivant et pratique est pour
beaucoup son œuvre, et le regain d'ac-
tivité constaté, à cette heure, dans les
arts du dessin au Japon ne doit pas peu
à l'initiative hardie de cet homme qui
eut l'audace, naguère, d'offrir à ses
compatriotes, comme modèles, les com-
positions si justes d'effet, si enlevées et
d'un accent de vie si puissant de Paul
Renouard.
Même succès en ce qui concerne la
contribution si remarquée du Japon à
notre Exposition dans le domaine de
l'art rétrospectif. On peut dire, sans
crainte de se tromper, que, si le gou-
vernement japonais se décida à faire
sortir des palais impériaux, des musées
et des temples les pièces d'exception qui
attirèrent, dans son pavillon du Troca-
déro, tant de curieux et qui furent une
révélation pour nous tous, s'il eut l'heu*-
reuse idée, d'autre part, d'accompagner
cette Exposition d'un travail d'ensemble
où l'art ancien du Japon était étudié,
dans ses plus lointaines origines, avec un
soin scrupuleux, commenté, par tout un
peuple d'érudits, avec sagacité, illustré
enfin de reproductions d'une richesse
inouïe, c'est à M. Hayashi que, nous
autres Occidentaux, nous le devons.
Qu'un tel homme ait pu, pour son
compte personnel, réunir, après les avoir
identifiés, tant de chefs-d'œuvre créés
dans tous les genres d'art au Japon, et à
toutes les époques de cet art, qu'il n'ait
rien admis dans sa collection que d'au-
thentique, d'original et de hautement
savoureux, cela s'explique, et c'est pour-
quoi, depuis que l'exposition s'est ouverte,
22, rue de Provence, chez M. Bing, un
public aussi varié que nombreux l'étudié
avec une surprise qui confine à l'extase.
C'est la première fois, en effet, l'Ex-
position de 1900 mise à part, que nous
nous voyons à même de suivre, dans un
ensemble d'où pas une forme d'art n'est
absente, et où toutes les séries sont
représentées par des pièces maîtresses,
l'histoire complète du sentiment artisti-
que au Japon, depuis les premières
ébauches de ses potiers, de ses sculpteurs
et de ses peintres, jusqu'aux créations les
plus personnelles et aux manifestations
les plus décisives des maîtres du dix-
septième, du dix-huitième et de la pre-
mière moitié du dix-neuvième siècle.
Même pour les connaisseurs, à l'expo-
sition del 900, le fil conducteur manquait.
Faute d'un catalogue où toutes les pièces
eussent été cotées et classées par rang
d'âge en même temps que par école, on
fut longtemps dérouté. Les étiquettes ne
furent posées qu'à la longue. On commen-
VARIÉTÉS.
85
f
çait à peine ù n'y recoiinuîtro quand
l'Exposition se ferma.
Nous sommes suffisamment armés à
présent.
Grâce à la publication du gouverne-
ment japonais, qui fut envoyée gratuite-
mont à tout ce que Paris compte de
connaisseurs et d'amis éclairés du Japon,
grâce aussi au catalogue dressé avec
autant d'érudition que de méthode par
M. Hing, nous pouvons, sans que la
moindre hésitation nous arrête, suivre
d'un bout à l'autre le développement
logique et les modifications successives de
cet art si primesautier et si riche. Nous le
voyons, au neuvième et au dixième siècle,
sous une influence hindoue très marquée,
conséquence de la conversion du Japon
au bouddhisme. L'influence chinoise le
domine durant la période qui a suivi, et
qui correspond à notre moyen âge. Il est
définitivement libéré, en pleine possession
de lui-même, à partir du seizième et du
dix-septième siècle. Et tout cela se
caractérise, en tête de chaque section par
d'admirables morceaux: dans les sculp-
tures, par la statuette d'Apvara, tout
indienne encore de mouvement et de
style, qui est du dixième siècle (no 7),
par la statue en bois d'un Bodhinatwa
(neuvième siècle, n« 1), par la figure de
prêtre en bois peint, si expressive, qui
est du quatorzième siècle (n<'41); dant>
les peintures, par trois kakémonos, les
n"»" 1454, 1455 et 14G0, qui sont des
pièces introuvables, de l'époque chinoise,
et dont un surtout le n" 1454, est une
incomparable merveille, évaluée à plus
de 100,000 francs; dans les laques, par
l'écriteire (n« IGl), et la porte de (cabinet
(n0167), œuvres de toute beauté, portent
la signature de Kôrin, etc., etc.
Inutile, quant au reste de citer. Qu'il
me suffise de dire que, des six cents pièces
exposées, aucune n'est indifférente ou
secondaire. Tout y est du goût le plus
exquis et le plus rare. C'est un ensemble
qu'il faut se hâter d'aller voir; on n'en
reverra jamais plus l'équivalent. C'est
une occasion unique de s'instruire.
THIÉBAULT-SISSON.
{Temps, 17 Janvier 1902.)
XIIP CONGRES INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES.
Nous venons de recevoir le pi'emier
bulletin du comité d'organisation du
XllP'"" Congrès international des Orien-
talistes, qui aura lieu du 4 au 10 Sep-
tembre prochain à Hambourg.
Pour les communications, les langues
allemande, anglaise, française et latine
seront seules admises.
Le Congrès sera divisé dans les sections
suivantes:
1) Linguistique, Section indogermani-
que générale,
2) l'Inde et l'Iran,
3) l'Inde postérieure et l'Océanie (ex-
trême Orient),
4) l'Asie centrale et orientale,
5) Section sémitique généinle,
6) Section islamite,
7) Langues égyptienne et africaines,
8) Relations mutuelles entre l'Orient
et l'Occident,
à) dans l'Antiquité,
b) au Moyen-âge et aux époques
modernes (y compris les études
byzantines).
9) Section coloniale.
36
VARIETES.
La dernière section a été créée, car
c'est 'justement à Hambourg que la dis-
cussion des questions coloniales au point
de vue scientifique intéressera le plus
de membres.
Les membres du Congrès sont priés
d'envoyer dans le plus bref délai,
communication au seci'étaire général,
Mr. le docteur F. Sieveking, Börsen-
brûcke 2, des conférences qu'ils se propo-
sent de faire, avec une courte notice du
contenu et des thèses proposées.
Les questions et débats religieux et
politiques sont exclus.
La cotisation est de 20 Mark pour
chaque membre et de 10 Mark pour
une dame appartenant à la famille du
membre.
On pourra se procurer la carte de
membre contre remboursement cViez le
trésorier du Congrès, M. Albrecht
O'SwALD, Grosse Bleiche 22.
Les membres sont priés de faire savoir
au comité dans quelle section ils veulent
être inscrits.
Pour le comité :
J. G. MöNCKEBERG.
F. Sieveking.
Albr. O'Swald
NÉCROLOGIE.
Professor CARL ABENDT.
M. le Professor Arendt est mort à Berlin dans la nuit du 29 au 30 Janvier
dernier. 11 était le doyen des Professeurs du Séminaire des Langues orientales
où il enseignait la langue chinoise depuis la fondation de cet établissement,
après avoir été le premier interprète de la légation d'Allemagne à Peking. II
Il laissé un certain nombre d'ouvrages ') et au moment de sa mort, il faisait
1) On Chinese Riddles. {^Chinese Becorder, III, p. 184.)
— Beiträge zur Kenutniss der Neuesten chinesischen Literatur von C. Arendt. (MUt. d.
Beut. Ges.) — Yokohama, Stes Heft., Sept. 1875, pp. 87—9, etc.
— Das schoene Maedchen von Pao. Eine erzaehlung aus der Geschichte China's im Sten
Jahrhundert v. Chr. (aus dem Chinesischen uebersetzt von C. Arendt).
Einleitung des Historischen Romans Geschichte der Fwratenhauemer zur Zeit der Oestli-
chen Chou.
Publié comme supplément au No. 8 (Sept. 1875) du Recueil de la société allemande de
Yokohama.
— Chiang-yi's Apologues of the Fox and the Tiger, and the Dog. By C. Arendt.
(China Review, XII, pp. 328 — 4.)
— Su-tai's Apologue of the Bittern and the Moésel. By C. Arendt. {China RMeto, XU,
pp. 362—3.)
— On Chinese Apologues. By C. Arendt. {China Review, XII, pp. 407 — 412; XIII, pp.
23—41.)
— C. Arendt. — Moderne chinesische Tierfaheln and Schwanke. {Zeit, für Volkskunde,
I, 3, pp. 325—334.)
— Bilder aas dem häuslichen und familien-leben der Chinesen. Von Prof. C. Arendt,
vormals Dolmetscher der Kaiserlich Deutschen Gesandtschaft in Peking. Mit einem Plane.
Berlin. H. Reuther, 1888, br. in-8, pp. 48.
— Peking und die Westlichen Berge. Stadt- und I^andsehaftsbilder aus dem Nördl. China.
Von Prof. C. Arendt. Mit einem Plan von Peking. Mittk. der Geog. Gesellschaft in Hamiutg,
1889—90, Hft. I, pp. 67—96.)
— YII Handbuch der Nordchinesischen Umgangssprache mit Eintchluss der Anfangs»
38 néceologir.
une nouvelle étude des Inscriptions de l'Orkhon 2). Je consacrerai une plus lon-
gue notice à ce savant distingué dans le Sommaire des Etudes Chinoises que je
prépare pour le Congrès des Orientalistes à Hambourg. H. C.
PIERRE HEUDE ^ ^^ ^ ^«'^ P^'^^-
Le R. P. Heude est né le 25 juin 1836; il entra le 4 novembre 1856 dans
la Compagnie de Jésus et il arriva en Chine le 9 janvier 1868, peu de semaines
après son ami le R. P. A. Pfister; c'est lui qui me mit en rapport avec ce
dernier avec lequel j'ai entretenu jusqu'à sa mort les plus affectueuses relations-'').
Le P. Heude a fait de nombreux voyages dans l'intérieur de la Chine, en par-
ticulier dans le Kiang-Si; il a visité les îles Philippines, toujours en vue de ses
études zoologiques; c'est au cours d'un voyage au Tong-king il y a deux ans
qu'il a contracté la maladie qui l'a emporté à Zi-ka-wei le 3 janvier dernier.
On peut dire que le R. P. Heude est le créateur de la série des Mémoires œn-
cernant Vhistoire naturelle publiée à Zi-ka-wei *). Le R. P. Heude a donné dans
ces Mémoires de remarquables Etudes Odontologiques dans lesquelles il se montre
résolument partisan des doctrines anti-transformistes de Quatrefages. Le P. Heude
,n--\'i au ' i
griinde des Neuchinesischefl OfBcîellen und Briefstils, von Prof. Carl Arendt,... Allgemeine
Einleitung in das chinesische Sprachstudium mit einer Karte. Stuttgart & Berlin, W. Spe-
mann, 1891, in-8, pp. xxt— 535.
— Synchronistische Regententahellen zur Geschichte der chinesischen Dynastien. Von C.
Arendt. {Miii. des Seminars für Orient, Sprachen, Berlin, 1899, Jahrg. II, Iste Abth.,
pp. 152—250-, ibid., 1900, Jahrg. III, Iste Abth., pp. 1—164; ibid., 1901, Jahrg. IV,
Iste Abth, pp. 114—170)
2) Studien zur chinesischen Inschriftenkunde. I. Kültegin. Ein Beitrag zur Erklärung
des chinesischen Textes des Kültegin-Denkmals, nebst Bemerkungen über das Verhältniss
der Köktürkischen zu der chinesischen Grabschrift. Von C. Arendt. {Miük. des Seminars
f. Orient, ^rächen, Berlin, 1901, Jahrg. IV, Iste Abth., pp. 171 — 196; à suivre.)
3) Voir Toung-Pao, II, p. 460.
4) Dans les Mémoires concernant Vhistoire naturelle de l'empire chinois de Jésus,
Chang-haï, 1880, etc.
— Mémoire sur les Trionyx. (Premier Cahier.)
— Notes sur les mollusques terrestres de la vallée du Fleuve Bleu. (2*, 8" et 4" cahier.)
^ Catalogue des cerfs tachetés (Sikas) du musée de Zi-ka-wei, ou notes préparatoires à la
monographie de ce groupe. (3^ cahier.)
— Problema Philippinense, seu Cervinorum Craniorum in Philippinis insulis hucusque
detectorum, quae ex amicis accepit alque in taxonomicam seriem coroposuit Petrus Heude,
Soc. Jesu presbyter, apud Sinas missionarius, praeviae icônes, nec non et eorumdem cra-
niorum parens index. (II, 1" cahier.)
NÉCUOLOGIK. 89
a publié un grand nombre de mémoires *), mais son principal ouvrage est sans
doute sa Concht/liuloijie fluviatile •).
Le Dr. E. Bretsclmeider a consacré une notice au P. Heude dans son
History of European Botanical Discoveries^ pp. 870 — 871, et à ses recherches
botaniques. .T'avais eu le plaisir de revoir le R. P. Heude lors d'un voyage en
France il y a quelques années. Il avait pris comme naturaliste une grande place
dans la phalange scientifique qui fait la gloire de l'établissement des Jé.suites à
Zi-ku-wei. H. C.
CORNELIS PETRUS TIELE.
Le docteur C. P. Tiele, professeur à l'Université de Leide, vient de mourir
en son domicile le H janvier, à 10 heures et demie du matin.
Tiele naquit le 16 Décembre 1830 à Leide, où il se prépara pour les études
univei'sitaires, d'abord à l'école particulière de M. Nieuwveen et ensuite au
Gymnase municipal. En Octobre 1848 il fut inscrit comme étudiant à l'Athénée
Illustre et au Séminaire Remonstrant à Amsterdam, où il suivit les cours des
professeurs Veth, de.s Amorie van der Hoeven, Van Gilse et Abraham des
Amorie van der Hoeven.
C'est là qu'il débuta par un Specimen continens annotationcm in Evang.
Joannis; mais ce n'est que plus tard qu'il fut nommé docteur honoris causa
en théologie à Leide, et en littérature à Bologne.
Après avoir été pasteur de 1853 — 56 à Moordrecht et ensuite jusqu'en Jan-
vier 1873 à Rotterdam, Tiele fut nommé professeur au Séminaire Remonstrant
transféré à Leide, dont il inaugura le cours, le 13 Fév. 1873 avec un discours
intitulé «La place des religions des peuples non-cultivés dans l'histoire de la
religion». En 1877, il fut nommé professeur à la nouvelle chaire d'histoire des
religions, créée à Leide, qu'il inaugura le 10 Octobre par un discours intitulé
«Les fiuits de l'Assyriologie pour l'histoire comparée des religions».
Obligé, selon la loi, de prendre sa retraite, à l'âge de 70 ans, il n'avait pas
pu célébrer son jubilé d'argent (25 ans) comme professeur. 11 en fut dédommagé
par les nombreuses marques de sympathie qui lui furent portées en ce jour.
Il était Membre de l'Académie royale des Sciences à Amsterdam et de plu-
sieurs autres institutions scientifiques à l'Etranger.
5) Description de deux oiseaux de Chine par M. l'abbé Heude. {Ann. det Se.iuU.,h*S.,
Zool. and Pal., XX, 1874. Art. 2, p. 163.)
— Diagnoses Molluscorum in fluminibus provinciae Nankingensis coUectorum, Auctore
R. P. Heude, S. J. {Jour, de Conchy liologi<i, XXII, 1874, pp. llS-'na.)
6) Conchyliologie fluviatile de la Province de Nanking par le R. P. Heude... Paria, F.
Savy, s. d., 10 fascicules in-4.
40 NÉCROLOGIE.
Ses principaux ouvrages sont: la Religion de Zarathustra (1864), Histoire
comparée des religions de V Egypte et de là Mésopotamie (1872), Esquisse de
Vhistoire de la religion jusqu'à la domination des religions universalistes
(1876), Histoire de Baby lone et d'Assyrie.
Son Histoire de la religion a été traduite en Anglais, en Finançais, en Alle-
mand, en Italien, en Suédois, en Danois, voir même en Ruthène.
La Théologie perd en lui une de ses plus grandes lumières — ses collègues
un excellent ami. G. sohlegel.
BULLETIN CRITIQUE.
The Religious System of China ^
by J. J. M. DE Groot, Volume IV,
Book II. On the soul and ancestral
worship. Part /, The Soul in
Philosophy and Folk- Conception.
Leiden, E. J. Brill, 1901. (Comp.
T'otmg-pao, Vol. Ill, p.^201, Vol.
V, p. 355).
The preseut volume treats ex-
haustively of the philosophical and
superstitious ideas the Chinese
have concerning the so-called
Soul or rather its psychology: a
most barren study, but, withall,
in so far interesting, as it shows
how useless the speculations are,
and must be, upon a subject which
is impalpable. What is a soul, and
in which part of the body is it
located ?
The Chinese, as less as the
western philosophers, have suc-
ceeded in resolving these questions.
Consequently the author says
himself in the beginning of his
4th Chapter: "the speculations,
"sold for wisdom, with which the
"preceding chapter has acquainted
"us, though rather fit to move us
"to laughter, than to awake our
"interest, occupy a place of more
"signification in the field of Chinese
"thought, than appears at first
"sight".
When Chinese philosophers tell
us that every viscus, as also the
hair, the brains, the eyes, the nose,
the tongue, etc., have each a
separate Shin ( Jß^ ), or are anim-
ated by a special part of the one
shin the individual possesses, they
only express by the word «Ain,
what our modern philosophers
42
BULLETIN CRITIQUE.
express by the word Electricity.
The intellectual soul ( ^ i^ )
is located in the head or the brains
(A^ffilS). P- 77. Conse-
quently the soul is sometimes able
to leave the body and wander
about, without the body dying.
Among the Indonesians, this
belief has given rise to the legend
of flying heads — heads able to
leave the body for a while and fly
about.
But this is not a Chinese con-
ception, and the instances of such
flying heads, quoted by professor
De Groot, are acknowledged by
Chinese authors themselves as
having taken place in the southern
regions C^^); though, super-
stitious as the Chinese are, they
have accepted the legend (p. 78—
79). The Chinese Encyclopedia ^
>5 ^ '^ San-tsaiTu-hwui, says,
in speaking of the country of Pti-
kia'lung C^^^jl)? wrongly
identified until now viiih-Fekalongan
in Java: "It is said that in this
"country exist flying heads, but
"whose eyes have no pupil. Their
."heads are able to fly. What the
"people worship is called Chung-
^Hok, on account of which they are
"called Lok-TSiCe. In the time of
"Emperor Wu of the Han-dynasij
"(B.C. 140 - 87), there lived in the
"South a people capable of trans-
"forming itself. They were able to
"send first their heads flying for-
"ward to the southern seas. With
"the left hand, they flew to the
"eastern sea, and with the right
"hand, to the western marsh.
"Towards the evening, the heads
"returned upon their shoulders,
"and when both hands came
"together, a violent storm raged
"beyond the waters of the sea" ').
It seems that De Groot has
remained unacquainted with the
above quotation.
m. i^mmm, ^^mmm. Msiiii
BULLETIN ORITiqUE.
48
Other philosophers have located
the soul in the heart (p. 80); those
of the Sung-dyoasty said that the
Tsing (or subtle, vital principle)
was simply the blood (p. 81).
Hence the belief of the Chinese
that the ignis fatuua seen on old
battlefields, drenched with the blood
of slain men and horses, were so
many wandering souls *).
The story told by De Groot of
a certain Chang Ch'ih who saw
during the night the ground studded
with lights (p. 81 — 82), reminds
forcibly of the euglish, popular
name given to the ignis fatuus
"Jack with alantern". The popular
Chinese name is J^ ^ Kwei fo,
or "Imp-fire".
Chapter V (p. 83 seq.) treats
of the animistic ideas as suggested
by shadows.
With the Chinese, these shadows
are no Phantoms, deprived of life
and body, but rather Spectres as in
the old german tales; for one can
talk with them: ||t Ä or ^ j^
(cf. my Dutch-Chinese Dictionary,
i. V. Spook). A ghost who has a
place to revert to, does not turn
to a spectre ( Ä ^ J^f ^ » ^
^^^M)- Cf. my Dutch-
Chinese Dictionary, t. v. Spook and
Ziel (soul).
As for the Chinese scenic shades
and Javanese Wäyang, I can only
repeat what I have said upon the
subject in the T'oung-pao^ 1901,
p. 203.
If the Wayangpurwa (or sceuic
shades) were played in Java iu
A.D. 1416, Ma Hoan, the most
exact Chinese ethnographer of Java,
would not have failed to notice it.
But he only speaks of the Wâyang
bèbèr, a long picture between two
wooden cylinders, and which is un-
rolled {amh^bh') as the dalang^ or
represeutator, goes on with his ex-
planation, (cf. G-roene veldt's Notes
on the Malay Archipelago, p. 53).
Surely, he would have mentioned
^) Sfe ^ 5E t: ^ ^ , ^ A .i JSi > * ^ IS i. • ^'
my Dutch-Chinese Dirtionnry «. v. Dwaallicht and Stijgbengitl. We revauV inter pargnihetet,
that there is on p. 81 a misprint in De Groot's work, ri*. «S for ^S , which latter
only is composed of -^ flames and Atfc perverse; ^^ . composed of "t* rice and
^ftp perverse, is a corrupt form of
lin.
H
BULLETIN CRITIQUE.
the scenic shades of the Javanese,
if he had seen them, as they would
have recalled to his mind his
popular, native scenic shades.
Professor De Groot says (p. 88)
that these Chinese Shades were
never very popular in China.
But, in Amoy, they are very
popular as appears clearly from
the colloquial expressions tsud id
( ^ ^ ), paper-shades. Id hi
( ^ )^ ), shade-game, phe ang
( ^ j^ ), leather puppets, phe kau
( ^ 101 ), leather monkeys, etc.
(Cf. the Amoy Dictionaries of
Douglas and Francken).
The sixth Chapter treats of
diseases of the soul: Insanity and
Convulsions.
As our own psychologues are
just as ignorant as the Chinese
with respect to insanity, we may
just as well leave this subject,
aud refer the reader to De Groot's
work itself.
Chapter VII contains a good
lot of /\\ 1^, or Tales, about
souls leaving the body, which
could have some interest if the
author had compared them with
similar tales in Europe and other
parts of the world.
Chapter VIII treats of Re-
animation after death, or Re-
suscitation, likewise illustrated by
numerous tales, the one more
marvellous than the other.
Re-iucarnation of souls through
birth is the subject of the IXth
Chapter. This theory has been
infiltrated into China by the
Buddhists, and is, properly speak-
ing, un-chinese. The doctrine of
incarnation belongs to the belief
in metempsychosis, and we have no
right to langh at either Buddhists
or buddhist Chinese to believe in
the transmigration of the soul, as
long as we ourselves believe in
Incarnation in its most ridiculous
aud absurd consequences.
As a sequel to the preceding
chapter, the Xth one treats of
Zooanthropy, or of incarnations of
men into animal forms as tigers,
foxes, wolves, dogs, bears, stags,
monkeys, rats, etc., profusely
illustrated by a lot of fabulous
tales. Here again, a comparison
with similar beliefs in Europe
would have much enhanced the
value of the chapter.
ßULT.RTlN CRITIQUB.
46
Chapter XI treats of the des-
cent of men from animals, not by
evolution, according to the theory
of Darwin, but due to copulation
of men with animals, or of different
animals with each other. Instances
of the first are given by the author,
page 255 seq.
However, we cannot agree
with the author, when he quotes
(p. 267) a number of names of
foreign tribes, composed with the
radical fo.r dogs or beasts in general,
like the ^^ k'ih, ^^ liao, ^^ ling,
:^gg miao, etc., and ascribes these
name to the belief of the Chinese
that they were the offspring of dogs
or beasts.
They are simply injurious or
contemptuous designations for un-
civilized, barbarian nations.
When a Turk calls a European
a christian dog, he does not intend
to say that the Europeans descend
from dogs, but that they are just as
filthy and omnivorous as dogs are.
Some of those Chinese names
have no meaning, but are simply
transcriptions of the exotic name
of such tribes; as/, t. the ^ ^j^
lo-lo, ^^ ^^ lo-lo or^^ i^ffit'lo,
which are simply transcriptions
of the native name Lob, a race in-
habiting the province of Yun^nan,
and to which the radical ^K dog has
been joined to show the contempt
the Chinese have for them. One of
the tribes of these Lolas is called
mSki^i^ "The pig-dung
üilos", not because they are the
offspring of pig-dung, but only
because this tribe is especially
dirty ').
It is well known that the
Chinese have a special knack of
choosing such characters for trans-
cribing phonetically your name,
that they imply, at the same time,
an injury *). The Malays do the
same thing: a certain, rather in-
debted, gentleman called Mispel-
blom Meijer was transliterated by
the Malays as Massa bëlom hayer^
"the gentleman who has not yet
paid", etc.
The instance quoted by the
3) See my Review of father Vial's work on the Lolos in Totrng-pao, Vol. IX, pp. 413 «a;.
4) See Notes and Queries on China and Japan, Vol. IV, 1870, p. 46.
46
BULLETIN CRITIQUE.
author of the northern Turks
believing to be descended from a
wolf, a buri {chia. fu-li [?# ^ ) %
is not Chinese, but western and
exotic. The progenitor of these
Turks was a human boy nourished
by a she-wolf (p. 265), exactly
as Romulus and Remus in the
legendary history of Rome.
The author himself says (p.271)
that words denoting wolves or dogs
were never in China actual tribal
names. He is quite right, and this
confirms our supposition that
beastlike tribe-names are only
contemptuous terms used by the
Chinese for designating exotic,
barbarian races.
Chapter XII treats of Plant-
and Tree-spirits, all illustrated by
numerous quotations from Chinese
tales; on p. 294 seq. the amorphous
plant-spirits are discussed. Prom
such plants, miraculous drugs are
prepared, labelled as ^g |^ lirig
yoh S$ ^ shin yoh or f[l| ^
sien yoh (fairy drugs). There is,
however, nothing particular in
these names, for we use them also.
Our old maids use Eau des Fées
(fairy water) to dye their gray hair
black; Jalap bears the scientific
name of Mirabilis jalapa; Palma
christi is called in Dutch wonder-
boom (wondertree) ; our english
wonderbalm is called in Chinese
-fi. g^ ^p "quintuple-spiritual
balm"; a quack is called in Dutch
a wonder do kter, in Chinese )[j^ ^
shin i; wonderolie is the dutch name
for the Castor-oil; all these epithets
only indicate the wonderful effect
these drugs have upon diseases,
but can hardly be considered us
to be the products of amorphous
plants animated by a divine spirit
(^ ling or J|j^ shin).
On page 347 seq.^ we have
several instances of paper horses,
etc., changed into real horses. All
who have been in China, kuow
that, with wealthy Chinamen, not
only paper horses, but a model of
his house with the whole furniture
in it, all made of paper, are burned
in the belief that they will change
to real horses, house and furniture
in the other world. It is a mitigated
5) See my Dutch-Chinese Diet. i. v, Wolfskop (wolf-head).
BULLETIN CRITIQUE.
47
form of the old custom to slaughter,
not ouljr the horses, but also a
dozen of domestics of a chieftain,
upon his grave in order to serve
him in the other world. A barbarous
custom, not only observed in an-
cient China, but also with european
races before they were christianized.
Chapter XIV treats of food and
medicines from animals and men,
on which subject many a parallel
could be drawn with our western
therapeutics.
Cannibalism is treated of on
p. 363 seq. as occurring in ancient
China; but it still prevails in a
minor form, to the present day.
When some renowned robber or
insurgent is condamned to death,
the Chinese pay large sums to the
executioner for a bit of his heart
or liver, thinking thereby to as-
similate with themselves the cou-
rage and bravery of the executed
criminal (p. 377). The Chinese law
has, however, at all times, punished
very severely such abnormous
cravings.
Chapter XV treats of appa-
ritions and their good or bad
influences upon the fate of man,
of ghosts and spirits, etc.
We may consider as a conti-
nuation of this, the XVIth Chapter
on retributive justice exercised by
spirits, illustrated by copious tales
for which parallels could be easily
found in western folklore.
A very useful Index of the
Chinese books used in the preparat-
ion of the volume concludes this
first part of Book II.
Taken as a whole, this volume
is the least grateful of the previous
volumes.
Most of the tales are of
buddhistic or taoistic origin, and
can hardly he considered as re-
presenting original Chinese con-
ceptions, being too much tinged
with indian philosophical and
mystic ideas.
We have to thank, however,
profeßsor De Groot for the immense
mass of folklore contained in this
volume, and in which our western
folklorists will find a precious mine
for comparative study.
In order to understand man,
we have to study, not only his
healthy symptoms, but also his
diseases, morbid propensities and
48
BULLETIN CRITIQUE.
the crimes and misdemeanours
proceeding from them. But super-
stition is just as hard to eradicate
in China as it is in Europe; and as
long as man conti nous to cherish
such superstitions, even when they
are sanctioned by his religious creed,
he will remain a sick man, in-
capable of higher aspirations and
of perfection. G. Schlegel.
CHRONIQUE.
ALLEMAGNE ET AUTRICHE.
Selon la «Berliner Allgemeine Zeitung», No. 35, Monsieur le Dr. P. Merk-
LINQHAUS a Hé nommé successeur à la chaire de Cliinois au Séminaire oriental
à Berlin, laissée vacante par le décès du professeur Carl Arendt. (Voir notre
Nécrologie.)
L'intérêt que le public, tant officiel que commercial, porte au Séminaire des
Langues Orientales à Berlin, qui célébrera bientôt la ib'*" année de son exis-
tence, augmente journellement. Pendant le Semestre courant, on y comptait
544 personnes qui le fréquentent, tandis qu'il y a peu d'années on n'y comptait
à peine 200. Deutsche Kolonial Zeitung, 1902, N». 9, p. 87.
GRANDE BRETAGNE.
Le 13 décembre une société a été formée à Londres pour l'étude de l'Asie
centrale à tous les points de vue: politique, économique et scientifique; elle a
le titre de Central Asian Society et elle se réunira à partir du 15 janvier 1902,
dans les salles de la Royal Asiatic Society.
Nous lisons dans le London and China Express, du 7 février 1902:
«In 1887 it was suggested that a School 'of Modern Oriental Studies should
be organised as a branch of the Imperial Institute, in imitation of the very
eificient establishments of this kind which are carried on, with Government
resources in France, Germany, and Austria. The School, with the assistance of
Univei-sity and King's Colleges, was officially opened in January, 1890. The
daughters of the late Colonel W. J. Ousoley (Bengal Army) established and
endowed, in his memory, thi-ee scholarships, in various Oriental languages, ia
connection with the school, each one of the value of not less than £ 50 per
annum. Examinations in various languages have been held each year since 1893.
In 1894 — 5 — 7 and 8, Chinese was one of the languages selected, but on no
occasion did any candidate pi*esent himself. E^ch time it was a case of «no
competitoi-s». Apparently Japanese has never been selected by the authorities».
4
50 CHRONIQUE.
CHINE.
Au célèbre homme d'état défunt Li Houng-tchang le titre posthume de Li
Wen-chung ^fe "A^* rf^ , le lettré et patriotique Li, a été décerné par décret
impérial. Ce titre a été gravé sur une tablette dans le temple consacré à la
mémoire des hommes d'état éminenls, et c'est ce titre par lequel il sera doré-
navant mentionné dans les écrits, en place de celui de Li Houng-tchang
^ï^
Le nouveau ministère des Affaires étrangères, Wai-wou pou, est divisé en
quatre départements: 1" s'occupe de la réception et des communications des
ministres étrangers; 2<* s'occupe des chemins de fer, mines et télégraphes dans
lesquels les étrangers sont intéressés; 3*^ s'occupe des douanes et des affaires
coramei'ciales ; 4" s'occupe des missionnaires et des voyageurs étrangers, ainsi
que des concessions étrangères.
La Mission du Yunnan et les Chemins de fer de pénétration en Chine.
La mission dite Mission du Yunnan a quitté Marseille le 5 mai à destina-
tion du Tonkin d'où elle ira s'installer à Yunnansen, capitale de la province
chinoise du Yunnan.
Le but de cette mission est de préparer l'ouverture des chantiers de con-
struction du chemin de fer de Laokaï à Yunnansen, de consti'uire notamment
les magasins, les ateliers, les bureaux, et les habitations du personnel européen
afin que la mise en train des travaux puisse commencer aussitôt après le vote
du parlement auquel le dossier de ce pi'ojet de ligne sera soumis tiès prochai-
nement. Cette voie ferrée fait partie du programme des grands travaux adopté
par les Chambres en 1898; elle a même été classée parmi les plus urgentes;
elle n'est, on le sait, que la prolongation en territoire chinois de l'importante
ligne ferrée Haïphong-Hanoï-Laokaï actuellement en construction et qui doit
être entièrement achevée d'ici trois ans. Les travaux de la ligne Laokaï- Yunnan-
sen dureront environ quatre ans. Les études de cette voie, d'une longueur de
465 kilomètres, ont été dirigées par M. Guillemot, ingénieur en chef des
Ponts-et-Chaussées, Directeur Général des Travaux publics en Indo-Chine, qui a
eu pour collaborateurs le lieutenant-colonel Gosselin, le commandant Schmitt,
les capitaines Bourguignon, Petit, Bellat, Trégont, Duprat, Buvignier, Raynal;
les ingénieurs Wiard et Le Bret; les conducteurs Kerler et Surcouf.
L'importance de cette voie est considérable au point de vue politique comme
au point de vue économique.
La Chine nous doit des compensations et des garanties; nous ne lui deman-
dons pas de nouveaux territoires, mais seulement des avantages commerciaux:
CHUONICiUK. 51
par le traité de 1896, elle nous a reconnu des droits sur les mines du Yunnan
dont la variété et la richesse excitent vivement la cupidité de l'Angleterre qui,
par la Birmanie et le Siam s'efforce do les atteindre. Le moment est venu de
profiter des avantages que nous donne le traité de 1896 et notre établissement
sur le fleuve Roupie pour pousser le rail jusqu'à Yunnansen, et mAme plus loin,
et barrer ainsi la route aux Anglais. Dôjà l'Angleterre a construit une voie
ferrée depuis le golfe du Bengale jusqu'à la frontière de Chine à travers la
Birmanie; elle ne reculem devant aucun efïort, aucune dépense, et elle aui-a
toutes les audaces pour atteindre Yunnansen ; elle ne dissimule pas ses projets
de main-mise sur le Yunnan; elle fait depuis longtemps déjà figurer sur les
cartes de ses atlas des tracés de voie ferrée qui atteignent le centre de la Chine
par le Yunnan; elle voudrait ainsi détourner au profit des Indes la plus grande
partie du commerce qui prend actuellement la voie du Yang-tsé-Kiang et de
Shanghaï.
L'Angleterre au Yunnan commanderait toutes les hautes vallées: celles du
Fleuve Bleu et du Sikiang, comme au.ssi du Fleuve Rouge et du Mekong.
Si au contraire nous arrivons avant elle à Yunnansen, les rôles sont changés
et si, poussant plus avant le rail, nous atteignons Suifou et Tchoung-King, dans
le Setchouen, c'est le Yang-tsé-Kiang, c'est la descente par le fleuve vere
Shanghaï; c'est Hankéou qu'un chemin de fer reliera bientôt à Peking; c'est
l'œuvre des Anglais annulée.
On ne peut nier l'intérêt qu'il y a pour notre commerce à relier Haïphong
et Hanoï à Yunnansen et au Setchouen par une voie feri'ée qui drainerait à
notre profit toutes les marchandises qui peuvent trouver avantageux de des-
cendre par le Fleuve Rouge au lieu de s'acheminer vers la mer par le Si Kiang
ou le Fleuve Bleu. Indépendamment de ses richesses minières incontestables et
de ses richesses agricoles qu'il est facile de développer le Yunnan présente pour
là France un intérêt économique prépondérant en raison de ce fait que toutes
ses communications avec l'Océan pacifique doivent facilement s'établir par l'in-
termédiaire du Tonkin.
Le Setchouen, non moins riche que le Yunnan en gisements miniers, est une
des plus plantureuses provinces de la Chine ; grande comme quatre fois la France,
elle a une population d'au moins cinquante millions d'habitants.
Nous sommes mieux placés que les Anglais pour aller au Yunnan, nous pou-
vons les y devancer, le Parlement en a reconnu la nécessité et a voté le prin-
cipe d'une ligne ferrée du Tonkin à Yunnansen. Le Gouverneur Général de
rindo-Chine estime cette ligne indispensable té la sécurité comme au développe-
ment de la Colonie et à la sauvegarde de nos intérêts dans la Chine du Sud;
il assure que le moment est venu d'agir; il 'faut lu construire sans retard.
G. L.
(Entretiens économiques, 5 Juin 1901.)
52 CHRONIQUE.
ETATS-UNIS.
M. le Dr. Herbert A. Giles, Professeur de Chinois à l'université de Cambridge,
se rendra au mois de mars 1902 à New- York, pour inaugurer la nouvelle chaire
de Chinois de Columbia College et faire quelques conférences. Il est parti pour
New- York par le vapeur Umhria, de la ligne Cunard, le 22 février.
FRANCE.
M. Charles Vapereau, Commissaire général de Chine à l'Exposition de 1900,
a fait une conférence sur Peking^ le mardi 10 décembre 1901, à la séance de
l'Alliatice Française tenue dans la Salle de la Société de Géographie, sous la
présidence d'honneur de M. le Ministre de l'Instruction Publique et la présidence
de M. Larroumet, de l'Académie fi'ançaise.
M. le Prof. L. Nocentini continue la série de ses intéressantes études sur la
Corée; il a donné au Journal de la Société Asiatique italienne un article de
pp. 24 sur P^ieng-Iancj ^* ^^ ancienne capitale du vicomte de Tchi ^l -^ ,
grand Conseiller H^ ^ des In j|ö .
Société de géographie. — Séance du 13 janvier 1902.
La navigation à vapeur sur le haut Yang-Tsé-Kiang. — La parole a été
donnée à M. Bons d'Anty, consul de France à Tchoung-King, pour exposer les
éléments d'une étude qu'il a faite sur l'état actuel de la navigation à vapeur
sur le haut Yang-Tsé-Kiang.
Le conférencier rapporte que, sans être entré définitivement dans la voie
des réalisations pratiques le problème de l'ouverture du Yang-Tsé à la naviga-
tion à vapeur a reçu sa solution dans les années 1900 et 1901.
De Shanghaï à Han-Kéou (960 kilom.), la circulation à la vapeur existe de-
puis 1860. Le port d'I-Tchang fut ouvert quinze ans après. Depuis 1874, les
vapeurs l'atteignent toute l'année.
M. Little atteignit Tchoung-King en 1898, mais sur un grand canot ponté.
En juin 1900, un marin du commerce anglais monta jusqu'à Tchoung-King.
Les Allemands entrèrent en lice et perdirent un bateau corps et biens.
La France enfin a envoyé una canonnière achetée à Shanghaï, VOlry, com-
mandé par le lieutenant de vaisseau Hourst. Il vient d'accomplir la traversée
d'I-Tchang à Tchoung-King en novembre dernier.
L'hydrographie du grand fleuve, si bien décrite par le R. P. Chevalier, de
l'Observatoire de Zi-Ka-Weï doit être aujourd'hui complète. Le lieutenant Hourst
a donc fait faire à la question un nouveau pas.
CHUONiqUK. 58
JAPON.
Monsieur le baron . Sweerts de Landas Wyborqh vient d'être nommé Mi-
nistre Résident dos Pays-Has au Japon.
RUSSIE.
Le siège du gouTerneur général de la côte sibérienne, qui était jusqu'ici à
Khabarovka, est transféré à Kharbine.
Cette mesure prouve que l'évacuation de la Mandchourie est encore une fois
ajournée.
La mesure, disent les autorités russes, est .prise afin de permettre au gêné ml
de mieux défendre la ligne sibérienne du chemin de fer et d'organiser l'admi-
nistration en Mandchourie.
I
BIBLIOGRAPHIE.
LIVRES NOUVEAUX.
Nous avons à noter deux nouvelles conférences faites par M.
E. Deshayes le 15 Décembre 1901 et le 26 Janvier 1902, publiées
par le «Musée Guimet». La première conférence traite des moeurs
des Japonais au moyen-âge d'après quelques peintures du temps, et
la seconde porte pour titre: «A propos du nu dans l'art au Japon».
Il est à regretter que ces intéressantes conférences soient pu-
bliées sous une forme aussi primitive (calques en encre bleue). Le
texte devient presque illisible et les dessins deviennent mutilés par
ce procédé. Je suis sûr que les «Archives internationales d'Ethno-
graphie» publiées à Leide par le savant directeur du Musée d'Eth-
nographie, M. le docteur J. D. E. Schmeltz, se feraient un plaisir
de reproduire exactement et en couleurs ces gravures japonaises
aiusi que leur texte descriptif.
M. Maurice Courant a publié, dans le Tome XII des Mémoires
de la Société de Linguistique de Paris, une note de 2 pages fort
instructive, sur l'existence de deux lectures (prononciations) pour
certains caractères chinois, distinguées par les finales K-N, T-N, P. M.
Notre collaborateur, le Dr. F. Hirth à Munich, donne sous le
titre de «China im Zeichen des Fortschrittes» (la Chine dans la
voie du progrès), publié dans la Deutsche Monatschrift für das
gesamte Leben der Gegenwart (Berlin, Janv. 1902) un résumé des
progrès faits par les Chinois depuis la dernière guerre.
Ces progrès consistent surtout en réformes militaires et politi-
ques, et ont dû avoir été amenées par force majeure, à l'exemple des
BIBLIOGRAPHIE. '55
réformes au Japon, singées d'après notre civilisation occidentale
pourrie et surannée. Nous n'attendons pas beaucoup de ces espèces
de réformes. L'Europe ne se réformera point aussi longtemps que
les principes de militarisme et d'autorité arbitraire y régneront
souverainement, et la Chine ne pourra se réformer socialement aussi
longtemps que les principes confucéens y seront vénérés et mis en
pratique. Une pareille évolution ne peut se faire d'un jour à l'autre et
exigera encore quelques siècles; car aussi longtemps que les Européens
resteront chrétiens, aussi longtemps les Chinois resteront Confucéens.
Le Journal Asiatique (Mai — Juin 1901) contient une note de
M. Edouard Specht, sur le déchiffrement des monnaies Sindo-
ephthalites, portant des légendes en une écriture parfaitement in-
connue. Il a réussi à en retrouver l'alphabet dont il donne un
tableau, et à l'aide duquel il a pu lire et traduire quelques unes
de ces légendes.
Nous félicitons cordialement l'auteur de son ingénieuse découverte.
i
Monsieur le Dr. Georg Huth a fait en 1897 aux Toungouses de la
Sibérie, une visite subventionnée par l'Académie impériale des sciences,
et par la Commission archéologique impériale de St. Pétersbourg. Il a
publié son premier rapport sur ce voyage dans le Bulletin de
l'Académie des Sciences, en Octobre 1901, Vol. XV, no. 3.
Ayant enfin réussi, surtout à l'aide de boissons alcooliques, à
gagner la confiance de ces Toungouses abrutis — les derniers restes
de la nation Youtchen, si puissante pendant le 12. siècle — , il a
pu tirer de leur bouche quelques anciennes chansons populaires.
L'auteur nous promet prochainement un aperçu de la langue et
de la grammaire toungouses.
Le N°. 4 (Octobre 1901) du Bulletin de l'Ecole Française
d'Extrême-Orient (Hanoi 1901) contient des Notes ethnographiques
56 BIBLIOQRA.PHIB.
sur diverses tribus du Sud-Est de l'Indo-Chine par M. A. Lavallée,
ancien attaché à cette école; un Tableau des Souverains du Nan-
tchao par le R. P. Mathias Tchang, S. J., et des Notes importantes
sur la géographie ancienne du Gandhâra par M. A. Foucher.
La rubrique Bibliographie contient des revues de livres et
périodiques où nous sommes contents de voir mentionné et discuté
par le savant directeur, tout ce qui paraît sur l'Extrême-Orient
dans les publications néerlandaises.
Le Journal Asiatique de Septembre — Octobre 1901, contient un
article du professeur A. Vissière, intitulé «Traité des caractères
chinois que l'on évite par respect» , les ^ ^ ^ ; et qui est en Chine
un ancien survival du Tabou qui existe dans les îles océaniennes.
Ce sont surtout les noms personnels de souverains vivants et défunts,
de quelques grands philosophes comme Confucius çt Mencius, etc.,
qui sont tabou en Chine. L'auteur en cite plusieurs exemples.
Nous recevons de l'auteur, M. A. Seidel, Rédacteur en chef du
Journal colonial allemand:
a. un Vocabulaire systématique de la langue vulgaire chinoise
du nord (dialecte de Peking) publié en 1901 à Oldenbourg et Leipsic.
Le vocabulaire est divisé en rubriques à l'instar des vocabulaires
bilingues chinois.
b. la seconde édition de sa Grammaire de la langue Japonaise
parlée, publiée par M. A. Hartleben à Vienne.
Dans cette nouvelle édition, le vocabulaire systématique de la
première édition a été supprimé, l'auteur se proposant de le faire
paraître prochainement sous une forme considérablement plus large.
Pour les exercices pratiques, M. Seidel s'est surtout servi de
l'ouvrage Meiji Kaiwahen de M. Mura mats.
KOUANO-SI
TRADUCTION DE DOCUMENTS
IllSTORIOUES, GEOGRAPIIIODES ET ADMINISTRATIFS SUR LA PROVhCE DU KOUANG-SI.
TIRÉS DU «KOUANG-SI T'ONG-TCHEU TSI-YAO»
^ ffi a ;è I* n
(Compendium des renseignements les plus utiles sur la Province du Kouang-Si.)
FAR
J. BEAUVAIS,
Interprète du Consulat do France à Long-Tcheou.
(Suite de la page 29J.
Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien ').
Historique.
Dynastie des Han, 206 avant J.-C. à 221 après J.-C. Le terri-
toire actuel de la Sous-Préfecture formait le Hien de T'au-Tchong
(/^ PJ^ ) qui dépendait du Kiun de Yu-lin (^ ^).
Epoque des trois Royaumes (San Kouo, 220 à 265) et Dynastie de»
Tsin, 265 à 420. Le territoire actuel de la Sous-Préfecture formait
le Hien de T'an-Tchong, qui dépendait alors du Eiun de Eouei-Lin
Dynastie des Song, 420 à 479. Le territoire actuel formait alors
la province ou Cheng i-^) de T'an-Tchong-Hien.
1) Le territoire de cette Sous-Préfecture renferme la capitale de la Préfecture de
Lieou-Tcheou-Fou, qui est en même temps la capitale de cette Scas-Fréfectare.
I
60 J. BEAUVATS.
Dynastie des Ts'i, 479 — 502, des Leang, 502 à 557, et des
Tch'en, 557 — 589. La dynastie des Ts'i rétablit à nouveau le Hien
de T'an-Tchong et le rattacha au Kiun de Kouei-Lin. Il fut sup-
primé par la suite.
Dynastie des Souei, 581 — 619. Le territoire actuel constitua le
Hien de Ma-P'ing qui appartint d'abord à Siang-Tcheou ( ^ ^|»j )
et, au début de la période Ta-Yé (^ ^) 605—616 au Kiun
de Cheu-Ngan (^â ^)-
Dynastie des T'ang, 618 — 907. Le Hien de Ma-P'ing constitua
d'abord le siège du gouvernement de Kouen-Tcheou ( ^ ^ ) puis
il en fut séparé et incorporé au Hien de Sin-P'ing ( 0f ^p ). Dans
le milieu de la période Tcheng-Koan (^ §§,)i 627—649, il forma
le siège du gouvernement de Lieou-Tcheou (^|p ^j^| ) et continua à
faire partie du Hien de Sin-P'ing.
Période des cinq Dynasties. 5£ j^ » 907 — 960. Le Hien de Ma-
P'ing forma le siège du gouvernement de Lieou-Tcheou.
Dynastie des Song, 960—1279. Le Hien de Ma-P'ing appartenait
au gouvernement de Lieou-Tcheou.
Dynastie des Yuen, 1279 — 1368. Le Hien de Ma-P'ing appartenait
à la marche ou Lou de Lieou-Tcheou.
Dynastie des Ming, 1368 — 1644. Le Hien de Ma-P'ing forma le
siège de la préfecture de P"* rang ou Fou de Lieou-Tcheou.
Dynastie actuelle des Ts'ing, 1644 à nos jours. Rien n'a été changé
dans le précédent état de choses.
Limites de la Sous-Préfectuve.
Le territoire de la Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien renferme
la cité capitale de la Préfecture de Liepu-Tcheou-Fou. Il mesure
175 lis de l'E. à l'O. et 170 lis du N. au S. A 15 lis à l'E., il
confine au territoire de la Sous- Préfecture de Lo-Yong-Hien, par
le poste de Tou-Tsing-T'ang (® ^^). A 160 lis à l'O., au
KOUANQ-SÏ. 6Î!
village de Ling-Kiang-Ts'ouen ( ^ J^X ^ )» i^ confine au territoire
de la Sous-Préfecture aborigène, T'ou-Hien ( j^ ^ ) ^^ Hin-
Tch'eng (i^f^) dépendant de la Préfecture de 1*"^ rang de
K'ing-Yuen-Fou (J^ Jâ /fJ)- ^ ^^^ ^^^ ^'^ ^•' *" P®^*^ ^® ^""
Cheu-Pao ( J^ ^ ^ ), il confine au territoire de la Sous-Préfec-
ture de Lai-Pin-Hien. A 50 lis au N., au poste de Cha-Mou-Pao
(^ ^ ^) i^ confine au territoire de la Sous-Préfecture de
Lieou-Tch'eng-Hien. A 80 lis au S.-E., au poste de Eul-P'o-
T'aug ( Zl H^ ^ ), il confine au territoire de la préfecture de
2me rang de Siang-Tcheou. A 40 lis au N.-O., il touche, au
village de Kou-Liug-Ts'oueu ('^^>|*îj*)» au territoire de la
Sous-Préfecture de Lieou-Tch'eng-Hien. A 120 lis au S.-O., à la
passe de Pai-Tseu-Yai (^ -^ |^), il confine au territoire de la
Sous-Préfecture de Ts'ien-Kiang-Hien ( ^ /X ^ ^ dépendant de la
Préfecture de pr rang de Seu-Ngen-Fou (.g. Jgl jfj). A 170 lis
au N.-E., au poste de Li-Yong-T'ang ( ^I] ^ ^ ) il confine au
territoire de Sous-Préfecture de Lo-Youg-Hien.
Montagnes et riyières.
La Montagne du Cheval Céleste, T'ien-Ma-Chan ( ^ ,|| ji| );
elle porte également le nom de Montagne du jeu d'échecs des Esprits,
Sien-Yi-Chan ( fjlj ^ |1| ). Elle se trouve au S. un peu 0. de la
Sous-Préfecture. Elle est élevée et couv^arte d'arbres et de bambous.
Au milieu de cette montagne, se trouve une caverne à partir de
laquelle on peut monter jusqu'au sommet. Cette grotte est séparée
en chambres et appartements nombreux par des sortes de cloisons.
Cette disposition est fort étrange. On y trouve également de nom-
breux bancs de pierre, d'où son deuxième nom.
La Moutagne de P'ing (^ UJ )• ^ ^^ ^i ^^ 3* ^^ ^ Sous-
Préfecture. Le poëte T'ao Pi ( pi^ 5Ö5 )' ^® ^* dynastie des Song,.
960 à 1279, a composé une poésie sur cette montagne.
62 J. B KAU VAIS,
La Montagne du Poisson de pierre, Cheu-Yu-Chan (^ ^ jl| ).
Elle porte également le nom de Pic du Poisson dressé, Li-Yu-Fong
( jjL ^ ^ )• Elle se trouve à 2 lis de la Sous-Préfecture. Elle est
percée à jour d'une infinité de trous ou cavernes. Des hommes
célèbres, en grand nombre, y ont gravé des poésies. En avant de
cette montagne, se trouve une grande caverne munie à droite et à
gauche de deux portes communiquant avec deux cavernes postérieures.
Ces excavations sont élevées, claires, absolument comme les grandes
salles d'une maison, de telle façon qu'il est fort agréable de s'y
rendre en pique-nique. Au pied de la montagne se trouve un étang qui
porte le nom de l'Etang du petit Dragon, Siao-Long-T'an ( /J> ^|| *^ ).
Il renferme beaucoup de poissons et communique avec le Ta-Kiaug
iy^ /I ), le grand fleuve. Son niveau suit celui des eaux de la rivière.
La Montagne de l'Amphore, Tseng-Chan (^ [Jj ) au S.-E. de
la Sous-Préfecture. Cette montagne, s'élève à pic de tous côtés.
Elle a une hauteur de 50 pieds. La forme afiPecte la rondeur d'une
amphore.
La Butte des Perdrix, Tche-Kou-Toei ( Ê| iîj| i# ) devant la
résidence de l'Inspecteur des Etudes de la Sous- Préfecture. Un
dicton prétend que si une perdrix s'envole de cette butte, il y aura
cette année là un Tchouang-Yuen ( jjjç yj^ ), (le numéro 1 du con-
cours du Doctorat) dans la circonscription.
La Montagne des Pies, Tsio-Chan ( "^ [Jj )• Elle portait an-
ciennement le nom de Montagne de la Joie, Lo-Chan ( ^ jjj ).
Elle se trouve au N. de la cité. C'est la plus belle des montagnes
de la Sous-Préfecture.
La Montagne des Oies, Ngo-Chan (J§ |1|), à 3 lis à l'O. de
la Sous-Préfecture. Une source tombe en cascade du milieu de cette
montagne. Cette cascade vue de loin ressemble à deux oies qui s'en-
volent et c'est cette particularité qui a fait donner à la montagne
le nom qu'elle porte.
KOUANG-Sl. 68
La Montagne de Kia-Ho {% '^ |Jj ), au 8. de la Sous-Pré-
fecture. Un de ses côtés donne sur le grand fleuve, le Ta-Kiang.
Elle formait une sorte d'écran à l'ancienne préfecture.
La Montagne des Cerfs, Ma-Lou-Chan ( .B^ J^ li| ) à l'E. de la
Sous-Préfecture. Les deux montagnes qui composent ce petit massif
ont l'aspect de deux cerfs mâle et femelle, qui sont de compagnie.
La Montagne des quatre vieilles femmes, Seu-Mou-Chan ( plj ^^
|J|j ) à 5 lis à rO. de la Sous-Préfecture. Cette montagne eat très-
escarpée sur toutes les faces et ne se rattache à aucune autre.
La Montagne du Tonnerre, Lei-Chan ( ^ [ij ) à 10 lis au S.
de la Soua-Préfecture. Au pied de cette montagne se trouvent les
temples de Fei-Lai-Miao ( ^ ^ ^ ) et de Tsouei-Ling-Miao ( ^
^ ^ ). On y trouve encore un étang très profond qui porte le
nom de l'Etang du grand Dragon, Ta-Long-T'an (-^ ^ )^ ).
La Chaine de Siang-T'ai ( ;J§ § 'ftS ) '* ^^ ^^^ *^ N- ^^
la cité.
La Montagne du Mur du Dragon, Long-Pi-Chan (^-^^ jjj )
à 15 lis au N.-E. de la cité. Au milieu de cette montagne se trouve
une paroi rocheuse, en forme de mur, au pied de laquelle se trouve
un rapide, constituant une des passes donnant accès à la cité capi-
tale de la Préfecture. Cette montagne renferme en outre une grotte
qui porte le nom de caverne de la passe, Kouan-Tong ( ^ '/{^ )•
Un poëte de l'époque des Song, T'ao Pi, parlant d'elle, l'appelait la
grotte céleste des vapeurs et des nuages Yen-Hia-Tong-T'ien ( j^
La Montagne du Dragon replié sur lui-même, P'an-Long-Chan
( i^ ^ jjj )) à l'E. de la Sous-Préfecture. Un chemin conduit à
une caverne creusée dans cette montagne. Cette caverne est vaste
et claire. Au bas de la montagne se trouve l'Etang de Teng-T'an
iWt */^ )• ^®"^ ^^ Dynastie des Ming ( U^ ), Ouang K'i Jouei ( ^
j^ ^ ) se cacha dans cet endroit. Il a été publié un livre intitulé
I
Qi J. BEAUVA.IS.
histoire de la Montagne du Dragon enroulé, P'an-Long-Chan-Tcheu
Rivières.
La rivière Lieou ( ^p fX. )•
Elle passe eu dehors de la porte S. de la capitale de la Pré-
fecture. Elle porte également le nom de T'an-Chouei (/^ '^)-
Son cours supérieur porte le nom de Fou-Lou-Kiang ( JÜg j^ yX )•
Cette rivière provient de la circonscription ou Tchang-Koan-Seu
( -M 'j^ ^ ) de Yang-Tong ( ^ ^/j^ ) dans les montagnes de l'O.
ou Si-Chan ( ® (Jj ) de la province du Kouei-Tcheou ( ^ j^ ).
Elle coule d'abord au S., elle entre sur le territoire de la province
du Kouang-Si ( ^ |§ ), elle passe à l'O. de la Sous- Préfecture de
Houai-Yuen-Hien (Ig 1^ ^)' '^ ^'^- ^^ ^^ Sous-Préfecture de
Yong-Hien ( ^È ^ )i elle prend le nom de Yong-Chouei ( J4 ;[fC)i
rivière aux eaux chaudes, et ne commence à s'appeler Lieou-
Kiang, qu'après être passée sur le territoire de la Sous-Préfecture
de Lieou-Tch'eng-Hien (^^p ^^ ^). Elle arrive à l'O. de la capi-
tale de la Préfecture de Lieou-Tcheou-Fou, puis elle se dirige au
S.-E. et passe à Kiang-K'eou-Tchen {fji P |^), elle reçoit les
eaux de la rivière Siang-Seu-Tai (;J5g ^@^ iß^) et d'autres ruisseaux
des Sous-Préfectures de Yong-Fou-Hien ( 3< Si R ) ^^ ^^^ ^'^^^
Yong-Hien (^^ § ^). Elle passe sur le territoire de la Préfec-
ture de 2™^ rang de Siang-Tcheou ( ^ j»H ), elle entre ensuite sur
le territoire de la Préfecture de 1^^ rang de Sin-Tcheou-Fou
(i^ ^ jfj) et prend le nom de K'ien-Kiang (||^*^) ou de
Siu-Choueï ("^ ^)'
La rivière des Oies, Ngo-Kiang ( ^| /X ) ^^ Ngo-Chouei i^;^)-
Elle passe à 40 lis au S.-O. de la Sous-Préfecture. Sa source
sort de la Montagne des Oies, Ngo-Chan(^§ |ll )• C'est un affluent
du Lieou-Kiaug.
K0UANa-9I. ^
La rivière Houang-P'o (^ ^ '^)-
Elle coule à 30 lis à TO. de la Sous-Préfecture. Sa source sort
de la montagne de Houang-Ki ( ^ ^ ll|). Elle se réunit à la
rivière Ngo-Chouei et se jette dans le Lieou-Eiang.
La Fosse du Grand Dragon, Ta-Loug-T'an ( ;;Ac lH ïp ) à 3 lis
au S. de la Sous-Préfecture an pied de la Montagne du Tonnerre,
Lei-Chan; on lui donne aussi le nom d'Etang du Tonnerre, Lei-
T^'f^^g ( ^ ^ ). Aux époques de sécheresse, c'est auprès de cet
étang que l'on va dire les prières pour demander la pluie. Tchang
Tchong-kien ( $^ ;^ ^ ) y avait une terrasse pour pêcher des
poissons et Lo Siang-san ( ^ ^ ^ ) s'y retirait dans la grotte de
Long-Yin-Tong ( f| ^ ?I^ ).
La fosse du petit dragon, Liao-Long-T'an (/J> ^ )^) à 2 lis
au S. de la ville et au pied de la Montagne du Poisson dressé,
Li-Yu-Chan. Lou Hong-tsien (^JçfjaS^) dans son livre qu'il a
intitulé Tch'a-King ( ^ ^ ), appelle cet étang la source ronde
Yuen-Ts'iuen ( U ;^ )•
L'Etang des Nénuphars blancs, Pai-Lien-Tch'eu (Q ^ *^)'
En dehors du bastion N: de la viUe. Cet étang possède neuf ouver-
tures. Il en sort une source.
L'Etang de Pang-Cheng-Tch'eu ( ;J4; ^ j^ ) au S. de la rivière.
L'Etang de Lo-Tch'eu ( j^ ffe ) au S. de la ville. Il sert à l'ir-
rigation des champs. A côté de cet étang se trouve la pagode de
Lo-Tch'eu-Miao ( ^ */fe ]^ ) qui n'est autre que la pagode de
Lieou Tsong-yuen {Ißf ^ jt)-
La source de Lou Tao-sien (|^ ^ f|lj ^ ) à 10 lis an S. de la
cité au pied de la grotte des Esprits, Sien-yen ( f[l| ^ )•
La source de Ling-Ts'iuen ( ^ ^ ) à 70 lis à l'O. de la cité. Elle
ne coule pas, quoiquelle ne soit pas cependant entièrement desséchée.
Dans l'eau de cette source, on rencontre quantité de poissons noirs
et verts. Ce sont des Cheu-Tsi ( ^ Q^ ) ou carpes de roche.
66 J. BBAUVAIS.
Les puits du N. de la ville Pei-Tch'eug-Tsing ( :f t ÎÈ # )•
Ce sont ceux de Lieou Tsoug-yuen ( ;^p ^ ;7|^ ^ ) et de Ouen
Ping ( ^ ^ ^ ), tous creusés dans le roc.
Mandarins.
Un Sous-Préfet, Tcheu-Hien {^ ^).
Ses appointements dits Ngo-Fong, sont de 45 taëls d'argent.
Il touche en outre à titre de Pien-Fong, trente huit taëls d'ar-
gent 3 ts'ien un feuu; 2' à titre de Yang-Lien, 1100 taëls d'ar-
gent; 3° à titre de Yen-Kouei- Yang- Lien, 240 taëls d'argent, et
enfin à titre de Hao-Sien- Yang-Lien (^-^^j^)» 173 taëls
d'argent environ.
Ce fonctionnaire a droit à un personneide 23 hommes de yamen,
porteurs de chaises, de parasols et d'éventails, palefreniers, plantons
et policiers, pour l'entretien desquels il lui est alloué par an une
somme de 138 taëls d'argent. Il a droit également à 40 hommes
des milices régionales, ou Min-Tchouang, pour l'entretien desquels
il touche annuellement une somme de 119 taëls d'argent 7 ts'ien
3 feun 5 li; et 150 cheu 3 teou 3 cheng 6 cho de riz. Enfin il
a droit également à 28 policiers, garde-magasins et geôliers aux-
quels il est attribué par an 168 cheu de riz.
Un chef de circonscription, ou assistant de 2™® classe de Sous-
Préfet, Siun-Kien ( ^ ^ ) pour la circonscription, de San-Tou-Siu
(H 15 ^^), San-Tou-Sin-Siun-Kien (H fP ^ M fê)-
Ses appointements sont de 31 taëls d'argent 5 ts'ien et 2 feun.
Il touche à titre de Yang-Lien, 80 taëls d'argent. Il a droit à 2
sbires, pour l'entretien desquels, il touche annuellement 67 taëls
7 ts'ien 2 feun 6 li.
Un chef de circonscription, assistant de 2°^° classe de Sous-Préfet,
Siun-Kien, pour la circonscription de Tch'oan-Chan-Siun-Kien ( ^
KOUANQ-SI. •?
Ses appointements et son personnel sont identiques à ceux do
précédent Siun-Kien.
Un maître de police et gardien de prison de Sous-Préfecture,
Tien-Cheu (Ä ^).
Ses appointements sont semblables à ceux des Siun-Kien précé-
dents. Il a droit à un personnel de 5 portiers et sbires pour
l'entretien desquels, il touche chaque année une somme de 30 taëls.
Il a droit également à 7 palefreniers pour lequel il reçoit annuelle-
ment 6 cheu de riz. Les années où il y a un 13"*^ mois intercalaire,
. il reçoit en outre 5 ts'ien d'argent.
Un directeur d'Etudes de Sous-Préfecteurs, Kiao-Yu (^|^)
et un sous-directeur d'Etudes de Sous- Préfecture, Hiun-Tao ( ^ij 1^).
Les appointements de chacun de ces 2 fonctionnaires sont de
40 taëls. Ils ont droit chacun à 2 portiers, pour l'entretien desquels
ils touchent par an 12 taëls, et à 16 pourvoyeurs pour les jeûnes,
pour l'entretien desquels ils touchent 48 taëls.
Ecoles.
Nombre de Bacheliers littéraires: 12.
Nombre de Bacheliers militaires; 12,
On a ensuite augmenté d'une unité chacun de ces 2 chiffres.
Bacheliers subventionnés Lin-Cheng.
Leur nombre est fixé à 20. Chacun touche par an une quantité
de riz fixée à 3 cheu 3 teou 4 cheng 6 cho 8 tch'ao. Ce qui fait
au total une quantité de riz de 66 cheu 8 teou 1 cheng 3 ho
6 cho. Dans les années qui renferment un 13™® mois intercalaire,
cette quantité est augmentée de 5 cheu 5 teou 6 cheng 7 ho
8 cho.
Un bachelier du grade de Eong-Cheng est nommé tous les 2 ans.
Les terres appartenant aux écoles, out une superficie de 2 k'ing ( ^)
0<8 J. BKAUVAÏS.
13 meou 1 feun, composés de terrains de l^*"^ qualité, rapportanb un
fermage de 13 taëls d'argent 5 ts'ien 6 li.
Bendement des Impôts.
Le produit total de l'Impôt foncier est de 2362 taëls d'argent
4 ts'ien 2 feun 1 li.
Durant les années qui renferment un 13™® mois intercalaire, le
rendement est augmenté de 138 taëls d'argent 4 feun 2 li.
L'impôt sur le riz donne un rendement de 1652 cheu (piculs
de 60 kilogrammes), la provision de grains des greniers est fixée
à 16539 cheu.
Positions stratégiques.
1° Ma-P'ing-Hien, qui renferme la cité capitale de Lieou-
Tcheou-Fou. *
2** Le cantonnement du bataillon de Tchen-Lieou, Tchen-Lieou-
Yiog ( ^ -IIP "^ ) sur la rive N. du fleuve Lieou-Kiang.
3° Le poste de Tcli'oan-Chan-Pao ( ^ |_Lj ^) à 40 lis au S.
de la Sous- Préfecture. C'était anciennement un relai de poste Yi (J|^);
on en a fait actuellement une circonscription administrée par un
assistant de 2°^® classe de Sous-Préfet ou Siun-Seu ( ^ ^ ).
4° Le bourg de Sin-Hing-Tchen (|ff Ä Ä) ^ 50 lis à l'E. de
la Sous-Préfecture, ainsi que ceux de Tou-Po-Tchen ( ^ \^ ^ )
et de Kouei-Sin-Tchen C^ "^ ^^)- Us formaient anciennement
un Siun-Seu, qui a été supprimé,
5° Le bourg des Camphriers, Tchang-Mou-Tchen (;|^ ^ ^) à
60 lis à rO. de la Sous-Préfecture. A la fin de la dynastie des
Ming, lorsqu'on eut réduit la révolte des aborigènes Tchoang (^^),
ce bourg fut élevé par un certain, Ouei Tcheu-tao (^ ^^)'
6° Le poste de Yu-Ouo-Tchai ( "^ ^ |^ ) au S.-O. de la Sous-
Préfecture, dans un coin de la frontière des deux préfectures de
KOVANO-SI. '60
Lieou-Tcheou-Fou et de K'ing-Yueu-Fou. Sous la dynastie des
Ming, 1368—1644, et pendant les années de la période Eia-tsing
(^ j||), 1522-1566, (empereur Cheu-Tsong Sou-Hoang-Ti ^
^ Ä M ^* )' *^°°* ^® °°™ personnel était Heou-Ts'ong ( jÇ 'jj^ ).
les chefs de pirates Ouei Kin-t'ien (_^ ^ 5J ) et consorts cou-
paient les voies de communication terrestres et fluviales. Le Goa-
verneur général Tchang Yo ( ^ -^ ) fit assembler 3 compagnies
de soldats et cerner le repaire de Yu-Ouo-Tch'ao ( ^ ^ ^ )
lequel était entouré d'une muraille de pierres fort haute et d'ou-
vrages considérables en terre. Les troupes impériales ne purent
enlever de vive force cette forteresse. Elles ne s'en emparèrent qu'à
la longue et ce fut à partir de ce moment qu'elle fut rasée.
7** Le poste des 3 rivières San-Kiang-Pao (^ yX ^) ^ 10 lis
au S. de la Sous-Préfecture. Il porte également le nom de San-
Kiang-k'eou ( ^ '/X P )• C'est le point de réunion des 3 rivières
Tou-Lo-Chouei (/^ j^ ;JC), Lo-ts'ing-Kiang {'^ '^ tL) ^^ Ngo-
Chouei ( Jl :;(C ).
8° Le porte de Tch'ang-p'iug-Pao ( ;g ^ ^ ) à 30 lis au S.
de la Sous-Préfecture.
9° Le porte de Ou-Cheu-Pao { i% ^ ^) à 80 lis au S. de la
Sous-Préfecture.
Sur le territoire de la Sous-Préfecture et à une distance de 10
lis de la ville de Lieou-Tcheou-Fou, se trouvent des indigènes
Tchoang (^g).
A 50 lis de distance sont des territoires habités par des abori-
gènes Yao {'^), Lang (^^), Ling (^-p^) et Ya (^^). Aussi de-
puis fort longtemps avait-on établi à proximité de ces territoires et
dans tous les endroits les plus importants des postes ou Pao, du
genre de celui de Ou-Cheu-Pao, dans lesquels on avait fixé de
petites garnisons.
70 , J. BEAUVAIS.
Sous-Préfecture de Lo-Yong-hien.
Historique.
De la Dynastie des Han^ 206 avant J.-C. à 220 après J.-C,
à la Dynastie des Tch'en (|^), 557 à 589 après J.-C. Le terri-
toire actuel de la Sous- Préfecture de Lo-Yong-Hien ( ^|| ^ ^ )
faisait partie du Bien, de T'an-Tchong ()!p F|î )•
Dynastie des Souei, 581—619. Le territoire actuel de la Sous-
Préfecture faisait partie du Hien de Siang-Eien (^ ^) lequel
appartenait au Kiun de Cheu-Ngan ( ^^ ^ ).
Dynastie des T'ang, 618 — 907. Au milieu de la période Tcheng-
Koan ( ^ ^S) le Hien de Lo-Yong fut constitué et rattaché à
Lieou-Tcheou. Quant au Hien de Siang-Hien, il appartenait d'abord
au Tcheou de Kouei-Tcheou ( :^ j^)- ^^ ne fut que par la suite
qu'il fut incorporé au Tcheou de Lieou-Tcheou.
Période des Cinq petites Dynasties — 3£ j\, — ^^^ — 960. Le
Hien de Lo-Yong appartenait au Tcheou de Lieou-Tcheou.
Dynastie des Song, 960 — 1279. Durant la 4^^ année de la pé-
riode Kia-Yeou {^^) 1059 le Hien de Lo-Yong fut diminué et
son territoire réuni à celui de Siang-Hien.
Dynastie des Yuen, 1279—1368. Le Hien de Lo-Yong appar-
tenait à la marche ou Lou de Lieou-Tcheou.
Dynastie des Ming, 1368 — 1644. Durant la 4™^ année de la pé-
riode Ouan-Li C^ ^) 1576, Empereur Chen-Tsong Hien ( f ^ ^
^ ^ ^ ) ^^^^ ^® ^^^ personnel était Yi-Kiun {^^ ^)) le Hien
de Lo-Yong fut séparé de la marche de Lieou-Tcheou et rattaché
à la préfecture de P"^ rang ou Fou de Lieou-Tcheou-Fou.
Dynastie actuelle, 1644 à nos jours. Rien n'a été changé dans
le précédent état de choses.
KOUAWî-81, 71'
Limites.
La Sous- Préfecture de Lo-Yong-Hien est située à 60 lis au N.-E.
de la préfecture de Lieou-Tcheou-Fou. Son territoire mesure 65 lis de
TE. à rO. et 200 lis du N. au S.
A 30 lis à l'E., le territoire de la Sous-Préfecture confine, à Houa-
Chan-k'iao ( ^ |_L| ^ ), au territoire de la Sous-préfecture de Yong-
Fou-Hien ( ^ jjfg ^ ) qui dépend de la préfecture de premier rang
de Kouei-Lin-Fou ( ;|^ # jfrf )•
A 35 lis à rO., au bac de San-Meun ( ^ P^ {^ ), il confine à
celui de la Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien.
A 130 lis au S., au village de Yun-Kiang-Ts'ouen (3|| )^ >|»»|*)
il confine à celui de la préfecture de 2jne rang de Siang-tcheou.
A 70 lis au N., au poste de Kiai-Pai-Pao ( ^ ){$ ^ ) il con-
fine au territoire de la préfecture de 2°^^ rang de Yong-Ning-Tcheou
( ^ ^ j»j>| ), de la préfecture de P"" rang de Kouei-Lin-Fou.
A 60 lis, au S.-E., par la chaîne de Ping-Ho ( j^ ^ ^ ) il
confine au territoire de la Sous-Préfecture de Sieou-Jen-Hien {j^
i^ ^) dépendant de la préfecture de l^'^rang deP*ing-Lo-Fou (^
mm
A 60 lis au N.-O., au village de Lou-Tch'ong-Ts'ouen ( ^ '/i^ jjl^ )
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Lieou-Tch'eng-Hien.
A 60 lis au S.-O., au village de Hong-Houa-Ts'ouen ( j^ ^ ;j»ij*)
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien.
A 90 lis au N.-E., à Kieou-Hien (^0) — la vieille Sous-
préfecture, — il confine au territoire de la préfecture de 2"® rang
de Yong-Ning-Tcheou, dépendant de la préfecture de P"^ rang de
Kouei-Lin-Fou.
Montagnes et Rivières.
La Montagne Maîtresse, Tchou-Chan ( ^ |Jlj ). Eu dehors de la
72 J. BEAUVAIS.
porte du N. A gauche de cette montagne, se trouve celle de Chouang-
T'ong ('^ ^ |i|) et à droite celle de Tsiu-Kiang (^ ^ UJ).
La caverne de l'Eléphant blanc, Pai-Siang-yen ( ÉI ^ J^ ) ^
7 lis à VO. de la Sous-préfecture. Il s'y trouve trois cavernes super-
posées. A l'époque des Song, 960 — 1279, un Tchouang-Yuen ( ^j^ yj^ )
(le premier de la liste du Doctorat), nommé Ouaug Oheu-tso ( ^E
ift M"] ) ^® rendait habituellement dans cette caverne pour s'y livrer
à l'étude. Du sommet de la montagne, tombent deux grandes lianes
longues de plus de 100 pieds chacune et en tout semblables à deux
colonnes. Dans la caverne inférieure sont gravés quatre caractères:
«T*ien-Jan-Ta-Hia» (^ ^ ^ >M )' ^^^^ Providence a ménagé là
une grande habitation».
La Montagne de Jou-Lai (^ ^ |lj ) à 15 lis au S. de la
Sous-Préfecture.
La chaîne du Pied de cheval, Ma-fi-Ling ( j^ ^ ^ ) à 25 lis
au S. de la Sous-Préfecture. Une rivière sort de ce massif à l'E. et
se réunit à la rivière T*ai-Ho (^ 5(«P yX) ^^^ coule sur le terri-
toire de la Sous-préfecture de Yong-Fou ( ^ Se )^ )•
La caverne du Dragon blanc, Pai-Long-yen ( f^ ^ ^ ), à 60
lis au N.-O. de la Sous-Préfecture. L'ancienne Sous-Préfecture se
trouvait à ses pieds.
La Montagne de Seu-Ouei (,g ® li| ) à 70 lis au N.-E. de la
Sous-Préfecture. Sur un sommet se trouve une source d'eau qui ne
s'assèche pas de toute l'année.
La Montagne des Aigles, Ying-Chan ( ;^ |JLl ), dans l'enceinte
de l'ancienne capitale de la Sous-Préfecture.
La Chaîne des Six-cents, Lou-Po-Ling ( ^ "g^ ^ ) à 60 lis au
S. de la Sous-Préfecture.
La Montagne de Ta-Ting (^ ^ |Ij) à 70 lis au N. de la
Sous-Préfecture.
La rivière Lo-Ts*ing ( JSS' '^ ^) à un demi-li au S. de la
KOUANfl-Sl. 78
Sous-Préfecture. Elle se sépare de la rivière Eouei (;(^ ^) arrose
le territoire de la Sous-Préfecture et à San-Kiang-K'eou ( ^ yX tJ )
elle se réunit à la rivière Lieou (^p /X)« ^^^^ ^ donné un nom
(Lo) à la Sous- Préfecture.
La rivière des Trois portes, San-Meun-Kiang (^ P^ J^) "a l'O.
de la Sous-Préfecture. Elle vient de la Sous-Préfecture de Ma-P'ing-
Hien et se réunit au Lo-Ts'ing-Kiang (Nota: C'est le Lieou-Kiang).
La rivière de Chan-Tao (jlj ^ /X) à l'E. de la Sous-Préfec-
ture. Elle provient de la Sous-Préfecture de Yong-Fou-Hien et se
jette dans le Lo-Ts'ing-Kiang.
Mandarins.
Un sous préfet, Tcheu-Hien.
Les appointements, dits Ngo-Fong, sont de 45 taëls d'argent. Il
touche en outre: 1° à titre de Pien-Fong, 40 taëls d'argent environ;
2" à titre de Yang-Lieu, 750 taëls d'argent; 3° à titre de Yen-Kouei-
Yang-Lien, 100 taëls d'argent; et 4° à titre de Hao-Sien-Yaug-Lien,
178 taëls d'argent 7 ts'ien. Il a droit à 87 employés subalternes pour
l'entretien desquels il touche par an une somme de 522 taëls d'argent.
Un assistant de 2°^® classe de Sous-préfet, ou Siun-Kien, pour
la circonscription de P'ïng-Lo-Tchen (^ ^ ^) P'ing-Lo-Tchen-
Siuu-Kien.
Les appointenants, dits Ngo-Fong, sont de 31 taëls d'argent
5 ts'ien 2 feun. Il touche, à titre de Yang-Lien, 80 taëls d'argent.
Il a droit à 5 sbires et palefreniers, pour l'entretien annuel desquels
il touche une somme de trente taëls d'argent, et à 24 archers, pour
l'entretien aauuel desquels il touche la somme de 81 taëls d'argent
2 ts'ien 7 feun 2 li.
Un assistant de 2™® classe de Sous préfet, ou Siun-Kien, pour
la circonscription de Ki»ng-K'eou-Tchen ( /X P ^) Kiang-K'eou
Tcheu-Siun-Kien.
74 J. BEAU VA IS.
Les appointements, Ngo-Foug, et ce qui'il touche à titre de Yang-
lien, se montent aux mêmes sommes que pour le précédent Siun-Kien.
Il a droit à 2 sbires, pour l'entretien annuel desquels il touche une
somme de 12 taëls d'argent, et à 12 archers pour l'entretien annuel
desquels il touche 40 taëls d'argent 6 ts'ien 3 feun 6 li.
Un maître de police et gardien de prisons de Sous-Préfecture,
Tien-Cheu.
Il touche des appointements et un Yang-Lien identiques à ceux
des précédents Siun-Kien. Il a droit à un personnel de six sbires et
palefreniers, pour l'entretien annuel desquels il touche une somme
de 36 taëls d'argent.
Un directeur d'Etudes de Sous-Préfecture, Kiao-Yu, et un sous-
directeur d'Etudes de Sous-Préfecture, Hiun-Tao.
Les appointements de chacun de ces deux fonctionnaires sont de
40 taëls d'argent. Ils ont droit chacun à un personnel de deux portiers,
pour l'entretien annuel desquels ils touchent chacun une somme
de 12 taëls d'argent, et à 8 pourvoyeurs pour les jeûnes, chacun,
soit au total 16 pourvoyeurs, pour l'entretien annuel desquels il est
prévu une somme de 48 taëls d'argent.
Écoles.
Nombre des bacheliers littéraires: 12. — Nombre des bacheliers
militaires: 12.
Bacheliers subventionnés, Lin-Cheng.
Leur nombre est fixé à 13. Ils touchent annuellement une somme
totale de 26 taëls d'argent, que l'on augmente de 2 taëls un ts'ien
six feun sept li, durant les années où il y a un treizième mois
intercalaire.
Un bachelier du grade de Kong-Cheng est nommé tous les deux ans.
La superficie primitive des terres appartenant aux écoles est de
deux K'ing cinq meou sept feun cinq li. Dans ce total, les terres
'koUanq-81. 75
incultes entrent pour une superficie de un k'ing onze meou sept
feun cinq li. Il reste donc seulement pour les bonnes terres, une
éteudue de 94 meou, qui rapportent un fermage de 9 ts'ien et 4 feun.
Impôts.
Le produit total de l'impôt foncier, Ti-Ting, est de 2531 taëls
d'argent un ts'ien neuf feun 8 li. Durant les années qui ont un
treizième mois intercalaire, ce total est augmenté de 138 taëls d'argent
4 feun et deux li, ce qui fait un total de 2669 taëls d'argent deux
ts'ien quatre feun.
La provision de grain des greniers est fixée à 14.000 cheu.
Positions stratégiques.
1" Lo-Youg-Hien. Cette Sous- Préfecture se trouve sur les voies
de communication qui unissent le territoire de Lieou-ïcheon-Fou à
celui de Kouei-Lin-Fou. Elle et la Préfecture voisine de 2® rang
de Yong-Ning-Tcheou se pénétrent l'une l'autre comme les dents de la
mâchoire d'un chien. Le territoire de Lo-Yong-Hien est entouré
de montagnes. Il maintient les différentes contrées habitées par les
aborigènes Miao ( ]^ ) et Yao { ^ ).
2° Le Bourg de P'ing-Lo-Tchen (^p || ^); à 70 lis au N.-E.
de la Sous- Préfecture actuelle, à l'endroit appelé Tchong-Tou ( ffï ^ )
se trouvait, au début de la dynastie des Mïng, 1368 — 1644, l'an-
cienne cité capitale de la Sous- Préfecture de Lo-Youg-Hien. Durant
la 6"^® année de la période Hong-Vou (*|^ JÊÇ) 1373 (Empereur
T'ai-Tsou-Kao-Hoang-Ti y^ j^ ^ ^ ♦0' dont le nom personnel
était Yueu-Tchaug ( j^ Jjç! )) fondateur de la dynastie, lequel régna
de 1368 à 1398), une circonscription ou Siun-Seu ( ^ ^ ) fut établie
à l'E. de la Sous-Préfecture à Cheu-Lieou-Kiang ( ^ y§ yX )• Durant
la 14°^^ année de la période Ouan-Li C^ ^)' 1586 (Empereur
Chen-Tsong-Hien-Hoang-Ti Âlj$ ^ ^ ^ *i^» dont le nom per-
k
76 J. BEAUVAIS.
sonuel était Yi-Kiuu y|J#^) et qui régna de 1572 à 1619) le
siège de cette circonscription fut transporté à l'endroit actuel et
aucun changement ne fut apporté à cet état de choses dans le courant
de la présente dynastie.
3° Le bourg de Kiang-K'eou-Tchen (^ p ^) à 50 lis au
S.-O. de la Sous-Préfecture, à l'embouchure de la rivière Lo-Ts'ing-
Kiang ( '^ ^ '^ ) et au point où se rencontrent les territoires de
la Sous-Préfecture de Ma-P'iug-Hien et de la Préfecture de 2^ rang
de Siang-Tcheou. Sous la dynastie des Ming (1368 — 1644), un Siun-
Seu ou circonscription fut établi en cet endroit et y a été conservé
par la présente dynastie. Sous la même dynastie des Ming, on avait
constitué le Siun-Seu, aujourd'hui supprimé, de Tchang-T'ouo-Tchen
4° Le Village de T'ouo-Ting-Ts'ouen ( ^ ^ ^1^ ) à 70 lis au
N. de la Sous-Préfecture. Sous la Dynastie des Ming et durant les
années de la période Tcheng-To (iE=^) — 1506—1521 - (Em-
pereur Vou-Tsong-Yi-Houang-Ti ^ ^ |^ ^ *^ dont le nom
personnel était Heou-Tchao J^ ^^ et qui régna de 1505 à 1521),
un aborigène Tchoang, originaire de Kou-T'ien ( "j^ ^ ), le nommé
T'an Ouan-hien ( ^ "S ^ ) s'empara de la ville de Lo-Yong et
occupa les villages de Si-Hiang O ^pR ), T'ouo-ring ( :^ ^ ) Lo-
Teou ( 1^ ^ ), etc. . . . rendant de ce fait impraticable la circula-
tion sur les voies fluviales. Ce ne fut qu'après un temps considérable
que l'on parvint à réduire cette révolte.
Murailles et Fossés.
L'ancienne cité capitale de la Sous-Préfecture se trouvait autre-
fois dans la localité actuelle de Lo-Ts'ing-Kiaag ( y!^ "^ î^)- Sous
la Dynastie des Ming, 1368 — 1644, et au milieu de la période T'ien-
Chouen ( ^ )M ), 1457 — 1464, (Empereur Ying-Tsong-Jouei-Hoang-
Ti ;^ ^ ^, ^ *^ dont le nom personnel était K'i-Tchen J|j|5
K0UANG-8I. V7
^ et qui régua une première fois de 1435 à 1449 et une deuxième fois
de 1456 à 1464 après une captivité de huit année chez les Tartares) la
capitale de la Sous- Préfecture fut transportée à Tchou-Tong ( ^ "j^ ).
Durant les années de la période Tcheng-To ( j£ ^J, 1506—1521,
(Empereur Vou-Tsong-Yi-Hoaug-Ti ( ^ ^ ix â. 1^* ) ^^^nt le nom
personnel était Heou-Tchao j^ j]^ et qui régna de 1505 à 1521),
cette capitale fut prise par les aborigènes Yao et Tchoang et ne
fut recouvrée par les troupes impériales que durant la 11"'' lune de
la 3"™^ année de la période Kia-Tsing (^ i^) 1524, (Empereur
Cheu-Tsong-Sou-Hoang-Ti j^ ^ ^ ^ ^* dont le nom per-
sonnel était Heou-Ts'oug jj j^ et qui régna de 1521 à 1566).
Durant la première lune de la 4™® année de la période Ouan-Li
( ^ S )' 1576 (Empereur Chen-Tsong-Hien-Hoang-Ti fi^ ^ ^
j^ *^ dont le nom personnel était Yi-Kiun y^ ^ et qui régna
de 1572 à 1619) la capitale de la Sous-Préfecture fut transportée à
Liug-T'ang (^^)- Sous la Dynastie actuelle, de la 53^ année
de la période K'aug-Hi (J^|lè£) 1714 (Empereur Cheng-Tsou-Jen-
Hoaug-Ti |g jJÜ 'f: ^ *^ qui régna de 1661 à 1722) à la 6«
année de la période Yong-Tcheng (^ jE)» 1728 (Empereur Cbea-
Tsong-Hien-Hoaug-Ti Jlt^M M.^ ^^^ régna de 1722 à 1735)
on bâtit autour de la cité une enceinte haute de 10 pieds, épaisse de
7 pieds et ayant une longueur de 327 tchang (3270 pieds). Cette
enceinte était primitivement percée de 4 portes, E., 0., S. et N. —
Actuellement on a muré la porte du Nord.
Sous-Préfecture de Lieou-Tch'eng-Hien.
Historique.
De la Dynastie des Han, 206 avant J.-C. à 220 après J.-C, à
celles des Tsin, 265 à 420, et des Song, 420-479. Le territoire
7B J. BEAUYAI«.
actuel de la Soug-Préfecture de Lieou-Tch'eng-Hien (^^P JS ^)
faisait partie du Hien de T'an-Tchong ( J^ FJI )•
Dynasties des Tsi, 479 — 502, des Leang, 502—557, des Tch'en,
557 —589, et des Soueî, 581 —619. Le territoire actuel constituait le Hien
de Long-Tch'eng, ( 91 ftS ) ^"^ faisait partie du Kiun de Cheu-Ngan.
Dynastie des T'ang, 618—907. Durant la 4"^^ année de la période
Vou-To ( üf ^ 621) le Hien de Long-Tch'eng fut subdivisé en Tcheou
de Long-Tcheou ( 9| j^) et en Hien de Lieou-Ling ( -^p ^ )• Durant
la 7^ année de la période Tcheng-Koan ( ^ ^ 633) cet état de choses
fut supprimé; le Hien de Long-Tch'eng fut reconstitué et rattaché
au Tcheou de Lieou-Tcheou.
Période des Cinq petites Dynasties, Ou Tai, 907—960. Le terri-
toire actuel formait le Hien de Long-Tch'eng et appartenait au
Tcheou de Lieou-Tcheou.
Dynastie des Song, 960-1279. Le territoire actuel formait le
Hien de Lieou-Tch'eng. Au début delà période Hien-Choen (^ )i^),
vers 1265, le siège du Tcheou de Lieou-Tcheou y fut transporté.
Dynastie des Tuen, 1279 — 1368. Lieou-Tch'eng-Hien était le siège
du gouvernement de la marche ou Lou de Lieou-Tcheou qui appar-
tenait au Tao ou Cercle du Kouang-Si.
Dynastie des Mïng, 1368—1644. Le Hien de Lieou-Tch'eng
appartenait à la préfecture de premier rang de Lieou-Tcheou-Fou
dont le siège administratif fut transporté de Lieou-Tch'eng-Hien à
Ma-P'ing-Hien.
Dynastie actuelle, 1644 à nos jours. Aucun changement n'a été
apporté dans le précédent état de choses.
Limites.
La Sous-Préfecture de Lieou-Tch'eng-Hien se trouve à 80 lis au
N.-O. de la capitale de la Préfecture. Son territoire mesure 180 lis
de l'E. à rO. et 250 lis du N. au S.
KOIJANG-SI. ^79
A 18 lis à I'E., au village ile Nan-Ts'ouen ( ^ ;{^ ) il con6ne
au territoire de la Sous-Préfecture de Ma-P*ing-Hien.
A 90 lis à rO., il confine au Village de Ta-Ts'ao-Ts'ouen ( -j^
^§ ^) dépendant de la Sous-Préfecture de Yi-Chan-Hien ( g[ |1|
j^) de la Préfecture de 1«^ rang de K'ing-Yuen-Fou ()g j^ jfj).
A 50 lis au S., à Tch'ang-T'ang (^ ^), il confine au territoire
de la Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien.
A 200 lis au N., au village de Ma-T'eou-Ts'ouen ( ,B| '^if'^)
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Youg-Hien (^J ^).
A 50 lis au S.-E., au village de Kou-Ling-Ts'ouen {~^ '^i^)
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien.
A 85 lis au N.-E., au village de Nieou-p'i-Ts'ouen («^ ^ ilf^)
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Lo-Tch'eng-Hien
A 70 lis au S.-O., au village de Hia-T'oan-Ts'ouen (~f^ ^ /W")
il confine au territoire de la Sous -Préfecture de Yi-Clian-Hien, dépen-
dant de la Préfecture de V^^ rang de K'ing-Yuen-Fou.
A 60 lis au N.-E., au village de Lou-Tch'ong-Tsouen ({^ J»fï
i^) il confine au territoire de la Sous- Préfecture -de Lo-Yong-Hien.
Montagnes et Riyières.
La montagne de Ou-Loan ( j^ ^ \\\ ) à deux lis dans le S. de
la Sous- Préfecture,
La montagne de Ts'ing-Fong ( ^ J^ [Jj ) ou du Phénix bleu,
à deux lis dans l'O. de la Sous-Préfecture.
La montagne de Lo-Ma ( H^ ,|!| jlj ) à trois lis dans le N. de la
Sous-Préfecture. C'est la position de l'ancienne Sous-Préfecture.
La montagne de l'Embuscade des Tigres, Fou-Hou (-f^ j^ li| )
à quatre lis dans le N. de la Sous-Préfecture.
La montagne de Chai-Ouaug ( §^ $^ [Il ) à 5 lis dans le N.-O.
de la Sous-Préfecture.
,80 J. BEAUTAIS.
La montague de T'ong-K'ing (^^ [Jj) à 10 lis daas I'O.
de la Sous-Préfecture.
La caverne de Kouan-Yin {^^^ ^) au N.-O. de la Sous-
Préfecture. Elle forme une sorte de couloir circulaire. A l'O.
se trouve le Pavillon voisin de l'O., Lin-Si-Ko (^® ^), au
N. se trouve le pavillon des Nuages vermillons Tan-Hia-T'ing
(-^ Ä ^)- ^^ S- s® trouve une plate forme rocheuse avec l'Etang
du Vase de Pierre, Cheu-P'eun-Tch'eu (Ç ^ ^fe)- ^ ^'^^t de cette
caverne, se trouve une autre grotte qui porte le nom de grotte de la
Réunion des Esprits, Houei-Sien-Yen ( i^ flJj ^ ). On y trouve des
vestiges de cette fréquentation des Esprits et notamment un fourneau
d'alchimiste, Tan-Lou (;^^).
Le fleuve du Dragon, Long-Kiang (^ ^X) ^u S.-O. de la Sous-
Préfecture. Sa source sort de la Sous-Préfecture de T'ien-ïïo-Hien
( ^ ifpf :^ ) q^^i dépend de la préfecture de P^ rang de K'ing-Yuen-
Pou (J^ 1^ j0)- Il s^ réunit à la rivière Yong-Chouei (^^ ^)'
Le fleuve Yong (g4 Ö1) ^ l'E. de la Sous- Préfecture. C'est le
cours supérieur du Lieou-Kiang (|||J */X)- H provient de la Sous-
Préfecture de Houai-Yuen-Hien ( *|^ j^ ^ ) et pénètre sur le terri-
toire de la Sous-Préfecture. On l'appelle également le Yong-Chouei
( ^^ ^ ). 11 coule au S. pour pénétrer sur le territoire de la Sous-
Préfecture de Ma-P'ing-Hien et se réunit au Long-Kiang ( ^|| ^ ).
La Rivière de Kou-Ts'ing ("^ ^^ ifpf ) au N. de la Sous-Pré-
fecture. Sa source sort de la Montagne de Kou-Ts'ing ( 'é' *^ |X| )•
Elle coule à l'O. et se réunit à la rivière T'an ()^ /I); son cours
n'est pas navigable.
La rivière Lo-Lien ()[^)'^ |fftf ). Elle sort du village de Houang-
Ni-Ts'ouen {^ ])^ ^ ) dans la Sous-Préfecture de Lo-Yong-Hien.
Elle coule à l'O. et se déverse dans le T'an-Kiang. Elle n'est pas
navigable.
K0UAN0-8I. 91
L'Etang du Dragon, Long-T'an ( fg î!p), à 80 lis au N. de la
Sous- Préfecture. Au milieu d'un amas de roches, se trouve ua réser-
voir. L'eau jaillit d'une excavation creusée dans ces rochers et forme
une petite rivière qui poste le nom de rivière de la tête du Dragon,
Long-T'eou-Kiang ( ^ ^ yX )•
La source appelée Yong-ïchou-Ts'iuen ( ^^ ^ ^ ) à 70 lis à l'O.
de la Sous -Préfecture, On raconte que dans l'expédition qu'il fît pour
soumettre les pays du S., Tchou-ko K'ong-ming ( ^ ^ ^ 1^ )
passa en cet endroit et y fit galoper son cheval, sous les sabots
duquel l'eau se mit à jaillir, d'où le nom qu'elle porte, de source
du Cheval au galop: Ma-P'ao-Ts'iuen i i% ^ ^)'
Murailles et Fossés.
La cité de Lieou-Tch'eng-Hien se trouve à l'E. du Long-Kiang
(Hb 7J^)- ^^"^ ^* Dynastie des Ming, 1368 — 1644, une première
enceinte fut bâtie pendant la 2^ année de la période Hong- Von
(>^ ;^), 1369, (Empereur T'ai-Tsou-Kao-Hoang-Ti ^ M ^
% ïfp* dont le nom personnel était Yuen-Tchang ( y\^ Ja ) et qui
régna de 1368 à 1398). Durant les années de la période Tch*eng-
Houa (^ ^), 1465 — 1487, (Empereur Hien-Tsong-Choen-Hoang-
^^ ^ ^ /^ ^ ^* ^'®°^ ^® °°™ personnel était Kien-Chen ^
'^ et qui régna de 1464 à 1487), elle fut refaite eu maçonnerie.
Sous la Dynastie actuelle elle fut réparée et rebâtie plusieurs fois.
Elle a maintenant une hauteur de 15 pieds et une épaisseur de 12.
Elle entoure un périmètre de 350 tchang et 2 pieds (3502 pieds) et
elle est percée de 3 portes. S., 0. et N.
Mandarins.
Un sous préfet, Tcheu-Hien.
Les appointements dits Ngo-Fong sont de 45 taëls d'argent. Il
touche en outre, 1° à titre de Pieu-Fong, 25 taëls d'argent environ ;
2° à titre de Yang- Lieu, 600 taëls d'argent; 3° à titre de Yen-
8â J. BBATJVAIS.
Kouei- Yang-Lien, 100 taëls d'argent; et 4° à titre de Hao-Sien-
Yang-Lien, 191 taëls d'argent, environ. Il a droit à un personnel
de 21 portiers, plantons, porteurs de chaises et de parasols, gardiens
de magasins et policiers, pour l'entretien annuel desquels il touche
une somme de 126 taëls d'argent, ainsi qu'à 28 sbires, mafous ou
palefreniers, agents inférieurs de police, etc. pour l'entretien annuel
desquels il touche 168 cheu de riz. Durant les années qui renferment
un treizième mois intercalaire, il touche en outre 14 taëls d'argent.
Il a droit encore à 24 hommes des milices régionales, pour lesquels
il lui est alloué annuellement 93 taëls d'argent un feun et un li,
et 63 cheu 7 teou 3 cheng 5 ho et 8 tch'ao de riz. Les années de
13 mois lui donnent droit à une augmentation de 12 taëls d'argent.
Un assistant de 2^ classe de Sous-préfet, ou Siun-Kien, pour la
circonscription deTong-Ts'iuen-Tchen-Siuu-Kieu(^ ^ ^. ^^ ^ )•
Les appointements dits Ngo-Pong sont de 31 taëls d'argent 5
ts'ien et 2 feun. Il touche à titre de Yang-Lien 80 taëls d'argent.
Il a droit à 2 sbires pour l'entretien annuel desquels il touche une
somme de 12 taëls d'argent, et à 12 archers pour l'entretien annuel
desquels il touche 40 taëls d'argent 6 ts'ien 3 feun 6 li.
Un assistant de 2^ classe de Sous-préfet, ou Siuu-Kien, pour
la circonscription de Kou-Tchai-Tchen, Kou-Tchai-Tchen-Siun-Kien
Ses appointements, son Yang-Lien et sou personnel sont les
mêmes que pour le Siun-Kien précédent.
Un maître de police et gardien de prisons de Sous-Préfecture,
Tien-Cheu.
Les appointements sont identiques à ceux des Siun-Kien précé-
dents. Il a droit à un personnel de 6 sbires et palefreniers pour
l'entretien annuel desquels il touche une somme de 36 taëls d'argent.
Un directeur d'Etudes de Sous-Préfecture, Kiao-Yu, et un sous-
directeur d'Etudes de Sous-Préfecture, Hiuu-Tao.
KOUA.NO-SI. 88
Les appointements de chacun de ces deux fonction ii aires sont de
40 taëls d'argent. Ils ont droit chacun à un personnel de 2 portiers,
pour Teatretien annuel desquels ils touchent chacun une somme de
12 Taëls d'argent, et à un personnel total de 10 pourvoyeurs pour
les jeûnes, pour l'entretien annuel desquels il est alloué une somme
de trente taëls d'argent.
Ecoles.
Nombre des Bacheliers littéraires 12. — Nombre des Bacheliers
militaires. — 12.
Ce nombre a été récemment augmenté de 1 pour chaque sorte
de Baccalauréat.
Bacheliers subventionnés, Lin-cheng.
Leur nombre est fixé à 11. Chacun deux reçoit par an une sub-
vention de un taël six ts'ieu, ce qui fait un total annuel de 17 taëls
d'argent six ts'ien. — Durant les années qui ont un treizième mois
intercalaire, ce total est augmenté de un taël d'argent 4 ts'ien six
feun sept li. Un bachelier du grade de Kong-Cheng est nommé tous
les deux ans.
La superficie primitive des terres appartenant aux Ecoles est de
2 k'ing 44 meou 9 feun et 7 li. Dans ce total, les terres incultes
entrent pour 17 meou 8 feun et 7 li; il reste donc seulement pour
les bonnes terres 1 king 67 meou et 1 feun qui rapportent annuelle-
ment un loyer de 4 taëls d'argent un ts'ien trois feun sept li.
Rendement des Impôts.
Le produit total de l'impôt foncier, Ti-Tiug, s'élève à 2742 taëls
d'argent 4 ts'ien 9 feun 1 li. Ce total est augmenté de 114 taëls
d'argent 6 feun 1 li, durant les années qui renferment un treizième
mois intercalaire: le total général se monte donc à 2856 taëls 5 ts'ien
5 feun 2 li.
84 J. BBAUVAIS.
L'impôt sur le riz est de 1531 cheu.
La provision de grain des greniers est de 11000 cheu.
Positions stratégiques.
1° Lieou-Tch'eng-Hien. Cette Sous-Préfecture couvre une étendue
de pays de plus de 500 lis par delà la préfecture de Lieou-Tcheou-
Fou. Bien que son territoire ne renferme pas de hautes montagnes,
non plus que des chaînes de pics aigus, où des malfaiteurs puissent
se cacher, comme elle confine au S. et à l'E. aux Sous-Préfectures
de Ma-P'ing-Hien et de Lo-Yong-Hien, au N. et à l'O., à celles
de Yi-Chan-Hien et de Yong-Hien, toutes les localités telles que
Houang-Ni (^^jg), Pei-Tch'ao (:|B ^), Kin-ki (^||), Lo-
Hoen {^ 5^), Ngo-Tchai (:^ |^)> etc. . . . constituent des lieux
de passage importants. Si ce territoire est troublé, on en soufiPre par
conséquent de tous les côtés; aussi est il de toute nécessité de garder
fortement ce pays pour parer à de pareils malheurs.
2° Le Poste ou Pao de Ngan-Lao (^^;^), au N.-O. de
la Sous-Préfecture, Au début de la période Tch'eng-Houa ( J^ ^ )
vers 1465, (Empereur Hien-Tsong-Chouen-Hoang-Ti ^ ^ j^ ^
*^ dont le nom personnel était Kien-Chen ^ *^ et qui régna
de 1464 à 1487) de la dynastie des Ming, 1368 — 1644, ce poste fut
élevé. A la suite de la période Tcheng-To (lE^)» 1506 — 1521,
(Empereur Vou-Tsong-Yi-Hoang-Ti ^^^ M.*^ ^^^^ ^^ ^^^
personnel était Heou-Tchao j^ ^ et qui régna de 1505 à 1521),
les aborigènes Tchoang etYao révoltés s'emparèrent de ce poste. Durant
la 2^ année de la période Ouan-Li {"^ ^), 1574, (Empereur Cheu-
Tsong-Hien-Hoang-Ti f\^ ^ ^ ^ *^ dont le nom personnel était
Yi-Kiun yU ^ et qui régna de 1572 à 1619) la révolte fut réduite
et le poste réinstallé. On y plaça une garnison, un autre fort ou Pao,
avec une garnison de soldats, fut également installé dans le village de
King-Ts'ouen (J^t^)-
KOÜAKO-SI. 85
3° Caverue nommée Chang- Yeou-Toug ( _t yft [^ ) an S. de la
Sous-Préfecture. C'était un repaire de rebelles. Durant la 2® année
de la période Ouan-Li, 1574, les Tao révoltés de la Sous-Préfectore
de LoYong-Hien s'étaient unis aux pirates de la grotte de Chang-
Yeou-Toug. Les troupes impériales parvinrent à les détruire.
4" Le bourg de Tong-Ts'iuen-Tchen (^^ ^ ^) à 60 lis à l'E.
de la Sous-Préfecture, sur la frontière de la Sous-Préfecture de Lo-
Youg-Hien. Anciennement il s'y trouvait un relai de poste qui fut
supprimé sous la dynastie des Ming, 1368 — 1644. Ce bourg constitue
actuellement une circonscription ou Siun-Seu.
5° Le bourg de Kou-Tchai-Tchen (•È' ^ ^) à 80 lis au N.
de la Sous-Préfecture, sur la frontière de la Sous- Préfecture de Yong-
Hien. On avait fait autrefois une circonscription ou Siun-Seu qui
s'étendait sur la rive 0. du Yong-Kiang. Sous la dynastie des
Ming et vers le milieu de la période Tch'eng-Houa, vers 1476, le
siège de cette circonscription fut transféré dans le bourg de Kou-
Tchai-Tchen et cet état de choses subsiste encore à l'heure actuelle.
6° Le bourg de Kou-Ts'ing-Tchen ("^ '^ ^) au N.-E. de la
Sous-Préfecture. Ce bourg constitue également un pao ou poste.
Anciennement on avait réuni les bourg de Lo-Hao-Tchen ( jj^ ^
^Ë) et de Leao-Tong-Tchen (^ "^ ^) en une circonscription ou
Siun-Seu, laquelle est actuellement supprimée.
Préfecture de 2^"^® rang de Siang-Tcheou.
Historique.
De la Dynastie des Han, 206 av. J.C. à 220 ap. J.-C, à l'époque
des trois Royaumes, San-Kouo, 220—265. Le territoire actuel de la
préfecture faisait partie du Kiun de Kouei-Lin. Durant la 3° année de la
période Foug-Hoang (M fg^ 272-274) de la dynastie des Ou ( ^),
86 J. BBAUVAIS.
le Hien de Vou-Ngau ( ^ ^ ) fut constitué avec le territoire
actuel et rattaché au Tcheou de Kouang-Tcheou ( ^ jj^ ).
Dynastie des Tsin, 265 — 419. Le territoire actuel forma d'abord le
Hien de Vou-Ngan. Puis ce nom fut changé en celui de Vou-Hi-Hien
( ;^ EE 1^ ) et le territoire fut rattaché au Kiun de Yü-Lin ( ^ ;(vfc )•
Dynastie des Song, 420-479. Le territoire actuel formait le Hien
de Vou-Hi, lequel était rattaché au Kiun de Kouei-Lin.
Dynasties des Tsi, 479—502, des Leang, 502—557, et des Tch'en,
557—589. Le Hien de Vou-Hi, qui faisait partie du territoire du
Kiun de Kouei-Lin, fut incorporé au Tcheou de Kouang-Tcheou. Les
Leang établirent ensuite le Tcheou de Kouei-Tcheou {:^ jj^) et le
Hien de Vou-Hi lui fut rattaché. Par la suite le territoire de ce
Tcheou fut scindé en trois parties qui constituèrent les Kiun de Siang
(^), de Chao (^) et de Yang (|^).
Dynastie des Souei, 581 — 619. Les Kiun de Kouei-Lin et autres
furent supprimés et l'on forma le Tcheou de Siang. Au début de la
période Ta-Yé ( -^ ^ 605), le Tcheou de Siang fut supprimé et l'on
constitua le Hien de Yang-Cheou ( |^ ^)' Durant la 18^ année de
la période K'ai-Hoang ( p^ ^ 598) le Hien de Hoai-Yang(^ |^ )
changea son nom en celui de Yang-Ning ( |^ ^) et, au début de la
période Ta-Yé, son territoire diminué fut rattaché au Kiun de Oheu-
Ngan. Durant le milieu de la période K'ai-Hoang, le Hien de Kouei-
Lin (;;|^ ^) fut également constitué et rattaché au Kiun de Cheu-
Ngan. Enfin au début de la période Ta-Yé, le Hien de Si-ning ( ^ ^ )
fut diminué et rattaché au Kiun de Cheu-Ngan.
Dynastie des T'ang, 618-907. Le territoire actuel formait le
Tcheou de Siang qui fut constitué durant la 4® année de la période
Vou-To (^ ^ 621) avec le Kiun de Siang et qui comprit le Hien
de Yang-Cheou. Durant la 13® année de la période Tcheng-Koan ( ^
^ 639), le Tcheou de Siang comprit le Hien de Vou-Hoa {^ it)-
Durant la 11^ année de la période Ta- Li (^ ^ 776), le Hien de
KOOANG-SI. 87
Yang-Cheou fit retour au Tcheou de Siang qui appartint alors au
Tao ou Cercle de Ling-nan (^yî'^).
Le Hien de Yaug-Cheou faisait partie du Tcheou de Siaug.
Duraut la 4® année de la période Vou-To 621) le Hien de Eouei-Lin
fut divisé de nouveau et l'on constitua les Hien de Si-ning ( ^
^) et de Vou-To (^^). Duraut la 12« année de la période
Tcheug-Koau 638, le Hien de Siuiug fut diminué et incorporé à celui
de Vou-To. Au début de la Période Tien-Pao ( ^Ç g 742) le Hien de
Vou-To fut diminué et incorporé à celui de Yaog-Cheou. Au début
de la période K'ien-Fopg ( ^ ^ 666) lo Hien de Kouei-Lin fut
diminué et incorporé à celui de Vou-Sieu (;^ fil])-
Le Hien de Vou-Houa ( ;^ ^ ) fut constitué durant la quatrième
année de la période Vou-To 621 et incorporé au Tcheou de Yen ( ^).
Durant la 4® année de la période Tcheng-Kouan 650, il appartint au
Tcheou de Siang. Le Hien de Tch'ang-Fong (;§ ^) fut rattaché au
Tcheou de Yen, duraut la 4® année de la période Vou-To 621. Il
appartint ensuite au Tcheou de Siang. Durant la IP année de la
période Ta- Li (^ ^> 776) son territoire fut diminué et incorporé
à celui du Tcheou de Siaug.
Période des Cinq Dynasties, 3£ "f^» 907 — 960. Le Hien de Yang-
Cheou du Tcheou de Siang appartint d'abord au pays de Tch'oa
ij^) 6t ensuite aux Han méridionaux Nau-Han (^*^).
Dynastie des Song, 960 — 1279. Le Tcheou de Siang forma le
Kinn de Siang qui eut sous sa dépendance les deux Hien de Yang-
Cheou et de Vou-Houa et qui dépendait de la marche occidentale,
Si-Lou (^ ^) de Kouang-Nau (^ ^)- Durant la 3® année de
la période Kiug-Ting ( ^ ^ 1262), on lui ajouta le Hien de P'ong-Lai
( ^ ^ ) qui fut détaché de celui de Lai-pin ( ^ ^ ). Par la suite
le Hien de Vou-Houa eut son territoire diminué.
Dynastie des Yuen, 1279 — 1368: la marche ou Lou de Siang-
Tcheou avait souï sa dépendance le Hien de Yang-Cheou et appar-
tenait au cercle ou Tao du Kouaug-Si ( ^ j@ )•
88 J. beauvais.
Dynastie des Mivg^ 1368 — 1644. Le Tcheou de Siaug avait sous
sa dépendance le Hien de Yang-Cheou et appartenait à la préfecture
de 1^^ rang de Lieou-Tcheou-Fou. Durant la 2® année de la période
Hong-Vou, 1369, le Hien de Yang-Cheou eut son territoire diminué
et incorporé au Tcheou de Siang.
Dynastie actuelle, 1644 à nos jours. Rien n'a été changé dans
le précédent état de choses.
Limites.
La préfecture de 2^°^^ rang de Siang-Tcheou se trouve à 130 lis
au S.-E. de la préfecture de premier rang de Lieou-Tcheou-Fou.
Son territoire mesure 185 lis de l'E. à l'O. et 100 lis du N. au S.
A 130 lis à l'E., au village de Ts'ai-Ts'ouen (^ ^j^jj") le territoire
de la préfecture de 2^™® rang de Siang-Tcheou confine à celui de la
Sous-Préfecture de Sieou-Jen-Hien {j^^^^) dépendant de la
préfecture de P"^ rang de P'ing-Lo-Fou (^ ^ j^)-
A 50 lis à rO., au village de Houei-Long-Ts'ouen (^ ^|| yj'»^)
il confine au territoire de la Sous- Préfecture de Ma-P'ing-Hien.
A 50 lis au S., à Nieou-Lan-T'ang ( -^ ^ ^ )> il confine au
territoire de la Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien, dépendant de la
préfecture de 1er rang de Sin-Tcheou-Fou.
A 50 lis au N., au village de P'ouo-Lo-Ts'ouen (JJ ^ ^)il
confine au territoire de la Sous-Préfecture de Lo-Yong-Hien.
A 130 lis au S.-E., au pays Yao de Ta-Teng (^Ac >fê) il confine
au territoire de la Sous-Préfecture de P'ing-Nan-Hien, dépendant
de la préfecture de 1^^ rang de Sin«Tcheou-Fou.
A 50 lis au N.-O., au village de Ya-Ts'oueu ( -^ ^jnj* ) il confine
au territoire de la Sous-Préfecture de Lo-Yong-Hien.
A 50 lis au S.-O., au village de San-Kio-Ts'ouen (^ ^ >|»^)
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Lai-Pin-Hien.
A 90 lis au N.-E., au village de Mi-T'ang-Ts'ouen ( ^ ^ ;|^ )
KOUANQ-SI. 8ft
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Sieou-Jen-Hien,
dépendant de la préfecture de P"^ rang de P*ing-Lo-Fou.
Montagnes et Rivières.
La montagne de l'Eléphant, Siang-Chan ( ^ |X| ) à 5 lis à l'O.
de la Sous-Préfecture, sur le bord de la rivière. Au pied de cette
montagne se trouve une caverne. La pierre de cette montagne est
blanche; elle ressemble à un éléphant. C'est elle qui a fait donner
à la préfecture le nom qu'elle porte. 11 ne faut pas confondre la
préfecture de 2® rang de Siang-Tcheou avec l'ancienne province de
Siang-Kiuu (^580 ^^ la dynastie des Ts'in (^), 255 à 206
avant J.C., laquelle correspond au pays actuel de Kiao-Tcheu ( ^
^ ), le Tonkin. A l'époque présente, sur les portes de la cité de
Siang-Tcheou, on a peint un éléphant blanc. On ignore la raison
pour laquelle cela a été fait. Il est à noter cependant que depuis
une haute antiquité, la préfecture de 2® rang de Siang-Tcheou n'a
jamais été en butte à des révoltes. Tous les chefs des grandes rébel-
lions se sont répété entre eux qu'il fallait s'abstenir de porter le
désordre sur le territoire de cette préfecture, en prétendant qu'il ne
fallait pas tracasser «le nez de l'Eléphant». Peut-être est-ce là la
raison pour laquelle on a peint des Éléphants sur les portes de
la ville.
La montagne du Phénix, Fong-Hoang-Chan ( J^ ^ |Jj ) ^ 2
lis à l'E. de la ville.
La Montagne de Mao-Eur ( ffi 5E iJj ) à l'O. de la préfecture.
La face Nord de la montagne se trouve sur la grande rivière, le Ta-
Kiang {^ JX.)- D'après le recueil intitulé Fong-T'ou-Ki ( ^ J^
g^ ) la Montagne de Mao-Eur fait face au rapide des cerfs, Lou-Tseu-
T'an (J^TÜ)-
La montagne de Pai-Mien ( ^ |p|Q iJj ) à 7 lis au S. de la
préfecture.
90 J. BEA UV Ais,
La caverne des Aigrettes, Lou-Seu-Yen ( ^ ^ j^ ) à trois lis
au S. de la montague de Pai-Mien.
La caverne des Hirondelles, Yen-Tseu-Yen (^ft -?* ^) au N.
de la préfecture. Elle peut contenir un millier de personnes. Des
essaims d'hirondelles y font leurs nids. Auprès de cette caverne
se trouve la montagne de Pi-T'an ( ^ /^ ) ou de Long-T'an
La montagne où «vivent les cerfs», Kiu-Lou-Chan (^ J^ Ui)
à 40 lis au N.-E. de la préfecture. A son sommet se trouve la mare
aux cerfs, Lou-Tch'eu (J^ jîfe^).
La montagne de la terrasse de l'Eléphant, Siang-T'ai-Chan (^
^ PJ ) à proximité du territoire de Lieou-Tcheou, dont elle n'est
qu'à trente lis. Cette terrasse s'élève en pointe au dessus de la plaine.
Elle se trouve située sur l'emplacement de l'ancienne préfecture.
Pendant les années de la période Vou-To (|i^ ^) de la dynastie
des T'ang, 618 — 907, le siège de la préfecture fut transporté à
Yang-Cheou ( j^ ^)- Aujourd'hui encore cependant, on continue
à désigner la préfecture de 2^ rang de Siang-Tcheou par le nom
de Siang-T'ai (^^), Terrasse de l'Eléphant.
La montagne du Bœuf dé pierre, Cheu-Nieou-Chan ( ^ «^ [1| )
à 40 lis à l'E. de la préfecture. A ses pieds se trouve la source
nommée Pou-Ts'iuen {j^ ^ )•
La montague de Tou-Ngao {^ ^ jl| ) à 50 lis au S. de la
préfecture. Elle porte également le nom de montagne de T'ieu-Kai
(5Ç^lJ4)-
La montagne du Tonnerre, Lei-Chan (^ pj) à 60 lis à l'E.
de la préfecture. A ses pieds se trouve l'Etang des Fées, Niu-Sien-
Tch'eu (flll^Sfe).
La montagne du Dragon couché, Ouo-Long-Chan ( ^ ^|| \j^ )
à 60 lis au S.-E. de la préfecture.
La montagne de Cheng-T'ang ( ^ ^ ^J ) à 106 lis au
K0UANG-8I. Ol
N.-E. de la préfecture. Son sommet pointu et élevé ne peut être
gravi qu'avec de grandes difiBcultés. Il s'y trouve un lac du bas du-
quel s'échappe, dit-on, une source chaude.
La rivière des Eléphants, Siang-Eiang (^ JÖC)* C© n'est autre
chose que la rivière Lieou (^P)- Elle part du N. de la préfecture,
passe à l'O. de la cité et coule au S. en pénétrant sur le territoire
de la Sous- Préfecture de Vou-Siuen-Hien.
La rivière aux eaux chaudes, Jo-Chouei-Kiang (^ y^ /X) à 15
lis au N.-E. de la préfecture. La source poste le nom de Source chaude,
Ouen-T'ang-Ts'iuen ( iS ^ :^ ) ^^ se trouve à 30 lis à l'E. de la
Préfecture, au village des Eaux chaudes, Jo-Chouei-Ts'ouen (^
^^»j*). Elle sort de la plaine en bouillonnant comme de l'eau,
bouillante.
La rivière de la Corne de bœuf, Nieou-Kio-Kiaug (^ "^ )^X)
à 15 lis au N.-E. de la préfecture. Elle sort de la Montagne de
T'ien-Kai, et se jette dans la rivière Siang.
Le Yun-Kiang ( 3^ /X ) à 50 lis au N. de la préfecture. Sur son
cours supérieur, cette rivière porte le nom de Jen-Yi-Kiang ( ^ ^è
/X). C'est un affluent du Siang-Kiang.
La rivière Heng-K'iao (^^ ^ /X) dans le Pei-Hia-Li {^[^ ~\\
Jjt. ). Elle prend sa source au village de Mii-Li-Ts'ouen ( ^|| ^ t't^^
coule du S. au N. et se jette dans la rivière Siaug au village des
Cerfs, Lou-Ts'ouen ( J§J >(»>j' ).
La source des cinq marées, Ou-Tch'ao-Ts'iuen ( 3£. '^ ^ ) ^S*^'
lement située dans le Pei-Hia-Li, au village de Lieou-Leou-Ts'ouen
(3^î||^^). L'eau de cette source se comporte comme la mer.
Elle a cinq marées par jour; chaque fois qu'elle se remplit, elle
se déverse sur le côté et arrose les terres voisines. Lorsque le
niveau baisse, elle se réduit à presque rien et l'on aperçoit alors
l'ouverture de la source, de laquelle s'échappe un mince filet d'eau.
7
92 J. BEAUVAIS.
Actuellement cette source n'a plus que trois marées par jour.
Le Lo-Ts'ai-Kiang ( >^ "^^ JJL) dans le Nan-Hiang-Li (^ ^
Jg). C'est un affluent de la rivière Jen-Yi ('fH^ */X).
La rivière Ta-Tchang {-^^jl.) dans le Ngan-Chang-Li ( ^
±M)-
Le Pai-Tchaug-Kiang ( ^ ^t '/X ) dans le Tong-Hiang-Li ( ^
Ä M)- E^^^ P^^^^ *^ village de Jen-Yi-Ts'ouen (^ ^ ;jtT|') d'où
son nom de Jen-Yi-Kiang ("flI^yX). Elle est accessible à de
petits bateaux et constitue une voie commerciale.
La Rivière aux Herbes parfumées, Hiang-Ts'ao-Kiang (^ ^
jji) dans le Ngan-Tchong-Li (^ FJ^ M)- Elle sort de la Mon-
tagne de Cheng-T'ang ( ^ ^ \\jl ). Ses deux rives sont couvertes
■d'herbes odorantes. Elle renferme des poissons qui ont un goût par-
ticulier et qui portent le nom de Poissons des herbes parfumées,
Hiang-Ts'ao-Yu (#^||).
L'Etang des Cornes de Dragon, Long-Kio-Tch'eu (^| ^ y|^).
Il se trouve en dedans de la porte du N., derrière l'ancien Yameu
du Préfet. Il en sort deux pointes rocheuses semblables à des cornes.
On y avait autrefois établi un pavillon et un jardin qui étaient fort
renommés. Actuellement il n'existe plus rien de tout cela.
L'Etang de Ts'ing-Kouei-Yuan ( :^ 5^/ |^ '/& )• Dans cet
étang, se trouve une ancienne cloche sur laquelle un dragon est
enroulé. On peut la voir en automne et en hiver, lorsque l'eau est
très pure.
La source nommée Pou-Ts'iuen (y^ ^) à 40 lis à FE. de la
préfecture, au pied de la montagne du Bœuf de Pierre, Cheu-Nieou-
Chan (>i5 "^ I-Ü)- ^®^ P^'^^ ®^ ^^^ sapins y font une luxuriante
forêt. L'eau et les rochers s'y joignent d'une façon harmonieuse et
s'y reflètent dans les eaux. C'est un lieu de promenade des plus
recherché des habitants de la préfecture.
KOUANO-SI. 98
Murailles et Fossés.
La cité était primitivement entourée d'un mur de terre. Sous la
dynastie des Ming, 1368 — 1644, et durant les années de la période
Houg-Vou, 1368-1398, (Empereur T'ai-Tsou-Kao-Hoang-Ti, dont
le nom personnel était Yuen-Tchang, et qui régna de 1368 à 1398)
cinq portes furent bâties. Ensuite la petite porte du S., Siao-nan-
meun (/Jn ^ ^^ ) fut murée. Elle fut rouverte de nouveau durant
la 13® année de la période Ouan-Li, 1585, (Empereur Chen-Tsong
Hien-Hoang-Ti, dont le nom personnel était Yi-Kiun et qui régna
de 1572 à 1619).
Sous la dynastie actuelle, durant la 60® année de la période
K'ang-Hi, 1721 (Empereur Cheng-Tsou-Jen-Hoang-Ti, qui régna de
1661 à 1722), durant les 6*^»® et 20^«!® années de la période K'ien-
Loug, 1741 et 1755, (Empereur Kao-Tsong-Choen-Hoang-Ti (^
■^ '^ M. ^^) qui régna de 1735 à 1795) les murailles furent
reconstruites et réparées. Elles ont une hauteur de 18 pieds, une
épaisseur de 10 pieds; elles entourent un périmètre de 3 lis 2 feun.
Les fossés ont 25 pieds de large et 10 pieds de profondeur.
Mandarins.
Un préfet de 2« rang, Tcheu-Tcheou (^ ^H)'
Les appointements dits Ngo-Fong sont de 80 taëls d'argent. Il
touche en outre. 1° A titre de Pien-Fong, 77 taëls d'argent 6 ts'ien
5 li; 2° à titre de Yang-Lieu, 600 taëls d'argent: 3° à titre de Yen-
Kouei-Yang-Lien, 150 taëls d'argent, et 4" à titre de Hao-Sien-Yang-
Lien, 280 taëls d'argent 2 feun 3 li. Il a droit à un personnel de
37 employés, pour l'entretien annuel desquels il touche 226 taëls, et
à 28 hommes des milices régionales, pour l'entretien annuel des-
quels il touche 37 taëls d'argent 6 ts'ien 9 feun 5 li et 163 cheu,
8 teou 8 cheng 1 ho de riz. Il a droit en outre à 20 sbires, plan-
94 J. BEAUVAIS.
tons, etc. . . , pour lesquels il touche chaque année 72 cheu de riz.
Un maître de police et gardien de prison de préfecture de 2^
rang, Li-Mou ( ^ § )•
Les appointements dits Ngo-Fong sont de 31 taëls d'argent, cinq
ts'ien 2 feun. Il touche à titre de Yang-Lien 80 taels d'argent. Il
a droit à un personnel de 6 portiers, sbires, palefreniers, pour l'en-
tretien annuel desquels il touche 36 taëls d'argent.
Un assistant de 2^ classe de Sous-Préfet ou Siun-Kien, pour la
circonscription de Long-Meun-Seu, Long-Meun-Seu-Siun-Kien (^
Les appointements dits Ngo-Fong et le Yang-Lien sont iden-
tiques à ceux du Li-Mou qui précède. Il a droit à 2 sbires, pour
l'entretien annuel desquels il touche une somme de 12 taëls d'argent,
et à 12 archers, pour l'entretien desquels il touche annuellement 40
taëls d'argent 6 ts'ien 3 feun 6 li.
Un Directeur d'études de préfecture de 2^ rang, Hio-Tcheng
( ^ iE ) et un Sous-Directeur d'Etudes, Hiun-Tao. Les appoin-
tements de chacun de ces deux fonctionnaires sont de 40 taëls
d'argent. Ils ont droit chacun à trois portiers, pour l'entretien annuel
desquels ils touchent chacun une somme de 18 taëls, et à un total
de 10 pourvoyeurs pour les jeûnes, pour l'entretien annuel desquels
il leur est attribué une somme de trente taëls d'argent.
Écoles.
Nombre des bacheliers littéraires: 15. — Nombre des bacheliers
militaires: 15.
Bacheliers subventionnés, Lin-Cheng.
Leur nombre est fixé à 17. Chacun d'eux reçoit par an une
subvention en nature composée de trois cheu huit teou sept cheng
huit ho un chao et un tch'ao de riz : ce qui fait un total de 65 cheu
neuf' teou deux cheng huit ho de riz. Durant les années qui ren-
KODAMO-SI. 95
ferment un treizième mois intercalaire, cette quantité de riz est
augmentée de cinq cheu 4 teou 9 cheng 4 ho et 1 chao. Tous
les 3 ans, on nomme deux bacheliers du grade de Eong-Cheug.
Les terres appartenant aux écoles ont une superficie de 5 k'iug
61 meou 4 foun et 5 li. Dans cette superficie totale, les terres
incultes entrent pour un k'ing, 48 meou 9 feun et huit li, et les
bonnes terres pour 4 k'ing 12 meour 4 feun 7 li. Elles rapportent
un loyer de 28 taëls d'argent 3 ts'ieu 2 feun.
Rendement des Impôts.
Le produit total de l'impôt foncier, Ti-Ting, s'élève à 3086 taëls
d'argent 9 ts'ien 6 feun 8 li. Ce total s'augmente durant les années
de 13 mois de 165 taëls d'argent 3 ts'ien 2 feun 7 li.
L'impôt sur le riz produit environ 3176 cheu.
La provision de riz des greniers est de 12000 cheu.
Positions stratégiques.
1° Siaug-Tcheou. — Cette préfecture est contigûe aux territoires
frontière de la préfecture de Kouei-Lin-Fou. Bliebst divisée en huit
Li ( ^ ) ou cantons, tous composés de terres grasses et fertiles, à
l'exception des 2 cantons de Pei-Hia-Li ( ^^ "Jik Jl. ) et de Tch'ang-
Houa-Li ( 1^ 'Ç^ J|_ ), dont les terres hautes et sèches donnent des
récoltes inférieures à celles des autres cantons. Les populations Yao
de Ta-Tong ("^ fgl ) et de Liang-Lo (^^) étaient ancienne-
ment cruelles et insoumises et fort difficiles à gouverner. Toutes sont
maintenant soumises aux règlements de l'Empire.
2° Le défilé de Lang-Ts'ouen-Yai (Jgt4 fê) ^ 40 lis à TO.
de la préfecture. Des deux côtés, se trouvent des montagnes de pierre
entre lesquelles passe une route. Ce défilé est le plus important de
tous ceux du canton de Si-Hiang (@5 ^)-
3° Le poste de Long-Meun-Tchai (f| P^ ^) à 80 lia au N.-E.
96 J. BEAUVAIS.
de la préfecture et à 100 lis de la préfecture de 2® rang de Yong-
Ngau-Tcheou ( ^ ^ ^j»| ). En cet endroit, les gorges des montagnes
sont escarpées et d'accès difficile. Elles servent de refuge aux pirates
Yao. Anciennement, on avait fait de ce poste une circonscription ou
Siun-Seu: cet état de choses subsiste encore. On avait également
constitué des Siun-Seu aux bourgs de Ngo-King-Tchen (^§ ^ ^)
et de Tsien-Chan-Tchen (^tjjj ^). Ces 2 Siun-Seu sont main-
tenant supprimés.
Sous-Préfecture de Lai-Pin-Hien.
Historique.
De la Dynastie des Han, 206 av. J.C. à 220 ap. J.C, à la dynastie
des Tch'en, 557-589.
Pendant tout ce temps le territoire actuel de la Sous-Préfecture
de Lai-Pin-Hien ( ^ ^ ^ ) faisait partie du Hien de T'an-Tchong
Dynastie des Sonei, 581—619. Le territoire actuel de la Sous-
Préfecture faisait partie du Hien de Ma-P'ing.
Dynastie des T'ang, 618—907, le territoire actuel faisait partie
du Tcheou de Yen (^) du Kiun de Siun-To (# f^)- Durant la
2^ année de la période K'ien-Fong ( ^^ ^ ) le Hien de Lai-Pin fut
constitué. Il comprenait les deux Hien de Siun-To et de Kouei-Hoa
( ^ ^ ) et était rattaché au cercle ou Tao de Ling-Nan ( ^ "^ ).
Période des Cinq petites Dynasties, ^ 'f^ , 907 — 960; le Hien
de Lai-Pin, du Tcheou de Yen, comprenait les deux Hien de Sieou-
To (ll^ ^) et de Kouei-Hoa. Il appartint d'abord au pays de Tch'ou
( ^ ) 6t ensuite aux Han méridionaux, Nan-Han ( ^ j^ ). Le Hien
de Sieou-To n'était autre chose que celui de Siun-To. Il fut supprimé
par la suite.
K0UAN0-8I. 97
Dynastie des Song, 960—1279. Le Hien de Lai-Pin, dn Tcheoa
de Yen, comprenait le Hien de Kouei-Hoa. Durant le courant de la
Période Kai-Pao ( [j|J g 968-975), le Tcheou de Yen fut supprimé.
Le Hien de Eouei-Hoa fut diminué, et son territoire incorporé au
Hien de Lai-Pin qui fut rattaché au Tcheou de Siang ( ^ ).
Dynastie des Yuen, 1279 — 1368. Le Hien de Lai-Pin appartenait
au Tcheou de Siang.
Dynastie des Ming, 1368 — 1644, le Hien de Lai-Pin appartenait
à la préfecture de 1^"^ rang de Lieou-Tcheou-Fou.
Dynastie actuelle, 1644 à nos jours; aucun changement n'a été
apporté dans le précédent état de choses.
Limites du Territoire.
La Sous-Préfecture de Lai-Pin-Hien se trouve à 180 lis au S.
de la capitale de la préfecture de 1®"" rang de Lieou-Tcheou-Fou. Son
territoire mesure 150 lis de l'E. à l'O. et 170 lis du N. au S.
A 70 lis à l'E., au village de Kao-Liog-Ts'ouen {"^ ^^ t'^),^^
confine au territoire de la Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien, dépen-
dant de la préfecture de P"^ rang de Sin-Tcheou-Fou.
A 80 lis à l'O., au village de Heng-Chan-Ts'ouen ( :j^ [Jj ^),
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Ts'ien-Kiang-Hien
( ^ J^ ^ ) dépendant de la préfecture de P"^ rang de Seu-Ngen-
Fou (B^iJt).
A 70 lis au S., au village de Kiai-T'ang-Ts'ouen (^^>|^)
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Kouei-Hien ( ^ ^ )
dépendant de la préfecture de P'" rang de Sin-Tcheou-Fou.
A 100 lis au N., au village de To-Houa-Ts'ouen i^itH)^
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien.
A 70 lis au S.-E. au village de Pa-Kouei-Ts'ouen ( E ^Ha >hl* )»
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Kouei-Hien, dépen-
dant de la préfecture de P' rang de Sin-Tcheou-Fou.
9"8 J. BE AU VA IS.
A 70 lis au N.-O., au village de Hing-Ts'ouen ( :^ :^), il confine
au territoire de la Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien.
A 70 lis au S.-O., au village de P'ing-Ngan-Ts'ouen ( 2p ^ ;;|îjj*)^
il confine au territoire de la Sous-Préfecture de Ts'ien-Kiang-Hien,
dépendant de la préfecture de P*" rang de Seu-Ngen-Fou.
A 70 lis au N.-E., au village de T'ang-Pou-Ts'ouen (^ "^ tif)'
il confine au territoire de la préfecture de 2^ rang de Siaug-Tcheou.
Montagnes et Riyières.
La Montagne de Long-Tchen (gg ^ jjj ) à un li au N. de
la Sous-Préfecture. On l'appelle communément la montagne de
San-T'ai ( ^ ^^ [X| )• C'est la Montagne maîtresse de la Sous-
Préfecture.
La caverne du Dragon, Long-Tong-Yen (-^ ^ ^) ^ ^5 lis
à rO. de la Sous-Préfecture. Elle se compose de 3 cavernes. Dans
la 3^™® de ces grottes se trouvent trois blocs de pierre ayant la forme
de fleurs de nénuphars, sur lesquels on a modelé en terre, trois
grandes statues de lettrés. Au sommet de cette caverne et sur le
côté, se trouve une crevasse dont on n'a jamais pu trouver le fond.
Une pierre jetée dans cet abime y dégringole en faisant un bruit
comparable au grondement du tonnerre. Dans la première caverne
se trouve une aiguille de roche, dressée, longue de plus de 10 pieds,
sur laquelle des personnes éprises des beautés naturelles ont gravé
les 3 caractères «Tsié-Yin-Fo» (^ ^| ^) d'où son nom de
caverne du Bouddha de pierre, Cheu-Fo-Yen ( ^ ^ ^ ) qu'elle
porte également.
La Montagne du Tonnerre, Lei-Chan ( fl* [Jj ) à 30 lis au S.
de la Sous-Préfecture.
La Montagne de la Dent de Pierre, Cheu-Ya-Chan {^ ^ j|[)
à 80 lis au S. de la Sous-Préfecture, voisine de la Montagne du
Dragon, Long-Chan ( ^ jJj ) de la Sous-Préfecture de Kouei-Hien.
K0UANG-8I. 99
La Montagne des Pins, Kiu-Song-Chan {^ :^ {Jj ) à 40 lis aa
S. de la Sous-Préfecture. La Montagne possède une porte de pierre,
ainsi qu'un bassin rocheux naturel, dans lequel, en été, il pousse des
nénuphars. Continuellement des poissons se jouent dans l'eau de
ce bassin.
La Montagne de Kou-Lang ( -j^ ^ (Jj ) à 50 lis au S.-E. de la
Sous-Préfecture.
La Montagne de Tch'oan ( ^ |lj ) à 60 lis au S. de la Sous-
Préfecture. La Montagne est percée d'un trou qui a une direc-
tion N.-S.
La Montagne du Sommet d'or, Kin-Fong-Chan (^ $ |JL|) à
60 lis au S. de la Sous-Préfecture. Elle renferme une quantité de
sources et les rochers les plus beaux de la Sous-Préfecture.
La caverne du Bœuf blanc, Pai-Nieou-Tong ( ÉI '^ '/l^ ) ^ ^^
lis au S.-O. de la Sous-Préfecture. Elle renferme une pierre blanche
ayant la forme d'un bœuf. Le Ruiseau du Cheval blanc, Pai-Ma-
K'i-Chouei ( ÉI ^^ «^ ^ ) ®" ^°^** Pendant la période Hong-Tcheu
(^ Vp)» 1488 — 1505, de la dynastie des Ming, cette caverne servait
de repaire aux pirates.
La caverne des deux sources, Chouang-Ts'iuen-Yen {'^ ^ ^)
à 100 lis à rO. de la Sous-Préfecture. Elle est fraîche en été et
tiède en hiver. Les lettrés aiment beaucoup y venir pour composer
des œuvres littéraires.
La Montagne de Choei-Siaug ( J^ ^ |ij ) à l'O. de la Sous-
Préfecture.
La Montagne du Double Chignon, Chouang-K'i-Chan {'^ ^ |Jj )
à 30 lis au S. de la Sous- Préfecture.
La Montagne de Vou-Chan ( ^ jpp |Jj ) sur le territoire de la
Sous-Préfecture.
La Montagne des Huit Immortels, Pa-Sien-Chan ( /V flij [Ip
à 50 lis au S. de la Sous-Préfecture. Au sommet de cette montagne
100 J. BBAUVAIS.
se trouve uu énorme bloc de rocher, carré comme une terrasse, et
cette sorte de terrasse forme comme le piédestal d'une statue de
pierre qui se trouve placée dessus. Au pied de la montagne se
trouve une source qui s'écoule trois fois par jour, le matin, à midi
et le soir, et qui, en dehors de ces trois moments, n'a pas d'eau.
Le grand fleuve, Ta-Kiang (^ ^) au S. de la Sous-Préfecture.
Il porte les nous vulgaires de fleuve aux eaux rouges, Hong-Chouei-
Kiaug ( ^J^ ^ yX ) ou fleuve aux eaux boueuses, Tou-Ni-Kiang ( ^
J^ yX )• Il pénétre sur le territoire de la Sous-Préfecture après le
rapide des bœufs, Hoang-Nieou-T'an ( ^ •^ ^ ), lequel est situé
sur le territoire de la Sous-Préfecture de Ts'ien-Kiang-Hien. Ce fleuve
coule alors à l'Est pendant environ 70 lis et arrive au S. de la Sous-
Préfecture. Il coule ensuite au N.-E. pendant 60 lis et pénètre
sur le territoire de la Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien, où il se
joint à la rivière Lieou. Les eaux de ce fleuve sont des plus dan-
gereuses. Très souvent les bateaux qui y circulent sont submergés
ou mis en pièces. En été, le niveau s'élève de plusieurs dizaines de
pieds, et cela en un instant, dès que l'eau commence à prendre une
teinte rouge. Pendant l'automne, la profondeur de l'eau est stable.
La rivière Ting-Ts'ing i^^^tL) à 5 lis au N. de la Sous-
Préfecture. Elle sort de Ts'ing-Chouei-Pao ( '^ ;3jC '^ )' ^^"^^ ^^
S.-E. et se joint au fleuve Hong-Chouei.
La rivière du Tonnerre, Lei-Kiang (^ JÖC) à 30 lis au N.-O.
de la Sous-Préfecture. Elle prend sa course au village de Sin-K'ing-
Ts'ouen (^^/|^) coule au S. et se jette dans le Hong-Chouei-
Kiang, D'après le recueil intitulé Hoan-Yu-Ki ( ^ ^ iE ), à l'O.
de la Sous-Préfecture se trouve la rivière de Lai-Pin-Chouei ( ^ ^
^). C'est précisément celle-ci.
La rivière Tsang-Ko-Chouei ( ^^ :^ -^ ); elle passe à l'O. de la
Sous-Préfecture et se jette dans le Hong-Chouei-Kiang.
KOUANü-sr. 101
Le Ruisseau du Cheval Blauc, Pai-Ma-K'i ( Éî 'IS jS )• I' prend
sa source dans la caverue du Bœuf blanc, Pai-Nieou-Tong ( ^ ^
?f^ ) V^^^^ *^ S. de la Sous-Préfecture et se jette dans le Ta-Kiang.
L'Ile de P'ong-Lai-Tao ( ^ ^ ^ ) à dix lis en aval de la Sous-
Préfecture. C'est l'emplacement de l'aucienne Sous-Préfecture. Les
Montagnes y sont brillantes; l'eau reflète une couleur azurée le tout
constitue un point de vue splendide.
Murailles et fossés.
L'enceinte de la Sous-Préfecture fut élevée pour la première fois
sous la dynastie des Ming pendant les années de la période Hong-
Vou, 1368 — 1398, (Empereur T'ai-Tsou-Kao-Hoaug-Ti, dont le nom
personnel était Yuen-Tchang et qui régna de 1368 à 1398). Durant
les années de la période Yong-Lo ( ^ ^ ), 1403 — 1424, (Empereur
Tch'eng-Tsou-Ouen-Hoang-Ti ( ^ jjîi. ^ ^ i^ ) dont le nom per-
sonnel était Ti (;j^) et qui régna de 1402 à 1424) cette enceinte
fut reconstruite eu briques. Elle s'appuyait aux montagnes au N. et
à l'E., et était adjacente au fleuve au S. et à l'O. Elle était percée
de 4 portes. Durant les années de la période King-T'ai ( ^ ^ ),
1450 — 1456, (Empereur King-Hoang-Ti (^ M.*^) ^^®°* 1® ^®™
personnel était K'i-Yu (jjî|5 ^) et qui régna de 1449 à 1456) la
ville fut prise par les pirates. Elle fut reprise sur eux et l'enceinte
réparée durant la 4^ année de la période T'ien-Chouen ( ^ ||^ ),
1460, (Empereur Yiug-Tsong-Jouei-Hoang-Ti i^^ ^ M.^)
dont le nom personnel était K'i-Tchen ( ^ ^. ) et qui régna une
première fois de 1435 à 1449 et une deuxième fois de 1456 à 1464,
après une captivité de huit années chez les Tartares). L'enceinte de
Lai-Pin-Hien fut de nouveau réparée durant la 6^ année de la période
Ouan-Li ( ^ ^ ), 1578, (Empereur Chen-Tsong-Hien-Hoang-Ti( |^
^ ^ ^ *^ ) ^0^1^ ^6 ïiom personnel était Yi-Kiun ( y|^ ^ ) et qui
régna de 1572 à 1619).
102 J. BEAUVAIS.
Sous la dynastie actuelle des réparations prirent place aux épo-
ques suivantes: 6® année, 1667, et 56^ année, 1717, de la période
K'ang-Hi ( J^ !?£ ) (Empereur Cheng-Tsou- Jen-Hoang-Ti ( || jjg^
^ _g. ^) qui régna de 1661 à 1722); 2« année, 1724, et IS« année,
1735, de la période Yong-Tcheng (^ j£) (Empereur Cheu-Tsong-
Hien-Hoang-Ti i^^M M.^)^ ^»i régna de 1722 à 1735);
6® année, 1741, et 14^ année, 1749, de la période K'ien-Long ( ^^
1^) (Empereur Kao-Tsong-Chouen-Hoang-Ti C^ ^^^^)
qui régna de 1735 à 1795). Dans le courant de la 49^ année de la
même période, 1784, on construisit les deux ponceaux qui se trouvent
aux angles N.-E. et N.-O. de la muraille. Cette muraille a mainte-
nant une longueur de 2 lis, 8 feun. Elle est haute de 18 pieds et
épaisse de 15.
Mandarins.
Un Sous-Préfet, Tcheu-Hien.
Les appointements dits Ngo-Fong, sont de 45 taëls d'argent. I
touche en outre. 1° A titre de Pien-Fong, 44 taëls d'argent, 7 ts'ien
3 feun; 2° à titre de Yang-Lien, 700 taëls d'argent; 3° à titre de
Yen-Kouei-Yang-Lien, 150 taëls d'argent; et 4° à titre de Hao-Sien-
Yang-Lien, 135 taëls d'argent, huit ts'ien 2 feun. Il a droit à un
personnel de huit palefreniers, pour l'entretien annuel desquels il lui
est alloué une somme de 48 taëls; à 41 plantons, portiers, sbires,
pour l'entretien annuel desquels il touche 246 cheu de riz. un
supplément de 20 taëls d'argent 5 ts'ien lui est alloué en outre
pour les années qui renferment un treizième mois intercalaire. Ce
fonctionnaire a encore droit à 40 hommes des milices régionales,
pour l'entretien annuel desquels il reçoit 52 taëls d'argent 1 ts'ien
5 li et 234 cheu 8 teou 6 cheng 8 ho et 8 tch'ao de riz. Un
complément de 20 taëls d'argent lui est alloué pour les années de
13 mois.
ikOÜANQ-SI. 103
Un assistant de 2^ classe de Sous-Préfet ou Siun-Eien, pour la
circonscriptiou de Kiai-P'ai-Seu, K'iai-P'ai-Seu-Siuu-Kien (^ ){^
Les appointements sont de 31 taëls d'argent 5 ts'ien 2 feun. Il
touche, à titre de Yaug-Lien 80 taëls d'argent. Il a droit à deux
sbires, pour l'entretien desquels il touche 12 taëls par an, et à 20
archers, pour l'entretien annuel desquels il lui est alloué une somme
de 67 taëls 7 ts'ien 2 feun 6 li.
Un maître de police et gardien de prisons de Sous- Préfecture,
Tien-Cheu.
Les appointements sont identiques à ceux du Siun-Kien précé-
dent. Il a droit à un personnel de 4 sbires, pour l'entretien annuel
desquels il touche 24 taëls d'argent, et à un portier et un palefre-
nier, pour l'entretien desquels il touche par an 12 cheu de riz.
Durant les années de 13 mois, un supplément de un taël lui est
attribué.
Un directeur d'études de Sous-Préfecture, Kiao-Yu.
Les appointements sont de 40 taëls d'argent. Il a droit à deux
portiers, pour l'entretien annuel desquels il touche 12 taëls d'argent,
et à 8 pourvoyeurs pour les jeûnes, pour l'entretien annuel desquels
il touche 24 taëls d'argent.
Le Sous-Directeur d'Etudes de Sous-Préfecture, Hiun-Tao, fut
supprimé durant les années de la période Tao-Kouang (^")t)»
1821-1850, (Empereur Siuen-Tsoug-Tch'eng-Hoang-Ti i*S.^ ^
M Ifî) q^i ^'égna de 1820 à 1850).
Écoles.
Nombre des bacheliers littéraires; 8. — Nombre des bacheliers
militaires: 8.
Bacheliers subventionnés, Lin-Cheng.
Leur nombre est fixé à 8. Chacun d'eux touche une subvention
104 J. BEAUVAIS.
annuelle de 1 taël d'argent 2 ts'ien, ce qui fait un total de 9 taëls
6 ts'ien. Ce total est augmenté de 8 ts'ien pour les années qui ont
un treizième mois intercalaire.
un bachelier du grade de Kong-Cheng est nommé tous les trois ans.
La superficie primitive des terres appartenant aux Ecoles est de
2 k*ing et 9 meou. Les terres incultes entrent dans ce total pour
37 meou 7 feun 4 li. 11 reste donc comme superficie de bonnes terres,
1 k'ing 71 meou 2 feun 6 li, qui rapportent annuellement un loyer
de 20 taëls d'argent 2 ts'ien cinq feun.
Rendement des Impôts.
Le produit total de l'impôt foncier, Ti-Ting, est de 1969 taëls
d'argent, 5 ts'ien 4 feun 5 li. Durant les années qui renferment un
treizième mois intercalaire, ce total s'augmente de 142 taëls d'argent
1 ts'ien 1 feun 2 li, ce qui porte les recettes à 2111 taëls d'argent
6 ts'ien 5 feun 7 lis.
L'impôt sur le riz est de 1239 cheu.
La provision de riz des greniers est fixée à 8240 cheu.
Positions stratégiques.
1® Lai-Pin-Hien. Cette Sous-Préfecture s'appuie sur les montagnes
et fait face au fleuve. Elle renferme beaucoup d'aborigènes Tchoang
et fort peu de Chinois. Les localités de Pei-San ( ;[[^ ^ ) et de
Pei-Ou ( ;|[^ _3£) furent anciennement les lieux de retraite favoris
de féroces pirates, contre lesquels la dynastie précédente des Ming,
1368 — 1644, a dû lutter plusieurs dizaines d'années avant de les
réduire. C'est à partir des campagnes que l'on conduisit contre eux
à cette époque que le pays devint tranquille. Les traces qu'ont laissées
ces aborigènes, le désordre chaotique de leurs montagnes et de leurs
rivières, expliquent leurs mœurs désordonnées. Avant d'arriver à les
KOÜANG-SI. 105
pacifier, il a été absolument nécessaire de se rendre compte de ces
conditions.
2° Le poste de Yiog-Ngen-Pao (Kß Jg[ ^) à 60 lis au N. de
la Sous-Préfecture.
3° Le poste de Ya-Lo-Pao (C||| M) à 35 lis à l'O. de la
Sous-Préfecture. Ce poste est entouré d'une levée de terre percée de
2 portes antiques, eu forme d'amphores, l'une à l'E., l'autre à 1.0.
4° La circonscription ou Siun-Seu de Kiai-P'ai-Tcheu ( ^ jjj^
^). Elle se trouvait anciennement à l'O. de la Sous-Préfecture.
Dans le courant de la 7® année de la période Siuen-To (^ ^^)'
1432, (Empereur Siuen-Tsoug-Tchang-Hoang-Ti ( ^ ^ ^ M ^)
dont le nom personnel était Tchan-Ki (||^ ^) et qui régna de
1425 à 1435) le siège de la circonscription fut transporté au village
de Cheu-Ya-Ts'ouen {>^ ^ ^TJ' ) à 80 lis de la Sous-Préfecture, sur
les frontières de la Sous- Préfecture de Kouei-Efien.
(à suivre.)
MÉLANGES.
Ancient Chinese l^honetics.
(Supplementary Note).
In note 4 on page 463 of the VIII*^ Volume of the T'oung-
pao, I have tried to find a connection between the '^ ^ -p /\
"pP occurring in the Introduction of K'ang-hts Dictionary, and the
18 initials of the 2*^, 3^, 7^^ and 6*^ classes. Later researches have
convinced me that my supposition is wrong, and that the said pas-
sage ought to be translated in this way:
^^ + A^
A rhyme on the 18 keys with changeable form:
' -^ |# P^ § Ê ^ f5 '«'•«• -^ (key 170) belongs to characters
like j^ , where the key |J is placed to the left side.
^ (key 122) belongs to characters like ^ in which this key
occurs.
1^ (key 163) belongs to characters like ^ in which the key
jî is placed to the right,
^ (key 162) belongs to characters having the radical j__.
P^ (key 180) belongs to characters having the radical ^ .
^i^ (key 140) rules over characters having the element T» .
MÉLAKUICS. 107
Characters with 7y^ belong to yf^ (key 113); those with ^ to
:^ (key 145).
ji(^ (key 61) accompanies characters composed with *j*.
Characters in which ij occurs belong to the key IS ^J ; those
in which j? occurs, belong to ^ (key 157).
3Ê (key 96) rules over those characters in which J occurs.
Characters with ^ are connected with |^ (key 173).
*j^ (key 86) is related with characters in which iéi\ occurs.
Characters with ^ (key 54) answer to ^ (key 54).
■^ (key 64) answer to characters composed with ^.
Characters in which X occurs, and which belong to jj^ (key 66)
make the series round, whereby everything is rendered clear.
Now only remain the nourishing of the dogs (the mentioning
of ^ (key 94): the barking shepherdsdog ^^ ; i. e. characters com-
posed with ^ belong to -^ .
The rhyme could have .been represented in a more simple way,
in the manner of the commentarj^ in K'ang-his dictionary 5^ ^
(Jl M lï#: T> # S ^ -« !ffi « ti K ft fè ^)^
3. » »pÇ » »g^»
4. » » i_ » » ^^ »
5. » » ^ » » [^ »
6. » » -f+ » » i|Jl|* »
7. » » If » » ^ »
108
]
HELâNGES
'•
8.
JIM
. * *
i3!<^
9.
> »
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»
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10.
» »
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»
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11.
» »
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»
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12.
» »
J »
»
=R. .
13.
» »
^' »
»
ffi '
14.
» »
i*i> »
»
')<. »
15.
» »
l. »
»
^ •
16.
» »
;' »
»
^ >
17.
» »
Je .
»
J£ »
18.
» »
^ »
»
;^ >
In connection with the above, the character -pj^ for »initial"
ought to be replaced by the character ^, or still better by ^
i^M)- ^^' T'oung-pao, VIII, p. 458.
SCHAANK.
Abel-Remüsat, bibliographe
PAR
HENRI CORDIER.
Il y a quelques années, je trouvai à la librairie Maisonneuve,
alors dirigée par l'excellent bibliographe Charles Leclerc, un manus-
crit d'environ 350 feuillets de superbe papier vergé grand in-4, en
tête duquel on peut lire, écrit au crayon:
«Mise au net du 1 vol. du catalogue du fonds chinois de la bibliothèque
nationale. Ce catalogue est évidemment fait par Rémusat; la copie est de la
main de Burnouf. Les titres chinois et les noms et mots chinois dans le corps
des notices sont restés en blanc, sans doute Rémusat se réservait de remplir
ces lacunes.»
J. M.
L'écriture de cette note et les initiales sont celles du célèbre
orientaliste Jules Mohl; j'iguore dans quelles circonstances ce ma-
nuscrit, qui ne figure pas dans la vente de ses livres, faite en 1877,
par Ernest Leroux, est tombé entre les mains de Mohl. Sa note qui
attribuait l'écriture du catalogue à Burnouf était intéressante et une
question se posait immédiatement; notre grand indianiste qui avait
en effet une fort belle écriture avait-il-pris véritablement la peine
de copier le volumineux manuscrit pour son collègue Rémusat; l'entre-
prise me paraissait, et l'événement a prouvé que j'avais raison, dé-
passer les limites de ce qu'on peut demander a la camaraderie et à
l'amitié, mais M. Mohl était bien afiBrmatif et son opinion a tou-
purs été d'un grand poids. Dans le doute, je m'adressai à la fille
110 MELANGES.
dévouée de Burnouf, femme elle-même d'un illustre savant, dont la
main filiale a classé les papiers du célèbre indianiste et donné un
choix de ses lettres ^). Madame Leopold Delisle, après un examen
du manuscrit, a bien voulu me déclarer qu'il était de la main du
copiste Neumann ^).
Je crois intéressant de donner la table du catalogue de Rérausat
et les premières pages du manuscrit contenant en partie les carac-
tères chinois; ce spécimen donnera une idée du travail entrepris par
le sinologue enlevé prématurément à la science.
jère Division: Classiques.
1*^'^ Section. Classiques proprement dits (King).
a. Introduction à la lecture des classiques. Ex-
traits, Planches.
b. Collections des Classiques proprement dits
(King).
c. Classiques séparés.
1. Yi-King.
2. Planches, extraits, etc. du Yi-King.
3. Traductions mandchoues.
4. Trad. lat. ou fr. et ainsi des autres.
2^ Section . Classiques du 2^ ordre. Sse-chou, Hiao-King, etc.
a. Introd. Extr. Planches.
b. Collect.
c. Séparés.
1) Choix de lettres d'Eagène Burnouf 1825 — 1852 suivi d'une bibliographie avec por-
trait et fac-similé. Paris, H. Champion, 1891, in-8.
2) Voir p. 4 de: Papiers d'Eugène Burnouf conservés à la Bibliothèque nationale.
Catalogue dressé par M. Léon Feer, Bibliothécaire au Département des manuscrits, augmenté
de renseignements et de correspondances se rapportant à ces papiers. Paris, H. Champion,
1899. in-8.
UBLANOES.
Ill
2« Division: Politique, Législation, Jurisprudence.
3<^ Divisioa: Philosophie.
4^ Division: Histoire.
b^ Division: Géogr.
6*^ Division: Scient, natur. Medic.
7^ Division: Scient, astron. math.
8^ Division: Arts, musique.
9« Division: Arts pictor.
10® Division: Litter.
11® Division: Palaeogr.
12® Division: Lexiq.
a. Tout chinois.
b. polyglottes.
c. europ.
d. mandchou, mongols, tibet, etc.
13® Division: Diction.
a. Tout chinois.
b. polyglottes.
c. Tartares, mandchou, mongoF. tibet.
d. Europ.
e. Syllabaires et grammaires.
14® Division: Relig. — Collections.
a. Tao-sse.
b. Bouddhique.
c. Christian.
15® Division: Miscella. Encyclopedia.
112 MÉLANGES.
-b m m
Thsi King thou.
Les planches des sept livres classiques.
rel. 2 V. gr. in fol. (olim 16 cah.)
Ce bel ouvrage n'a pas d'autre division que les livres classiques
mêmes auxquels se rapportent les planches, savoir:
T. 1^^ Yi'King,
Chou- King.
Chi-King.
Tchhun-thsieou.
T. 2, Li-Ki.
Tcheou-U.
Yi-li.
3£ Il m iB
Ou King louï pian.
Extraits sur les matières traitées dans les cinq King, en 28 livres.
10 vol.
Rédigés par ^ ;^ ^ Tcheou-tchang-tchhing de ^ ^ Leou-
toung, surnommée "j^ :|^ Chi-tchang. La préface de cet auteur est
datée de l'année Kia-tseu de Khang-hi ( ).
L'éditeur nommé ^ ;j>'^ Wang-yan, a mis en tête de cette édition
une préface en gros caractères, datée ^ ^ , Khang~hi. Il avait été
condisciple de Tcheou-tchang-tchhing.
Une 2® préface, en caractères tchouan, est signée par un autre
de leurs condisciples nommé ^ jj ^ Thsaî-[Fangli-ping, sans date.
Une 3^, en hing-chou^ est signée d'un auteur également condisciple
des précédons, et nommé JH" -^ ^p Thang-Sun-hva. Elle est datée
de Khang-hi,
Mér.ANOES. 113
Une 4'' en demi-fhsao est signée par 3E 1^ Â^l^ Wang^youan'
khi, et datée de Khang-hi p^ ^ .
Une 5^, en /?', sans date, est signée par ^ ^^ Thsian-lkia].
Une 6", en demi-cursifs, est signée par le frère aine de l'auteur,
nommé ^ ^ ^ Tcheou-Siang-ming^ et datée ^ ^ Khang-hi.
La 7*^ est la préface de l'auteur. Elle est suivie d'un post-
scriptum de ^ ^ ^ Wavg-mou-King?
Plan de l'ouvrage. ^
Index des ouvrages qui sont ici désignés par le nom de King.
Ceux qui reçoivent ici ce nom sont:
le Yi-king.
le Chou-king.
le Chi'kivg.
le Li-ki.
le Tcheon-li.
le Yi-li.
le Ta-taï-ki.
le Tso-t chouan.
le Koue-iu.
le Koung^yang-tchouan.
le Kou-liang't chouan.
le HoU'tchouan.
On a consulté de plus:
le am
le Kia-iu.
le Thsou-thseu.
le Sse-ki.
le Han-chou.
114 MÉLANGES.
Les explications et Commentaires ont été puisés dans les ouvrages
suivans:
Ou-king-ta-thsiouan.
Wen-hian-thoung-Khao.
Tofi-chi- Thoung-thian.
ThouYig-kian- Tsian-pian.
Taï-hio-yan-yé.
Sing-li-ta-thsiouari. "^
Sse-chou-ta-thsiouar) .
Sse-chou-pé-Khao.
Kiuti'chou-pé-Khao.
Hari' Weï-tsoung-chou.
Han-sse.
Chi-san-King~loUî-iu.
Thaï-King-tha7ig-t.hsi-King-thoyng-yi-lou.
Si-y ang-li- chou.
Hiu-chi-choue-wen et Tching-tseu-thouang.
Index.
L'ouvrage est partagé en 28 livres.
La Science du Prince remplit le premier. On y traite en neuf
articles des vertus du prince, des saintes études, de l'imitation ou
de la conformité au ciel, de l'imitation des ancêtres, de l'amour
qu'on doit au peuple, de la manière de recueillir les représentations,
de Vexamen des flatteurs, des honneurs dûs aux sages et de Vemploi
des hommes^ des récompenses et peines, des décrets et ordres.
La Science du gouvernement ou de l'administration occupe les
livres 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9. Il y est parlé d'abord M'une ma-
nière générale du sujet de ces livres, ensuite du devoir royal, de la
révolution, des générations, de l'institution des fiefs et du commen-
MéLA.N0B8. 115
cement et de la chute des diverses principautés, 'des règlemens des
magistrats, do l'institution de ceux des principautés feudataires, de
l'emploi des hommes, des fonctions et services, * de l'emploi des
richesses, de l'emploi des tributs, de la présentation des tributs, des
employés secondaires, des règles du service, ^des affaires d'agricul-
ture, du labourage, du soin des vers à soye et mûriers, des famines,
° des études et examens, de l'euseignement et de l'amélioration, des
moeurs et coutumes, ' de la guerre, d'abord d'une manière générale,
puis des troupes, de la stratégie, des règles militaires, " des saisons
du ciel et des produits du sol, de l'annonce des victoires (
), des contraventions, des vertus guerrières, de l'autorité du
général ( ), de la chasse, ^ des supplices, et de la repres-
sion des brigands.
Les livres 10, 11, 12, 13, 14 et 15 traitent de la musique et des
rites sous les articles suivans: Généralités sur les rites et la musique;
institution des rites, visites dans les provinces, assemblées des vassaux
à la cour impériale, temple des conciles, affection pour les vassaux,
relations des états entre eux, alliances et sermens, " présens et accords,
rites pour la prise de bonnet, noces, '"rites pour tirer de l'arc, nour-
riture et festins, rites pour boire, "généralités sur les sacrifices,
sacrifice au Seigneur du ciel, à la terre, à la divinité des moissous,
aux dix choses honorables, les cinq sacrifices,
celui de la fin de l'année ( ), les petits sacrifices, '*le8
institutions des Temples, le , le , les repas
de cérémonies , les , les , les sacrifices
selon les saisons, les rites funéraires, l'imposition des noms, surnoms,
posthumes, les familles, les noms, les , les chants, '* l'in-
stitution de la musique, les tons majeurs et mineurs.
Les livres 16, 17, 18 renferment ce qui concerne les institutions
et mesures , c'est-à-dire, en autant d'articles, les palais et
maisons, les greniers et magazins, les jardins, parcs, tours et étangs,
116 MÉLANGES.
les vases et choses d'usage, les chars et chevaux, les barques, les
tables, les règles, compas, niveaux et cordes, les poids et mesures,
les choses précieuses, les tablettes et signes honorifiques, les étoffes
et papiers à sacrifices , des tablettes de petition ,
des drapeaux et étendards, des articles (de lois?) *'des habits
en général, des coiffures, des habits , des des cein-
tures,, des pendans, des chaussures, '^des alimens et boisson en gé-
néral, des boissons fermentées, des sauces, des viandes, du riz.
Les livres 19 et 20 sont consacrés aux devoirs sociaux. Il y est
parlé des devoirs en général, du prince et du sujet, de la règle du
sujet, du père et du fils, des fils et petits-fils, *°des frères aines et
cadets, des contestations et cessions , du mari et de la
femme, de la règle de la femme, des concubines, des devoirs et céré-
monies entre hommes et femmes, des amis, des rapports d'hôtes et
de visiteurs, des associations, du respect des vieillards, de la con-
descendance pour les dents (les gens âgés).
Les livres 21 et 22 traitent des arts littéraires ( ),
la raison naturelle, les vertus du coeur, les actes vertueux, l'examen
des péchés, l'étude et l'interrogation, les livres, les livres classiques,
les figures, l'histoire, les études primaires, et les habitudes de la
jeunesse, les paroles et la conduite, l'attention aux discours, du
, du , ^^des habitudes graves, de la manière de se
lever et de rester, de la manière de sortir et de rester, des rangs
des hommes, de l'avarice et de l'indifférence pour les richesses et la
pauvreté, de l'humilité et de l'orgueil, de la bienveillance et de la haine.
Le livre 23 parle des arts, savoir, les cent arts, de la poterie et
des métaux fondus, du commerce, de l'art de tirer de l'arc, de l'art
de conduire les chevaux, de la médecine, de l'art de tirer les sorts,
du , des prières magiques, des préservatifs de la peste
, des aveugles.
Les livres 24 et 25 sont consacrés à la science du ciel et traitent
MéLANOES. 117
d'abord du ciel et de la terre, en géuéral, des corps célestes, du «oleib
de la lune et des éloiles et constellations, des nuages, de la pluie, du
veut et du toimerre, de la brume et des brouillards, de la glace et de
la neige, ^^du calendrier, de la division du temps, des cinq élemens,
des calamités et évènemens heureux.
Le 26^ livre est pour la terre, et on y relate les passages relatifs
aux contrées, aux cités, aux villes, portes et péages.
Dans les livres 27 et 28, il est question des êtres et productions,
savoir ^' des êtres en géuéral, du Phénix, des grues et cygnes, du
faisan, de la poule, ainsi que du et du , du
, de l'oiseau jaune, de l'oiseau blanc, de divers oiseaux, de la
licorne, du tigre, et des panthères, du rhinocéros et de l'éléphant,
de l'ours, des daims et des cerfs, du boeuf et de la brebis, ainsi que
du cheval, des présages qu'on en tire et du cheval de char, du chien
et du cochon, du lièvre, de divers animaux, du dragon, des tortues,
crocodiles et hydres, de divers animaux à écailles et à test, "du pin,
du mélèze et du bambou, du et du , du pêcher et du
prunier, du châtaignier, des roseaux du des ci-
trouilles, du , de l'armoise, du ' , de divers arbres
et plantes, du
Dans une appendice on trouve:
1° Un traité sur le King en général.
2° Une dissertation sur les erreurs relatives au sens du King.
3" Une dissertation sur quelques doutes.
Cet ouvrage n'est point un traité des différentes matières énon-
cées dans l'Index: c'est une suite d'extraits de phrases, de passages,
de morceaux entiers tirés du King, et classés d'après leur sens sous
les divers objets auxquels ils se rapportent. La méthode suivie est
uniforme. On place comme titre d'article dans chaque livre, l'indi-
cation de la matière, puis successivement, avec une citation au haut
118 MÉLANGES.
de la ligae, le titre du King (Yi, Chou, Chi, Li-Ki), et après chaque
titre, en autant d'alinéas, les passages pris du même livre qui ont
trait au même objet. Des notes ou gloses extraites des commentaires
autorisés, sont placées à la suite des phrases qui ont besoin d'éclair-
cissement, et chaque citation est terminée par l'indication du chapitre,
de la section ou partie du King auquel cette citation a été em-
pruntée. On voit par là d'un seul coup d'oeil, et sans avoir besoin
de recourir aux originaux, quelle est la doctrine des livres classiques
sur tel ou tel point de politique, de morale, d'administration, de
croyance, et aussi sur les diverses matières scientifiques qui peuvent
s'y trouver occasionnellement traitées.
Cet exemple sufiBra à montrer quels devaient être le caractère
et l'étendue du vaste travail entrepris par Rémusat qui aurait fait
tomber dans l'oubli l'indigeste compilation de Fourmont l'aîné. On
sait que Stanislas Julien a repris le travail de son maître et qu'il
a compilé un médiocre catalogue des livres chinois de la Bibliothèque
nationale. Il est heureux que M. Maurice Courant nous donne enfin
un catalogue du fonds chinois digne de la grande bibliothèque de la
Rue Richelieu.
Le traité Russo-Chinois sur la Mandchourie.
Ou télégraphie de Peking le résumé suivant du traité relatif à
la Mandchourie, dont la signature aura lieu, croit-on, dès qu'on
sera assuré que les puissances intéressées n'y font pas d'objection:
«L'emperenr de Russie exprime ses sentiments d'amitié envers
l'empereur de Chine et, comme témoignage d'amitié, il laisse de
côté les attaques dirigées contre de pacifiques sujets russes, dans
trois provinces de la Mandchourie et sur la frontière russe en 1900.
Il consent à rappeler les troupes russes de la Maudchourie et
à replacer les trois provinces sous le gouvernement de la Chine.
La Chine s'engage à rempir les obligations^ du contrat relatif
au chemin de fer mandchourien, signé en septembre 1896, et no-
tamment l'article 5 de ce contrat, à protéger la Compagnie du
chemin de fer, ses employés et tous les sujets russes dans les pro-
vinces mandchoues.
Eu considération de cet arrangement, la Russie consent, si nulle
autre puissance n'y fait obstacle, à retirer ses troupes de la partie
sud-ouest de la province de Ching-King, au sud de la rivière Liao,
six mois après la signature du présent accord; du reste de la pro-
vince de Chiug-King et de la province de Kirin, un an après; et
de la province de Hé-Loung-Kiaug, dix-huit mois après la signature.
Si les autres puissances qui détiennent le gouvernement pro-
visoire de Tien-Tsin remettent ce gouvernement à la Chine dans
120 MÉLANGES.
les premiers six mois, la Russie rétrocédera Nieou-Tchouang à la
même époque.
Etant donné que les attaques contre les sujets russes ont été
faites par les troupes régulières chinoises, l'ejffectif de ces troupes
qui devront être placées dans les provinces mandchoues, en atten-
dant l'évacuation, sera fixé après consultation du gouverneur mili-
taire russe et des gouverneurs militaires chinois des provinces.
Toutefois, cet effectif devra être suffisant pour maintenir l'ordre et
supprimer le brigandage.
Il ne pourra être modifié sans le consentement de la Russie.
Les gouverneurs militaires exerceront les régiments d'infanterie et
de cavalerie au service de la police dans les provinces, en dehors
du territoire du chemin de fer de la Mandchourie.
La Chine devra notifier à la Russie toute augmentation d'ef-
fectif sur la frontière russe.
La Russie s'engage à rétrocéder le chemin de fer de Nieou-
Tchouang à Chan-Haï-Kouan. La Chine s'engage spécialement à
protéger ce chemin de fer en cas de besoin et à ne pas faire appel
à une autre puissance pour le protéger ou l'exploiter, à ne laisser
passer aucune portion de ce chemin de fer sous le contrôle d'une
autre puissance; elle promet d'observer le traité du 10 octobre 1899,
réglementant les finances du chemin de fer, ainsi que le traité
anglo-russe du 28 avril 1899.
La Chine s'engage à consulter la Russie en ce qui concerne la
construction ou l'extension de nouvelles lignes ou des lignes d'em-
branchement, le pont de Yankow et le changement des points terminus.
La Russie ayant effectué des dépenses pour la réparation, le
maintien et la police de la ligne, dépenses qui ne sont pas com-
prises dans l'indemnité, la Chine s'engage à les lui rembourser.
Le montant en sera fixé par une conférence russo-chinoise. >
MÉLANGES. 121
Le Priuce K'ing et Wang Wen-chao ont signé la convention
mandchourienne le 8 avril, à 4 h. de l'après-midi; le dernier para-
graphe stipule que le traité devra être ratifié dans un délai de
ft
trois mois.
La Russie propose de rétrocéder le chemin de fer quand les An-
glais abandonneront la direction militaire du chemin de fer du Tchi-Li.
Le ministre d'Angleterre à Peking est en train de négocier un
accord avec le directeur des chemins de fer, afin d'assurer aux
intérêts anglais une large part dans la direction et le contrôle des
recettes et des dépenses après la rétrocession de la ligne aux Chinois.
L
Situation de VIndo-Chim (1897-1901). Rapport par M. Paul
DouMER, Gouverneur-général, Hanoi, F. H. Schneider,
1902, gr, in-8, pp. 550.
M. DouMKR, Gouverneur-général de l'Indo-Chine française, est
arrivé à Marseille à huit heures du matin, le Lundi 7 Avril par
le paquebot des Messageries Maritimes Sydney, en même temps que
lui arrivait le gros volume dont nous donnons le titre et qui mar-
que les résultats de l'administration la plus féconde que l'Indo-
Chine française ait eue jusqu'à présent. Nous en présentons le
tableau instructif d'après le Temps du 7 Avril:
Quand M. Doumer y arriva au commencement de 1897, l'Indo-
Chine n'était qu'une expression géographique; elle avait un gouver-
neur général et point de gouvernement général, et les finances
étaient en mauvais état dans chacun des pays qui la composent.
Son premier soin fut de se donner les instruments nécessaires pour
travailler: à savoir l'autorité et l'argent.
Le gouverneur général administrant directement le Tonkin en
était arrivé à n'être qu'une sorte de résident supérieur de ce pays;
le reste de l'Indo-Chine lui échappait. En Annam et au Cambodge,
la collaboration intime de l'élément français et de l'élément indigène
qui est le but du protectorat n'était pas organisée. En Cochinchiue,
la situation était tout à fait étrange. «Pour être entièrement libre,
elle s'efforçait et elle était sur le point d'obtenir d'être détachée de
l'Indo-Chine. Le conseil colonial, élu par un corps électoral de fonc-
tionnaires, disposait de toutes les ressources et avait seul l'autorité.
Le lieutenant-gouverneur et les chefs de service, pris entre cette
UBLANGB8. 123
puissauce presque oiuuipotente dans la colonie et le dépatë iater-
venaat pour elle à Paris, au ministère, ue pouvaient rien, étaient
hors d'état d'imposer le travail et le respect de la discipline à leor
personnel. Ils eu faisaient d'ailleurs hautement l'aveu. C'était une
véritable anarchie administrative.»
Il faut que le gouverneur général «gouverne partout et n'ad-
ministre nulle part», se dit M. Doumer. Dans ce but il fit succes-
sivement adopter par le gouverneraont français les mesures suivan-
tes; rétablissement de la résidence supérieure du Tonkin, ce qui
permit au gouverneur général de faire de longs séjours en Cochiu-
chine et d'y faire cesser le désordre qui régnait dans les services;
constitution d'un conseil supérieur réunissant autour du gouverneur
général les chefs de services et les représentants des colons et des
indigènes; création de services généraux communs à toute l'Indo-
Chine: douanes et régies, agriculture et commerce, justice, travaux
publics, affaires civiles, postes et télégraphes; fusion des divers corps
d'administrateurs; création d'une caisse des retraites, et enfin créa-
tion d'un budget général comprenant toutes les dépenses d'intérêt
communes à l'Indo-Ohine, ayant ses recettes propres et directement
géré par le gouverneur général avec le concours du conseil supérieur.
Les représentants des colons au conseil supérieur sont délégués
par les chambres de commerce et d'agriculture. Ces chambres sont
le seul mode de représentation auquel M. Doumer reconnaît que
les colons aient droit. Et il a défini avec une parfaite netteté un
principe dont l'oubli a amené dans plusieurs de nos colonies et
K» notamment en Cochinchine des abus si singuliers. Dans une colonie
de domination, d'exploitation au meilleur sens du mot, comme l'est
^ rindo-Chine, le suffrage universel ne saurait exister. La France y
gouverne dans l'intérêt général, à son profit et au profit des nom-
breuses populations dont elle a la charge, mais non dans l'intérêt
I particulier de quelques-uns. Les colons français qui viennent en
124 MÉLANOBS.
petit nombre relativement aux indigènes, dans nos possessions indo-
chinoises, ne peuvent prétendre à les gouverner. Ils ont droit à la
protection de l'autorité publique, à des institutions capables de
défendre leurs intérêts collectifs; ils pensent aussi légitimement
réclamer une place dans les conseils du gouvernement; mais rien
de plus ne parait désirable ni utile.
Par cette organisation du gouvernement général, M. Doumer
s'était procuré l'autorité; restait à trouver l'argent. Le Tonkin avait
dû par deux fois faire appel à l'intervention de la métropole pour
éviter la faillite et il était toujours en déficit. La Cochinchine y
était également. L'Annam et le Cambodge abandonnés à la gestion
indigène paraissaient sans ressources. M. Doumer jugea qu'on ne
demandait pas au pays ce qu'il pouvait donner et il remania auda-
cieuseraent le système fiscal, modifiant les impôts directs de manière
à leur faire produire davantage, tout en les allégeant par une
meilleure répartition et en organisant les trois grandes régies de
l'alcool, de l'opium et du sel. On peut dire qu'il joua courageuse-
ment sa réputation dans cette partie. Il ne manqua pas, en efiet,
de prophètes de malheur pour lui prédire qu'il s'y casserait le cou
et que les indigènes allaient se soulever. Au point de vue finan-
cier la partie a été brillamment gagnée. On en connaît, en effet,
les résultats; depuis la réforme le budget général de l'Indo-Chine
et les cinq budgets locaux du Tonkin, de l'Annam, de la Cochin-
chine, du Cambodge et du Laos se sont régulièrement soldés en
excédent, le budget général se monte en recettes à près de 68
millions de francs pour 1902 et il y a 30 millions dans les caisses
de réserve de la colonie.
Au point de vue politique, la partie a-t-elle été perdue, les
indigènes out-ils été désaffectionnés de notre domination? Aux in-
quiétudes exprimées à ce sujet M. Doumer répond: «La malveil-
lance ou l'ignorance seule a pu faire dire que les habitants de
MBLAN0B8. 125
rindo-Chioe étaient surchargés d'impôts. Chaque habitant ne paye
en moyenne, sous des formes multiples et en grande partie par les
consommateurs de luxe, comme l'alcool et l'opium, qu'une somme
annuelle inférieure à deux piastres (5 francs). Etant donné le
développement économique pris par le pays en ces dernières années,
cette somme n'a rien d'excessif. Une preuve que l'impôt n'est pas
hors de proportion avec les facultés contributives de l'habitant,
c'est qu'en même temps que le nouveau régime s'établissait, la
prospérité générale et le bien-être de la population s'accroissaient
rapidement, au point de frapper tous les yeux, d'assurer l'ordre
matériel et une pacification des esprits qu'on ne pouvait espérer
aussi prompte».
N'eût-elle consisté que dans cette organisation du gouvernement
général et des finances que l'œuvre de M. Doumer serait déjà fort
remarquable, puisqu'elle a mis fin aux tâtonnements des débuts et
donné à notre domination une assiette solide dont tous ses succes-
seurs profiteront ^ l'avenir. Mais de ces instruments de travail qu'il
a créés il a été le premier à tirer parti par une série de mesures
que nous allons rapidement énumérer.
Organisation des administrations locales. — La suppression du
vice-roi du Tonkin avait fait craindre au début que M. Doumer ne
se laissât influencer par les préjugés des colons qui réclament la
disparition pure et simple du mandarinat indigène. Il n'en a rien
été. Il s'est contenté de le soumettre à un contrôle très serré pour
le corriger de sa vénalité, ce qui est de l'essence même du protec-
torat. En même temps il a augmenté la solde des mandarins et
amélioré leur situation matérielle. Résultat: ils ont été les premiers
moralement conquis. «A part quelques exceptions, ils ont franche-
ment accepté la souveraineté de la France et la servent avec dé-
vouement.» M. Doumer a respecté et recommande sagement à ses
126 MÉLANGES.
successeurs de respecter la commune annamite. «Grâce à elle, nous
avons en face de nous, non pas des millions d'hommes dont il faut
considérer individuellement les besoins, les intérêts, les sentiments,
mais quelques milliers de collectivités bien organisées, disciplinées,
qui se présentent à nous en bloc et dont nous n'avons à connaître
que le conseil des notables.. L'administration peut tout obtenir des
habitants par entente avec les représentants des villages... Les vil-
lages se font, à l'occasion, les tâcherons des agents des travaux pu-
blics et même des entrepreneurs». Pour mieux assurer le contact
entre les indigènes et les représentants de la France, un conseil des
notables a été institué auprès des résidents.
En Annam, le contrôle de l'administration indigène était tout à
fait embryonnaire. Il a été rendu efiBcace par la transformation du
conseil secret en un conseil des ministres présidé par le résident
supérieur, par l'introduction d'un fonctionnaire français auprès de
chaque ministre pour l'assister dans son administration et par le
placement d'un résident français auprès de chaque gouverneur de
province. La situation était la même au Cambodge et des réformes
analogues y ont été faites.
En Cochinchine le conseil colonial a été ramené au rôle modeste
qui lui convient. S'il avait appliqué ses principes dans toute leur
rigueur, M. Doumer aurait dû supprimer ce conseil. Il dit à ce sujet:
«La composition du conseil reste aussi peu défendable que parle passé.
Mais il n'a pas paru nécessaire de la modifier, tant que le conseil
remplissait convenableioent sou mandat maintenant bien limité».
Travaux publica. — L'Indo-Chine ayant enfin des finances, une
impulsion extraordinaire a pu être donnée aux travaux publics. La
colonie pouvant le gager, le Parlement l'a autorisée à contracter un
emprunt de 200 millions pour construire un premier réseau ferré de
1,700 kilomètres. Les travaux sont entrepris de toutes parts, et 300
MéLANOES. 127
kilomètres environ pourront être livres à rexploitation avant la fin
de l'année courante. Le Parlemetit a en outre autorisé la colonie à
subventionner une ligne de 468 kilomètres en territoire chinois entre
Lao-kaï et Yun-nau-sen.
En même temps des travaux de toutes sortes ont pu être entre-
pris sur les ressources ordinaires: un pont de 1,700 mètres à Hanoï
coûtant plus de 6 millions, le plus grand des ouvrages que le génie
européen ait jusqu'ici construit en Extrême-Orient; un pont de 400
mètres à Hué; un troisième grand pont à Saigon, avec une travée
tournante de 40 mètres pour le passtage des navires; deux grandes
routes de pénétration en Cocbinchine, l'une vers l'Annam, l'autre
vers le Cambodge; une route entre Tourane et Hué; pour 5 millions
de routes en territoire militaire au Tonkin; 3,400,000 francs con-
sacrés au dragage des voies navigables de la Cocbinchine dans la
seule année 1899; la mise en train de la réfection des canaux dans
la même colonie, espacée sur dix exercices; la création d'un système
d'irrigation dans plusieurs provinces du Tonkin; la mise en train
d'un ensemble de 1 1 millions de travaux pour donner à Saigon
l'outillage complet d'un port moderne; l'étude de' la création d'un
port à Touràne, dont les premiers travaux se montant à 5 millions,
vont être mis en adjudication; le commencement des travaux pour
la création d'un autre port à Kouang-Tchéou, la construction de
quatre phares sur la côte.
Agriculture et colonisation, — L'agriculture tend de plus en
plus à régler ses travaux sur des données scientifiques. C'est pour-
quoi en tout pays elle donne lieu à la constitution d'un service
d'Etat cbargé de faire les expériences désintéressées que réclame la
[science, de recueillir et de centraliser les renseignements dont cette
iscience se compose. Le service d'agriculture indO'Chinois est la
[création personnelle de M. Dounier. Il n'existait, quand il est arrivé,
128 MELANGES.
qu'un haras à Hauoï et des jardins botaniques à Hanoï et à Saigon
sans liens entre eux. Il a fondé une direction de l'agriculture et
du commerce rattachée au gouvernement général et des directions
locales au Tonkin, en Annam, en Cochinchine et au Cambodge, un
service forestier et un service vétérinaire. La direction de l'agricul-
ture publie un Bulletin économique qui peut soutenir la comparaison
avec les meilleurs recueils de ce genre pour la variété et la sûreté
des informations. Les essais ont porté principalement sur le caou-
tchouc qui a été trouvé en abondance dans les forêts de la colonie,
sur la soie au sujet de laquelle «on a la preuve aujourd'hui que
des établissements industriels qui, dès à présent, pourraient être
nombreux et importants livreraient au marché français des soies
filées rivales des soies de Canton», sur le coton que l'Indo-Chine
devrait produire en grandes quantités, sur le riz, qui est dès main-
tenant sa principale culture et qui pourrait couvrir de bien plus
grandes surfaces, et sur le tabac.
La colonisation, ainsi entourée de tous les éléments d'information
qui lui sont utiles, s'est rapidement dévelopée. L'exportation du thé,
due à l'initiative de quelques Français, a passé de 10,000 kilos en
1897 à 180,000 en 1900. En 1896, le nombre des exploitations
rurales européennes était de 323 avec une superficie de 80,861
hectares. A la fin de 1901, il était de 717 avec 357,481 hectares.
Commerce. — M. Doumer a eu cette chance, que les cinq an-
nées de son administration ont été cinq années de bonne récolte.
Mais l'établissement de bonnes finances, l'élan donné aux travaux
publics, la sécurité parfaite dont a joui la colonie ont sans doute
beaucoup contribué de leur côté au développement du commerce
qui a été vraiment merveilleux. Nous avons déjà donné le détail
des chiffres; nous nous contenterons donc de rappeler que, de
257,123,310 francs en 1897, le commerce général de l'Indo-Chine
MéLANOES. 1 29
(importatiou, exportation, transit et cabotage) a passé à 534,949,876
francs en 1901, augmentant ainsi en cinq ans de 148 7o'
Défense de V Indo'Chine. — Tant que l'Iudo-Chine a été en
deßcit, on s'est efforcé d'y réduire les effectifs militaires pour y
réduire les dépenses. L'état des finances a permis à M. Doumer de
suivre un autre système qui a été d'augmenter les dépenses pour
porter les ressources militaires à l'état que comportent normalement
les besoins de la défense contre une agression extérieure.
Il a pris au compte de la colonie 14 millions de dépenses an-
nuelles militaires payées jusqu'alors par la métropole. Il a porté
d'une à sept les batteries du cap Saint Jacques et fait ainsi de
Saigon un point d'appui pour la flotte dès maintenant en état de
résister à une attaque. Il a constitué des corps de tirailleurs cam-
bodgiens et chinois, créé des batteries mixtes d'artillerie, composées
d'artilleurs européens et indigènes, créé un escadron de cavalerie
indigène, embryon d'un corps de cavalerie indo-cbinoise et organisé
des réserves militaires indigènes, appelant ainsi successivement à
l'existence tous les éléments qui peuvent concourir à cette défense
autonome dont on demandait encore récemment l'organisation dans
toutes nos colonies.
Tout cela s'est fait au milieu d'une pacification complète. Depuis
1897, il n'y a pas eu un soldat tué au feu en Indo-Chine.
Enseignement et établissements scientifiques. — Mieux on connaît
un pays, plus on est sûr de le bien administrer. M. Doumer a con-
stitué de toutes pièces, peut-on dire, l'étude scientifique de la colonie.
Il a successivement créé ou développé l'école française de l'Extrême-
Orient pour en étudier le passé, l'institut Pasteur de Nha-Trang,
l'institut bactériologique de Saigon, le laboratoire bactériologique de
Hanoï, l'observatoire météorologique et magnétique de Phu-Lien, an
130 MÉLANGES.
service géographique et un service .géologique pour en étudier la
nature actuelle.
Il a institué une école secondaire pour les jeunes Européens
à Hanoï.
Pour les indigènes, il a créé une école de médecine à Hanoï
destinée à former des médecins annamites. Quant à l'enseignement
proprement dit, il s'est gardé de le bouleverser. Nous croyons qu'on
ne saurait trop méditer ses paroles prudentes sur un sujet si légè-
rement abordé dans tant d'autres de nos colonies. «Tant que la
mentalité et l'état social des indigènes ne seront pas changés, si
tant est qu'ils chaïigent jamais, on doit se garder de détruire ce
qui est la base morale de leur existence. Les principes qu'ils ont
et qui font chez eux la famille forte, les parents respectés, l'au-
torité publique obéie, sont puisés dans les livres de l'enseignement
indigène. En apprenant à lire les premiers caractères, ils appren-
nent les règles fondamentales de la morale de Confucius; ils se
gravent dans la mémoire les préceptes qui devront les guider dans
toute leur existence. Si cet enseignement leur est supprimé, par
quoi le remplacerons- nous dans nos écoles? Par la morale française,
la morale des braves gens, basée sur le sentiment du devoir, de
l'amour de la patrie, de la solidarité humaine? Mais le professeur,
forcément indigène, appelé à l'enseigner, ne pourra lui-même la
comprendre. Que sera-ce alors des élèves?»
Développemeyu de Vinfluence française et des intérêts français en
Extrême-Orient. — L'Indo-Chine, ayant des finances prospères, a
acquis par là une force d'expansion à l'extérieur qui lui avait man-
qué jusque-là; «Un pays, dit M. Doumer, qui a des budgets con-
stamment en excédents, des réserves considérables dans ses caisses,
un crédit propre, capable de faire envie à bien des Etats européens,
qui v^oit en cinq ans son commerce plus que doubler et monter à
MÉLANGES. 131
Uli demi-milliard, qui s'outille et exécute de grands travaux, comme
il eu est peu de comparables en Asie, ce pays-là acquiert vite la
considération de ses voisins.»
En même temps que cette action morale, l'Indo-Chine en a
exercé une matérielle pour aider la France à remplir sou rôle de
grande puissance asiatique. Elle a pris à son compte la subvention
du chemin de fer du Yun-Nan et les frais de notre installation sur
le territoire chinois de Kouang-Tchéou. Et en entretien d'écoles, de
bureaux de postes et de dispensaires dans les provinces limitrophes
de la Chiue, en subvention à nos consulats d'Extrême-Orient et aux
compagnies de navigation opérant dans les eaux chinoises, et en
primes de toutes sortes, M. Doumer estime qu'elle ne dépense au-
jourd'hui pas moins de deux millions et demi par an à cette pro-
pagande pour le développement de notre action en Extrême-Orient.
Eu terminant M. Doumer fait remarquer que toute cette acti-
vité a été déployée et que tous ces travaux ont été accomplis sans
aucun de ces tiraillements intérieurs si fréquents aux colonies. Une
direction à la fois douce et ferme a maintenu une discipline par-
faite: «Tout a marché d'ensemble et d'un pas égal. C'est que, chei
tous, le même concours ardent a été apporté à l'œuVre commune.
Aucun des conflits, aucune des rivalités, dont on parle ailleurs, ne
s'est produit ici. Pendant cinq ans, l'Indo-Chiue a vécu et travaillé
d'une même âme. Les chefs de l'armée et de la marine, les direc-
teurs des grands services et des administrations ont été des colla-
borateurs également dévoués et actifs, n'ayant d'autre souci que
d'entraîner leur personnel, de faire tendre les forces dont ils dispo-
saient vers le but unique: donner à la métropole une colonie orga-
nisée et outillée, riche et forte. C'est fait et cela s'est fait modes-
tement, sans bruit et sans réclame.»
VARIÉTÉS.
REMEDES TONKINOIS.
Il faut croire que le besoin de se
droguer est aussi naturel à l'homme
que le besoin de boiie et de manger.
Ce qui se consomme chaque jour de
potions, de cachets, de sirops, de vins
et d'élixirs est prodigieux. Observez
seulement pendant un quart d'heure
un de ces pharmaciens populaires et
bon marché comme on en voit dans
nos faubourgs; il y entre au moins
autant de clients, que chez le mastroquet
voisin. Tout un peuple de chimistes
travaille d'ailleurs incessamment à satis-
faire cette soif médicamenteuse, et cha-
que jour les usines allemandes ou fran-
çaises répandent sur le monde un flot
ininterrompu de substances nouvelles
aux noms mirifiques et abracadabrants.
A voir ainsi la vieille Europe et la
jeune Amérique se gorger de tous les
produits de la chimie synthétique, on
peut se demander comment font les
populations qui ignorent encore les joies
de l'antipyrine et le bonheur théra-
peutique des glycerophosphates ou des
cacodylates. Un médecin de notre ma-
rine, le docteur Vialet, vient de publier
quelques notes curieuses sur la méde-
cine et la chirurgie indigènes au Tonkin,
qui permettent de répondre à cette
question. Les Tonkinois font ce que
faisaient jadis nos pères, ce que font
encore les paysans de nos campagnes.
N'ayant pas à leur disposition les pro-
duits perfectionnés des cornues alle-
mandes, ils les remplacent par des com-
binaisons bizarres d'éléments hétéroclites
qui pour être étranges, ne leur pro-
curent pas moins l'illusion thérapeutique.
En fait, elles ne sont pas plus étranges
que les mixtures fantastiques qui ser-
vaient autrefois, sinon à guérir, au
moins à consoler nos aïeux de leurs
maux, et la différence est minime entre
la pharmacopée tonkinoise et les vieux
recueils de recettes médicales que nous
a léguées le dix-septième siècle.
La thérapeutique annamite, d'ailleurs,
n'est qu'un reflet de la thérapeutique
chinoise, et elle s'inspire des mêmes
principes généraux. Les médicaments
sont réputés froids, chauds ou tempérés,
suivant qu'ils sont destinés à combattre
l'excès du chaud ou l'excès du froid, les
deux grandes causes morbides qui se
partagent toute la pathologie des Cé-
lestes.
La division, on le voit, est simple,
VARIETES.
133
mais les remèdes sont innombrables.
Les médecins annamites doivent, pa-
ratt-il, justifier de dix années d'études
et de pratique sous la direction d'un
maitre, pour avoir le droit d'exercer leur
art. Il ne leur faut pas moins pour em-
magasiner dans leur mémoire, non les
symptômes des maladies, mais le nom
de toutes le.s drogues qu'ils auront à
prescrire et la manière de s'en servir.
Les combinaisons médicamenteuses se
tirent de partout, de la terre, des
plantes, des animaux et de l'homme lui-
môme. Les emprunts thérapeutiques
faits à la terre sont une des particula-
rité.s propres à la pharmacie tonkinoise.
Les habitants du Delta sont, en effet,
volontiers »géophages" : ils mangent
de la terre par plaisir. On fait de cette
terre des petites tablettes plates et rec-
tangulaires, fort minces, desséchées
plutôt que cuites, auxquelles on donne
le nom d'oreilles de cfial, et que les in-
digènes croquent en manière de frian-
dise. Le docteur Vialet dit avoir goûté
de ces croquettes de terre et, malgré
toute sa bonne volonté, n'avoir pu leur
trouver qu'un goût d'argile très pro-
noncé, fade et parfaitement désagréable.
Mais des goûts et des couleure il ne
faut discuter.
Quoi qu'il en soit de sa valeur comes-
tible, la terre possède aux yeux des Ton-
kinois des propriétés curatives qu'il faut
savoir appliquer à propos, ces proprié-
tés variant suivant la provenance de la
terre même. C'est ainsi que la terre
d'une cloison en torchis est souveraine
contre les coliques, la dysenterie et les
rhumatismes; mais il faut que la cloi-
son soit exposée au soleil levant.
La terre qui se trouve au seuil de la
porte est bonne mélangée à l'eau pour
faire mûrir les abcès. Elle est utile aussi
dans les accouchements laborieux.
La terre fraîchement remuée par les
mts guérit les paralysies, les crampes.
Elle empêche même les enfants de pleu-
rer dans le ventre de leur mère.
Enfin la terre des fourmilières, en
raison sans doute de son agitation inces-
sante, est douée de propriétés locomo-
trices. Elle fait marcher les paralyti-
ques, et quand il s'agit de l'expulsion
d'un fœtus mort, elle remplace avanta-
geusement l'emploi des forceps.
Les plantes, naturellement, jouissent
des propriétés les plus merveilleuses.
Nous n'en retiendrons que celles de la
fraise qui a la réputation de fortifier
les cinq organes de la circulation, de
guérir la phtisie et de rendre la jeunesse
aux vieillards.
Mais, comme dans toutes les vieilles
pharmacopées, ce sont les animaux et
leuis excrétions qui fournissent le plus
de remèdes et de préparations magis-
trales. Le chien surtout, et ses divers
organes, habilement utilisés, suffiraient
à la guérisou de tous les maux.
Voici un remède vanté dans tous les
livres de médecine annamites contre la
petite vérole. C'est une poudre composée
dos quatre éléments suivants: 1" excré-
ments humains provenant d'un jeune
garçon sain et robuste; 2" matières fé-
cales provenant d'un cochon mâle; 3* et
4" les mêmes produits venant du chien
et du chat.
La veille du neuvième jour du neu-
vième mois lunaire, on enferme ensem-
ble le cochon, le chien et le chat. Pen-
dant dix j GUI'S, on ne leur donne d'autre
nourriture que du riz. On recueille les
134
excréments du dernier jour et on les
conserve jusqu'au huitième jour du
douzième mois lunaire, en ayant grand
soin de tenir toujours les animaux en-
fermés. Au jour dit, avant le lever du
soleil, on fait cuire toutes les matières
recueillies, et le résidu de la cuisson est
mis en bouteille. Le médicament se
donne à la dose de 4 grammes par jour
dans de la mélasse et de l'eau.
Le docteur Vialet ajoute que les An-
namites commencent à préférer à cette
mixture l'usage du vaccin.
Tout cela peut nous sembler étrange
et répugnant. Mais il ne faut pas ou-
blier que Mme de Sévigné n'hésitait pas
à boire de l'urine de vipère pour dissi-
per ses vapeurs, et qu'aujourd'hui en-
core il existe un marchand de volailles
qui à la spécialité des pigeons pour
traitement delà méningite tuberculeuse.
Docteur Ox.
(Le Matin, iO Mars 4902.)
UN TRAIN IMPERIAL. - CONSÉCRATION DES
CHEMINS DE FER EN CHINE.
Récemment, nous reproduisions —
avec toute la presse — une dépêche,
en date du 7 janvier, à Pékin, signalant
le retour dans la capitale de l'impéra-
trice douairière, de l'empereur et de
l'impératrice de Chine, avec tous les
hauts dignitaires de la cour.
Leurs Majestés revenaient, par train
spécial, de Tchèng-Ting-Fou ( Tp ^^
Cette nouvelle marque une date dans
l'histoire de la Chine.
Jusqu'à ce jour, la cour impériale
s'était montrée réfractaire à toute idée
de développement des chemins de fer
dans le Céleste Empire et. obstinément,
s'était refusée à utiliser, dans ses dépla-
cements, la seule ligne déjà existante.
Le fait que Leurs Majestés aient con-
senti à prendre place dans un train
est la preuve flagrante de leur com-
préhension des idées modernes. Ce pre-
mier train impérial consacre l'existence
des chemins de fer dans cet immense
empire où les mandarins et les hauts
dignitaires chinois n'avaient encore cir-
culé qu'en chaises à porteurs ou en
charrettes indigènes.
C'est le premier pas officiel vers le
progrès, — et la civilisation européenne.
Voici des indications, très nettes et
très précises, sur le trajet suivi par le
train impérial, dé.sormais le grand train
d'inauguration.
La cour, comme on s'en souvient,
s'était enfuie précipitamment de Peking
après la délivrance des légations par les
troupes alliées le 14 août -.1900 et avait
gagné Si-N'gan-Fou ( ^ ^ j^ ) où
elle est demeurée jusqu'après la signature
du protocole qui a marqué la cessation
définitive des hostilités au mois d'oc-
tobre 1901. De Si-N'gan-Fou la cour
avait, pour retoui'ner à Peking, gagné
d'abord à petites journées Kaï-Foung-
F«"' ( ^ ^ jfï ) chef-lieu du Honan
et résidence du vice-roi de cette province.
De là, elle a continué son voyage par terre
VARIÉTÉS.
135
jusqu'à Tcheng-Ting-Fou , importante
ville où sanètont pnVsonternent dans le
Nord les travaux de la voie ferrée de Pékin
à Ilan-Kéou. Cotte grande ligne, dont
la longueur sera d'environ l/iOO kilo-
mètres, est destinée, comme on le sait,
il relier la capitale de la Chine au port
fluvial d'Han-Kéou sur le fleuve Jileu.
C'est le futur Grand-Central de la Chine,
le pendant de la ligne Paris-Lyon en
France. Sa direction générale Nord-Sud
est sensiblement perpendiculaire à celle
des grands fleuves de la Chine, notam-
ment du fleuve Jaune qu'elle traverseia
et du fleuve Bleu auquel elle aboutit
à Han-Kéou. La constnaction en a été
conûée à une Société franco-belge et
elle se réalise surtout à l'aide de capi-
taux français (emprunt chinois de 1898
émis à l'aris); l'exploitation est dirigée
par un ingénieur français. C'est là un
résultat qui fait le plus grand honneur
à la diplomatie française en Chine et
qu'il nous a paru intéressant de rappeler
dans les circonstances actuelles.
En s'éloignant de Tcheng-Ting-Fou
dans la direction de Pékin, l'unique
station de réelle importance que l'on
rencontre sur la ligne fériée est celle
de Pao-Ting-Fou ( 'ßj^ ^ |jfrf )» si*^"^«
à 1 1 8 kilomètres de Tcheng-Ting. C'est la
capitale du Tchili et la résidence officielle
du vice-roi de cette province dont le palais
a été occupé militairement durant plu-
sieurs mois par le général Railloud.
De Pao-Ting-Fou à Lou-Kiou-Khiao,
terminus nord primitif de la ligne, on
compte 135 kilomètres. Le train im-
périal a donc parcouru en tout (118
k. + 135 k.), soit 253 kilomètres sur les
rails franco-belges qu'il a quittés pour
pa.sser sur la voie anglaise, en suivant
d'abord le petit raccordement de Lou«
Kiao-Khiao à Foung-Tui ( J3 £L ) (8
kil.), qui réunit les deux Compagnies, puis
le tronçon Feng-Taï-Makiapou de la lig-
ne anglaise de Tien-Tsin à Peking. Le
train n'a pas dépassé la station de Makia-
pou, terminus primitif de cette dernière
ligne du côté de Peking, la cour n'admet-
tant pas qu'elle pût faire sa rentrée soten-
nelle dans la capitale autrement qu'en
chaises à porteuiti avec toute la pompe
et tout l'apparat conformes aux anciens
rites. Faut-il voir dans cette décision
impériale une simple question d'éti-
quette? Ne serait-ce pas plutôt une
protestation implicite contre l'établis-
sement des deux tronçons de Lou-Kiao-
Khiao à Peking (ligne franco-belge) et
de Makiapou à Peking (ligne anglaise)
construits l'un et l'autre, en dehors de
la volonté de l'empereur, à la suite des
événements de 1900? C'est, en effet,
le général Voyron, commandant en
chef du corps expéditionnaire français
en Chine, qui jugeant indispensable pour
les opérations militaires de s'assurer une
communication directe par voie ferrée
entre Peking et Pao-Ting-Fou, a demandé
l'exécution d'urgence par la Compagnie
franco-belge du prolongement de Lou-
Kiao-Khiao à Peking, dont la longueur
est d'environ 17 kilomètres, l »'autre part,
les Anglais, forts d'un pareil précédent,
n'ont pas hésité, au corn's de 1901, à
prolonger jusque dans la ville chinoise
la ligne venant de Tien-Tsin, qui s'arrê-
tait auparavant à Makiapou.
Aujourd'hui, les deux Compagnies de
chemins de fer ont l'une et l'autre leui's
gares terminus se faisant face, en plein
cœur de la ville chinoise de Peking, au
pied niAme de la muraille de la ville
136
tartare, de part et d'autre de la porte
de Tsien-Men.
La muraille sacrée de la ville chinoise
a donc été profanée, aux yeux des Cé-
lestes, sur deux points; elle a été éventrée
pour donner passage aux rails européens,
mais il convient d'ajouter que les deux
brèches seront voûtées et que la légende
du dragon impérial se trouvera ainsi
respectée. Le peuple chinois est, en effet,
convaincu que se monstre aux cinq
griffes circule la nuit tout autour de
Peking sur le mur d'enceinte et qu'inter-
rompre sa promenade par deux solutions
de continuité dans la muraille aurait
pour effet inévitable d'exiter sa colère
et d'attirer les pires calamités sur les
habitants de la capitale. L'empereur
ne pouvait évidemment braver une croy-
ance populaire aussi imiversellement
répandue parmi ses sujets. Agir au-
trement qu'il l'a fait eut été impolitique
de sa part, au moment même ou en
consacrant avec son train spécial l'éta-
blissement d'une voie ferrée de premier
ordre dans son empire, il venait de
donner une preuve de son intelligente
initiative en même temps qu'un gage
d'adhésion aux idées européennes de
progrès et de civillisation.
FINZAG.
{Journal, 11 Janvier 1902).
CHRONIQUE,
CHINE.
L'école française de Yun-Nan-Seng.
L'école française qui a été ouverte récemment à Yun-Nan-Seng et à laquelle
notre consul avait intéressé les mandarins, s'annonce comme un grand succès.
A la suite d'une proclamation rédigée par les autorités locales dans des ter-
mes très flatteurs pour notre enseignement, les demandes d'admission se sont
élevées à plus de 800 et il a fallu que le gouvernement provincial opérât une
sélection parmi les candidats, car l'école française n'est pas encore organisée
pour en recevoir un pareil nombre.
Cette affluence est attribuée au fait que les candidats à une fonction offi-
cielle en Chine croient aujourd'hui que l'instruction occidentale peut devenir
nécessaire pour leui-s examens.
L'hôpital français de Yun-Nan-Seng va prochainement être ouvert.
Enfin, un service régulier de courriers entre le Tonkin et le Yun-Nan, d'une
part, et le Sé-Tchouan, d'autre part, assure le transport des lettres et des
colis postaux entre l'Indo-Chine et le bassin du Yang-Tseu.
Grâce aux eöorts de M. François, Consul général de France au Yun-nan, et
avec l'aide du gouvernement de l'Indo-Chine, un service postal a été crée entre
le Tong-King et Tchoung-King. Ce service, qui ne fonctionnait que jusqu'à
Yun-Nan-Seng, a quatre départs par mois pour la vallée du Yang-tseu. Il met 14
jours pour atteindre le port de Soui-fou, et trois ou quatre jours de plus pour
atteindre Tchoung-King. Le temps employé de .Haiphong à ce port du haut
Yang-tseu est actuellement de 36 jours; c'est pourquoi, en considérant les
délais qui peuvent arriver à certaines périodes de l'année pour remonter les
rapides du fleuve au-dessus de I-tchang, la correspondance peut, par la voie
du Tong-King, atteindre le Se-tchouan plus vite que par la voie de Chang-hai.
Le Dr. W. A. P. Martin, ancien administrateur du Collège impérial à Peking,
138 CHRONIQUE.
est arrivé à Victoria dans la Colombie britannique. Il apporte de très graves
nouvelles. La rébellion en Chine devient chaque jour plus gravé selon lui.
Dans la Mandchourie pas moins de 93,800 troupes russes seraient rassem-
blées, en plus des 30,000 hommes de l'armée de l'Amour.
L'ambassadeur chinois à Tokio a averti son gouvernement du danger que
courent les étudiants chinois envoyés au Japon, d'être contaminés par les idées
républicaines de K'ang Yeou-wei.
Une bande de Chinois armés a passé la frontière de la Birmanie anglaise, a
enlevé un Chinois au territoire chinois et l'a décapité.
Le correspondant du Times à Peking a eu une conférence avec Youan Chi-kai,
le nouveau vice-roi, à Pao-ting fou.
Les sentiments favorables du vice-roi envers les étrangers sont connus. Il
était occupé de lever un corps de troupes choisies de 6000 hommes, et déclara
e. a. que le gouvernement chinois enverrait sous peu une note aux ambassa-
deurs étrangers, demandant de préciser la date quand Tien-tsin sera rendu
à l'état chinois, ce que le vice-roi pensait être très urgent. Il était satisfait du
traité Anglo-japonais, en tant qu'il assurait l'intégrité de la Chine, mais qu'il
était humiliant pour la Chine qu'elle eût besoin d'un pareil secours.
Un banquier chinois du Kouang-si, qui est arrivé en fugitif à Hongkong,
raconte que les rebelles occupent actuellement plus de 30 villes et villages. Ils
sont bien armés avec des fusils Mauser et des revolvers qui ont été importés
par voie d'Annam.
Dans un manifeste qu'ils ont publié, ils déclarent qu'ils combattent seulement
les Mandchous, qu'ils n'ont rien contre les Européens, et qu'ils désirent seule-
ment un empereur chinois.
On mande de Changhaï au Times que les représentants de la «China Develop-
ment Company» Araérico-Belge a conféré avec le prince K'ing sur la construc-
tion d'une voie ferrée de Hankeou à Canton. K'ing promit de demander à
l'empereur un édit autoiisant l'issue de «Bonds» dès que la direction sera établie.
ETATS-UNIS.
Le Times apprend de Washington que les [)rincipaux journaux en Amérique
félicitent le Sénat du rejet de la loi projetée de défendre l'immigration des
Chinois et que la loi actuelle a été prolongée encore pour un an et sera appli-
quée à la Chine et aux Philippines.
Une nouvelle loi a été proposée permettant à des marchands, des instituteurs,
CHRONIQUK. 139
(les voyageurs, des étudiants et des employés de venir en Amérique. Il est
pourtant douteux ce que les Chambres décideront.
FRANCE.
Séance du 21 mars 1902, à la Société de Géographie.
La correspondance comprend entre autres documents une étude du docteur
Henri Reboul, médecin-major des colonies, sur le plateau de Lang-Sa et la
»ville de santé de Dalat".
C'est en 1898 qu'on décida la création d'un sanatorium sur le plateau de
Lang-Sa, dans la région annamite du Lang-Bian, mais la période des travaux
ne remonte pas au delà de 1900. Les projets comportent une voie ferrée par-
tant de Saigon et une route carrossable via Phang-Rang. C'est sur le parcours
de cette dernière voie de communication que se dirigea le docteur Reboul pour
atteindre Dalat, où s'installe la ville de santé du Lang-Sa, à 100 kilomètres
de la côte.
Le docteur Reboul est revenu de sa mission avec la conviction que le sana-
torium de Dalat sera un véritable bienfait pour l'Indo-Chine.
PAYS-BAS ET COLONIES NÉERLANDAISES.
Le 5 Février dernier, les frères P. et F. Sarasin sont arrivés de Singapore à
Batavia, afin d'entreprendre sous peu une nouvelle expédition à Celebes. Un
des collaborateurs du «.Ta va- Bode» a causé avec eux et a touché à la question
de l'enlèvement d'une ancienne pierre turaulaire qui a été déposée dans le
Musée de Bale. La conséquence en a été que, sur la plainte du Dr. Schmeltz,
directeur du Musée d'Ethnographie à Leide, le Ministre des Colonies leur à
envoyé une lettre dans laquelle les frères Sarasin étaient priés de songer aux
Musées Néerlandais, en cas qu'ils trouvassent des objets intéressants. Les frères
Sarasin ont répondu qu'ils étaient disposés à le faire, mais qu'ils offriraient ces
objets aux Musées Néerlandais, le Musée d'Ethnographie de Leide excepté. (Sic!).
En premier lieu les voyageurs chercheront à obtenir l'assistance du Gouver-
nement afin de pouvoir faire une expédition importante de la baie de Palopa
à la baie de Palos, en travers de la partie centrale de Celebes. En dehors de
leurs recherches sur la flore, la faune et la géologie, ils ont l'intention d'étu-
dier les différentes races, ainsi que leurs moeurs, etc.
Ils ont abandonné le projet de faire une excursion du golfe de Boni à
Lawou et environs, car les hostilités intestines continuelles leur occasionneraient
trop de difficultés.
10
BIBLIOGRAPHIE.
LIVRES NOUVEAUX.
Il vient de paraître chez Eruest Leroux un ouvrage intitulé le
Théâtre au Japon ses Rapports avec les Cultes locaux par Alexandre
BÉNAZET attaché au Musée d'Ethnographie; il forme le tome XIII
de la Bibliothèque d'Etudes des Annales du Musée Guimet.
H. C.
Notre co-directeur H. Cordier vient de publier dans les Publi-
cations de l'école des langues orientales vivantes à Paris, la Biblio-
graphie des ouvrages publiés en Chine par les Européens au XVIP
et XVIIP siècle. Ce Mémoire, qui n'était qu'un essai, a paru pour
la première fois en 1883, dans le volume de Mélanges orientaux pu-
bliés à l'occasion du 6^ Congrès international des Orientalistes à
Leide. Depuis, l'auteur a complété son mémoire et l'a purgé des
fautes typographiques qui s'y étaient glissées par la hâte de l'im-
pression pour une date déterminée.
L'auteur cite, dans l'introduction, les ouvrages qu'il a consultés,
illustrés par des notes historiques et critiques.
L'ancien catalogue renfermait 51 noms et 196 ouvrages, tandis
que cette nouvelle édition contient 77 noms et 395 ouvrages, en
majeure partie théologiques.
Une planche lithographiée à la fin de l'ouvrage reproduit le texte
BIBLIOOKAPHIB. 141
chinois de la fameuse lettre du Pape Sixte-Quint à l'Empereur de
la Chine, datée de Goa, 1590, 3^ mois. 11 paraît que l'original latin
de cette lettre a été perdu.
Les mêmes publications, IIP Série — Tome XXI, contiennent le
Supplément à la Bibliographie Coréenne (jusqu'en 1899) par M.
Maurtcb Courant, l'infatigable bibliographe. G. S.
Le Rapport sur l'état du Musée royal d'Ethnographie à Leide
(1 Oct. 1900 à 30 Sept. 1901), présenté par le Directeur du Musée,
M. le docteur J. D. E. Schmeltz, vient de paraître. Il contient 16
planches phototypiques superbes, parmi lesquelles nous notons e. a.
une splendide photographie d'un petit tambour en laiton, trouvé à
Alor et qui avait été décrit d'abord comme un «crachoir», ainsi
que des sculptures en bronze de guerriers portugais rapportés du
Benin (Afrique) et un magnifique encensoir en laiton de l'Annam.
Ce sont de pareilles illustrations qui donnent la vie à des rapports
par leur nature généralement secs. Il serait à souhaiter que les
directeurs d'autres musées suivissent le bon exemple donné par l'actif
Directeur du Musée de Leide. G. S.
M. E. Deshayes du Musée Guimet, vient encore de publier deux
conférences illustrées, l'une traitant d'un tissu du VIP siècle à
décor «Sassanide» du temple de Hariouji à Nara (Japon), faite le
9 Mars 1902 et la seconde, faite le 13 Avril 1902, traitant d'Animaux
fantastiques de l'ancien art chinois: «quelques chimères chinoises:
Les Unicornes (Ki-lin).
Des recherches plus approfondies démontreront peut-être que ces
animaux ne sont pas aussi fantastiques qu'on le croit généralement,
mais qu'ils sont plutôt des dessins fantastiques d'animaux exotiques
peu connus des Chinois. G. S.
142 BIBLIOGRAPHIE.
Les «Mittheilungen des Seminars für orientalische Sprachen» à
Berlin (IV® année) contiennent la continuation des recherches de
M. A. FoRKE sur l'état financier et les impôts en Chine; la fin des
listes chronologiques des souverains chinois par M. C. Arendt, depuis
décédé, de même que le commencement de ses études sur les inscrip-
tions chinoises turcs; un article de M. R. Lange sur les noms de
femme japonais et une revue des ouvrages russes sur l'Asie orien-
tale par M, W. Barthold. G. S.
NOTES AND QUERIES.
►■>>•>;■•
1. Want of ear-laps with the Japanese.
According to Dr. von der Heyden, Director of the general hos-
pital in Yokohama, the ear-laps of aryau races, which are wanting
with the Japanese, are due to a hereditary deformity occasioned
primitively by the secular wearing of heavy ear-peodants by the
Aryans {Ost-Asien, March, 1902, p. 555).
We take the liberty to doubt this statement, as the Japanese
have a native name for the lap or lobe of the ear Tabu or Mimi-tahu
( ^ j:^ ) and that ear-rings are known in Japan by the names
of Mimi ga nam and Mimi-gane (^3^). G. S.
2. Déplacement du Lob-Nor.
Sous le titre de «Un lac qui se promène». Le Globe-trotter publie
la note suivante :
Les Européens ont le tort de mépriser a priori les civilisations
étrangères. Ainsi, sans pousser plus loin l'examen, nos savants trai-
taient d'ânes les géographes chinois, parce que leurs cartes mar-
quaient l'emplacement du lac Lob-Nor, en Asie centrale, à un degré
plus au nord qu'il n'est réellement, — nous devrions dire: qu'il
n'est actuellement.
Car le savant voyageur suédois Dr. Sven Hediu, qui vient d'ex-
plorer le district de Lob-Nor, a fait une curieuse constatation: il a
144 NOTES AND QUERIES.
retrouvé, à l'endroit précis où les géographes asiatiques avaient
placé le lac sur leurs cartes, une immense dépression de terrain
qui n'est autre que l'ancien lit du lac, qui, pour une cause géo-
logique que l'on ignore, transporta plus tard ses eaux dans une
vallée plus méridionale.
L'ancien lit est complètement desséché, mais ses bords, nette-
ment définis, sont couverts d'une quantité énorme de petits coquil-
lages blancs; on remarque en outre sur les rives les troncs desséchés
d'une forêt qui dût périr après le retrait des eaux.
G. T.
KOUANG-SI
TRADUCTION DE DOCUMENTS
lilSTORIOÜES, GEüdRAPIllQUES ET ADMINISTRATIFS SUR LA PROVINCE DU MUmi
TIRÉS DU «KOUANG-SI T'ONG-TCHEU TSI-YAO»
B m m. ^. m ^
(CoihpeiidiuiD des renseignements les plus utiles sur la Province du Kouang-Si.)
J. BEAÜVAIS,
Interprète du Consulat de France à Long-Tcheou.
Préfecture de 1**^ rang de Sin-Tcheou-Fou (Ts'iun-
Tcheou-Pou).
Historique.
Dynastie des TsHn, 255 à 206 avaut J.C., le territoire actuel de
la préfecture de Sin-Tcheou-Fou (i^ ^ jf^) faisait partie du Kiun
de Kouei-Lin.
Dynastie des Han, 206 av. J.C. à 220 ap. J.C., le territoire actuel
formait celui de Pou-Chan ( ^ |_L| ) et dépendait du Kiun de Yu-
Lin (^#).
Epoque des trois Royaumes, San Kouo, 220 à 265, dynasties des
Tsin, 265 — 420, et des Song, 420 — 479. Pendant tout ce temps, le
territoire actuel fit partie du Kiun de Yu-Liu.
11
146 J. BE AU VA IS.
Dynasties des Tsi, 479—502, des Léang, 502—557, et des Tch'en^
557—589. Le territoire actuel formait le Hien de Kouei-P'ing (;i|^
2p ) qui dépendait des Kiun de Yu-Lin et de Kouei-P'ing.
Dynastie des Souei, 581—619, le Kiun de Kouei-P'ing fut supprimé.
Dynastie des T'ang^ 618 — 907, le territoire actuel appartenait au
Kiun de Sin-Kiang {"^ J^) et au Tcheou de Sin-Tcheou (/^ ^ )
et était incorporé au cercle ou Tao de Ling-nan.
Période des Cinq Dynasties^ j£ jv ' 907—960. Le pays actuel
formait le Tcheou de Sin-Tcheou et appartenait aux Han méridio-
naux, Nan-Han.
Dynastie des Song, 960 — 1279. Le territoire actuel formait le
Kiun de Sin-Kiang du Tcheou de Sin-Tcheou et appartenait à la
marche occidentale ou Si-Lou du Kouaug-Nan.
Dynastie des Yuen, 1279—1368. Le territoire actuel formait la
marche ou Lou de Sin-Tcheou et appartenait au cercle ou Tao du
Kouang-Si.
Dynastie des Ming, 1368 — 1644, le pays formait la préfecture
de 1^"^ rang ou Fou de Sin-Tcheou-Pou et appartenait au Pou-Tcheng-
Seu (Province ou plutôt Trésorerie) du Kouang-Si.
Dynastie actuelle, 1644 à nos jours. La préfecture de 1^^ rang
de Sin-Tcheou-Fou appartint d'abord au Cercle du Fleuve de gauche,
Tso-Kiang-Tao ( ;^ /X ^.)- Dans la 9^™^ année de la période K'ieu-
Long, 1744, elle en fut détachée et rattachée au cercle du Fleuve de
droite, Yeou-Kiang-Tao ( ^^ yX ^ )•
La préfecture de 1^*^ rang de Sin-Tcheou-Fou comprend 4 Sous-
Préfectures ou Hien:
1° La Sous-Préfecture de Kouei-Ping-Hien ( ;j^ ^ ^ ).
2° La Sous- Préfecture de P'ing-Nau-Hien (2p^l^).
3" La Sous-Préfecture de Kouei-Hien ( ^ 3^ ).
4° La Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien ( ;^ S /B )•
«OUANG-«. 147
Limites du Territoire.
La prélecture de 1®^ rang de Sin-Tcheoit-Fou se trouve à 870
lis au S.-O. de la capitale de la Trésorerie, Pou-Tcheng-Seu, ou pro-
vince, du Kouang-Si. Elle est située à 8410 lis au S.-E. de la
capitale de l'Empire. Son territoire mesure 410 lis de l'E. à l'O. et
520 lis du N. au S.
A 190 lis à l'E., au village de Liu-T'ang-Ts'oueu {^ ^ ^^j )
de la Sous- Préfecture de P'ing-Nan-Hien, le territoire de la préfec-
ture confine à celui de la Sous-Préfecture de T'eng-Hien ( ^ ^ )
de la préfecture de 1^^ rang de Vou-Tcheou-Fou (:^ ^ /f^)-
A 220 lis à l'O., aux rochers de Yun-Piao-Cheu ( ^ ^ ^ )
de la Sous-Préfecture de Kouei-Hien, il confine au territoire de la
préfecture de 2^ rang de Heug-Tcheou ( 'j^ ^ ) Je la préfecture
de P"^ rang de Nan-Ning-Fou (^ ^ jfj).
A 190 lis au S., au viUage de Ta-Youg-Ts'ouen i^^^ij^)
de la Sous-Préfecture de Kouei-P'ing-Hien, il confine au territoire
de la préfecture de 2® rang de Yu-Liu-Tcheou (^ ^ îlfl )•
A 330 lis au N., au poste de Nieou-Lan-T'ang ( "^ ^f| Ä )
de la Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien, il confine au territoire de
la préfecture de 2® rang de Siang-Tcheou, dépendant de la préfec-
ture de l^^ rang de Lieou-Tcheou-Fou.
A 280 lis au S.-E., au village de Lieou-Lei-Ts'ouen (^ ^ ^)
il confine au territoire de la Sous- Préfecture de Pei-Lieou-Hien ( :|[^
»^ /R ) dépendant de la préfecture de 2^ rang de Yu-Lin-Tcheou.
A 280 lis an N.-E., au village de Kiai-T'ang-Ts'ouen ( ^ ^
;|î»J*) de la Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien, il confine au terri-
toire de la Sous-Préfecture de Lai-Pin-Hien dépendant de la pré-
fecture de première rang de Lieou-Tcheou-Fou.
A 220 lis au S.-O., au marché de K'iao-Hiu (^ :^ ) de la Sous-
Préfecture de Kouei-Hien, il confine au territoire de la Sous-Préfec-
148 J. BEAU Vais.
tare de Hing-Yé-Hien ( ^ ^ ^ ) de la préfecture de 2« rang de
Yu-Lin-Tcheou.
A 260 lis au N.-E., à la montagne du Dragon, Long-Chan (^
j|[ ) de la Sous-Préfecture de P'ing-Nan-Hien, il confine au terri-
toire de la préfecture de 2® rang de Yong-Ngau-Tcheou ( j^ ^
jVi ) dépendant de la préfecture de P*" rang de P'ing-Lô-Fou.
Murailles et Fossés.
La cité capitale de la préfecture de l^'^ rang de Sin-Tcheou-Pou,
est située à l'E. de la montagne de Seu-Liug-Chan ( ^§^ ^ j 1 1 ) et
au point de réunion du fleuve de gauche, Tso-Kiang ( ^ yX ) ^.vec
le fleuve de droite, Yeou-Kiang {7^ j'H)- Anciennement, la cité
s'appuyait à la montagne de Seu-Ling-Chan dont elle couvrait la
moitié. Sous la dynastie des Song (960 — 1279) et pendant les années
de la période Kia-Yeou (^ ^ 1056 — 1063) (Empereur Jeu-Tsoug-
Hoang-Ti ^H ^ M ^ ^"i ^®gn^ ^^ 1^22 à 1063) la cité fut changée
de place et reportée dans la plaine. On l'entoura alors à ce moment
d'une levée de terre percée de 4 portes. Celle du S. s'appelait la
porte Koan-Fong (^ M*)'' ^^^^^ ^^ l'-^- portait le nom de Seu-
Kou (,g iJf ), celle de l'O., celui de Kiuen-Yu (:^ ^) et celle
du N. celui de P'ing-Yuan (^ }^)-
Sous la Dynastie des Ming, durant la 29^ année de la période
Hong-Vou (-gfc ^), 1396, la muraille fut allongée à l'E. et à l'O.
de quelques milliers de pieds de chaque côté. Sur les faces E. et 0.,
on creusa des fossés et on éleva des palissades de bois. Au N. et au
S. la cité joignait les deux rivières. La muraille était alors percée
de six portes; 2 au S., celles de Yiug-Ngen (Kß ;§[) et de Ning-
Yuan (^ ^); 2 au N., celles de Siuen-Vou (^ :^) et de Ouei-
Tchen (^ ^). Une à l'E. portant le nom de Kong-Tch'en (J^t
Jg ) et une à l'O. nommée porte de Ngan-Yuan ( ^ j^ )• Durant
la 3« année de la période Tch'eng-Houa (J|1(J ^), 1467, la muraille
KOUANG-SI. 149
(le terre fut remplacée par une muraille de briques haute de vingt
pieds, épaisse de 12; la porte Kong-Tch'en, changea son nom en
celui de Sin- Yang {^ ^). Cette muraille de briques avait une
longueur totale de 7 lis 3 feun. Sous la dynastie actuelle, les 4
faces furent réparées par les soins des 4 Sous-Préfectures dépen-
dantes, conformément aux règlements.
Mandarins.
Un préfet de premier rang, Tcheu-Fou.
Ses appointements dits Ngo-Fong sont de 105 taels d'argent.
Il touche en outre: 1° à titre de Pien-Fong, 99 taëls d'argent en-
viron et 2° à titre de Yang-Lien, 2000 taëls d'argent. Il a droit
à un personnel de 60 portiers, sbires, plantons à pied et à cheval,
porteurs de chaises, de parasols et d'éventails, gardes de magasins,
guichetiers, porte-clefs, policiers, etc., pour l'entretien desquels il
touche annuellement une somme de 360 taëls d'argent, prélevée
sur les reliquats budgétaires des 2 Sous- Préfectures de P'ing-Nan-
Hien et de Kouei-Hien.
Un secrétaire, King-Li.
Ses appointements sont de 40 taëls d'argent. Il touche à titre
de Yang-Lien 120 taëls d'argent. Il a droit à un personnel de 6
individus, intendants, sbires, palefreniers, pour l'entretien desquels
il touche par an une somme de 36 taëls d'argent.
Un assistant de préfet de premier rang, T'ong-P'an.
Ses appointements dits Ngo-Fong sont de 60 taëls d'argent. Il
touche en outre, 1° à titre de Pien-Fong, 60 taëls d'argent, 2" à
titre de Yang-Lien, 500 taëls d'argent. Il a droit à un personnel
de 28 individus pour l'entretien annuel desquels il lui est alloué
une somme de 168 taëls d'argent.
Un directeur d'études de préfecture de \^^ l'C^Qg^ Kiao-Cheou.
Ses appointements dits Ngo-Fong sont de 45 taëls d'argent.
M..
150 J. BE AU VAIS.
Un sous-directeur d'études, Hiun-Tao.
Ses appointemeuts dits Ngo-Fong sont de 40 taëls d'argent. Il
a droit à trois portiers pour l'entretien annuel desquels il touche
18 taëls d'argent et à 10 pourvoyeurs pour les jeûnes, pour l'entre-
tien annuel desquels il touche 30 taëls d'argent.
Ecoles.
Nombre des Bacheliers littéraires 20. — Nombre des Bacheliers
militaires 20.
Bacheliers subventionnés, Lin-cheng.
Leur nombre est fixé à 24. Le montant total de la subvention
qui leur est accordée annuellement est de 48 taëls d'argent. Ce
total est augmenté de 4 taëls d'argent durant les années qui possè-
dent un treizième mois intercalaire.
Un Bachelier du grade de Kong-cheng est nommé tous les ans.
La superficie des terres appartenant aux écoles est de 3 k'ing
69 raeou 1 feun 9 li de terre arable. Leur loyer rapporte annuel-
lement 16 taëls d'argent 3 feun 0 li.
La préfecture de Sin-Tcheou-Fou possède un collège qui porte
le nom de collège de Sin- Yang, Sin-Yang-Chou-Yuan (^ ^
Distribution des troupes.
1° Le bataillon de gauche, Tso-Ying, du régiment de Siu-Tcheou,
Sin-Tcheou-Hie (^Ç ^| \§j).
Ce bataillon comportait originairement un effectif de 394
hommes. Son effectif actuel est de 484 sous-oflSciers et soldats,
se décomposant ainsi: 3 sergents et caporaux, un soldat de
première classe, Ngo-ouai-ouai-ouei, 11 cavaliers, 88 fantassins,
et 381 Cheou-piug.
Sur cet effectif total, 101 soldats tiennent garnison dans la
KOUANO-SI. 151
ville de Sin-Tcheou-Fou dont ils assurent la défense. Un lieu-
tenant, Ts'ieu-Tsong, commande le poste de la Rivière du Nord,
Pei-Ho-Siun ( :|(^ iffif ^ ) ^^ répartit un contingent de 81 soldats
dans chacun des t'aug qui dépendent de son Siun. 2 autres
postes ou Siun sont également occupés par un troisième con-
tingent composé de 2 sous-ofiSciers et de 300 hommes. Ces
deux dernières troupes sont réparties de la façon suivante:
1° Poste de la Rivière du Nord, Pei-Ho-Siun. De ce poste
dépendent 17 autres petits postes échelonnés le long de la
Rivière du Nord.
2° Poste de P'ing-Nan-Siun (^ ^ ^^). 11 a la garde de
la cité de P'ing-Nau-Hieu à 120 lis au N.-E. du quartier
général du bataillon (Sin-Tcheou-Fou). La garnison de ce poste
se compose de 32 hommes et d'un adjudant, Pa-Tsong. A ce
poste appartiennent également un sous-officier et 70 hommes
répartis comme garnisons dans chacun des T'ang et Siun qui
en dépendent.
3° Poste de Vou-Siuen-Sin ( :^ ^ ^ )• Il a la garde de
la cité de Vou-Siuen-Hien, à 270 lis au N.-O. du quartier
général du- bataillon (Siu-Tcheou-Fou). La garnison de ce poste
se compose de 36 hommes et d'un adjudant, Pa-Tsoug. A ce
poste appartiennent également un sous-officier et 162 hommes
détachés dans chacun des T'ang de rivières et de routes de terre
qui dépendent dudit Siun.
2° Le bataillon de droite, Yeou-Ying, du même régiment.
Ce bataillon comprenait originairement 393 hommes. Son
effectif actuel est de 487 sous-officiers et soldats. Se décompo-
sant de la manière suivante; 3 sergents et caporaux, un soldat
de première classe, Ngo-ouai-ouai-ouei, 11 cavaliers, 90 fantas-
sins et 382 Cheou-ping.
Sur cet effectif total, 102 hommes tiennent garnison dans
152 J. BRAUVAIS.
la ville de Sia-Tcheou-Fou dont ils assurent la défense. Un
adjudant, Pa-tsong, commande le poste de la Rivière du Sud,
Nan-Bo-Siun {]^ /pjT ^ ) ^^ ^ sous ses ordres une troupe de
75 hommes répartes dans chacun des T'ang ou Siun qui dépen-
dent de son commandement. Une troisième troupe de 3 sous-
officiers et de 307 hommes est répartie dans trois autres postes
ou Siun. Ces deux derniers contingents sont répartis de la façon
suivante:
1° Poste de Nan-Ho-Siun. De ce poste dépendent 16 autres
petits postes échelonnés le long de la rivière du Sud.
2^ Poste de Kouei-Hien-Sin {^ ^ 'i^). H a. la. garde de
la cité de Kouei-Hien, à 140 lis au S.-O. du quartier général
du bataillon (Sin-Tcheou-Pou). La garnison de ce poste se com-
posé de 65 hommes et un adjudant, Pa-tsong; à ce poste ap-
partiennent également un soiis-officier et 96 hommes répartis
comme garnisons dans chacun des T'ang et Siun de rivières et
de routes de terre qui dépendent dudit Siun.
3° Poste de T'an-T'ang-Siun ( ^ ^ ^^ ) à 190 lis au S.-O.
du quartier général du bataillon (Sin-Tcheou-Pou). La garnison
se compose d'un sous-officier et de 29 hommes-. De ce poste
relève un autre petit poste occupé par 4 soldats.
4" Poste de Ou-Chan-Sin ( 51 |i| ^ ) à 260 lis au S. du
quartier général du bataillon (Sin-Tcheou-Pou). La garnison de
ce poste se compose d'un capitaine eu second, Cheou-Pei, et de
100 hommes et un sous-officier. De ce poste relèvent également
13 sokUts répartis dans 3 T'ang qui en dépendent.
Soldats aborigènes.
1° Kouei-p'ing. 195 soldats aborigènes. Lang (|^).
Superficie des terres qui leur sont attribués, 160 k'ing 54
meou environ.
KOUANO-SI. 153
2° P'iug-Nan. 318 soldats aborigènes, Lang.
Superficie des terres qui leur sont attribués, 48 k'ing 98
meou environ.
3° Kouei-Hien. 314 soldats aborigènes. Lang.
Superficie des terres qui leur sont attribués, 118 k'ing
26 meou.
4° Vou-Siuen. 30 braves, Hiang-Yong ( ^PR ^ ) et un chef, T'eou-
Jen (§( y\.), 40 soldats, Hiang-Ping (|p|5-^) et un chef,
Tsong-Mou (Ü g).
Superficie des terres attribués aux soldats, 18 k'ing 16 meou
environ.
Milices régionales, Min-Tchouang.
V Kouei-p'ing, 32 hommes dont 19 sont exercés au fusii de chasse
et le reste au maniement du sabre, de la lance, de l'arc.
2° P'iug-Nan. 24 hommes dont 10 sont exercés au fusil de chasse
et le reste au maniement de la lance, du sabre et de l'arc.
3° Kouei-Hien, 30 hofnmes, dont 20 sont exercés au fusil de chasse
et le reste au maniement de la lance et du sabre.
4* Vou-Siuen, 30 hommes dont 15 sont exercés au fusil de chasse
et le reste au maniement de la lance et du sabre.
Rendement des Impôts.
La totalité de l'impôt sur le riz dans les 4 Sous-Préfectures
qui dépendent de la Préfecture de F® rang de Siu-Teheou-Fou
s'élève à 40774 cheu 3 teou 4 cheng 6 ho et 6 cho. Dans ce total
le riz de première qualité entre pour 18360 cheu 9 teou 8 cheng
4 ho et 8 cho, et le riz de seconde qualité pour 22413 chen 3 teou
6 cheng 1 ho 8 cho.
L'impôt foncier, Ti-Ting produit un total de 32718 taè'ls d'ar-
gent 8 ts'ien 6 feun 6 li; 26633 taëls 6 ts'ien et 7 feun sont en-
154 J. BEAUVAIS.
voyés au trésor; le reste soit 6085 taëls 1 ts'ien 9 feun 6 li est
consacré à l'entretien des bureaux de poste et au fonctionnement
du service portai. Durant les années qui ont un treizième mois
intercalaire l'impôt foncier est augmenté de 999 taëls d'argent 5
ts'ien 9 feun 1 li.
Chaque année les douanes préfectorales, Fou-Tch'ang ( j^ f^ )
perçoivent des droits de toutes sortes dont le montant total est de
52636 taëls d'argent environ.
Sur ce total 5446 taëls environ sont employés aux réparations
à faire dans les greniers et les yamen, réparations demandées en
haut liea par rapports spéciaux.
Une autre somme de 3560 taëls est également déduite du pré-
cèdent total pour être partagée entre le gouverneur de la province,
le trésorier provincial, le juge provincial et le taot'ai, à titre de
Tch'a-Kouo-Yaug-Lien ( ^ :|^ ^ ^ ), (frais de thé et de fruits).
Il reste donc en réalité une somme de 43630 taëls environ,
laquelle se décompose en deux parties: une partie principale de
35097 taëls et une partie complémentaire de 8533 taëls environ.
Un décret impérial rendu dans le courant de la cinquième lune
de la 4® année de la période Kia-K'ing (^ ^)» 1799 (Empereur
Jen-Tsong-Jouei-Hoang-Ti (t^ ^^M*^) qui régna de 1795
à 1820) a abaissé cette partie complémentair-e à 3333 taëls environ.
Positions stratégiques.
La préfecture de P"^ rang de Sin-Tcheou-Fou garde l'embouchure
des deux rivières et tient les défilés et les gorges des montagnes
qui servirent longtemps de refuges aux pirates et aux rebelles, et
desquels il fallut souvent, autrefois, les expulser par la force. Cette
préfecture forme la ceinture des Tcheou de Lieou et de Kouei.
Elle est pour ainsi diro la colonne vertébrale des deux Kiun de
Vou et de Yong. Si sou territoire n'est pas solidement gardé, la
K0ÜAN0-8I. 155
province du Kouaag-Si toute entière est" troublée. Ceux qui s'inté-
ressent aux positions (stratégiques) ne peuvent pas ne pas faire
grand cas du territoire de la préfecture de 1®"^ rang de Sin-Tcheou-Fou.
Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien.
Historique.
Dynastie des Han, 206 avant J.-C. à 220 après J.-C. Le terri-
toire actuel de la Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien (^^iß)
appartenait au Kiun de Yu-lin. Il forma ensuite le Hien de Tchong-
Lieou (4^ ^).
Dynastie des Song, 420—479. Le Hien de Tchong-Lieou fut
détaché du Kiun de Kouei-Lin et rattaché au Tcheou de Kouaug-
Tcheou.
Dynasties des Tsi, 479—502. Le Hien de Tchong-Lieou recom-
mença à faire partie du Kiun de Kouei-Lin.
Dynasties des Leang, 502—557, et des Tch'en, 557 — 589. Le
même état de choses subsista sous ces deux dynasties.
Dynastie des Souei, 581—619. Le Hien de Tchong-Lieou fut
supprimé et son territoire incorporé au Hien de Kouei-Lin.
Dynastie des T'ang, 618 — 907. Le territoire actuel formait le
Hien de Vou-Sien {^ f|l| ). Durant la 4^ année de la période
Vou-To (;PÊ^) le Hien de Kouei-Lin fut disjoint, celui de
Vou-Hien constitué et rattaché au Tcheou de Siang-Tcheou. Durant
la première année de la période K'ien-Fong (^^) le Hien de
Kouei-Lin fut diminué et incorporé à celui de Vou-Sien.
Période des Cinq Dynasties, Ou-Tai, 907—960. Le territoire
actuel formait le Hien de Vou-Hien qui appartenait au Tcheou de
Siang-Tcheou.
Dynasties des Sang, 960-1279, et des Fuen, 1279-1368. Le
même état de choses subsista pendant ces deux périodes.
156 J. BEATJVAIS.
Dynastie des Ming, 13Ô8 — 1644. Le territoire actuel formait le
Hieii de Vou-Sieu. Durant la 6^ année de la période Siuen-To
(a M)' 1431 (Empereur Siuen-Tsong-Tchang-Hoang-Ti (^ ^
*^) dont le nom personnel était Tchan-Ki (|^ ^) et
qui régna de 1425 à 1435), son nom fut changé en celui de Vou-
Siuen et il continua à faire partie du Tcheou de Siang-Tcheou.
Dynastie actuelle, 1644 à nos jours. Le Hieu de Vou-Siuen-Hien
appartint d'abord à la Préfecture de 1^^ rang de Lieou-Tcheou-Fou.
Durant la 3® aunée de la période Yong-Tcheng (^JOE), 1725
(Empereur Cheu-Tsong-Hien-Hoang-Ti {j^ ^ ^ ^ *^) qui
régna de 1722 à 1735). Il fut rattaché au Tcheou en dépendance
directe, Tcheu-Li-Tcheou ( |J ^ j'H ) ^® Piu-Tcheou ( ^ ^H ).
Durant la 8® année de la même période, 1730, il fut rattaché à
la Préfecture de 1®^ rang de Sin-Tcheou-Pou.
Limites du territoire.
La Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien se trouve à 200 lis au
N.-O. de la capitale de la Préfecture de 1^"^ rang de Sin-Tcheou-Fou.
Son territoire mesure 115 lis de l'E. à l'O. et 180 lis du N. au S.
A 90 lis à l'E., au village de A-Pa-Ts'ouen (|$fï At^) il
confine au territoire de la Sous-Préfecture de Kouei-P'ing-Hien.
A 25 lis à l'O., au poste de Ho-Yao-T'ang (^rT^^) il
confine au territoire de la Sous-Préfecture de Lai-Pin-Hien, dépen-
dant de la Préfecture de 1^^ rang de Lieou-Tcheou-Pou.
A 90 lis au S., au village de Ta-Ko-Ts'ouen ("^ ^ >|»>J*) il
confine au territoire de la Sous- Préfecture de Kouei-Hien.
A 90 lis au N., au village de T'ouen-Ts'ouen (1^ ^) il con-
fine au territoire de la Préfecture de 2""^ rang de Siang-Tcheou,
de la Préfecture de l^'^ rang de Lieou-Tcheou-Fou.
A 180 lis au S.-E., au poste de Hong-Cheu-T'ang ( *^ Ç ^)
il confine au territoire de la Sous-.Préfecture de Kouei-P'ing-Hien.
KOUAN«-SI. 157
A 40 lis au N.-O., à Kou-Hao-li ( "j^ j^ M. ) il confiue au
territoire de la Sous- Préfecture do Lai-Pin-Hien, dépendant de la
Préfecture de l^^ rang de Lieou-Tcheou-Fou.
A 80 lis au S.-O., à Vou-Lai-Li ( ;^ ^ M ) il confine au
territoire de la Sous-Préfecture de Kouei-Hien.
A 130 lis au N.-E., au poste de Kin-K'i-T'ang {^%%^)
du canton de Pei-Hiang ( ;|{;^ ^[i) il confine au territoire de la
Préfecture de 2^ rang de Siang-Tcheou, dépendant de la Préfecture
de P"^ rang de Lieou-Tcheou-Fou.
Montagnes et Rivières.
La Montagne des 3 terrasses, San-T'ai-Chan ( ^ '^ jl] ), voi-
sine du fleuve, au S. de la Sous-Préfecture.
La Montagne de Koua-P'aug-Chan (;}^^ :^ [Jj ), voisine du
fleuve, à l'O. de la Sous- Préfecture.
La Montagne des Deux Lions, Chouang-Cheu-Chan ( '^ ^^ [Jj )
à un H à l'E. de la Sous-Préfecture. Au milieu de cette montagne
se trouve une caverne profonde à l'entrée de laquelle est suspendue
une cloche que l'on fait résonner en la frappant: d'où le nom de
caverne de la cloche, Tchong-Yen ( ^ ^ ).
La Montagne du Jade brut, P'o-Yu-Chan (^3S li|) à I.E.
de la Sous-Préfecture.
La Montagne de Ngen-Tchao-Chan ( ,§l }|^ llj ) au S. de la
Sous-Préfecture. Elle poste également le nom de Siang-Seu-Chan
La Montagne du Tambour de bronze, T'oug-Kou-Chan ( ^rJ gj^
|JL| ) à dix lis dans l'O. de la Sous-Préfecture.
La Montagne de Kao-Li-Chan ( ^ JJL iJj ) * ^^'^ li^ ^^^^ 1®
N. de la Sous-Préfecture.
La Montagne de K'ong-Hia-Chan ( :t^ ll^ |i( ) à dix lis de
l'ancien Tcheou de Vou-Tsiug ( 5() ij|| )•
158 1. BEA UV AIS.
La Montagne des génies, Sien-Jen-Chan ( '([[j ^ jjj ) à dix lis
dans rO. de la Sous- Préfecture. Elle fut habitée à l'époque des
T'ang (0), 618-907, par l'Ermite Kia (^).
La Montagne du Grand Bonheur, Ta-Lou-Chan (-^ j^ lij ) 3.
15 lis au N.-O. de la Sous- Préfecture. Il en sort une petite rivière
qui va se jeter à l'E. dans le T'an-Kiang.
La Montagne de la Caverne des Esprits, Sien-Yen-Chan ( '([Ij
^ (Jj ) à 40 lis au S. de la Sous-Préfecture. Dans cette caverne,
on peut loger à l'aise plusieurs centaines d'hommes.
La Montagne de Lo-Ma-Chan ( ||/ ,|| (If ) à 50 lis au S.-E.
de la Sous- Préfecture, sur le bord du fleuve.
La Gorge des grandes lianes, Ta-T'eng-Hia ( -^ ^ lij^ ) à 30
lis au S. de la Sous-Préfecture, sur la frontière de la Sous-Préfecture
de Kouei-P'iug-Hien.
La Montagne de la chèvre de pierre, Cheu-Yang-Chan ( ^ 3^
P4 ) à 60 lis à rO. de la Sous-Préfecture. Sur la muraille formée
par cette montagne se lisent six lignes d'écriture cursive.
La Montagne du Dragon d'or, Kin-Long-Chan ( ^ ^ jjj ) h
70 lis à l'E. de la Sous-Préfecture. En haut de cette montagne se
trouve un ancien temple. Une caverne est creusée dans sa base. Il
en sort une rivière qui se jette dans celle de Tong-Hiang ( ^
La Montagne du Double chignon, Chouang-K'i-Chan ('^ ^ JJJ )
à gauche de la Montagne de Kin-Long-Chan. Au pied de cette
montagne se trouve une caverne dans laquelle, à l'époque des Song
(960-1279) les lettrés Sie Hong {^ »^) et Sie Yi (||^ >/^) se
livrèrent à l'étude.
La Montagne de Lo-Lou-Chan (^V^ |Jj ) à 150 lis au S.-E.
de la Sous-Préfecture. Elle renferme 3 cavernes, l'une au milieu,
la 2® au sommet, la 3^ à la base. C'étaient autrefois des repaires
pour les bandits Yao. Sous la Dynastie des Ming, durant la 17°
année de la période Tcheng-To (1522), ces rebelles furent forcés
dans leurs repaires par les troupes envoyées contre eux par le
Vice-Roi Ts'ai King (^|f ).
La rivière aux Eaux profondes, T'an-Kiang {)^ tD- ^® n'est
autre chose que la rivière Sin-Kiang (j^ JÖC)- Elle passe à l'O.
et au S.-E. de la Sous- Préfecture et coule vers la Sous-Préfecture
de Kouei-P'iug-Hien.
La rivière Kou-Hao-Kiang ("^ ^ 2X) au S.-E. de la Sous-
Préfecture. Elle prend sa source à 20 lis à l'O. de la Sous-Préfecture
à Kou-Hao-Li. Elle coule au S.-E. et se jette dans le T'an-Kiang.
Il existe encore une autre rivière, celle de Vou-Lai-Chouei ( ]^
^ ^ ). Elle prend sa source à 60 lis au S.-O. de la Sous- Préfecture,
à Vou-Lai-Li (;^ ^ M)î ^^^^ coule à l'E. et se réunit an T*an-
Kiang?
Le fleuve de Boue, Tou-Ni-Kiang ( ^ J^ tD ^ cinquante lis
au N.-O. de la Sous-Préfecture. Il vient du territoire de la Sons-
Préfecture de Lai-Pin-Hien et se réunit au T'an-Kiang.
La nouvelle rivière, Sin-Kiang (^ ^)» au N.-E. de la Sous-
Préfecture, Elle prend sa source à Pei-Hiang ( :^[^ ^); elle coule
au S. 80 lis et se réunit au T'an-Kiang. A l'E. se trouve la rivière
Yiu-Kiang ( (^ yX ) ^^^ prend sa source au village de Ta-Lieou-
Ts'ouen {-j^jjlt^) dans le district de Tong-Hiang {^ ^).
Elle coule au S. sur un longueur d'une centaine de lis et se jette
dans le T'an-Kiang à Yin-Kiang-K'eou ( |^ ;^ P ). Encore à l'E.
se trouve la rivière de Toug-Hiang-Kiang (^^^)- Elle sort
des territoires Yao du district de Toug-Hiang-Li (^ ^ ^). Elle
coule au S.-O. pendant 120 lis et se réunit au T'an-Kiang à Tong-
Hiaug-Kiang-K'eou {^MU P )•
La rivière Ma-Lai-Kiang ( j^ ^ "/J^ ) à l'E. de la So us- Préfecture.
Elle prend sa source sur le territoire de la Sous- Préfecture de
160 3. BKAUVAlS.
Kouei-Hien, à la Caverne du Dragon, Long-Yen (^f^), coule
au N.-E. et se réunit au T'an-Kiang.
La rivière Lieou-Chouei ( y|^ ■^) sur le territoire de la Sous-
Préfecture.
La rivière Tai-Lou-Chouei ( '^ V^ ^ )• Elle prend sa source à
Tsang-Ko ( ^^ ;fPj ). Arrivée à Hia-Tchong ( ll^ 4* ) (le milieu de
la Gorge) elle se divise et passe devant le siège de l'ancion Tcheou
de Vou-Tsing, et après un cours de 60 lis, elle se réunit à la
grande rivière, Ta-Kiang {-^ 01)-
Le ruisseau des grands Rotins, Ta-T'eug-K'i (-^ ^ j^) au S.
de la Sous-Préfecture. Il passe devant le relai de poste de Yen-
Pin-Yi(^^^).
La rivière de Kouei-Ts'ouen-Chouei ( ;^ ;|^ '^) & 2 lis au N.
de la Sous-Préfecture. Elle se réunit à l'O. au T'an-Kiang.
Le lac Liug-Hou ( ^ yj^ ), à l'E. de la Sous-Préfecture, au
village de Ling-A-ts'ouen ( ^ ^ ;|»>j* ). Il se déverse dans la grande
rivière. Son eau ne cesse d'être excessivement abondante.
Murailles et Fossés.
L'ancienne ville capitale de la Sous-Préfecture se trouvait autre-
fois à l'E. de la ville actuelle, entre les deux rivières de Ngan-
Hia-Kiang {j^^jl.) et de Yin-Kiang ((^^I)- ^^^^ ^^^^^
continuellement dévastée par les brigands Yao. Sous la dynastie
des Ming, 1368 — 1644, durant la 4® année de la période Siueu-To
(fi M)' 1^-^ (Empereur Siuen-Song-Tchang-Hoang-Ti (^ ^
•^ M. *^ ) ^^"^ ^® ^^^ personnel était Tchan-Ki ( |j^ ^ ) et
qui régna de 1425 à 1435), Chan-Yun ( [Jj ^), comte de P'ing-
Kiang (^ /X) présenta un rapport au trône pour demander à
changer la ville de place. Durant la 6^ année de la même période,
1431, la cité fut transportée à sa place actuelle et entourée d'une
levée de terre. Durant les années de la période Tch'eug-Hoa {J^ >^ ),
KOUANO-SI. IUI
1465-1487 (Empereur Hien-Tsoog-Tch'oueu-Hoang-Ti (^ ^ ,^"6
■^ "ï^ ) dont le nom personnel était Kien-Chen ( ^ *^ ) et qui
régna, de 1464 à 1487), la muraille fut rebâtie en briques. Elle
était haute de 18 pieds, épaisse de 10 et formait un circuit de 1930
pieds de longueur. Elle était percée de 4 portes, E., 0., S., N. Les
fossés étaient profonds de 20 pieds et larges de 15. Sous la dy-
nastie actuelle et pendant la 31^ année de la période K'ieu-Long,
1766, l'enceinte fut réparée à nouveau. Elle mesure actuellement
2 lis 9 feun de tour.
Mandarins.
Un sous-préfet, Tcheu-Hien.
Les appointements dits Ngo-Foug sont de 45 taëls d'argent. Il
touche en outre: 1° à titre de Pien-Pong, 45 taëls d'argent, et 2°
à titre de Yang-Lien, 1236 taëls d'argent 1 ts'ien. Il a droit à un
personnel de 49 portiers, sbires, etc., pour l'entretien desquels il
touche 94 cheu de riz par au. Durant les années qui renferment
un treizième mois intercalaire, il lui est alloué un supplément de
24 taëls d'argent. Il a droit également à 30 hommes des milices
régionales, pour l'entretien annuel desquels il touche chaque année
36 taëls d'argent et 180 cheu de riz. Un supplément de 15 taëls
d'argent lui est alloué pour les années de 13 mois.
Un assistant de 2^ classe de sous-préfet, Siun-Kien, pour la cir-
conscription de Lang-Tchen, Lang-Tchen-Siuu-Kien (j^jj ^ ^ ^)-
Les appointements sont de 31 taëls d'argent 5 t,8'ien 2 feun. Il
touche à titre de Yang-Lien 80 taëls d'argent. Il a droit à 2 sbires
pour l'entretien annuel desquels il touche 12 taëls d'argent, et à
20 archers, pour l'entretien desquels il touche 67 taëls 7 ts'ien 2 feun
6 li par an.
Un maître de police et gardien de prisons de Sous-Préfecture,
Tieu-Cheu.
is
162 î. BEAUVAIS.
Ses appointements et son Yang-Lieu sont identiques à ceux du
précédent Siun-Kien. Il a droit à un personnel de 6 individus, pour
l'entretien annuel desquels il touche 36 taëls d'argent.
Un directeur d'Etudes de Sous-Préfecture, Kiao-Yu.
Un sous-directeur d'Etudes, Hiuu-Tao.
Les appointements de chacun de ces deux fonctionnaires sont
de 40 taëls d'argent. Il sont droit chacun à un personnel de 2 por-
tiers, pour l'entretien annuel desquels ils touchent chacun une somme
de 12 taëls par an, et à un personnel total de 10 pourvoyeurs pour
les jeûnes, pour l'entretien annuel desquels il est alloué une somme
de 30 taëls d'argent.
Écoles.
Nombre des bacheliers littéraires; 8. — Nombre des bacheliers
militaires; 8.
Bacheliers subventionnés, Lin-Cheng.
Leur nombre est fixé à 14. — Ils touchent par an, au total,
56 cheu de riz. Cette quantité est augmentée, pendant les années
de 13 mois, de 4 cheu 6 teou 6 cheng 6 ho.
Un bachelier du grade de Kong-Cheng est nommé tous les deux ans.
La superficie des terres appartenant aux écoles est de 61 meou
1 feun 4 li de bonnes terres, qui rapportent un loyer de 6 taëls
d'argent 4 ts'ien.
La Sous-Préfecture possède un collège, dénommé «Collège de
Tch'eng-Nan, Tch'eng-Nan-Chou-Yuen ( Jffi ^ H ^ )•
Rendement des Impôts.
L'impôt sur le riz donne un total de 2069 cheu 3 teou 6 cheng
6 ho 9 cho; dans ce total, le riz de qualité supérieure entre pour
1783 cheu 1 cheng 4 ho 6 cho et le riz de 2^ qualité pour 286
cheu 3 teou 5 cheng 2 ho et 3 cho.
fCOUANG-ST. 163
Le produit total de l'impôt foncier, Ti-Ting, se monte à 2059
taëls d'argent 2 ts'ien 6 feun 7 li; sur ce total, 1645 taëls d'argent
8 ts'ien 5 feun 7 li seulement sont envoyés au trésor; le reste, soit
413 taëls 4 ts'ien 1 feun est affecté à l'eutretien des bureaux de
poste et au fonctionnement du service postal.
Durant les années qui renferment un 13^ mois intercalaire,
l'impôt foncier subit une augmentation de 155 taëls 1 ts'ien 6 feun.
Il existe deux monts de piété qui paient une redevance annuelle
totale de 10 taëls d'argent.
La provision de riz des greniers est de 15000 cheu.
Positions stratégiques.
1° Le poste de Hou-Min-Pao (^ß^) à 2 lis au S. de la
Sous-Préfecture.
2° Le poste de Lo-Ma-Pao ( ^ jB| ^ ) à 40 lis au S. de la Sous-
Préfecture, avec une garnison de 13 hommes.
3" Le poste de Toug-Hiang-Pao (M M M) ^ 80 lis au S. de la
Sous-Préfecture.
4° Le poste de Koan-K'iao-Pao ( ^ ^^ j^ ) à 45 lis au N. de la
Sous-Préfecture. Pour ce poste ainsi que pour celui de Long-
Houa-Pao (]^ ^ ^) situé à 40 lis à l'O. de la Sous-Pré-
fecture, on avait autrefois créé un chef de poste, Pao-Mou ( ^
^ ) et institué une garnison de 10 soldats aborigènes. Tout
cela est maintenant supprimé.
5° Le bourg de Lang-Tchen (^ ^) à 90 lis à l'O. de la Sous-
Préfecture. C'est le siège actuel d'uue circonscription, ou Siun-Seu.
6° Le bourg de Ngan-Yong-Tchen (^ ^ Ä) à 60 lis au N. de
la Sous-Préfecture. C'était anciennement le siège d'un Siun-Seu
qui fut supprimé durant la 11® année de la période Youg-Tcheng
(^ ÏE). 1733 (Empereur Cheu-Tsong-Hien-Hoang-Ti (jH: ^
^ M ^) <l«i régna de 1722 à 1735).
164 J. B SAUVAIS.
7° Le poste de Ta-Tchang-Siuu ( ;^ ;|§ '^ ) au S.-O. de la Sous-
Préfecture. Il possède une garnisou de 19 soldats.
8° Le poste de Seu-Ts'ouen-Siun ( ^ ^ ^ ) au S. de la Sous-
Préfecture avec une garnison de 8 hommes.
9° Yao-Lan-Tchai (^^^) qui possède une garnison de 16
hommes.
10° Les 4 camps, Seu-Ying ( pïj '^), dans le canton de Kou-Hao
("^ ^). Ce sont les 4 villages de Seu-P'ou (^S^'^^)' '^^^"
Ts'ouen {jl^ ^), Ho-Long ('(i^ fl) et Tcheu-Tcha (|^§|J);
ces' 4 camps furent établis après l'apaisement des habitants des
villages du canton de Kou-Hao.
N.B. La présente traduction a été imprimée en l'absence du tra-
ducteur et d'après une copie faite très rapidement; il n'a pas été
possible d'apporter les modifications qui semblaient parfois indiquées,
ainsi que le traducteur l'aurait fait lui-même, on que le correcteur
l'aurait pu faire sur quelques points, s'il avait possédé le texte
original. On prie donc le lecteur d'être indulgent pour les erreurs
qui peuvent être restées inaperçues. Il a semblé d'ailleurs que ces
notes géographiques étaient dignes d'être imprimées, en raison de
l'intérêt présenté par la région peu connue qui y est décrite.
K0UANG-8I. 160
Table des matières.
Préfecture de l" rang de Lieou-Tcheou-Fou. Pag»
Historique 12
Dépendances 14
Limites du territoire 14
Murailles et Fossés 15
Mandarins 16
Ecoles 18
Distribution des troupes 19
Soldats aborigènes 27
Milices régionales 28
Produit des Impôts 28
Positions stratégiques 28
Sous-Préfecture de Ma-P'ing-Hien.
Historique 59
Limites du territoire 61)
Montagnes et rivières 61
Mandarins 66
Ecoles 67
Rendement des Impôts 68
Positions stratégiques " 68
Sous-Préfecture de Lo-Yong-Hien.
Historique 70
Limites du territoire 71
Montagnes et rivières 71
Mandarins 73
Ecoles 74
Impôts 75
Positions stratégiques 75
Murailles et Fossés 76
Sous- Préfecture de Lieou-Tch'eng-Hien.
Historique 77
Limites du territoire 78
Montagnes et rivières , 79
Murailles et Fossés 81
Mandarins 81
Ecoles 83
Rendement des Impôts 83
Positions stratégiques 84
Préfecture de 2*"* rang de Siang-Tcheou.
Historique 85
Limites du territoire 88
166 J, BEAUVAIS.
Pages
Montagnes et rivières 89
Murailles et fossés 93
Mandarins 93
Ecoles 94
Rendement des Impôts 95
Positions stratégiques 95
Sous-Préfecture de Lai-Pin-Hien.
Historique 96
Limites du territoire , 97
Montagnes et rivières 98
Murailles et fossés 101
Mandarins 102
Ecoles 103
Rendement des Impôts 104
Positions stratégiques 104
Préfecture de 1" rang de Sin-Tcheou-Fou.
Historique 145
Dépendances 146
Limites du territoire 147
Murailles et fossés . 148
Mandarins . . . . 149
Ecoles 150
Distribution des troupes 150
Soldats aborigènes 152
Milices régionales 153
Rendement des Impôts 153
Positions stratégiques 154
Sous-Préfecture de Vou-Siuen-Hien.
Historique 155
Limites du territoire 156
Montagnes et rivières 157
Murailles et fossés 160
Mandarins . , 161
Ecoles 162
Rendement des Impôts 162
Positions stratégiques 163
MÉLANGES.
» ♦ »
PEINTURE AU JAPON.
Nous extrayons du Catalogue de Peintures et d'Estampes japo-
naises de la Collection Edmond Taiguy, publié (février 1893) par
M. Ernest Leroux, Paris, le très intéressant résumé suivant:
L'histoire de la peinture au Japon peut se diviser en cinq grandes
écoles :
L'Ecole Bouddhique,
L'École de Tosa,
L'Ecole Chinoise,
L'Ecole de Kano,
L'Ecole populaire Oukiyo yé.
Ecole Bouddhique.
L'Ecole Bouddhique est celle dont les œuvres sont les plus an-
ciennes, Elle fit son apparition au Japon avec les missionnaires
qui, au VP siècle de notre ère, vinrent y prêcher la religion du
Buddha. Eclos dans l'Inde, cet art avait passé en Chine, d'où il
se répandit sur le Japon et la Malaisie. Les moines, qui l'étudiaient
et l'enseignaient dans les Bonzeries, le propagèrent sans le modifier,
saus altérer le caractère original qu'il avait emporté de son berceau.
Immuable, emprisonné dans des formules hiératiques, comme tous
les arts religieux de l'Orient, l'art bouddhique ne cessa de repro-
168 MÉLANGES.
duire les mêmes types couventionnels, les mêmes personnages sacrés,
les mêmes légendes et traditions religieuses.
Le Bouddhisme, propagé par les Coréens au VI® siècle, reconnu
en 624 comme religion d'État, apportait au Japon les principes,
les procédés et les modèles d'une esthétique nouvelle; il engendra
bientôt des œuvres importantes. La célèbre statue colossale du
Buddha de Nara est fondue en 749. Un peu plus tard, en 808,
l'empereur Hei jô crée l'Académie impériale de peinture à la tête
de laquelle nous trouvons, au IX® siècle, Kosé Kanaoka, dont plu-
sieurs œuvres subsistent encore aujourd'hui et dont un kakémono
fameux, représentant Dzi-jô, le dieu de la Bienfaisance, fut exposé
à Paris. Kanaoka et ses élèves furent les plus brillants représen-
tants de l'art bouddhique au Japon. Ils lui imprimèrent même une
certaine personnalité qu'on ne retrouve guère dans les œuvres qu'il
a inspirées ailleurs. Après cet épanouissement, l'Ecole Bouddhique
va se perdre et s'étioler, se bornant à copier et à reproduire les
modèles anciens, comme l'art byzantin, dans ces monastères de la
Russie, où l'on continue à peindre des icônes suivant la tradition
antique. L'École vit toujours, les œuvres ne comptent plus.
Ecole de Tosa.
Antérieurement au Bouddhisme, le Japon possédait un art national,
dont l'histoire est restée, jusqu'à nos jours, complètement ignorée.
A peine peut-on citer quelques noms, tel que celui d'Inshiraga
donné par les historiens comme le meilleur peintre au V® siècle;
aucune œuvre de cette époque ne subsiste. C'est au XP siècle
qu'un membre de Fillustre famille des Foudjiwara, Motomitsou,
créa l'école qui porta le nom d'Ecole de Yamato. Cette puissante
famille ne cessa de protéger les arts et beaucoup de ses membres
furent eux-mêmes des artistes renommés '). Au XIII® siècle, l'un
1) Cf. Metchnikoff, L'empire japonais.
MÉLANGES. 169
d'eux, Tsounétaka, peintre fameux, qui était, en même temps, sous-
gouverueur de la province de Tosa, jouit d'une si grande réputation,
que le nom de Tosa fut substitué à celui de Yamato.
L'École de Tosa est la véritable école nationale du Japon.
Etrangère à l'influence chinoise et ne s'iuspirant que des traditions
des vieux maîtres, elle se développa dans un milieu tout spécial,
exclusivement japonais. Son style se distingue par un soin extrême
dans l'exécution, par une grande finesse de formes, et une recherche
excessive dans les détails. Son coloris est clair et brillant, avec des
figures modelées dans une gouache épaisse, des noirs laqués, des
ornements dorés. L'or est souvent semé à profusion sur les marges,
sur les fonds, sur les gros nuages qui viennent s'allonger dans le
haut et dans le bas de la composition. Les peintre de Tosa, comme
d'ailleurs les primitifs de toutes les écoles, aussi bien en Chine
qu'eu Italie ou en Allemagne, représentent simultanément plusieurs
phases d'une action. Certaines de leurs œuvres ont pu être compa-
rées assez exactement à des miniatures indo-persanes; d'autres,
exécutées sur uu fond bistre, rappellent les vieilles détrempes by-
zantines. Mais, lorsqu'on les regarde de près, on reconnaît en elles
un cachet bien particulier qui les distingue entre toutes.
L'Ecole de Tosa, encouragée par les daïmiyos, fut, en quelque
sorte, l'école officielle de la cour de Kioto. Les membres des plus
hautes familles, les Kuge '), grands seigneurs et artistes, ne
dédaignaient pas, à l'exemple des Foudjiwara, de suivre ses leçons.
On comprend aisément que ces peintres de la vie aristocratique
méprisaient les sujets vulgaires. Ils aimaient surtout à reproduire
les scènes historiques et légendaires, les fêtes et les danses de la
Cour, les poètes fameux, les daïmiyos et les nobles dames dans
leurs somptueux costumes; ils trouvaient aussi plaisir à illustrer les
I
1) Cf. Appert, Ancieti Japon.
170
MELANGES.
romans fameux, le Yamato, l'Isé, le Genzi-Monogatari. Ce sont là
les sujets que l'on retrouve le plus fréquemment dans ces longs
rouleaux, appelés makimonos, où le texte, en hira-kana, alterne avec
les peintures, et, dans ces livres de présent que les personnages de
la Cour avaient l'habitude de s'offrir à l'occasion d'un mariage ou
d'un anniversaire ').
L'École de Tosa compte plusieurs branches secondaires: la
branche de Kassouga, qui tire son nom du temple de Kassouga,
près de Nara, dont la décoration picturale date du XP siècle; la
branche de Taköuma^ du nom de son fondateur, Takouma Tamenji
(vers 1038); la branche de Soumiyoshi, fondée par Keion (vers 1200).
L'École fut florissante jusqu'au XV^ siècle; jusque-là, elle eut,
en quelque sorte, le monopole de l'art; mais, à cette époque, le goût
chinois l'emporta et pour Tosa la décadence commença.
Ecole Chinoise.
L'influence de la Chine sur le développement des arts au Japon
s'était fait sentir de bonne heure. Des peintres y étaient venus en-
seigner leur technique et leurs procédés. La civilisation chinoise,
alors dans tout son épanouissement, émerveilla les Japonais et
l'École Chinoise prospéra à ce point que, dès le XV^ siècle, l'école
nationale de Tosa était, comme nous l'avons dit, dédaignée et mé-
connue.
Les Chinois apportaient à leurs voisins un art bien caractérisé.
C'est un dessin graphique, enseigné non sur la nature, mais d'après
certaines méthodes et certaines formules qui s'apprennent dans des
livres. S'en tenant à ces règles conventionnelles, les artistes pei-
gnent sans se soucier des caractères distinctifs de la figure humaine;
ils traitent leurs personnages sans s'occuper ni de l'anatomie ni des
1) Voir, dans le catalogue Burty, la belle suite de peintures de Tosa décrites aux
pages 3 à 10.
MÉLANGES. 171
raccourcis, ils réservent toute leur habileté pour la représentation
scrupuleuse des détails des vêtements, de la coiffure et des ornements.
Leurs connaissances eu perspective se bornent à la perspective
linéaire. Ont-ils à indiquer plusieurs plans, ils les superposent jus-
que dans le haut de la composition. Coloristes habiles, ils dédaignent
d'éclairer et de modeler leurs figures; mais, en revanche, ils savent
rendre les plus délicats effets du clair-obscur dans leurs paysages.
En ce genre, ce sont des maîtres de premier ordre; ils excellent
également à peindre les animaux et les fleurs. Leurs défauts et
leurs qualités influeront longtemps sur les écoles japonaises.
Les premiers peintres qui popularisèrent le style chinois furent
Meitshio (1351 — 1427), qui avait d'abord appris son art à l'école de
Tosa; son élève Jo setsou (fin du XV^ siècle) qui mêla d'une manière
habile et délicate les traditions de sa patrie avec celles qu'il étudia
au Japon; enfin Shouboun qui, dans le milieu du XV^ siècle, fonda
une école spéciale qui porte son nom. Mais le plus grand artiste de
l'Ecole Chinoise au Japon fut Sesshiou (1420 — 1507), qui vint, en
1469, se fixer au temple d'CJnkoju-ji, où il fut le chef d'une école
qui compta bientôt des élèves illustres et qui prépara l'éclosion de
l'école de Kano.
Ecole (le Kano.
Celle-ci fut fondée au milieu du XV® siècle par Eano Massanobou
(1453 — 1490), qui avait été l'un des élèves de Sesshiou. Ce fut la
grande rivale de Tosa. Les Shogouns jaloux, eux aussi, d'encourager
les arts, l'adoptèrent, en quelque sorte, pour leur peinture officielle,
comme les daïmiyos avaient adopté l'école de Tosa. C'était l'époque
où les relations étaient le plus intimes entre les Shogouns Ashikaga
et la Chine, le moment où, dans ce dernier pays, la dynastie des
Ming portait les arts à leur plus haut degré de splendeur. La jeune
école s'enthousiasma pour le dessin cursif des Chinois, pour le coup
172 MÉLANGES.
de pinceau, pour le trait jeté à main levée. Aux gouaches de Tosa
elle préféra cette opposition du blanc et du noir devant laquelle
allait bientôt pâlir le prestige de l'enluminure. Peu à peu, l'Ecole
de Kano s'affranchit de l'influence chinoise, et bientôt, grâce à
Tan you (1601-1675), à Naonobou (1607-1651) et à leur école,
elle créa un art aussi national, aussi personnel que celui de Tosa,
plus vivant aussi, sans toutefois abandonner son style académique
et sans aller jusqu'à admettre le naturalisme indépendant de l'école
vulgaire.
Ecoles de Korin, de Shijo et de Toba.
Ce sont trois écoles spéciales à peu près indépendantes des grandes
écoles japonaises.
Korin (1660—1716) est le créateur d'un atelier que les historiens
japonais rattachent, les uns à l'école de Yamato, les autres à celle
de Kano; mais, en réalité, c'est un artiste dont le style tout parti-
culier ne ressemble à aucun autre. Korin, dit M. Gonse, est peut-
être le plus original et le plus personnel des peintres japonais. Son
dessin est toujours étrange et imprévu, expressif et vigoureux; il
désoriente au premier abord un œil peu exercé. Sou coloris est
harmonieux et hardi; ses personnages et ses animaux, enlevés en
quelques coups de pinceau, dénotent une science merveilleuse de la
forme. Korin et ses élèves, Kenzan (1663 — 1744), Hoitsou (1761 —
1828), etc., furent les grands fournisseurs de modèles pour les
laqueurs et les ciseleurs. Nous citerons encore dans cette école,
To-nan (commencement du XIX^ siècle), le peintre humoristique
des tortues.
Okio (Marou-Yama) (1733-1795) fonda une école qui'emprunta
son nom de Shijo au quartier de Kioto où était son atelier. C'est
le premier peintre japonais qui étudia sur le vif. Novateur hardi, il
substitua au style conventionnel en usage avant lui l'étude directe
HELANQEB. 178
de la nature. Il traça ainsi la voie à l'Ecole Oukiyo-yé. — Gekkei,
plus connu sous le nom de Goshin et de Tenzan, contribua aussi à
la création de cette école. C'est un peintre au dessin net, élégant
et d'une rare distinction. Les brodeurs de Kioto, dit M. Gonse, lui
ont emprunté leurs plus beaux modèles. — L'Ecole de Shijo est ap-
pelée aussi Vécole naturaliste du Japon. Elle produisit des artistes
illustres: Mori Sosen (1746—1821), le fameux peintre des singes;
Nan reï; Kan zan, le peintre animalier; To-yeu, le peintre de fleurs
et Yo-saï (1788 — 1878), l'auteur du Zenken ko jitsou, histoire illus-
trée des personnages fameux du Japon.
L'École de Shijo eut à lutter contre une branche rivale, celle
fondée par Gankou (1749 — 1838). Celui-ci, qui avait étudié d'abord
sous des maîtres chinois, subit ensuite l'influence d'Okio et s'illus-
tra comme peintre de tigres. Parmi ses élèves on doit citer Bumpo
qui fit graver et publier les œuvres de son maître.
Ïj Ecole de Toha est la grande école de caricature au Japon.
Le fondateur en fut Toba uo Sojo ou Gakoutou, au XIP siècle.
Le mot Toba-yé (litt, dessin de Toba) est devenu le substantif qui
exprime l'idée de caricature et s'applique à toutes les productions
de ce genre. La déformation des têtes, l'allongement invraisemblable
des membres, l'exagératiou désordonnée des mouvements sont les
caractères distinctifa de ces sortes de dessins. La caricature et la
satire, genres si aimés des Japonais, devaient atteindre la perfec-
tion au XVII® siècle, avec Hanabousa Itcho (1652—1724) et son
élève Ippo. Le premier poussa même l'irrévérence ai loin dans ses
peintures qu'il fut exilé dans l'île de Hachi-jo. L'École moderne
compte aussi de nombreux et puissants caricaturistes dont le dernier
fut Kiosai.
174 MÉLANGES.
École Oukiyo-yé.
Vers le commencement du XVII® siècle, Iwasa Matahei fondait
une école qui devait éclipser toutes les précédentes. Ce fut V École
Oukiyo-yé ') appelée chez nous l'école vulgaire ou réaliste. Cette
école obtint immédiatement un immense succès; elle répondait, en
effet, aux aspirations et aux goûts de la foule, en choisissant des
sujets qui lui étaient familiers, des scènes de la vie quotidienne.
Méprisée par les artistes de Tosa et de Kano, elle n'en conquit pas
moins la faveur du peuple. Sa vulgarisation fut d'ailleurs puissam-
ment aidée par la gravure qui, après Moronobou, allait prendre
une si grande place dans l'art japonais.
L'Ecole vulgaire, sortie des entrailles mêmes de la nation, est,
dit M. Gonse, l'expression populaire, et sans aucun mélange étran-
ger, du génie japonais; elle en est la forme la plus originale, la
plus complète, celle qui nous fait pénétrer le plus intimement dans
l'esprit du Nippon. Ses œuvres inspirées directement par la nature,
par les scènes de la vie réelle, lui ont mérité le nom à!Ecole de
la Vie.
Nous donnons ci-après, une classification des ateliers et des ar-
tistes de l'Ecole Oukiyo-yé. Presque tous ces peintres sont repré-
sentés dans le Catalogue et leur nom est accompagné d'une courte
notice biographique qui nous dispense d'entrer ici dans de plus
longs détails.
1) Du surnom d'Oukiyo donné à l'un de ses premiers artistes, Nishikawa Soukenobou.
IfELANOlSS. 175
ÉCOLE OUKIYO-YÉ.
PREMIÈRE PÉRIODE
(xVIie SIÈCLE BT PREMIÈRE MOITIE DU XVIIie SIÈCLe).
Gravure en noir. — Gravure en couleurs à deux ou trois tons.
MORONOBOU.
Les Tori-i: Kiyonohou. — Kiyomassou. — Kiyotada. — Kiyomitaou. —
Kiyohiro. — Kiyotsouné.
Les Okoumoura: Massanobou. — Toshinohou.
Les Nishimoüra: Shighénaga. — Shighénohou.
Les Nisiiikawa: Soukénobou. — Soukénori. — Tsoukioka Massano-
bou. — Tatshibana Morikouni.
Les Hishfkawa: Toyonobou. — Toyomasa.
Les Hanabousa: Itcho. — Ippo.
DEUXIÈME PÉRIODE '
(seconde moitié du xviiie siècle).
Harounobou.
Les derniers Tori-i: Kiyonagà. — Kiyominé.
BOUNTSCHO. — KORIOUSAÏ.
Les premiers Outagawa: Toyoharou. — Toyohiro.
Les Katsoukawa: Shounsho. — Shounyei. — Shoiinko, etc.
Yeishi. — Yeisho. — Yeishin.
Shuontscho.
Les Kitao: Shighémasa. — Massayoshi. — Massanobou. — Kikou-
gawa Yetzan.
Sharakou,
TciiOKI.
Outamauo et ses élèves, Shikimaro, Hidémaro, Shiko.
176 MÉLATiGKS.
TROISIÈME PÉRIODE
(xixe siècle).
Les Outagawa : Toyohouni, — Kounisada. — Kouniyoshi. — Kounitora.
Les Elèves des Outagawa. Les peintres d'acteurs et des scènes de théâtre
(École d' Osaka).
Les Paysagistes: Hiroshighé. — Les peintres de Meïshos.
Hokusaï et son école.
Les peintres de Sourimonos: Yanagawa Shighénobou. — " Hokkeî. —
GaJcouteù — Shinsai. — Keisai Yeizan. — Hokouha. — Hohoujiou.
— Riousai. — Hokououn. etc.
Les peintres humoristiques: Keisai. — Kiosai, etc.
i
VARIÉTÉS.
CHINESE PICTORIAL ART.
Chinesische Malereien auf Papier
und Seide aus der Sammlung des Herrn
Professor F. Hirth. Sonderausstellung
im Königl. Zoolog, und Anthropol.-
Ethnogr. Museum zu Dresden. — K.
WüERMANN, die Ausstellung der Hirth-
schen Sammlung chinesischer Malereien
im cthnogr. Museum zu Dresden (Dres-
dener Journal vom ib — 17 Februar
1897). — Heinrich Buhle, Chinesische
und Griechische Kunst (Beilage zur
Allgemeinen Zeitung, München, 20 Fe-
bruar 1897, N». 41).
A special exhibition (Sonderausstel-
lung) lias lately been held in the Royal
Ethnographical Museum of Dresden of
"Chinese Paintings on Paper and Silk".
The collection has been brought together
by Dr. Hirth during his stay as Corarais-
sioner of Customs at Chinkiang at the
old art city of Yangchow and has been
selected, in order to illustmte the his-
tory of pictorial art in China, from a
larger collection in his possession con-
sisting of some 600 scrolls. It contains,
of course, many specimens which must
be regarded as having originated during
the period of decadence, which may be
said to date from the a.scent of the
pre.sent dynasty; but a number of ap-
parently genuine works of the Ming and
Yuan enable us to draw conclusions as
to what Chinese art must have been
during the classical periods of the "Tang
and Sung, the style of whose masters
is repi'esented by a few copies painted by
later artists. One of the most interesting
pictures is the copy of a copy (both being
made by well known artistsofthelO. and
17. centuries) ofa landscape representing
a group of bananas covered by snow. The
original, which we must assume has been
as carefully reproduced as is possible
with copies of such well known painters
as Su Weï and the monk Tao-tsi, is
stated, and verified by numerous seals,
to have been drawn by no less an
authority than the great poet Wang Wei
( Ï JÎ ^ (699—759 A.D.), the creator
of the southern school (nan-tsung), also
known as the "painting of the literati"
(voên-jên-chi-hua a^" A ^ ■^).
Profes.sor Woermann,_the director of the
Dresden Gallery, in a report on this
collection, says of "Wang Weii's "Snow-
covered Hanana": "Das Motiv 'Hanane
im Schnee' soll gerade durch seine in-
13
178
VAUIETES.
nere Gegensätzlichkeit wirken. Es erin-
nert an Heine's Motiv vom Fichtenbaura
und der Palme. Noch moderner als der
Gedanke des Bildes aber mutet uns seine
breite, umrisslose, völlig impressionisti-
sche Ausführung an. Es ist eben schon
Alles dagewesen". One of emperor Hui-
tsung's "Falcon" pictures, supposed to
contain the imperial autograph and
dated 1120, is considered spurious,
because it contains no vermilion seal.
The same may be said of the Kakémono
No. 2, Chinese Pictures, in the British
Museum collection (See Anderson's Cata-
logue, p. 495), which bears noseal either.
As these pictures are often met with and
offered as antiquities both in China and
Japan, it is not likely that so many of
the Emperor's own sketches should have
been preserved; yet, as regards age,
we should not be rash in rejecting
contemporaneous origin, since we know
that, no soever had the emperor com-
pleted one of his famous falcon pictures,
the court painters set to work to copy it.
The best of these copies were endorsed
by the emperor by his autograph and
seal, and the question is, what has
become of the many copies which were
not deemed good enough to be sealed ?
One of the most interesting pictures
of the collection is Ts'ien Shun-kii's
"Cock, Locusts and Flowers" (No. 11),
dated 1264, so we judge from Professor
Woermann's report reprinted from the
"Dresdener Journal" of 15. to 17. Fe-
bruary 1897. The "Catalogue" of the
Exhibition, which has been condensed
from the explanatory notes sent to
Dresden by Dr. Hiith, gives the names
{sing, ming and hao) of the various
painters and whatever dates were pro-
curable with regard to their life-times,
and shows that many of the best known
artists of China are represented in it.
Tung Pei-yüan, Chao Po-kü and Kiang
Ts'an are the only known Sung painters
represented by copies; a copy will be
found of one of Chao Mêng-fu's horses,
but the two pictures of Ts'ien Shun-kii
and ITsan (1301—1374) are probably
originals. Among the Ming painters we
note the names of Pien King-chao, Shen
Chou (= Shên Ki-nan), Lu Ki, Chou
Chen and above all the two great
masters of the dynasty T'ang Yin and
Ch'ou Shih-fu (or, Ch'ou Ying, 16. cent.);
also Wen Chêng-ming, Lu-chih, Ch'ên
Shun, Sii-Wei and Chou Chih-mien.
Whatever we may think of the works
of the present dynasty, art historians
and collectors are bound not to overlook
the veneration in which names like
that of the monk Tau-tsi (Shih-t'ao),
Wang Kien, one of the "Four Wangs"
( pn ^ ), and Yün Shou-p'ing (Nan-
t'ien), are held by the Chinese them-
selves. Professor Woermann is probably
right in dating from the second half of
the Ming-dynasty the age of decadence ;
yet, as copyists of the now lost works
of past periods, even a Ts'ing painter
may become an important source of
information for an art which we would
otherwise not know except through the
channel of book notices. Dr. Hirth is
of opinion that the relation between
Japanese and Chinese painting is very
much the same as that of Roman and
Greek art, an opinion which Herr
Woermann does not endorse to its
full extent, though he is bound to
admit that some of the best judges
of Japanese art held similar views and
VAR1KTE8.
179
quotes Dr. E F. Fenollosa ("Review
of the Chapter on Paintin«» in Gouse's
M'Art Japonais','' JJoston, 1885, p, 8),
who says; "It is sufficiently accurate
to say that in the art of painting
nearly ei)ery thing has come from China,
not merely in germ, but in model".
G. S.
LE ROI TCHOULALONKORN.
C'est par en haut que la civilisation
pénètre dans I'Extivme-Orient. Kn Perse,
au Japon, au Siam, des princes européens
de fait régnent sur des populations asia-
tiques restées profondément attachées
aux coutuPDes de leurs ancêtres. Ce
contraste est bien plus frappant encoi'e
à Bangkok qu'à Téhéran ou à Tokio; lés
sujets du Schah et du Mikado ont depuis
de longues annés reçu un premier vernis
occidental.
Les Japonais ont une Constitution qui
fonctionne assez mal et des canons à tir
rapide dont ils savent se servir à mer-
veille. Les Pei*sans font venir de Londres
des fusils de chasse perfectionnés et des
appareils de photographie. Les Siamois,
les Laotiens, les Chinois et les Malais qui
peuplent les États du roi Tchoulalonkorn
n'ont, au contraire, accepté aucun com-
promis avec les mœurs, les coutumes et
les idées de l'Europe; ces fervents dis-
ciples de lîouddha ont conservé leur
culte, leur foi, leurs mœui-s antiques et
préfèrent à toutes les merveilles de la
science de l'Occident l'enseignement
traditionnel distribué à profusion par
des milliers de talapoins, qui donnent à
Bangkok l'aspect d'une ville sacerdotale
peuplée de prêtres en robes jaunes.
Par un caprice du sort, le plus Euro-
péen des princes orientaux a été appelé
à gouverner le pays où les idées et les
mœurs de l'Extrême-Orient se sont le
moins défraîchies au contact de la civili-
sation occidentale. Il ne nous appai-tient
pas d'apprécier ici le rôle politique d'un
souverain qui a eu d'assez graves démê-
lés avec la France. Il nous suffira de
rappeler qu'il y a eu un moment dans
notre histoire où l'influence française
était toute-puissante dans la vallée du
Ménam et où, suivant l'expression em-
ployée dans la langue diplomatique de
l'ancienne Europe^ « l'odeur des lis »
avait pénétré à la cour des rois de Siam ;
mais la célèbre ambassade qui vint ap-
porter à Louis XIV cruellement éprouvé
par la fortune un dernier reflet de sa
grandeur passée n'est plus aujourd'hui
qu'un lointain souvenir. Peut-être qu'avec
un peu plus d'esprit de suite et de vigi-
lance notre diplomatie aurait pu empê-
cher les vieux liens traditionnels de se
rompre et arrêter les infiltrations britan-
niques qui ont envahi le palais royal de
Bangkok.
Ce n'est pas la faute de Tchoulalonkorn
s'il a été élevé sur les genoux de l'Angle-
teiTe. Dès son âge le plus tendre une
gouvernante anglaise l'avait initié à
toutes les beautés de la langue de Pope
et de Byron et son premier ministre,
qu'il n'avait pas choisi, car il était mineur
180
VARIÉTÉS,
à l'époque de son avènement au trône,
s'était empressé de le confier à un pré-
cepteur anglais. The Etiquette of the
Perfect Gentleman, qui se trouve encore
aujourd'hui à la place d'honneur sur les
rayons de la bibliothèque de son palais
d'été de Bang-Pa-In, fut le premier livre
qui ait été mis entre ses mains. En un
mot, la littérature anglaise a été la seule
fenêtre que l'entourage du jeune roi lui
ait laissée ouverte du côté de l'Occident.
Le royal élève a su admirablement
profiter des leçons de ses premiers
maîtres. Lorsque l'empereur Nicolas II,
à l'époque où il n'était encore que
tsarévitch, s'arrêta pendant quelques
jours dans le royaume de Siam en se
rendant au Japon, il fut tout étonné de
rencontrer dans le palais de Bangkok
un potentat asiatique qui, sans avoir
besoin d'aucun interprète, était capable
de s'entretenir avec lui en anglais avec
une facilité inconnue de la plupart des
monarques du continent européen.
Le roi Tchoulalonkorn ne se contente
pas de parler avec une élégance magis-
trale la langue de Shakespeare, il se fait
un point d'honneur de connaître à fond
jusque dans les plus minutieux détails
toutes les pièces du grand poète drama-
tique, même celles dont les sujets les
plus lettrés de la reine Victoria ne savent
en général que le titre. Sans dédaigner
les autres chefs-d'œuvre de la littérature
anglaise des trois derniers siècles, le
monarque siamois réserve toutes ses
préférences pour l'auteur de Macbeth et
de Richard III.
Le goût très vif que le roi Tchoulalon-
korn professe pour les vieux classiques
anglais du temps passé n'a pu lui faire
oublier qu'il règne sur un peuple de
bouddhistes. Les talapoins du Siam ont
à bon droit la réputation d'être beau-
coup plus instruits que les brahmanes
de l'Inde ou les bonzes du Céleste Em-
pire. Ils connaissent à fond le pâli, la
vieille langue sacrée, et le monarque
siamois, dont l'autorité suprême a un
caractère sacerdotal, a voulu rivaliser
d'érudition avec les plus savants des
prêtres de Bouddha. Il les a même
dépassés; ses familiers affirment que,
pour lui, le sanscrit n'a pas de mystères.
Cet érudit qui, par un caprice de la
destinée, a été appelé à exercer un
pouvoir sans limites dans un pays où la
plupart de ses prédécesseurs avaient
considéré la science comme un luxe
inutile pour un potentat oriental ne se
contente pas de posséder à fond la litté-
rature anglaise et les langues sacrées de
rindo-Chine et de l'Hindoustan, il a
aussi manifesté de très bonne heure
un goût très vif non seulement pour
les grandes découvertes industrielles et
scientifiques de la civilisation européenne,
mais encoi'e pour l'architecture et les
beaux-arts de l'Occident. En même
temps qu'il faisait construire des chemins
de fer et des tramways électriques qui,
chose rare, surtout dans l'Extrême-
Orient, donnent dos dividendes, il a
voulu avoir des palais bâtis sur le
modèle des résidences des souverains
d'Europe.
Le palais royal de Bangkok, dit le
Black» atid White, date du règne de
Tchoulalonkorn ; il a été construit sur les
plans d'un architecte anglais et d'un
architecte autrichien. Sur cet édifice de
style européen un architecte indigène a
été chargé de construire un toit siamois,
i
VA. ai ETES.
181
afin de rendre hommage aiix exigences
de la couleur locale. L'Anglais et l'Autri-
chien ont t'norméinent dépassé les devis
qu'ils avaient arrêtés avant de se mettre
à l'œuvre, et ce mécompte a donné lieu
à de véhémentes critiques de la part des
Siamois qui ont eu une médiocre idée de
rinfiiillibilité des calculs des architectes
européens.
Ces récriminations n'ont pas empêché
le Roi de confier à l'architecte autrichien,
M. Grassi, le .soin de construire le palais
de IJang-Pa-In dans une île du Ménam. à
soixante-quatre kilomètres de Bangkok.
C'est là que le souverain vient respirer
un air plus pur et prendre un peu de
repos chaque fois qu'il peut s'éloigner de
sa capitale.
Pendant la journée la température est
un peu plus élevée îi Bang-Pa-In qu'à
Bangkok, mais les nuits y sont plus
fraîches. La rivière qui entoure l'île où
est bâtie cette résidence contient une
grande quantité de poissons et les hérons,
qui sont le principal gibier du pays,
abondent dans le voisinage.
Les devis de l'architecte autrichien,
ajoute le Black and White, ont été aussi
largement dépassés à Bang-Pa-In qu'à
Bangkok.
Ce n'est pas seulement sur les bords
du Ménam que les architectes se trom-
pent parfois dans leurs évaluations.
Les palais sont construits à l'image du
prince. La façade est européenne, mais la
distribution intérieure des appartements
et surtout le genre de vie que mènent les
hôtes des deux royales demeures ont un
caractère essentiellement oriental. Par
l'affabilité de ses manières, son in.struc-
tion, son goût pour les progress de la
civilisation moderne, le roi Tchoulalon-
korn produit sur les étrangers admis en
sa présence l'impression d'un prince
européen égaré siir un trône de la
péninsule indo-chinoise; mais une fois
rentré dans l'intérieur de sa lésidence,
les mœurs et les traditions nationales
reprennent leur empire et ces fastueuses
constructions, si modernes en apparence,
sont en réalité d'immenses harems.
L'accès du Klutng Naï, c'est-à-dire de
la partie intérieure du palais, dit le
Lady's Realm, est rigoureusement inter-
dit à to"ut individu du sexe masculin,
sans qu'il y ait lieu de distinguer entre
les étrangers et les indigènes, saufen des
circonstances extrêmement rares, et en-
core une escorte composée de .serviteurs
de confiance est-elle de rigueur. Le roi
est le seul représentant de son sexe qui
vive dans cette communauté de femmes
dont le nombre dépasse plusieurs milliei's.
Un corps de police exclusivement com-
posé de femmes maintient l'ordre et
administre aux délinquantes la peine du
fouet. Les princesses du sang devenues
épouses du Roi ont seules le privilège
de ne pas être soumises à ce genre de
châtiment.
Quelques dames étrangères ont obtenu
l'autorisation de pénétrer dans la partie
intérieure du palais la plus impitoyable-
ment fermée aux visiteurs du sexe mas-
culin; une d'elles a été présentée à la
Première Reine, qui comprend quelques
mots d'anglais.
Si la langue de Shakespeare a pénétré
dans le Khatuj Nai que des centaines
d'agents de police femelles, armés de
fouets de rattan, semblaient si bien
182
VARIETES.
protéger contre l'invasion des idées euro-
péennes, c'est que le Roi a eu pendant
plusieurs années auprès de lui un maître-
ès-arts de l'Université d'Oxford qui don-
nait des leçons d'anglais aux jeunes
princes.
Toutefois il est à observer que l'héri-
tier du trône de Siara, dont les journaux
de Londres célèbrent volontiers les mé-
rites parce qu'il est élevé en Angleterre,
n'est pas le fils de la Première Reine.
Le souvei"ain régnant ayant le droit de
désigner son successeur, Tchoulalonkorn
avait d'abord choisi le fils aîné de la
Première Reine, mais ce prince est mort
il y a deux ans et c'est le fils aîné de la
Seconde Reine qui a été investi du rang
et des honneurs d'héritier présomptif
Un autre des fils de la Seconde Reine, le
jeune prince Chakrapat, a été également
envoyé de très bonne heure en Angle-
terre où il reçoit l'éducation que les fa-
milles de l'aristocratie britannique font
donner à leurs enfants.
La hiérarchie qui existe entre les fem-
mes du souverain est très mal connue,
dit le Lady's Realm. Les Siamois n'ai-
ment pas à donner aux étrangers des
renseignements sur cette question, parce
que les lois de l'étiquette admise dans la
haute société indigène de Bangkok ne
permettent pas de faire allusion à un
sujet aussi délicat. La Première Reine a
le pas sur toutes les autres, la Seconde
Reine vient ensuite et il est parfois
question d'une Troisième Reine, mais il
n'est pas bien sur que cette dignité soit
toujours pourvue d'une titulaire.
Les deux ou les trois reines doivent
être toujours choisies parmi les plus
proches parentes du souverain et elles
forment avec les autres princesses du
sang admises dans le Khang Naï une
classe à part ayant droit de préséance
sur les épouses qui, par leur origine,
n'appartenaient pas à la maison royale.
Tous les enfants n'en sont pas moins
légitimes, sans qu'il y ait lieu de recher-
cher de quelle famille leurs mères étaient
issues. La descendance du roi Tchoulalon-
korn doit être très nombreuse; avant
d'avoir achevé sa quinzième année, le
jeune souverain, qui avait été de très
bonne heure appelé au trône, était déjà
père de deux enfants.
Il ne faut pas s'étonner si le Khang
Naï est encombré de princesses du sang.
La destinée des filles des rois de Siam est
vraiment à plaindre: elles sont condam-
nées à être reines ou à mourir dans le
célibat. Lorsque c'est leur père ou leur
frère qui règne, aucune espérance de
mariage ne saurait luire pour elles; leur
unique chance de salut est d'attendre
l'avènement d'un oncle, d'un neveu ou
d'un cousin. Si l'influence des années n'a
pas eu le temps de se faire trop cruelle-
ment sentir, elles reçoivent alors la dig-
nité d'épouse qu'un proche parent aurait
mauvaise grâce à leur refuser.
Peu importe d'ailleurs qu'elles soient
mariées avec le Roi ou condamnées à
vivre dans le célibat, elles n'en sont pas
moins entourées d'honneurs extraoïxii-
naires. A la cour de Siam, la célèbre
maxime espagnole « Ne touchez pas à la
Reine» est appliquée à toutes les prin-
cesses du sang.
Elles sont protégées avec un soin si
jaloux contre tout contact avec le monde
extérieur, dit M. Dïmond Braine dans le
VARIÉTÉS.
188
Lady's Realm, qu'en 1879 une sœur
aînée de la Première Reine se noya
en présence d'un grand nombre de
spectateurs sans qu'auctm d'entre eux
osât mettre la main sur son intangible
personne, mi'me pour l'arracher à une
mort certaine.
Après le Roi, c'est le célèbre Eléphant
blanc qui est le pereonnage le plus consi-
derable de l'Etat. Un pavillon spécial lui
est l'éservé dans les dépendances du
palais de Bang-Pa-In. Il est l'emblème
vivant de la patrie. Son image se retrouve
sur les armes -royales, les monnaies et
les drapeaux. Les étrangei's qui obtien-
nent, non sans peine, la faveur de lui
rendie visite éprouvent une déception.
Encore une illusion qui s'en va. L'Elé-
phant blanc n'est pas blanc, il est gris;
il ne doit sa qualification officielle qu'à
un petit nombre de taches blanches qu'il
porte sur le dos. En réalité, il ne se dis-
tingue guère de ses pareils que parses
yeux qui sont d'une belle nuance bleue.
Ces titres suffisent pour qu'il soit admis
dans le palais du Roi et qu'il reçoive les
honneurs n'iservés à une créature vi-
vante qui doit contenir en germe l'in-
carnaticm de quelque futur Bouddha.
Aux yeux de tout bon Siamois un pays
qui possède un de ces animaux sacrés
doit le conserver avec un soin jaloux,
comme un gage assuré de bénédiction
céleste, de paix et de prospérité.
6. Labadie-Lagrave.
CONGRES INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES DE HANOÏ
sous LE PATRONAGE DU GOUVERNEMENT GÉNÉRAL DE L'INDO-CHINE.
Monsieur,
Comme suite à notre première circu-
laire, nous avons l'honneur de vous com-
muniquer les articles suivants de l'arrêté
de M. le Gouverneur Généml de l'Indo-
Chine qui fixe les conditions dans les-
quelles s'ouvrira et se tiendra du 4" au 6
Décembre 1902, le Congrès international
des Orientalistes de Hanoï:
Article 6. — Les membres du Congrès
délégués officiellement par les gouverne-
ments, administrations, sociétés et corps
savants, recevront une réquisition qui
leur donnera droit au passage gratuit,
nouri'iture comprise, en première classe,
sur les lignes maritimes françaises con-
duisant en Indo-Chine.
Cette réquisition leur sera délivrée,
sur la présentation de leurs cartes de
délégués, au service Colonial, à Marseille,
ou dans les Consulats français des ports
d'embarquement.
Article 7. — Les adhérents au Congrès
sans délégation officielle recevront une
réquisition qui leur donnera droit à une
réduction de 33'/o applicable aux prix du
transport et de la nourriture sur les
lignes maritimes françaises conduisant
en Indo-Chine.
Article 8. — Les cartes de délégués
et d'adhérents seront délivrées par les
comités d'initiative et d'organisation,
aux conditions qui seront fixées par ces
deux comités.
Article 9. — Les délégués ou adhérents
184
VARIETES.
se rendant des ports de l'Amérique du
Nord en Indo-Chine par le Japon, rece-
vront à Yokohama, leur réquisition de
passage. Arrivés à destination, ils seront
remboursés de leurs frais de voyage
entre leur port d'embarquement et Yo-
kohama, savoir, les délégués en totalité
et les adhérents dans la proportion de
33<»/o- T-ies fi'ais de leur voyage de retour
leur seront payés, avant leur départ,
dans les mêmes conditions.
Article 10. — Des circulaires des Co-
mités d'initiative et d'organisation déter-
mineront les détails d'exécution des pré-
sentes dispositions.
La cotisation, obligatoire pour tous les
membres, est fixée à 20 francs; elle donne
droit aux Comptes-rendus du Congrès. —
M. Ernest Leroux, 28, rue Bonaparte,
Paris, a été désigné pour être le Trésorier
et l'Editeur du Congrès.
Les adhésions des membres du Congrès,
désireux de profiter des facultés accor-
dées pour le voyage, parleGouvernement
général de l'Indo-Chine, devront parvenir
à M. Henri Cordier, 54, rue Nicolo, Paris
(16"), avant le 31 août 1902.
La date exacte du départ de Marseille,
qui aura lieu au commencement de No-
vembre, sera ultérieurement fixée.
Au cas où vous auriez des observations
à nous soumettre ou des questions à nous
adresser, nous vous prions d'entrer en
rapport avec l'un des deux secrétaires du
Comité d'initiative:
M. Henri Cordier, professeur à l'Ecole
des langues orientales vivantes, rue
Nicolo, 54, Paris (16*).
Et M. Louis Finot, directeur de l'Ecole
française d'Extrême-Orient, Saigon.
COMITÉ d'initiative.
Président: M. E. Senart, de l'Institut.
Secrétaire général : M. Henri Cordier,
professeur à l'Ecole des langues orientales
vivantes.
Membres: MM. Barbier de Meynard,
Barth, Bréal, Dr. E.-T. Hamy, de l'In-
stitut; MM. Ed. Chavannes et Sylvain
Levi, professeurs au Collège de France ;
Bonet, Lorgeou, Léon de Rosny, Vinson
et Vissière, professeurs à l'Ecole des lan-
gues orientales vivantes; E, Aymonier,
directeur de l'Ecole coloniale; Ch. Lemire,
Ré.«ident honoraire de France en Indo-
Chine; E. Guimet, directeur du Musée
Guimet; Victor Henry, professeur à
l'Université de Paris ; Maurice Courant,
maître de conférences à l'Université de
Lyon.
Paris, le 1" Mai 1902.
LA COLORATION DENTAIRE DES ANNAMITES.
Une singularité qui surprend vivement
les voyageurs, lorsqu'ils débarquent pour
a première fois sur la terre d'Annam, est
la couleur des dents des indigènes.
Tous les Annamites, en effet, ont les
dents noires.
Et l'examen de ce phénomène déter-
mine, chez l'observateur, la certitude dé-
concertante que cet aspect étrange n'est
point constitué par des taches comme en
pourraient faire apparaître des caries;
qu'il ne résulte pas davantage d'un défaut
VARIÉTÉS.
185
de soins relatifs à la toilette de la bouche.
Les Annamites — c'est un point hors
de discussion — ont un très grand souci
de leurs.dents. Ils poussent la coquetterie
jusqu'à les faire réduire par d'habiles
dentistes malais, afin de les avoir petites
et régulières: «comme des graines»,
disent-ils.
Au surplus, la couleur noire qui les ca-
ractérise fait corps avec elles; elle est
d'une teinte absolument uniforraeetbril-
lante comme l'émail môme — mais un
émail qui serait noir, d'un noir de jais.
Est-ce à dire que cette apparence soit
naturelle?
Les Annamites — toujours disposés à
mystifier l'Européen — ont contribuée
répandre chez nous cette croyance que
leurs dents devenaient noires à l'usage
du bétel.
Telles de jolies femmes, égarant de trop
curieuses amie.s — rivales éventuelles —
sur les secrets de leur toilette.
L'explication par l'action du bétel ne
r«''siste pas à un examen srrieux et il faut
convenir que les partisans européens de
cette opinion ont eu le grave tort d'ac-
cepter à la légère une assertion dont ils
auraient dû préalablement contrôler la
sincérité.
Pour se ren.seigner sur l'eflet réel que
peut produire la mastication du bétel, il
suffît de connaître les éléments constitu-
tifs d'une chique.
La chique de bétel, qu'on dénomme en
langue annamite d'une façon moins gros-
sière miêivg traUy c'est-à-dire «bouchée»
de bétel, se compose invariablement d'une
feuille de liane à bétel {la trau), dans la-
quelle on enferme une noix d'arec con-
cassée {hot eau), mêlée à un peu de chaux
éteinte (voï).
La mastication de cette chique a pour
but principal de provoquer unesalivation
abondante, de «tromper la soif», comme
on dit vulgairement, la soif funeste con-
seillère dans les pays chauds.
Cette opération produit également, il
est vi-ai, un effet chimique, mais cet efTet
est momentané.
Il consiste à colorer la salive en rouge,
ce qui donne aux chiqueurs de bétel,
comme aux broyeui-s de liachich, une
bouche d'aspect sanguinolent à l'état
humide et des lèvres qui, sèches, parais-
sent exagérément fardées.
Mais là s'arrête l'influence de la chique
de bétel. Elle n'attaque pas les dents; elle
peut à la longue, peut-être les rouiller su-
perficiellement; elle ne leur donnera ja-
mais la coloration merveilleusement noire
qui caractérise les dents des Annamites.
Cette première opinion écartée, devons-
nous nous ranger à l'avis de ceux qui pré-
tendent que la coloration dentaire d'An-
nam est le résultat d'une application mé-
thodique de laque?
Evidemment non; car si le laque de
Chine sert en Orient, a mille usages di-
vers, il n'est pas employé comme vernis
dentaire.
La vérité est que cette coloration arti-
ficielle, — purement artificielle, hàtons-
nous de le dire — est d'une nature toute
particulière.
Les Annamites ont une horreur pro-
fonde des dents blanches, des «dents
nues».
I Dans leurs comédies, il n'est pas rare
de rencontrer des allusions à ce qu'ils
nomment nos «débris de porcelaine».
J'ai eu l'occasion d'intervenir un jour
personnellement à propos de l'insolence
d'un acteur qui mit en délire le public
186
VARIETES.
d'un théâtre de village où se donnait,
en présence d'Européens, une comédie
populaire.
L'histrion, comptant bien qu'il ne serait
point compris par nous dans sa langue
maternelle, avait intercalé, au milieu de
son récitatif, ces mots à noti'e adresse :
«Avec leurs moustaches en balai et leurs
dents blanches, quand ils dévorent com-
me des bêtes leur viande crue (bifteck),
ils ressemblent à des chats affamés dont
on aurait frotté le museau avec de la
fiente d'aigrette».
Le secret de la coloration dentaire
chère aux Annamites est des plus simples,
encore que d'une application délicate,
presque savante, si j'ose m'exprimer ainsi.
Pour parvenir au résultat, il faut être
patient comme peut l'être un Oriental.
Les dents (rang) sont tout d'abord la-
vées d'une façon très minutieuse, puis
longuement frottées à la poudre de corail
de manière à être rendues exemptes de
toute souillure.
Par surcroît de précautions, l'opéra-
teur parachève son nettoyage avec une
friction énergique de vinaigre de riz; puis
il procède méthodiquement à la colora-
tion progressive des dents.
Pour cela, avec de petits pinceaux spé-
ciaux, il badigeonne légèrement chaque
dent, sur toutes les faces qu'elle présente,
avec un enduit fait de miel (mat ong),
dans la pâte duquel ont été pétris ensem-
ble du noir animal (mo hong) et de la
poudre decalambac(/îrnaw, bois d'aigle).
Plusieurs couches sont de la sorte cha-
que jour successivement appliquées, à la
suite desquelles le patient — oh! combien
— doit tenir la bouche ouverte jusqu'à ce
que la siccité soit venue.
L'opération néces.site plusieurs séances
pour être parfaite et ce supplice réel est
— je dois Tatouer, ayant pu m'en rendre
compte moi-même — supporté sans fati-
gue apparente, en tout cas sans mauvaise
humeur, par ceux qui sont les volontaires
victimes, esclaves d'une mode inflexible.
Orientaux doués d'un nonchaloir extrême.
L'enduit qui recouvre les dents consti-
tue en réalité un véritable vernis qui
n'atteint point les couches profondes de la
dent, mais qui — quoique superficiel —
forme une gaîne protectrice parfaite.
.le ne serais pas éloigné de croire —
comme l'opinion en est répandue en pays
d'Annam — que c'est à ce recouvrement
que les indigènes doivent leur merveil-
leuse immunité contre les odontalgics.
Les vieilles gens usent leurs dents jus-
qu'à l'extrême limite de la gencive. Cet
avantage est peut-être dû également à
la chaleur constante, presque invariable
de l'air ambiant, et aussi aux boissons
toujours tièdes qu'absorbent les Anna-
mites.
Mais il est incontestable, cependant,
que l'émail artificiel protège, d'une façon
très efficace, le corps de la dent.
Le seul fait de supprimer le contact de
l'air, d'arrêter le frottement immédiat et
l'action directe des corps étrangers, cons-
titue une amélioration très appréciable.
Si nos dentistes européens découvraient
sur ces données un émail blanc artificiel
qui remplaçât l'émail noir des Annamites,
tout en possédant les qualités essentielles
de solidité, de durée et de finesse, l'illu-
sion serait complète avec la nature.
Et peut-être les maux de dents dimi-
nueraient-ils.
C'est un vœu à formuler.
Paul d'Enjoy.
(Bull, de la Soc. (V anthropologie.)
BULLETIN CRITIQUE.
Publications de V Ecole française
d'Extrême- Orient.
L'Ecole française d'Extrême-
Orient fondée à Saigon par M.
Paul Donmer, Gouverneur-Géuéral
de rindo-Chiue française et dirigée
par M. Louis Finot, manifeste la
plus louable activité. Outre son
Bulletin, elle a entrepris une double
série de Publications; l'une, grand
in-8, du format des Publications de
l'Ecole des Langues Orientales, de
Paris, qui comprend déjà trois
ouvrages: Numismatique annamite
par le Capitaine Désiré Lacroix;
Nouvelles Etudes sur les Chams par
M. A. Cabatün et Phonétique an-
namite par M. CADièRP,; l'autre,
in-folio, débute par un Atlas
archéologique de V Indo-Chine dû au
Capitaine de LAJONquièRE. Enfin
est en préparation une Bibliothèque
de VEcole Française d'Extrême-
Orient dont le premier volume
Eléments de Sanscrit classique par
Victor Hknry, Professeur à l'uni-
versité de Paris, est sous presse.
Nous allons passer en revue les
volumes de cette collection qui fait
le plus grand honneur à la science
et à l'esprit d'entreprise de la
jeune Ecole.
L Numismatique Annamite par
Désiré Lacroix Capitaine d'Ar-
tillerie de Marine. Saigon, Imp.
Ménard et Legro9, gr. in-8, et
Atlas de 40 pi.
D'excellents comptes-rendus de
cet ouvrage ont été publiés dans le
Jour. Roy. As. Soc, le Journal
Analique et la Revue Critique par
188
BULLETIN CRITIQUE.
MM. le Dr. S. W. Bushell, Ed.
Chavannes et Maurice Courant.
J'y renvoie le lecteur. La base
même de la Numismatique de M.
Lacroix est l'excellent travail de
M. J. Silvestre imprimé à Saigon
en 1883: Noies pour servir à la
recherche et au classement des
Monnaies et Médailles de VAnnam
et de la Cochinchine française:, M.
Lacroix a d'ailleurs dédié son livre
à M. Silvestre. «Il faut remonter
jusqu'au VP"^^ siècle de notre ère,
écrit M. Lacroix, pour entendre
parler pour la première fois de
monnaies purement annamites.
Jusqu'à cette époque, celles dont
les populations ont fait usage ont
été importées par les Chinois. Les
premières monnaies annamites, qui
sont très rares, sinon introuvables,
portent le chiffre de Thiên-B'tCc et
furent émises par Ljf-Nam-Dê en
541. Le peu de durée du règne de
ce monarque n'a sans doute pas
permis d'en fabriquer de grandes
quantités, et il est probable que
l'usage de cette monnaie fut pros-
crit dès que les gouverneurs chi-
nois eurent rétabli, dans le pays,
l'autorité impériale (603). Jusqu'au
X""® siècle, il n'est plus question
de monnaies annamites, et le Kou-
tsiuen-hoei, traité chinois des an-
ciennes monnaies de cuivre, qui
donne le dessin de quelques pièces
annamites, présente, comme plus
ancien chiffre, celui de TJiâi-B\nh,
du règne de Tiên-Hoang (968 —
980). A partir de cette époque, et
jusqu'en 1428, plusieurs souverains
se sont abstenus d'émettre des
monnaies pour des raisons diverses
dont il sera parlé dans le cours
de cette étude. Ces rois acceptèrent
dans ce cas la circulation des mon-
naies chinoises de l'époque, fondues
daus les provinces de Quang-Si,
Quang-Tong et Fou-Kien, et im-
portées par des navires chinois.
Ces monnaies étaient plus petites
que celles en usage en Chine, et
portaient le chiffre de règne des
empereurs qui régnaient alors sur
le Céleste Empire. Les rois de la
dynastie Le ont émis des monnaies,
ainsi que les nombreux usurpateurs
qui ont occupé le trône pendant
cette période si troublée de 1428 à
1800; ces pièces sont, d'une ma-
nière générale, en tous points sem-
blables à celles en usage en Chine.
BULLETIN CRITIQUE,
189
Les empereurs de la dynastie des
Nguyen, dont Gia-Long a été le
fondateur, ont essayé d'apporter
quelques changements au système
monétaire du Céleste Empire suivi
par leurs prédécesseurs, principale-
ment en ce qui concerne les mon-
naies en argent, mais ces modifi-
cations n'ont été que passagères et,
de nos jours, les habitants du pays
d*Aanam font encore usage de
monnaies semblables à celles que
leurs ancêtres employaient il y a
plus de 1300 ans». M. Lacroix
étudie les Monnaies dans la pre-
mière partie de son ouvrage; dans
la deuxième, il décrit successive-
ment les médailles t) royales, 2)
amulettes, 3) honorifiques et les
décorations; une troisième partie
est consacrée aux Monnaies de
rindo-Chine française et au Papier-
monnaie; à la fin se trouve une
table chronologique des souverains
de TAnnam.
II. — Nouvelles recherches sur
les Chams par Antoine Cabaton.
Paris, Ernest Leroux, 1901, in-8,
pp. 215.
Les Tchames, ou Tjames, ou
Chams, comme les appelle M. Ca«
baton, sont les habitants de Tan»
cien royaume de Tchampa que
Bergaigne {Jour. As., 1888) nom-
mait Campa. Marco Polo et Odoric
de Pordenoue ont parlé de ce pays
auquel Sir Henry Yule a consacré
une note dans son édition du récit
du célèbre voyageur vénitien. M.
Aymonier a fait une étude spéciale
du peuple tchame et M. A. Barth
s'est occupé comme Bergaigne des
inscriptions. «Les Chams, dit M.
Cabaton, constituent une race à
part, ils diffèrent beaucoup des
Annamites. Alors que ces derniers
sont petits (1"^,59 en moyenne),
les Chams atteignent parfois la
taille de l'^jTO, dépassant un peu
celle des Cambodgiens.... La cou-
leur de la peau des Chams varie du
brun foncé au brun rouge clair....
[La langue] cham est un rameau
du malais qui se distingue comme
lui par l'invariabilité des mots,
la présence d'affixes, de préfixes,
d'infixés et de suffixes permettant
de varier à volonté ie sens des
racines et de les transformer en
substantifs, verbes actifs ou passifs.
190
BÜLLKTIN CRITIQUE.
C'est une laugue mixte dout le
fond surtout malais, rempli de
mots qui se retrouvent dans les
langues malayo-polynésiennes (ja-
vanais, sundanais, bugi, batak,
balinais, awaiama, mala, murua,
etc.), foisonne d'éléments com-
muns aux langues khmère, anna-
mite et chinoise et à celles des
peuplades «sauvages» de l'Iu do-
Chine, sans compter un fort con-
tingent de mots sanscrits et arabes
introduits avec le brahmanisme et
l'islamisme».
Outre des notices sur les Divi-
nités masculines et les divinités
féminines, etc., les fêtes religieuses
des Chams, des notes anthropologi-
ques, des remarques linguistiques,
des principes de lecture et d'écri-
ture chames, M. Cabaton donne
des textes, avec la transcription et
la traduction. Une bibliographie,
un index des mots sanscrits et un
index analytique terminent ce vo-
lume fort intéressant.
ni. — Phonétique annamite
{Dialecte du Haut-Annain) par
L. Cadière, de la Société des Mis-
sions étrangères à Paris. Paris,
Imp. Nat. (Ernest Leroux), 1902,
gr. in-8, pp. xiii — 113.
M. Cadière entend par Haut-
Annam, les trois provinces septen-
trionales de l'Annam, à savoir:
«le Thù'a Thiên, le Quang Tri et
le Quàng Bînh, non tout entier,
mais jusqu'au Sông Gianh; au delà
de ce fleuve en effet, c'est-à-dire
dans la préfecture actuelle de
Quang Trach (ancien Bô Chinh),
on trouve le peuple tonkinois avec
sa physionomie distincte et déjà
quelques particularités dialectales».
Le Sông Gianh, ou mieux la chaîne
de collines dite de Dâ Nhay, dans
le Quàng Binh, était, ainsi que le
fait remarquer M. Cadière, les
limites de l'Annam et du Tong-
King. Cette étude est purement
phonétique; M. Cadière ne s'occupe
pas pour le moment des expres-
sions, des mots particuliers au
dialecte, ni à plus forte raison,
des formes syntaxiques. Cette étude
est divisée en trois parties : V mo-
difications des voyelles; 2° modifi-
cations des consonnes; 3° modifi-
cations des accents; dans un ap-
pendice sont mentionnées quelques
WÜI.LBTIW CRITIQUE.
191
particularités d'ordre secondaire
qui intéresseot la phonétique de
la laugue.
Atlas archéologique de VIndo'
Chine — Monuments du Champa
et du Cambodge par le capitaine
E. LuNET DE Lajgnquièiie de l'in-
fanterie coloniale*. Paris, Imp. Na-
tionale, MDCCCCI, gr. in-fol., pp.
24 et 5 cartes.
M. le capitaine de Lajonquière,
attaché avec l'autorisation du Gé-
néral Borgnis-Desbordes pendant
deux ansa l'Ecole d'Extrême-Orient,
a réuni les matériaux de ce grand
travail qui nous donne la liste et
l'emplacement de tous les monu-
ments importants de l'Annam et
du Cambodge français. Cinq cartes
dressées k l'aide de la Carte de
rindo-Chine au Vsooooo publiée par
l'Etat-Major du corps d'occupation
(édition de juin 1899) portent
marqués par des points rouges
l'emplacement des points archéolo-
giques: 1° Anuam Sud; 2° Ânnam
Nord; 3° Cambodge Sud; 4° Cam-
bodge Nord; 5° Carte générale de
rindo-Chine. Ces cartes sont ac-
compagnées de deux tables; la
première est un inventaire som-
maire des monuments par cir-
conscriptions administratives; la
seconde est un répertoire alphabé-
tique des points archéologiques
contenus dans l'Atlas. — Les anti-
quités d'origine chinoise ou anus-
mite ont été provisoirement écar-
tées de ce travail qui nous marque
en réalité ce qui nous reste de la
civilisation hindoue dans l'ancien
royaume de Tchampa et dans la
partie française du Cambodge; la
partie siamoise du Cambodge sera
étudiée plus tard.
M. L. Finot, Directeur de
l'Ecole d'Extrême-Orient, dit avec
raison dans la préface qu'il a
placée en tête de cet Atlas: «-Ou
s'apercevra sans peine que cet
ouvrage surpasse en exactitude et
en précision tous les essais tentés
jusqu'à ce jour pour la détermi-
nation cartographique des monu-
ments de l'Indo-Chine. On appré-
ciera peut-être moins facilement
tout ce qu'il représente de labeur
et de véritable dévouement».
Henri Cordikr.
CHRONIQUE.
ALLEMAGNE ET AUTRICHE.
Notre collaborateur, Monsieur le Docteur Friedrich Hirth, a été appelé à la
nouvelle chaire de Chinois créée à la Columbia University à New- York.
Il est vraiment à regretter que l'Allemagne se laisse enlever son meilleur
Sinologue, au lieu de lui offrir la chaire de Chinois classique à Berlin laissée
vacante depuis le décès de Von der Gabelentz. Nous apprenons encore que M.
Hirth se rendra pour un an à Saint Pétersbourg où l'Académie impériale des
Sciences l'a chargé de faire le catalogue de ses livres et manuscrits chinois.
Berlin, l" mai. — Le comte de Waldersee, de passage à Dresde, a déclaré à
un rédacteur du Dresd Anzeiger, qu'il était allé en Chine pour prévenir et
apaiser les conflits entre nations rivales. Il a réussi à adoucir les frottements
entre les Russes et les Anglais. Le maréchal de Waldersee a fait l'éloge du
général Bailloud, qui voit les intérêts vitaux de la France dans le développe-
ment de son empire colonial.
Le comte de Waldersee attribue la grande réserve des officiers russes à leurs
sentiments germanophobes datant du Congrès de Berlin.
Selon le maréchal de Waldersee, le traité anglo-japonais a une impoi'ti\nce
capitale.
Les Japonais considèrent la guerre avec la Russie comme inévitable et s'y
préparent activement.
De son côté, la Russie profite des délais pour fortifier les points faibles.
Il a ajouté que toutes les puissances sont attirées vers la vallée du Yang-Tsé
à cause de ses richesses.
CHINE.
Pékin, 6 mai. — La légation française n'a pas reçu d'autres nouvelles du
théâtre des troubles locaux, dans le sud-est de la province du Tchi-Li. Un mis-
sionnaire anglais dans un village voisin annonce que les troubles n'ont atteint
qu'un seul district.
CHRONIQUE. 193
Le P. M. Lomuller, S. J., lorsqu'il a été assassiné, voyageait seul, sans escorte,
et sans avoir prévenu les autorités cliinoises. Il n'y a aucune raison pour douter
que Youan Clii-k'a'j ne puisse réprimer promptement les troubles. (Tim<ui.)
Pékin, 6 mai. — Le consul Kahn, qui représente la légation françiiise, est
arrivé à Tcheng-Ting-Fou, où il s'arrêtera pour l'aire une enquête au sujet du
meurtre récent d'un jésuite français.
D'après des informations relatives aux causes de la révolte actuelle, il parait
que certains fonctionnaires ont fait payer à plusieurs Chinois le privilège de
s'enrôler dans l'armée de Youan Chi-k'aï, .sous prétexte qu'ils devaient recevoir
un uniforme et une solde convenable. Non seulament ils n'ont reçu ni l'uni-
forme ni la solde, mais encore ils ont été victimes d'autres exactions.
On se plaint beaucoup de ce que les propriétés des convertis, saisies en 19(X),
n'aient pas été restituées aux propriétaires, comme il avait été stipulé aux ter-
mes de l'accord de Tchou-Fou. (Laffan.)
Pékin, 7 mai. — Mgr. Favier a été informé que 10,000 hommes armés, pos-
sédant plusieurs canons et un grand nombre de pièces d'artillerie, prennent
part au soulèvement du Tchi-li. Mgr. Favier doute que les soldats envoyés par
Youan Chi-k'aï soient assez nombreux pour soumettre les rebelles. Les troupes
de Youan Chi-k'aï doivent être arrivées, aujourd'hui, avec dix canons Gatling,
sur les lieux des troubles.
C'était des recrues qui avaient pris part aux rencontres^ précédentes. Le chef
du soulèvement est un mandarin militaire qui a massacré sa famille pour la
soustraire à des châtiments au cas où il subirait un échec.
Les représentants diplomatiques des diverses puissances se sont réunis, au-
jourd'hui, et ont fait subir aux réclamations pécuniaires certaines réductions,
afin de les proportionner au montant de l'indemnité. Ils ont décidé qu'il ne
leur appartenait pas de donner une interprétation du protocole au sujet de
plusieurs questions relatives aux douanes qui leur étaient soumises par sir
Robert Hart.
Lyon, 7 mai. — Les récentes nouvelles de Chine ont mentionné le massacre
d'un missionnaire français dans la région de Wei-Hien et de Taï-Ming-Fou.
D'après les Missions catholiques, il s'agit du P. Lomuller, Jésuite originaire de
Saint-Dié. Il était âgé de cinquante ans, et il y avait treize ans qu'il était en
Chine. C'était un ancien médecin-major de l'armée française.
Les troupes du général Youan Chi-k'aï ont rencontré, le 9 du coui-ant, 3,000
rebelles du sud du Tchi-Li, dans une position fortifiée. Elles ont tué un millier
de Boxeuts; le commandant en second et les autres rebelles se sont enfuis.
On raconte à Peking que la fin de l'engagement a i-essemblé à un massaci-e
14
194 CHRONIQUE.
et que les soldats ont tué impitoyablement tous les blessés ; 200 rebelles ont
été tués dans un autre engagement.
On considère la rebellion comme réprimée. Les ministres des puissances re-
présentées dans le gouvernement provisoire de Tien-Tsin ont commencé aujour-
d'hui à élaborer les conditions auxquelles le gouvernement de la ville sera
bientôt remis aux Chinois.
Marseille, 17 mai. — Le Persia, de la Compagnie péninsulaire orientale,
courrier de Colombo et de Bombay, est arrivé ce matin avec 320 passagers,
dont plusieurs officiei's supérieurs anglais et quatre rajahs accompagnés d'une
suite nombreuse et se rendant aux fêtes du couronnement d'Edouard VIL
Le navire apporte de Chine les nouvelles suivantes:
Dans le Kouang-Si, la rébellion a pris des proportions extrêmement graves.
Le vice-roi de Canton, Tao-Mou, a envoyé le général Ma et deux bataillons pour
joindre le maréchal Sou. Le général Ma a attaqué les rebelles à Fang-Cheng.
La bataille a duré deux jours et le général a dû batti'e en retraite. La ville
de Fang-Cheng est tombée au pouvoir de l'ennemi, qui y a établi son quartier-
général après l'avoir pillée. Les mandarins ont été faits prisonniers. En ce mo-
ment, la révolte s'étend aux trois provinces de Kouang-Si, de Quang-Tang et
de la frontière du Yun-nan. Toutes les affaires sont suspendues.
Après la défaite de Fang-Cheng, le général Ma et le maréchal essayèrent de
se joindre; mais les rebelles, qui occupaient les points stratégiques les plus
importants, les en empêchèrent. La plupart des soldats des troupes impériales
ont passé à l'ennemi, qui leur pi'omet une solde plus élevée et leur assure le
pillage.
Le chef des rebelles est un nommé Houng-Ming, parent éloigné du célèbre
chef de la révolte de T'ai-P'ings. C'était un officier de l'armée régulière, mais,
à la suite de désagréments personnels, il se retira dans le Kouang-Si il y a
deux ans. Depuis il ne cessa de prêcher au peuple l'incapacité de la famille
régnante et la nécessité de fonder un royaume indépendant.
Les rebelles ont remporté des victoires successives; le 21 mars, deux mille
hommes du maréchal Sou passaient à l'ennemi et, avec les rebelles, s'emparaient
de la ville de Kou-tchéou; ils occupaient les arsenaux, prenaient possession des
greniers et délivraient les prisonniers.
D'après les dei'nières nouvelles de Canton, la situation est si grave que le
vice-roi a imposé la censure télégraphique et interdit toute publication relative
au Kouang-Si. Depuis le mois de mars, cependant, la situation s'est, paraît-il,
améliorée, mais elle demeure grave et menaçante.
Beaucoup pensent que cet état de choses ne fera qu'empirer si une fois pour
toutes on ne se décide à agir énergiquement. Il ne faut pas perdre de vue, en
effet, que les mandarins se disent impuissants et laissent faire.
La fameuse bande qui a tant fait parler d'elle dans la région, assassinant
CHRONTQUK. 195
Martin et attaquant la gendaimerie de Dap-Cau, vient de faire sa soumisHion.
i^es chefs et quatre lieutenants se sont rendus, mai« les simples bandits cou-
rent encore.
Le chef a avoué s'être rendu coupable de nonibreux assassinats et pillages;
quant au meurtre de Martin, il l'attribue au propre boy de la victime. Les
bandits ont été mis à la disposition du procureur de la République d'Hanoï et
transférés au chemin de fer sous bonne escorte.
Hong-Kong, 9 mai (par dépêche). — Suivant une correspondance de Wou-
tcheou, les rebelles auraient bombardé Nanning-Fou le 27 avril, pendant trois
heures. Ils auraient employé des pièces d'artillerie modernes. De trois à quatre
cents habitants auraient été tués. Les assiégeants se seraient ensuite retirés
dans les montagnes.
On annonce de Canton que deux régiments de vétérans ont été envoyés à
Nanning-Fou.
Herlin, 9 mai (par dépêché). — On télégraphie de Hong-Kong, le 7 mai:
Les nouvelles relatives au mouvement du Sud du Tchili sont meilleures. Il
ne s'agit pas d'un soulèvement général contre les étrangers comme celui des
Voxel's.
Il s'est produit, dans des districts très peu étendus, des actes de violence
contre les missionnaires; mais les renseignements donnés à ce sujet n'étaient
pas exempts d'exagération.
On est convaincu que les troupes chinoises, malgré la défaite qu'elles ont
essuyées, .sont capables de résister au mouvement, qui est probablement déjà en
décroissance.
La révolte des Deux Kouang est aussi envisagée ici d'une façon plus calme
que dans les sphères françaises de Canton.
Herlin, 12 mai (par dépêche). — On mande de Chang-Haï:
D'après une information venant de Peking, l'envoyé de Russie a protesté
formellement auprès du gouvernement chinois contre la convention relative au
nouveau chemin de fer angio chinois et plus spécialement contra la clause de
cette convention instituant une vice-direction militaire étrangère. Le repn'^sentant
des Etats-Unis se montrerait également peu sympathique à cette convention.
Selon une affirmation russe, la convention renfermerait un article reconnais-
sant aussi à la Compagnie du chemin de fer l'octroi de conce.ssions pour les
lignes suivantes: de Tien-Tsin à Pao-Ting-Fou, de Toung-Tcheou, directement
à Tang-tcheou; et de Peking, dans la direction de Kalgan.
Pék)ng, 16 mai (par dépêche) (source anglaise). — Les puissances et su ilout
la Russie s'opposent à un second accord anglo-chinois relatif à des chemins de
fer, et qui interdit aux puissances étrangères d'avoir la haute main sur tous
196 CHRONIQUE.
autres chemins de fer dans un périmètre de 80 milles du chemin de fer de
Peking à Chan-Haï-Kouan. Aucun chemin de fer dans le nord ne pourra être
sous la dépense d'une puissance étrangère quelconque.
Les lignes de Tien-Tsin et de Pao-Ting-Fou qui intéressent la France et
l'Amérique, les lignes de la Grande-Muraille à Peking, qui intéressent la Russie,
sont spécialement mentionnées.
Les Russes déclarent qu'ils n'évacueront pas la Mandchourie si l'Angleterre
persiste dans ses prétentions.
COREE.
L'ingénieur en chef Lefèvre a posé le 4 mai le premier rail de la section
Séoul-Sougdo, de la ligne Séoul-Wiju. Les représentants de la France et du
Japon, ainsi que des ministres coréens, ont pris la parole.
Cologne, 13 mai {par dépêche). — On mande de Saint-Péterebourg à la
Gazette de Cologne :
Un différend vient d'éclater entre la Russie et la Corée. Les fonctionnaires
coréens ont fait enlever des poteaux télégraphiques placés par les Russes.
L'envoyé russe à Séoul a demandé réparation au gouvernement coréen, fai-
sant rémarquer que la conduite des fonctionnaires coréens constituait une vio-
lation du droit international.
FRANCE.
M. A. VissiÈRE a dressé pour le Ministère des Affaires étrangères des Tables
de Transcription française des sons chinois comprenant: i" Une liste de noms
géographiques; 2" un répertoire alphabétique de noms de personnes; 3^ une
liste des syllabes de la langue raandaiùne de Peking. Ce système de transcription
a été adopté par la Société de Géographie de Paris. M. Vissière a donné l'ex-
plication de sa Méthode dans un article inséré dans le Bulletin du Comité de
VAsic Française, dont il a été fait un tirage à part. M. Vissière adopte la
méthode de transcription de Stanislas Julien mais en l'adaptant à la langue de
Peking.
INDO-CHINE.
De VEcho de Paris:
Le jeune éléphant, adressé par le gouverneur général de l'Indo-Chine au
Jardin des Plantes où il est arrivé la semaine dernière, se porte bien.
Il est déjà remis des fatigues de son long voyage, et il commence à ressentir
moins vivement, le froid de notre pays.
L'animal a été logé dans une écurie du quartier d'hivernage, où il restera
CHRONIQUK. 197
plusieurs années avant d'être mis en compagnie do Koutch, de Said et des
autres »''i»''phants.
Actuellement, il ne .serait pas en état de se défendre contre les brutalités
de l'énorme Said, qui passe pour un assez mauvais voisin de box.
Le Jardin des Plantes possède maintenant cinq éléphants, de tailles très
difTérentes, depuis Saïd, qui a 3 m. 75 de hauteur, jusqu'au dernier arrivant
qui ne dépasse pas 1 m. 60.
D'autre part, la ménagerie vient de recovoii-, du docteur Macau, une panthère
d'Afrique, et un rotamochoère, sorte de petit sanglier qui vit principalement
dans l'Afrique centrale.
JAPON.
Selon le Times, la flotte de guerre du Japon a actuellement une capacité de
245,000 tonnes. En 1905 elle en contiendra 255,000. Plus tard, le gouverne-
ment japonais a l'intention de faire construire dix navires avec une capacité de
■100,000 tonnes qui coûteront cent millions de yen. Seulement, on ne sait pas
encore comment et où trouver l'argent nécessaire.
De Tokio on annonce au Times, le 12 mai, que la police japonaise mène une
active campagne contre les journaux coupables de chantage. Beaucoup d'arresta-
tions ont déjà eu lieu.
BIBLIOGRAPHIE.
LIVRES NOUVEAUX.
La livraison d'Avril des «Mittheilungeu der Deutschen Gesell-
schaft für Natur- und Völkerkunde Ostasieos» (Vol. VIII, 3) con-
tient un article du Dr. L. Biëss sur le navigateur anglais au Japon
«William Adam and his grave in Hemimura*, uu du pasteur E.
Schiller «Japanische Geschenksitten» illustré de 4 gravures ainsi
qu'un long article du Dr. K. Florenz «Neue Bewegungen zur
Japanischen Schriftreforra» discutant les derniers mouvements faits
au Japon pour réformer l'écriture japonaise.
Comme on le sait, la première réforme eut lieu en 1885 quand
la Rômaji-kwai, la Société pour l'écriture romaine, fut proposée.
Elle n'a pas eu de succès et s'est éteinte en peu d'années. La
seconde réforme ne date que de l'année 1899; mais ce n'est que depuis
deux ans qu'on a commencé à s'occuper plus sérieusement d'une
réforme qui doit tendre avec le temps à débarrasser l'écriture japo-
naise des caractères chinois qui l'encombrent. Mais, selon le Dr.
Florenz cela durera encore bien des années avant qu'on réussisse
dans cette tentative, car les Japonais sont au dernier degré con-
servateurs malgré les illusions occidentales qui se bercent dans l'idée
que les réformes politiques et sociales du Japon, ont transformé ce
BIBLIOOIUPHIE. 199
conservatisme en larges idées progressives. La Chine restera toujours,
dans les idées japonaises, le pays auquel le Japou doit sa première
civilisi^tion, sou premier culte (le Bouddhisme) et ses premières
sciences et surtout l'écriture (chinoise), car les Japonais n'en pos-
sédaient aucune auparavant.
Ce n'est, pour ainsi dire, que d'hier, que les savants en Europe
ont, partiellement, abandonné le Latin dans leurs écrits, et il faudra
donc énormément de temps avant que les Japonais abandonnent
l'écriture chinoise sacrée pour une écriture vulgaire, qui, après tout,
sera toujours basée sur l'écriture chinoise.
Les Japonais auraient mieux fait d'adopter l'alphabet latin, qui
devra pourtant être accepté plus tard, et qui faciliterait énormément
les relations littéraires entre le Japon et l'Occident.
Le Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient, Janvier— Mars
1902, contient un article du Directeur, M. Finot, sur la transcription
adoptée pour le Cambodgien; une description du Sanctuaire de
Po-Nagar à Nhatrang par M. Paumkntieu, et une Géographie his-
torique du Quang Binh d'après les Annales impériales par le R. P.
Cadière.
Ensuite des Notes sur Çanf et Campa par M. Barth, une sur
l'exécution des fouilles par M. Paumentibr et une de M. Odkmd'hal
sur l'existence de ruines à Giam-Biêu.
Dans la «Bibliographie» M. Pelliot donne un compte-rendu
critique de mon article sur Sumatra, dans lequel il me reproche de
transcrire les caractères ^ ^ dans çrîbodja, çrxgupta^ etc. par m
et non pas par çri. Je ferai remarquer à M. Pelliot que les Malais
ne peuvent pas prononcer le ç palatal sanskrit, et qu'ils le rem-
200 BIBLIOGRAPHIE.
placent par un s dental. Le Sanskrit çri devient toujours eu Malais
sert et srI, comme il devient sïrî en Pâli.
Or I-tsing, ayant entendu ces mots de la bouche des Malais de
la côte orientale de Sumatra, a certainement voulu transcrire par
^ Tpl] sit-li (= sir-ri) le mot malais ser«, contracté en Sri.
Souvenirs de la révolte des T'aï Ping
(1802—1863)
PAR
M. le CommandaDt DE MAROLLES. ')
-c£xa>»»
1863.
Le 6 Mars, la Renommée^ frégate de V^^ raug, mouille à Wou-soung,
après une traversée fort pénible faite à contre-mousson. Les nouvelles
que l'on me communique sont très graves: les T'aï P'ing ^ 2^ sont
en nombre autour de Chang-haï et de Wou-soung, qu'ils bloquent,
espérant les affamer, mais n'osant les attaquer. Presque tout est tué
ou brûlé par eux. Les jeunes garçons, les jeunes filles sont épargnés.
Les deux cours d'eau de Chang-haï charrient constamment des cadavres.
Les habitants des campagnes qui ont pu s'enfuir, se réfugient par
milliers à Wou-soung et à Chang-haï. La population de cette der-
nière ville se monte maintenant à trois millions et celle de Wou-soung à
200,000. Les femmes et les enfants sont logés tant bien que mal,
1) M. le Commandant de Marolles, Juks-ÄuguHe, qui a &rit pour moi ces souvenirs,
après avoir été an des officiers les plus distingués de la marine française, paue sa verte vieillesse
dans la retraite à Tours. Né à Batavia, le 26 décembre 1809, M. de Marolles, capitaine
de frégate le 8 mars 1854, fut nommé capitaine de vaisseau le 9 mai 1863; il fut admis
à la retraite le 25 déc. 1869. Le commandant Jioais de Marolles, dn A'Entrecatteaux, qui
prit part d'une manière brillante à l'expédition de l'amiral Seynour, à Tien-Tsin, en 1900,
à la tête du contingent français, est le fils du commandant J. Â. de Marolles. Le Com-
mandant de Marolles vient de mourir à Tours, le 80 avril 1902, dans sa 93* année.
15
äÖ2
J. A. DK MAROLLES.
dans des hangars, magasins et les hommes campent dans la rue
ou dans les environs immédiats.
Depuis quelque temps déjà, le moment était cependant bien fa-
vorable aux rebelles pour se créer un empire dans le Sud de la Chine.
L'Empereur était vaincu et avait dû signer un traité qui l'amoin-
drissait aux yeux de ses sujets; tout aventurier intelligent et am-
bitieux pouvait se tailler un royaume dans l'immense empire chinois,
sans toucher aux diverses croyances des populations. Les T'aï-P'ing
ne le comprirent pas: leurs chefs, dont quelques-uns avaient fré-
quenté une école protestante à Hong-Kong, ne surent que détruire
et tuer, sans rien édifier. Il y eut des tentatives faites pour traiter
avec eux: elles ne purent jamais aboutir. On se trouvait en pré-
sence de barbares qui ne comprenaient rien, sauf la destruction.
Il eût cependant été d'une bonne et heureuse politique de concourir
à former un Etat différent, sous plusieurs côtés, qui eût été diffé-
rent de la Chine actuelle et qui n'eût pas été profondément hostile
aux Européens.
Les T'aï-P'ing n'étant qu'un ramassis de brigands, les Français
et les Anglais devinrent naturellement leurs ennemis, et ils tâchent
de nous faire le plus de mal possible, sans cependant nous attaquer.
Hier, ils ont assassiné un père Jésuite qui s'était aventuré dans la
campagne pour porter des secours spirituels dans un pauvre village
chrétien, non encore visité par l'ennemi.
7 Mars. — Parti pour Chang-Haï sur un petit vapeur ; toute la
campagne est dévastée jusqu'à 4 kil. de la ville. Je vois l'amiral Protêt,
commandant la station des Mers de Chine, qui attend impatiemment
l'arrivée de la Renommée pour y arborer son pavillon. Visité la
concession anglaise qui devient une véritable ville et qui est déjà
le centre d'un commerce important. Quant à la concession française,
elle contient une église et pas même un consulat français. Le con-
sulat général de France est géré par un Suisse. Les Anglais n'ont
■SUUVKMK8 DE LA REVOLTE 1)K8 T'aÏ-P*INO. 1200
pas voulu qu'uu seul Chinois habitât auprès d'eux; il en est tout
autre pour la concession française, où beaucoup de marchands chi-
nois sont devenus propriétaires de petites boutiques. Chez les uns,
ou remarque l'activité, un grand mouvement commercial; chez les
autres, tout est tranquille, on y voit de petites boutiques chinoises.
Au delà de la concession française, est la ville chinoise de
Chang-Haï. Petites rues sales et quelquefois infectes.
Le port est plein de navires anglais et américains, quant aux
pavillons français, danois, hambourgeois, hollandais, il est par mo-
ments, de 2 à 4. Il ne se trouve à Chang-Haï que deux négociants
français de 3^ ordre, et 2 suisses. — Tout le commerce de la soie
est entre les mains des Anglais; ils expédient leur soie à Londres,
pour que de là, elle revienne à Lyon, à Nîmes. Quand, à mon re-
tour, j'en parlai à un grand fabricant, il me fit cette réponse typi-
que: «J'aime bien mieux ^ller à Londres acheter ma soie, je choisis
les sortes dont j'ai besoin». Dès que les marchands de Londres
apprirent qu'il était enfin question de faire de Marseille un entrepôt
pour la soie, ils ne firent pas payer aux Français le trajet de
Marseille à Londres. Le fabricant de Lyon n'eut à payer aux Anglais
que le port de Marseille à Lyon.
En face de la ville chinoise sont des jonques, au nombre de
plusieurs centaines; tout indique un commerce local très actif.
L'Amiral Protêt, que je vois à mon arrivée à Chang-Haï me
rend compte de ses projets; il se propose, conjointement avec l'Amiral
anglais, de refouler les T'aï-P'ing dans l'intérieur du pays, de dégager
Chang-hai de l'étreinte de l'ennemi, de manière que la soie et les
autres produits de la Chine puissent arriver en ville, et que par
réciprocité l'opium de l'Inde y soit introduit, le tout à la grande
satisfaction du commerce anglais, car le nôtre est nul.
Je fais la connaissance du P. Lemaitre, supérieur de la mission
des Jésuites dans la province, homme très intelligent, sachant bien
äÖ4 J. A. ÜK ^A UOLLB«.
le chinois, très aimable en outre, ayant déjà douze ans de séjour
en Chine; ce prêtre eminent nous a rendu des services signalés
pendant toutes les campagnes que nous avons entreprises contre les
T'aï-P'ing. Dès que nous fîmes des prisonniers, c'était le P. Lemaître
qui les questionnait et malgré leurs réticences et leurs mensonges,
il parvenait toujours à leur arracher de bons renseiguements.
L'amiral anglais, quoique protestant, en faisait le plus grand cas
et le consultait souvent. Le P. Lemaître me disait quelque temps
après, qu'un missionnaire catholique ne restait guère plus de 14 ans
dans sa province: arrivé jeune, les fatigues de l'apostolat et la fièvre
en avaient raison et il mourait; c'est ce qui est arrivé au P. Le-
maître qui s'est éteint avant mon départ de Chine ').
19. — Le Contre-amiral Protêt arbore son pavillon sur la Renommée.
22. — Les T'aï-p'ïng se rapprochent de la rive droite pendant toute
la journée, la population chinoise vient.se réfugier en ville ; partout
ce sont des cris, des hurlements en traversant la rivière. L'amiral
anglais nous fait prévenir qu'il va débarquer sur la rive droite avec
sou infanterie de marine. Nous tenons prête notre compagnie de
débarquement pour le secourir. A 2 heures, les Anglais se rembar-
quent et à 3 heures l'amiral anglais arrive dans un mauvais sam-
pan avec trois soldats. Il nous apprend qu'il a renvoyé son monde
pour dîner, qu'il est resté dans une maison avec ses trois soldats,
qu'il a été entouré par quelques T'aï-P'ing, qui n'étant pas très
belliqueuXj l'ont laissé se sauver tout en se servant de son revolver.
On a beaucoup ri à Chang-Haï de cette sotte aventure.
Nous apprenons par une de nos chaloupes à vapeur, envoyée
en reconnaissance dans le haut de la rivière, qu'il y a plusieurs
camps de T'aï-P'ing en amont; l'un d'eux a tiré sur la canonnière
qui a riposté. Depuis deux jours, la petite rivière qui sépare la
1) [Mathuria Lemaître, né le 1" janvier 1816; f à Chang-Haï, le 3 mai 18ô3.]
SOUVENIRS DE LA RÉVOLTE DKS T'aÏ-P'INO. 205
concession anglaise de la concession américaine charrie beaucoup de
cadavres; les T'aï-P'ing dévastent tout le pays en amont de la
rivière, tuant les hommes et les vieillards; ils voulaient épargner
les jeunes femmes, mais celles-ci se trouvant entre Tenuemi et la
rivière, se jetèrent à l'eau avec leurs enfants, et de fait, en exa-
minant ces cadavres, aucune d'elles n'avait de blessures. Nous avons
trouvé une jeune femme étendue sur la berge, nous voulûmes voir
si elle vivait encore; sa culotte contenait un assez gros paquet:
elle était morte et avait accouché dans l'eau, l'enfant mourut une
demi-heure après.
31. — Promenade militaire de toutes les compagnies de débarque-
ment; traversé la concession française et été à Zi-ka-wei. Je commande
tout ce monde. Comme c'est Dimanche, nous entendons la messe,
puis vient le dîner auquel le taotaï a ajouté un ample supplément.
Retour le soir. Zi-ka-wei depuis l'approche des T'aï-p'ing, a reçu
quelques fortifications de campagne et une compagnie d'infanterie
pour garnison. Les rebelles ne sont pas loin, il y a en face d'eux
un camp chinois, mais ils se donnent bien garde de l'attaquer; tout
se réduit à échanger de temps eu temps quelques coups de canon.
J'oublie de mentionner qu'à notre troupe, était jointe une batte-
rie de campagne chinoise, formée dernièrement par un capitaine
d'artillerie de l'Ecole Polytechnique, Tardif de Moidrey, elle ma-
noeuvrait fort bien ').
Une chose irrite profondément les Chinois; c'est que les T*aï-
P'ing ne portent pas la queue et ne se rasent pas la tête; leurs
1) Quand tonte l'expédition de PAing reçut l'ordre de rentrer en Frtnce, elle fit
successivement étape à Chnng-Haï, Hong-kong etc. On avait l'idée de former une batterie
d'artillerie, mais il fallait au moins un officier de l'armée. Tardif se présenta et fut agré^
Pour le faire rester à Chang-Haï, on le fit entrer à Thôpital quand sa batterie partit, et
il en sortit étant porte guéri. Le ministère de la guerre ne le réclama pas. [Tardif, né à
Metz le 7 oct. 1824, fut tué le 19 fév. 18ß3, à Chno-ching, dans le Tché-kiang, en com-
battant les rebelles.]
206 J. A. DB MAROLLBS.
cheveux sont incultes et les jeunes garçons que nous avons pu
prendre chez eux étaient à tous crins.
Beaucoup de malheureux paysans sont venus s'établir près de
Zi-ka-wei, et leurs cases en bambou forment une petite ville. Ils
sont nourris par les P.P. Jésuites.
Le grand établissement de Zi-ka-wei est d'une construction fort
irrégulière. Les premiers bâtiments datent de deux siècles et furent
élevés par le célèbre mandarin Zi '), premier ministre d'un empe-
reur de la dynastie des Ming, le même qui écrivit des ouvrages
remarquables en faveur de la religion chrétienne.
Dépouillés à l'époque d'une des grandes persécutions, les P.P.
Jésuites sont rentrés en possession de leurs biens par le traité de
Nan-king. Près d'eux habitent les nombreux descendants de Zi;
pendant les persécutions, beaucoup d'entre eux retournèrent au
paganisme, espérant que le gouvernement chinois leur rendrait leurs
biens: il n'en fut rien, malgré les serments terribles qu'ils pronon-
cèrent de ne pas revenir au christianisme. Cette famille, jadis riche
et puissante, tomba dans la pauvreté et ils restent paieus. Plusieurs
sont fermiers des Pères, mais ils envoient leurs fils à l'école de
Zi-ka-wei.
1er avril. — Aujourd'hui les deux amiraux français et anglais déci-
dent qu'on fera une série d'expéditions contre les T'aï-P'ing, dont les
dévastations augmentent constamment, par suite de l'incapacité et de la
lâcheté des autorités chinoises. Il est important pour les Anglais que
les districts producteurs de la soie et du thé puissent expédier à
Chang-Haï leurs produits et que l'opium du Bengale continue à
empoisonner les Chinois. La France ne gagnera rien à ces expé-
ditions et travaillera encore à encourager le commerce anglais.
L'expédition qui se prépare sous la direction des deux amiraux,
1) [Siu Kouang-ki f^ ^^ >^. 1562—1688.]
SOUVENIRS DE LA RÉVOLTB DES T'aÏ-P'I5G. 2W
se composera de deux compaguies d'infauterie de marine, de toutes
les compagnies de débarquement de la division navale, du bataillon
de chinois indigènes formé par Tardif de Moidrey, manoeuvrant
bien à l'européenne, dont les officiers avaient été pris dans les
sous-officiers ayant fait la campagne de Peking, et enfin, d'une
batterie d'artillerie servie aussi par des Chinois, formée par Tardif,
avec l'aide d'un sous-officier de l'artillerie française.
Le corps anglais était bien plus nombreux que le corps français;
il se composait aussi de marins de l'escadre, de , d'un
bataillon de Bombay, d'un bataillon de Sikhs, dont les hommes
étaient magnifiques, mais qui se montrèrent trop pillards sous les
ordres de l'amiral [Hope] et du général Staveley, accompagnés d'un
nombreux état-major, d'officiers d'artillerie et du génie. Parmi ces
derniers se trouvait le capitaine Gordon, peu communicatif et très
pieux, que le gouvernement anglais envoya se faire tuer à Khartoum.
Le nombre des combattants anglais se montait à environ 1500 hommes.
Les Français n'étaient que 550 sous mes ordres. Il y avait à
ajouter la musique, l'ambulance, les brancardiers, le service des vivres.
Notre aumônier, l'abbé Goudot, nous accompagna et il prouva plu-
sieurs fois qu'il n'avait pas peur du feu. Un jour, à l'assaut d'une
ville, je le trouvai tout d'un coup, près de moi, pendant que les
balles sifflaient. Je lui ordonnai d'aller à l'ambulance.
J'oublie de mentionner un corps de 500 Chinois qui se joignit
à nous et qui se mit sous les ordres du général Staveley; il avait
été formé par l'américain Ward '), qui avait acquis un grand ascen-
dant sur ses hommes.
1) Celui qu'on appelait le colonel Ward était un capitaine américain de goélette. Il
eut roccasion de montrer sa valeur dans uue affaire contre les T'aïP'ing. Le viceroi l'tn-
torisa h former un corps de volontaires avec lesquels il fit merveille. De« volontainé
américains s'engagèrent sous ses ordres. Le viceroi fut très content de lui et lui donna
une de ses filles en mariage, dont il eut deux enfants, élq^és à la Chiaois«. Avant mon dé-
part de la Chine, iltut tué à l'attaque d'une ville occupée par les T'aï-P'ing. Il ctait catholique.
[Ward fut tue à Tse-ki, le 21 sept. 1862.]
208 J. A. DB MAROLLES.
3. — Départ des colonnes française et anglaise. Arrivée à Zi-ka-wei,
où comme à l'ordinaire, nous sommes fort bien reçus. Le P. Le-
raaître nous accompagne, avec un de ses collègues; pendant toute
la campagne, il nous a rendu de grands services à force de faire
causer nos prisonniers; il obtenait d'eux de précieux renseignements,
là où ne pouvait réussir notre interprête.
Au départ de Zi-ka-wei, on ne trouve que la ruine et la dé-
vastation, dès qu'on a fait un kilomètre. Les rebelles sont arrivés
jusque là. Comme dans les environs de Chang-Haï, une foule de
cercueils sont déposés sur le sol, le long de la route. Plusieurs
sont ouverts et ont été pillés. Les T'aï-P'iug n'ont pu faire cela:
nous supposons que ce sont les Anglais, passés avant nousj qui se
sont rendus coupables de ces violations de sépultures. Ce qui nous
confirme dans cette opinion, c'est que le lendemain, dans une halte,
nous voyons deux matelots anglais, en tenue irréprochable, ouvrir
un cercueil: Fun d'eux retire un bracelet du bras d'un cadavre
décomposé, qu'il essuie sur l'herbe, qu'il passe ensuite sous son
pied, et qu'il met ensuite dans sa poche. Il y avait là deux officiers
anglais.
Vers 4 heures du soir, nos alliés et nous, arrivons à la ville
de Tsing-pou, où nous devons passer la nuit. Avant la guerre,
cette ville avait une population de 25 à 30000 âmes: le pillage et
l'incendie l'ont tout à fait ruinée. Elle est complètement vide.
Aucune maison, aucun temple n'est intact. Ses rues étroites sont
encombrées de briques, de meubles cassés, et de poutres à demi
consumées. Nous trouvons heureusement un peu de paille de riz
pour le couchage. Le P. Lemaître nous fournit de précieuses indi-
cations sur les huit camps T'aï-P'ing et sur l'armée ennemie éva-
luée entre 30 à 40000 hommes.
4. — Brume épaisse, jusqu'à 8 h. Nous partons à 6 h. Va ; d'après
les ordres formels de leurs gouvernements, les deux amiraux doivent
SOUVENIRS DE L\ RKVOLTK DBS T'AÏ-P'ING. 209
s'eutendre en tout pour les opérations à entreprendre et le P. Le-
maître assiste toujours aux réunions de chaque jour. Chaque amiral
a le comtnaudement eu chef de l'armée alliée pour 24 heures. Les
Anglais, s'étant empêtrés de canons de 16 ou 18, nous retardent.
Ils éprouvent un autre embarras: il leur arrive souvent de mal-
traiter leurs coolies très nombreux, et ceux-ci commencent à
déserter, fait fort grave, puisque tout doit être porté. Nous n'agis-
sons pas de cette manière avec nos coolies et nous en trouvons
taut que nous voulons; nous les payons 25 cent, de moins que les
Anglais. Décidément nos chers alliés ne réussissent pas à se faire
aimer, partout où ils se trouvent.
Sur la route, ruine et incendie; par moments, un cadavre dont
les restes de vêtements brûlent encore. Le spectacle d'un homme
que l'on brûle est particulièrement horrible. Je ne vois que le corps
nu d'une jeune femme coupée en deux. Probablement qu'elle avait
voulu s'échapper.
Vers 9 h. m. nous arrivons à 800 m. du camp des rebelles.
Les Anglais étant en retard, nous faisons halte, attendant l'artillerie
anglaise. Peu après, les Anglais étant arrivés, nous marchons en
bataille contre le fort couvert de drapeaux, les Anglais à droite,
uous à gauche, l'artillerie en avant du front. Elle commence son
feu à 600 m. et les Ward se répandent sur notre droite eu tirail-
leurs. L'ennemi répond par ses gingoles et uous constatons avec
plaisir qu'il n'a pas de bonue artillerie. A 150 m. mes hommes
sont formés en deux colonnes d'assaut. Tout à coup le feu de
l'ennemi cesse partout. Nous sommes arrêtés par un fossé plein
d'eau: quelques-uns de mes hommes veulent se jeter à l'eau, ce
que je leur défends, mais nous sommes avertis que l'ennemi se
sauve par l'autre côté. Mon camarade de Kersausou, capitaine de
vaisseau, chef d'état major et moi, nous décidons qu'il faut pour-
suivre les Ï'aï-P'ing à la course, ce qui est fait aussitôt, mais
210 J. A. DE MAKOLLBS.
l'ennemi a de l'avance sur nous; il a jeté ses armes et tout ce qui
pouvait le gêner dans sa fuite. Pendant ce temps des soldats de
notre bataillon chinois et des Ward, puis tous nos coolies ont pé-
nétré dans le camp, où ils ont fait un butin considérable. Il fut
incendié après avoir été pillé. Le camp brûle jusqu'au soir. Sur le
terrain traversé par les fuyards, nous avons vu quantité de lances
avec drapeaux, abandonnés par eux:. Nous faisons quelques prison-
niers qui tous étaient sans culottes pour mieux franchir les fossés.
Ceux faits par la petite troupe de Chinois que le Taotaï a voulu
nous adjoindre, et qui ne nous ont été d'aucune utilité, sont mas-
sacrés et le feu est mis à leurs vêtemens.
Au bout d'une heure de poursuite, nous nous arrêtons tous assez
fatigués. Déjeuné à 2 h. dans un champ contenant un assez grand
nombre de cercueils; un de mes jeunes chirurgiens m'apprend que
dans un des cercueils près de nous, il a vu un corps de femme
en état de décomposition avancée et me demande la permission d'en
retirer un des pieds, qu'il a l'intention de donner au Musée de
l'hôpital de la marine à Rochefort comme pièce rare, parce que cet
hôpital ne possédait pas de petit pied de Chinoise. Je le lui permets,
pour l'amour de la science.
A 5 h. soir, alerte; nous courons tous avec notre artillerie du
côté des Anglais. Ward avait été trouver l'Amiral Anglais et lui
avait dit que les T'aï-P'ing avaient été terrifiés par notre attaque
et que sûrement il n'y aurait qu'à se présenter devant les autres
camps, pour qu'ils fussent évacués; c'est ce qui fut accepté par
l'Amiral sans nous prévenir. Les Ward, envoyés en avant, furent
accueillis par une vive fusillade, et quand ils se retirèrent, les
T'aï-P'ing les poursuivirent jusqu'à Tsing-Pou, où ils trouvèrent les
Anglais, auxquels ils tuèrent 40 hommes. L'amiral anglais qui était
à cheval, reçut une balle dans la jambe. Il fut un certain temps à
se guérir et ce fut l'amiral Protêt qui commanda les deux corps.
SOUVBMIRS DE LA RKVOLTE DES T'AÏ-P'ING. 211
Nous avions fait trois petits chefs prisonuiers. Interrogés par le
P. Lemaître, celui-ci en tira quelques bons renseignements. Ils sont
ensuite remis au mandarin qui nous accompagne, lequel les fait
immédiatement décapiter.
5. — Partis ii 7 h. m., à cause de la brume. A Tsi-pou, les Anglais
laissent deux bataillons et leur grosso artillerie. Les Ward et l'ar-
mée chinoise de Tsi-pou qui s'est jointe à nous marchent sur nos
flancs. Vers 9 h., nous arrivons devant le premier camp de la ré-
gion; à 2 et 3 kilom. de là, existent plusieurs autres camps; le
1®"^ camp est très grand et ses parapets sont garnis d'une foule de
drapeaux. En avant, et barrant la route, est une redoute. Noua
disposons notre artillerie à 450 m. de la redoute, qui riposte.
Observation générale. L'ennemi se sert, heureusement, très mal de
ses armes. Je me suis souvent trouvé près de lui: ses boulets et
ses balles passaient par dessus ma tête. Les Ward escarmouchent à
droite et avancent hardiment. Au bout de 20 minutes la redoute
est évacuée et nous y mettons le feu. L'ennemi ^ne tient pas dans
le grand camp et s'enfuit. Il est pillé par nos troupes chinoises,
qui y trouvent en outre le riz cuit à point et prêt à être mangé.
J'ai lancé de suite mes hommes à In poursuite des T'aï-P'ing.
Incendié plusieurs petits camps qui ont été évacués. Tué pas mal
de rebelles. Leurs blessés, qui n'ont pu les suivre, sont tous tué«.
Le peu de prisonniers sont interrogés par le P. Lemaître; ils sont
ensuite remis au mandarin qui nous suit toujours avec une petite
troupe, à la condition qu'ils ne seront pas martyrisés avant d'être
exécutés.
Rentré de Tsi-pou, l'amiral anglais est à Chang-Haï à se faire
soigner sa blessure. Nous avons renoncé à prendre un dernier camp.
Nous apprenons le soir qu'il a été évacué par les T'aï-P'ing et que
les paysans des environs l'ont de suite pillé. Nous avons inspiré
une grande terreur aux rebelles et l'on assure qu'ils se retireront
212 J. A. DE MAROLLES.
toujours devant nous: ce sont nos obus qui ont produit cet effet
principalement.
6. — Pluie à verse pendant la journée. Nous rentrons tous à Chang-
Haï. Cette si courte campagne, par suite des fatigues que nos hom-
mes ont eues, nous fait entrer une quarantaine d'hommes à l'hôpital.
9. — Arrivée du transport le Rhône avec un bataillon d'infanterie
légère, dit Zéphyrs^ idée malheureuse du ministre de remplacer l'in-
fanterie de marine et les compagnies du 102® par des hommes à
moitié brigands.
17. — Expédition avec les Anglais, avec à peu près le même nombre
d'hommes. L'artillerie de Tardif, les Ward et notre batterie de 4
obusiers fout partie de l'expédition. Remonté le Houaug-Pou sur
des vapeurs et débarqué au village de Tong-ka-dou qui ne contient
que la moitié de ses habitants. Pays dévasté, presque toutes les
fermes sont brûlées. Vers raidi, arrivé devant Tsiou-Pou, ville ré-
gulièrement fortifiée. A 1 h. l'artillerie bat en brèche comme à
l'ordinaire; l'ennemi tire trop haut et ne nous atteint pas comme
toujours; avant d'arriver au fossé plein d'eau, nous sommes gênés
par des abattis d'arbres et des piquets aigus de bambous. L'assaut
est donné et nous sommes maîtres de la ville. La garnison, très
nombreuse, se défend dans certaines rues et même sur les toits;
mais on en a bien vite eu raison. Elle veut se sauver par l'autre
extrémité de la ville, mais la porte est barricadée et elle est mas-
sacrée. J'ai vu le sang couler dans les rues. Les vols, pillages,
tueries et viols sont très nombreux. J'arrive à un moment où un
soldat sikh, ne pouvant enlever un anneau d'argent à une jeune
fille, s'apprêtait à lui couper le doigt pour le prendre. Je lui dis
que je le tuerais.
Les Anglais mettent le feu dans deux endroits de la ville, du
côté du vent-c'était inutile. Nous conduisons un certain oombre de
prisonniers au P. Lemaître pour qu'il les interroge. Les T'aï-P'ing
À
SOUVKNia« OK LA RKVOLTK BBS r'Al-P'iNG. 213
qui eu font partie sont livrés au maudaria qui les fait exécuter.
La ville de Tsiou Pou contenait 40,000 combattants. Deux grands
chefs ont été tués, ce qui est cause que l'ennemi ne s'est plus
défendu.
18. — Rentré à Chang-Haï. Pluie continuelle.
Une expédition plus éloignée et plus importante est décidée.
On confectionne des échelles. Comme on peut arriver par eau sur
les villes que nous voulons prendre, le Tao-tai de Chang-Haï nous
fournit une cinquantaine de barques pour le transport de notre
artillerie, vivres, matériel.
28. — Parti à 7 h. m. par pluie froide. Je monte une jonque de
guerre ainsi que mon Amiral. Du toit de la chambre, ou domine la
rivière. Nous remoutons le Sou-tcheou, rivière qui fait la séparation des
concessions anglaise et américaine. Nous prenons un de ses affluents
de gauche et nous passons près de trois camps impériaux. Passé
près de la petite ville de Sou-kio, ou Sou-ta-kio, entièrement ruinée,
où il ne se trouve aucun être vivant. Fermes incendiées. A 4 h.
soir, arrivé à Nezian; elle contenait 80,000 habitants quand les
T'aï-P'ing y arrivèrent il y a 20 mois; plus de la moitié fut mas-
sacrée; les jeunes furent dispersés et transférés en d'autres lieux,
suivant la politique habituelle des T'aï-P'ing. Nous n'y avons pas
vu un être vivant. Nezian, après avoir été pillée et dévastée, fut
incendiée: c'était une ville de plaisirs, célèbre par ses débordements ;
nous nous y établissons tant bien que mal, car toutes les maisons
sont ruinées. Pendant que la colonne française se repose, le briga-
dier-général Staveley, sans nous consulter, sans nous prévenir, a
voulu faire une expédition qui ne lui a pas réussi. Il partit avec
un bataillon anglais et les Ward, pour reconnaître deux camps
rebelles à 2 kil. de Nezian. Accueilli par une vive fusillade, il per-
dit du monde et ordonna la retraite.
Nezian est sur les bords d'un canal, dont plusieurs endroits ont
214 J. A. DK Ta AR OL LES.
été obstrués par les rebelles. Toute la nuit l'on a travaillé à le
déblayer pour le passage de nos jonques.
29. — A 5 h. m. mis en route pour Cadin, ou Caodine [Ka-ding,
Kia-tiug]. Pris le chemin qui suit le canal, la flotte nous suit. A 2 kil.
trouvé 2 forts occupés par les rebelles, l'un d'eux est sur les bords
du canal. Les défenses extérieures consistent comme toujours, en
deux fossés où il y a peu d'eau, en piquets de bambou, palissades
et abattis d'arbres. A l'intérieur, un grand mirador. Toute notre
artillerie, celle de Tardif, toujours sous mes ordres, et celle des
Anglais, est mise en batterie et commence son feu auquel répond
celle des T'aï-P'ing; au bout d'une heure leur feu cesse et ils se
sauvent par le côté opposé au nôtre. Nous mettons nos matelots à
les poursuivre et ils en tuent un assez grand nombre, pendant que
l'infanterie entre dans le fort où se trouvent peu de morts, dont un
blanc. Le deuxième fort est abandonné aussi et les Ward le pillent
et y mettent le feu.
Continué notre chemin sur Cadine, traversé le village de Ma-lou
complètement désert et incendié et arrivé à 3 h. soir à Cadine.
Elle possède une belle enceinte crénelée, est entourée d'un large
fossé plein d'eau, communiquant avec le canal. Nos jonques et nos
embarcations arrivent dans la nuit. Vers 10 h. soir, nous nous
approchons à 250 m. de la place avec notre artillerie et je fais
une reconnaissance avec Gordon. Nous voyons l'ennemi enfoncer
des palissades et des bambous. L'ennemi tire toujours, mais toujours
trop haut.
30. — Continué la reconnaissance de la veille; étudié le terrain pour
pouvoir établir nos deux canons obusiers de 30; préparé le chemin
pour leur passage, dégagé les canaux pour le passage de notre flottille.
Français et Anglais ont travaillé toute la nuit.
Mai. — A 5 h. matin la batterie de brèche est prête et nos 30 pièces
d'artillerie commencent leur feu. Plusieurs obus ou bombes, mettent
à
SOUVENIRS DR 1.A UTBVOLTE DES T'aÏ-P^INO. 215
le feu ea ville. Les Chinois tirent toujours, mais toujours trop haut.
Ëofin, la brèche est jugée praticable, grâce à nos deux canons oba-
siers. Les bateaux désignés pour servir de ponts s'approchent et nos
deux colonnes s'y précipitent, les échelles sont dressées, Tennemi
abandonne le rempart et la ville est prise. Les Anglais en font
autant et passent par notre brèche, leur artillerie était trop faible.
Les rebelles veulent se sauver, mais n'ayant pu ouvrir de suite une
des portes, on eu tue environ 500.
Cading est une belle ville chinoise, riche, commerçante. Elle
était plus riche il y a 50 ans, mais les autorités ayant négligé
d'entretenir les canaux, les grandes jonques n'ont plus pu y par-
venir. Le commerce a émigré à Chang-Haï. — Cading est com-
plètement désert sauf les prisonniers que nous y avons faits; nous
en faisons le tri: nous relâchons les malheureux enlevés par les
T'aï-P'ing pour leur servir de domestiques et nous livrons les autres
à la troupe chinoise qui nous suit toujours. Nous apprenons bientôt
que ces rebelles ont presque tous été martyrisés avant de mourir:
on leur attachait les mains et les pieds et on les précipitait vivants
dans le canal et quand ces malheureux réussissaient à atteindre la
berge, on les repoussait avec des lances.
Evacué le soir même Ca-ding en y laissant 120 Français et
autant d'Anglais à la garde des portes. Arrivé à Nezian à 11 h.
du soir.
Parti de Nezian et arrivé le soir à Chang-Haï. Une trentaine
de mes hommes entre à l'hôpital pour choléra, dyssenterie ou fièvre.
La plupart des hommes valides sont éreintés. Le choléra règne dans
la ville chinoise.
2. — Dès notre retour, tout est préparé pour une nouvelle expédi-
tion contre Tsing-pou, grande ville murée entourée de plusieurs camps,
qui est une des grandes places d'armes des rebelles. Cette ville est
au S.O. de Chang-Haï, tandis que Ca-ding en est au N.O.
216 J. A. DE M-VllOLLÏJS.
6. — A 4 h. S. je pars avec 35 bateaux ou jouques; un lieutenant
de vaisseau me seconde; ma flottille porte l'artillerie, les munitions,
les vivres, etc. J'ai un interprête à mon bord, mais il ne sait pas un
mot de français et parle un charabia diflficile à comprendre. Orage
épouvantable la nuit, éclairs, tonnerre, l'on n'y voit plus. J'ordonne
de mouiller; mon escadre est dispersée. Plusieurs jouques se jettent
à la côte; le lendemain matin il a fallu les renflouer. Je fais payer
cher aux patrons leur maladresse et ils sont roués de coups. Pluie
continuelle.
7. — A 5 h. m. expédié un aspirant à Chang-Haï auprès de l'amiral
pour lui demander l'aide d'une canonnière à vapeur pour remorquer
ma flottille bien dispersée par la tempête. Heureusement que le temps
s'éclaircit vers 8 h. m. Rallié la plupart des bateaux que je fais
amarrer par petits groupes de 6 à 8. — Arrivé à Ming-hong, petite
ville de 15000 âmes ayant une garnison impériale, où le jusant
nous empêche d'avancer. — A 2 h. s. la canonnière arrive et nous
partons tous, la canonnière remorquant 32 bateaux.
Les T'aï-P'ing occupent la rive droite du Houang-Pou. A 9 h.
m. arrivé à Soung-Kiang et attendu les ordres de mon amiral.
Soung-Kiang a été pris par les rebelles il y a deux ans, mais les
Ward l'ont repris peu après. Il a été pillé et détruit en grande
partie; ses habitants le reconstruisent. C'est un Fou.
A midi les Anglais qui étaient partis avant nous, se remettent
en route. Mon amiral est toujours à Chang-Haï; sa toilette est très
longue à faire, et ne recevant aucun ordre, je pars pour ne pas
laisser les Anglais prendre une trop forte avance sur nous. Suivi
avec mes bateaux le canal aboutissant à Tsing-pou; à 6 h, soir
arrivé à la petite ville de Kouan Fou-lin, où je me retrouve avec
les Anglais.
8. — Le soir l'amiral Hope vient me voir et me rend compte de ses
projets pour le lendemain. Il est encore très mal remis de la blés-
\
801JVBNIR8 DK LA UÉVOLTB DK8 T'AÏ-P'INO. 217
sure qu'il a reçue à notre première expéditiou. Il me douDO des
nouvelles de mon amirul.
Départ le matin. Nous suivons les Anglais à petite distance.
Pluie à verse toute la journée. A 4 h. '/n tolous sommes à deux
milles de Tsing-Pou, dont nous apercevons la haute tour à 7 étages.
Brumeux; l'on tâche de se sécher. La reconnaissance faite ce
moment nous apprend qu'il est difficile d'approcher de la place, à
cause des nombreux et profonds canaux qui l'entourent. Nous devons
mettre nos deux canons obusiers de 30 sur des bateaux, de manière
à pouvoir tirer sur la place de toute distance. Travaillé nuit et jour
à curer les canaux et aux plate formes de canons. Nuit froide, temps
pluvieux, terrain détrempé. Je passe la nuit à 600 m. des murailles
auprès de notre artillerie légère. Tout le pays environnant est dis-
posé en rizières. On a oublié d'emporter du bois; nos hommes sont
forcés d'employer les nombreux cercueils pour cuire leurs repas.
L'amiral, Tardif et moi, nous faisons une dernière reconnaissance
et nous convenons que je partirai à 9 h. du soir avec toute l'artillerie
pour m'établir à 400 m. de la place. Arrivé là, je me trouve près
du capitaine de pavillon de l'amiral Hope. Transis, mouillés, nous
nous amusons à faire une reconnaissance de l'endroit et nous en
approchons à 50 m., ce qui eût été bien dangereux si nous n'avions
eu affaire qu'à des barbares.
12. — Brumeux; les passes pour nos embarcations ont été dégagées
cette nuit. A 4 h. tout le monde est à son poste et le feu com-
mence; les gros canons font trois brèches. A 7 h. V21 l'ennemi qui
avait jusque là répondu à notre feu, ne répond presque plus.
L'artillerie légère se démasque et tire en s'approchant de plus en
plus. Les embarcations s'avancent pour nous servir de ponts et
l'assaut est donné après avoir appliqué les échelles; trois officiers
et deux sous-officiers français sont les premiers à paraître sur les
murs et sont blessés. Un fourier de la Renommée est tué. Nos
16
218 A. J. DE MAROLLKS.
troupes, ayant occupé quatre des cinq portes, tuent énormément de
rebelles. Je me trouvais près d'une des portes, examinant la ville,
quand je vois un de mes sous-officiers m'amenant trois jeunes filles
jolies, richement habillées, ayant de petits pieds, avec la recomman-
dation de mon amiral d'en avoir grand soin. Je donne l'ordre de
les conduire au P. Lemaître. Celui-ci et son confrère nous ont
toujours accompagnés dans toutes nos expéditions. Ils ont près
d'eux quelques vieilles chrétiennes chinoises pour leur venir en aide
dans les cas particuliers qui se présentent comme celui-ci. — L'amiral
n'est pas content; le soir, en me voyant, il me fait grise mine. —
Je visite la ville, qui n'a rien de remarquable. Des cadavres dans
les rues; plusieurs maisons brûlent. Nous avons fait beaucoup de
prisonniers; nous les remettons aux Impériaux qui les exécutent
presque tous, la ville étant un des grands centres des T'aï-P'ing.
Mais nous avons en outre environ 250 jeunes femmes prisonnières,
sans compter les enfants: quelques unes des jeunes femmes ont été
remises au P. Lemaître; je ne sais ce que les autres sont devenues.
Cela regarde le chef d'état- major.
13. -— Partis tous pour Soung-Kiang.
14. — En route, suivi plusieurs canaux; campagne dévastée, inhabitée.
15. — Traversé Tsoung-Kao dont la moitié est brûlée. Rares habitants.
16. — Toujours pluie battante. Arrivée à Ne-Kiao [Nan K'iao], petite
ville de 25,000 habitants: les rebelles en ont fait une de leurs
grandes places de guerre.
17. — Forte chaleur succédant brusquement à une température froide
et pluvieuse. Les reconnaissances de la place établissent que la ville
a deux enceintes, deux fossés profonds, beaucoup de pointes de
bambous et d'abattis d'arbres sur les glacis. A 4 h. Vs? commencé
à battre en brèche; l'ennemi ne répond pas. Le signal de l'assaut
est donné; alors du côté droit, part une vive fusillade. Notre ar-
tillerie légère y répond et fait cesser le feu de l'ennemi. Je m'ap-
J
SOUVENIRS DB LA REVOLTK DES T'AÏ-P'INO. 219
proche alors île l'amiral qui suivait la marche de la deuxième co-
loune d'assaut; j'étais à sa droite et à deux pas en arrière. Deux
coups de fusil partent d'un bastion de droite, je sens leur vent,
mais la seconde balle tue net l'amiral Protêt ').
Le plus ancien ofiBcier, le capitaine de vaisseau de Kersauson,
chef d'état-major, succède à l'amiral Protêt: c'est mon camarade
avec lequel j'ai toujours entretenu les meilleures relations. D'après
les règlements, il prend le commandement de la Renommée et de
la station. Le corps de l'amiral Protêt est conduit à Chang-Haï,
sous la direction de son aide de camp, Bruley Des Varannes.
18. — Nekiao brûle toujours par nos obus. Elle est pillée par les
paysans des environs. Elle était bien fortifiée, étant une des prin-
cipales places fortes des rebelles. Au milieu du jour, quand nous
croyions les T'aï-P'ing en fuite, de petits groupes de ceux-ci vien-
nent nous attaquer et se font bravement tuer. Nous avons pris
beaucoup de chevaux, mulets, vivres — Pas de jeunes femmes. —
2000 prisonniers, dont nous ne savons que faire- Le P. Lemaître
les interroge, et suivant ses renseignements, nous les divisons en
deux catégories: ceux qui ne paraissent pas trop mauvais, sont
relâchés, avec l'engagement qu'ils prennent de ne plus servir chez
les T'aï-P'ing, et ceux à mine patibulaire, que nous livrons aux
Impérialistes qui nous suivent toujours et qui les tuent. — Laissé
une garnison d'infanterie à Nékiao de 100 Français et autant
d'Anglais.
Partis le soir pour Tso-lin, ville proche de la mer. Reconnu
l'endroit qui n'a été occupé par les T'aï-P'ing qu'il y a 4 mois.
19. — L'ennemi ne possède pas d'artillerie, ce qui nous permet
d'approcher de suite de la place. Lors de la prise de la ville, les
T'aï-P'ing ont exterminé tous ses habitants.
1) {dugu4te- Leopold Protêt, né le 20 février 1808 à Saint-Servao. — Cf. H. Curdier,
HUt. dti Relation» de la Chute, I, p. 206.]
22ö J. A. DE M A HOL LES.
A 9 h. du soir, je vais m'établir avec toute l'artillerie légère,
à gauche de l'attaque à 230 m. de la place; l'ennemi tire toujours
de ses gingoles et de ses fusils, mais tous ses projectiles passent au
dessus de nos têtes — 2 de mes hommes sont pris du choléra.
20. — Au petit jour, commencé le feu. La grosse artillerie fait
brèche; mon artillerie légère et celle de Tardif s'approchent de plus en
plus des murs et démolissent les parapets. A 6 h. Va» on monte à l'as-
saut et la ville est prise. Sans qu'on leur en ait donné l'ordre, nos
troupes tuent tous les T'aï-P'ing qu'ils voient. Beaucoup de chevaux,
de mulets, de boeufs et quelques bufiSes.
un grand chef s'est sauvé la nuit dernière, ce qui est cause
que ses troupes se sont peu défendues. Le nombre des tués dans
les rues et sur les remparts s'élève à GOO. Quantité d'armes, sur-
tout de lances, sont éparpillées partout.
Dans l'après-midi, les chefs conviennent de partir pour Emio,
mais des nouvelles alarmantes nous arrivent de Chang-Haï et nous
empêchent d'exécuter le programme arrêté en principe, à la demande
des négociants anglais et américains. Des partis de rebelles se sont
rapprochés de Chang-Haï et Wou-soung a été attaqué. Le commerce
européen est épouvanté. Les chefs se décident à rentrer à Chang-Haï.
Forte chaleur depuis quelques jours; le choléra règne toujours
chez nous et je perds quelques hommes.
21. — Départ pour Chang-Haï: la campagne se repeuple; beaucoup
de T'aï-P'ing isolés sont tués par les paysans. Arrivé le 22 à Chang-Haï.
22. — De graves nouvelles nous arrivent des environs. Ca-ding
et Tsing-pou sont bloqués; leurs garnisons sont trop faibles. Les
Anglais qui avaient expédié à Ca-ding des vivres, des munitions
et un obusier sous l'escorte de 17 hommes, apprennent que le
convoi a été enlevé par les rebelles. Nos deux chefs décident qu'on
partira après-demain pour débloquer Ca-ding. Nous sommes tous
éreintés et le choléra règne dans nos rangs.
SOUVENIRS DB LA RÉVOLTE DES T'AÏ-P'ING. 221
26. — Service funèbre de l'amiral Protêt. Les Français et les
Anglais y assistent. Le corps a été déposé dans un caveau pour être
expédié plus tard à Saint-Servan. Nous perdons constamment quelques
hommes du choléra, de ceux qui ont fait l'expédition.
29. — La dernière expédition anglo-française rentre à Chang-Haï;
l'on devait ravitailler Ca-ding, mais, arrivé à Nezian, à moitié chemin,
le général Staveley qui commandait en chef, prit peur de quelques
rebelles qui rôdaient autour de lui, et malgré l'opposition formelle
du commandant du détachement français, il décida qu'on rétrogra-
derait, et que les troupes qui occupaient Ca-ding l'évacueraient: ce
qui fut fait. Tous les Ward restent à Tsing-pou. Les rebelles
ont pris cette fuite pour une victoire et saccagent les environs de
Chang-Haï.
(à suivre.)
MÉLANGES.
Les douanes impériales maritimes chinoises ')
Une circulaire, qui n'émaue ni des Douanes Maritimes Chinoises,
ni du Comité de l'Asie française, a été distribuée, un peu légèrement
il faut bien le dire, aux établissements de l'enseignement secondaire
dans les villes de province en France; il en est résulté une avalanche de
demandes d'admission dans le service chinois, aussi bien au ministère
des Affaires étrangères et au Comité de l'Asie française, que chez
M. J. D. Campbell, représentant de sir Robert Hart en Europe ')• Ce
dernier a reçu plus de cent lettres accompagnées de demandes, souvent
baroques, de renseignements, adressées par des lycéens et des collégiens
de toutes les parties de la France; en un seul jour vingt-cinq lettres
arrivaient chez M. Campbell des quatre points cardinaux. Le Bulletin
du Comité de V Asie française a donné dans son numéro de février des
renseignements sur le recrutement dans la carrière des douanes chinoises
qu'il est désirable de rectifier sur certains points et de compléter. Je le
fais aujourd'hui k l'aide de documents contrôlés par le service même des
douanes qui, s'ils enlèvent quelques illusions à de trop nombreux
candidats, indiquent d'une façon sûre au petit nombre de ceux qui
peuvent être appelés à faire partie de cette grande administration, les
conditions essentielles de l'admission.
(1) Cet article a paru dans le numéro de Mai du Bulletin du comité de VAsiefrançaiie
et nous croyons devoir le reproduire à cause de son importance pratique.
(2) 26 Old Queen street, Westminster, London, S. W.
uéLANGRS. 223
Je crois devoir faire précéder ces renseignements d'uD court historique
de rétablissement des douanes en Chine.
Origine des Douanes.
L'origine du service des Douanes Impériales Maritimes Chinoises
(Imperial Maritime Customs) date de 1854 '). A cette époque, les
rebelles de la Société triade du Petit Couteau, Siao Tao Houei, des
loges cantonnaise et foukienoise, occupaient la ville indigène de
Chang-Haï; les fonctionnaires chinois avaient abandonné leurs postes;
personne n'avait un mandat régulier pour toucher les droits sur
les marchandises importées. Les consuls eux-mêmes ne pouvaient
guère recevoir que des promesses de payer les droits et pouvaient-ils
même légalement percevoir les taxes? Un arriéré énorme se produisait
donc dans la perception de la douane. Le 23 novembre 1854, d'après
une note du ministre américain, Robert M. Me. Laue, les droits
arriérés, dus par les citoyens des Etats-Unis, montaient à eux seuls
à taëls 118. 125 8m. 4c. Is. «Cependant les conauls d'Amérique et
de la Grande-Bretagne, pour arrêter le désordre, décidèrent que les
droits seraient acquittés entre leurs mains soit en argent, soit en
simples obligations {promissory notes). Wou Samqua (le Tao-Taï) ne
demanda pas seulement qu'on lui versât les droits perçus, mais
manifesta même l'intention de rouvrir la douane dans le local qui
y avait été consacré au milieu des concessions étrangères. Toutefois
il dut y renoncer devant l'opposition qu'il recoutra, fondée sur cette
raison, «qu'attendu l'insuffisance de ses forces militaires pour se
protéger lui-même contre les insurgés, la colonie deviendrait, par
le fait de sa présence, le théâtre de sanglauts conflits dans lesquels
les jours et les propriétés des étrangers seraient infailliblement
exposés». Le Tao-Taï n'eut pas plus de succès quand il proposa
(1) CH/ia, n" l (1865). Foreiç» Cnitomi Eslablùimenf iu Chiiui. 1865 [3609].
224 MELANGES.
d'établir une douane flottante à bord de VÄntilope, navire européen
qu'il avait acheté pour augmenter sa flottille: ou lui opposa les
mêmes objections et les mêmes arguments» '). un tel état de choses
ne pouvait durer, aussi conclut-on un arrangement par lequel un
bureau temporaire des douanes serait ouvert le 13 février 1854,
sous la présidence du Tao-Taï de Chang-Haï. Dans une conférence
tenue le 29 juin 1854 entre Wou Tao-taï et les consuls Rutherford
Âlcock, B. Edan et R. C. Murphy des trois puissances ayant des
traités avec la Chine, c'est-à-dire l'Angleterre, la France et les
Etats-Unis, ils rédigèrent les articles au nombre de neuf qui leur
semblaient nécessaires pour une meilleure organisation du service
des douanes. Pour exercer sur les douanes un contrôle devenu
nécessaire et pour reviser les règlements douaniers d'août 1851, on
nomma une commission des représentants des consuls composée de:
T. F. Wade, vice-consul d'Angleterre, le capitaine Cart, attaché à
la légation des Etats-Unis et Arthur Smith, interprète du consulat
de France; le traitement de ces inspecteurs fut fixé à 6.000 piastres
(plus de 30.000 francs) pour chacun, sans compter les frais de
service. La nouvelle douane commença à fonctionner le 12 juillet
1854. Le système ayant donné de bons résultats, on se décida à
l'appliquer aux autres ports ouverts au commerce, tout d'abord à
Canton, en octobre 1859, avec l'approbation du vice-roi des deux
Kouaug, Lao Tsoung-kouang. (Voir traités de Tien-tsin, 1858.) Les
pouvoirs du fonctionnaire {Haï Kouan) si connu des étrangers au
xviii^ siècle, sous le nom de Hoppo, étaient ainsi singulièrement
transformés. Chan-T'éou {Swatow) fut ouvert en février 1860; Tchen-
kiaug sur le Yang-tseu, en avril, Ning-po, en mai 1861, Tien-tsin,
le même mois, reçurent des commissaires. La même année, en juillet,
Fou-tcheou, et eu décembre Han-k'eou et Kieou-kiang sont ouverts
(1) ÂKTUUK MiLOAC, dans la Revue de l'Extréme-Oritnt, IF, p. 10.
k
HéLANOES. 225
à leur tour; en avril 1862, Ainoy; en mars 1863, Tché-fou; eu.
mai, Tam-soui et Ki-loung; puis en septembre, Ta-kao, dans l'île
Formose, et enfin eu mai 1864, Nieou-Tchouang, complètent le
chiffre de quatorze bureaux de douanes ouverts à la fiu de 1864 ').
En fait, l'administration des Douanes Maritimes Chinoises étant
confiée à un service spécial du gouvernement impérial, service qui
est connu sous le titre de «Inspectorat général des Douanes Impériales
Maritimes Chinoises» dans lequel des étrangers furent employés aux
termes de l'article 46 du traité auglais de Tieri-tsin de 1858 et de
l'article 10 des conditions du Tarif du 8 novembre 1858. Il n'y a
pas dans le traité français de Tien-tsin de clause semblable à celle
de l'article 46 du traité anglais, mais les conditions du Tarif furent
acceptées par les plénipotentiaires français et américain et signées
le 28 novembre 1858 par le plénipotentiaire français.
Fonctionnaires des Douanes-
A la tête du service est placé un inspecteur général. Nous avons
dit plus haut qu'à l'origine, à Chang-Haï en juillet 1854, les droits
de douanes étaient perçus par les trois consuls. Antérieurement, depuis
septembre 1853, le consul d'Angleterre, Rutherford Alcock, auquel
est due l'iuitiative de la création du nouveau service des douanes,
avait servi d'intermédiaire à ses compatriotes; il s'était fait représenter
dans le triumvirat par son vice-consul Thomas-Francis Wade qui,
à sou tour, céda au bout d'un an (l®'" juin 1855) la place à l'interprète
Horatio Nelson Lay. La France et les Etats-Unis ayant cessé de
nommer des représentants, M. Lay resta seul. L'extension du système
(1) Extrait de {'Histoire des Belationt de la Chime, par Hbnri Cordikr, I, pp. 168—159.
226 MÉLANGES.
des douanes de Chang-Haï aux autres ports devait conduire à l'unité
de direction et c'est ainsi que Lay, mommé par le gouverneur général
des deux Kiang, devint inspecteur général des Douanes Maritimes.
Le Tsong-li Yamen, depuis sa création en 1861, avait dans ses
attributions la nomination de ce haut fonctionnaire qui lui adressait
ses rapports pour être remis au ministère des Finances (Hou-Pou);
il est vrai qu'il n'a eu qu'une fois à exercer cette prérogative en
faveur de M. Robert Hart.
L'administration des Douanes est confiée à quatre services {Depart-
ments): 1° le Revenu {Revenue Department); 2° la Marine {Marine
Department)', 3° l'Education {Educational Department); 4° les Postes
{Postal Department).
En 1901, ce dernier département comprenait 65 employés étrangers
et 882 chinois; le secrétaire des postes est un Français, M. A.-T.
Piry; les chefs de bureaux sont des employés du service intérieur;
restent donc les emplois subalternes. Je laisse de côté la Marine
et l'Education, services techniques. C'est en réalité au premier
département {Revenue) que les candidats cherchent un emploi. Ce
Département comprend un service intérieur {In-door Staff), un service
extérieur {Out-door Staff), un service de la Côte {Coast- Staffs),
étrangers et Chinois comprenant en 1901, 876 étrangers et 3.681
Chinois. Le service extérieur (551 étrangers) est principalement recruté
sur place, surtout parmi les marins des différentes nationalités. Ou
comprend dès lors que les demandes visent exclusivement le service
intérieur {In-door staff'). Nous allons l'examiner.
Le service intérieur comprenait, en 1901, 279 employés européens
sur lesquels 12 sont de simples commis sans chance d'avancement;
restent 267 employés ainsi répartis par nationalités:
lléLANOES. 227
Anglais 139
Français 31
Allemands 25
Américains 16
Russes 11
Italiens 8
Norvégiens 6
Japonais 6
Portugais 6
Danois 4
Autrichiens 4
Hollandais 4
Belges 4
Espagnols 2
Hongrois 1
267
Depuis la publication de l'Annuaire de 1901, nous savons que
15 jeunes gens sont entrés dans le service, ainsi répartis par
nationalité: Anglais, 4; Français, 5; Allemands, 5; Italien, 1; ce
qui fait un total, pour le chiflfre actuel des employés du service
intérieur, de 294; mettons 300 en chifires ronds. Or on a calculé
qu'un employé des douanes reste environ 30 ans dans le service,
cela fait une moyenne de div places vacantes par an, à répartir
entre plus de quinze nations ayant des traités avec la Chine.
Ces chiffres sont assez éloquents; la conclusion s'impose d'elle-
même: il n'y a pas place pour une cohue de candidats, mais seulement
pour une petite élite. II est donc peu sage, pour ne pas dire plus,
d'entretenir chez des collégiens des illusions qui leur prépareraient
d'amers réveils.
Sir Robert Hart, bart.
Le service des Douanes Chinoises est dirigé par l'inspecteur
général, l'I. (x. comme le désignent ses subordonnés. Sir Robert
(Hart, véritable autocrate, qui dispose seul de toutes les places et
228 MÉLANGES.
auquel les candidats doivent adresser directement leurs demandes.
Le trait caractéristique du service, c'est qu'il a à sa tête un
seul chef qui est nommé par le gouvernement chinois; il est le seul
fonctionnaire choisi de la sorte, mais sa commission, munie du sceau
du Tsong-li Yamen, l'autorise à prendre les agents qui serviront sous
ses ordres. Lord Clarendon était hostile à toute intervention des
consuls britanniques dans le choix des employés anglais des douanes.
Lord Elgin, plénipotentiaire anglais, écrivait le 8 février 1862 à
M. Layard au sujet du traité de Tien-tsin et du Tarif:
« The stipulation that an uniform system of collection was to be gradually
introduced at the several open ports, and the omission of the clause requii'ing
Her Majesty's Consuls to exercise over Her Majesty's subjects a control in
Custom-House matters, from which the subjects of other Treaty Powers were
exempt, coupled with the large reductions in the Tariff rates of duty, and the
opening up of the whole seaboard of China and of the banks of the more
important navigable rivers to trade, were held to be advantages of no mean
order. To the best of my recollection it never was suggested to me that I
should use the power I possessed to compel the Chinese government to divest
itself of its power of enacting regulations for the protection of its revenue,
and of imposing penalties for the breach of such regulations. Had such a sug-
gestion been made, I should have been obliged to disregard it, because I could
not have acted upon it without contravening one of the most essential principles
of the policy prescribed to me by Lord Clarendon. »
Robert Hart, né le 20 février 1835, à Portadown, dans le comté
d' Armagh (Irlande), fut élevé à Queen's University, Belfast, et obtint
son diplôme de Bachelier-ès-Arts en 1853 et celui de Maître-ès-Arts,
M. A. hon.-causâ, en 1871; il est aussi LL. D. de Queen's University,
1882, et de Michigan, Etats-Unis. D'abord interprète surnuméraire
de la surintendance du commerce à Hong-Kong (mai 1854), près
du consulat britannique à Ning-po (octobre 1854), assistant-interprète
dans le même port (juin 1855), puis second assistant à Canton
(mars 1858), il remplit les fonctions de secrétaire des Commissaires
alliés pour l'administration de la ville de Canton (avril 1858). In-
UÉI.ANORB. 229
terprète du cousulat anglais à Cauton (mai 1859), il obtient la
permission d*eutrer dans les douanes chinoises où il est promu
d'emblée député-commissaire dans cette ville (juin 1859); pendant
l'absence de Lay, il remplit (avril 1861-raai 18C3), avec M. Fitz-Roy
comme collègue, les fonctions d'inspecteur général. Nommé com-
missaire à Chang-Haï avec la charge des ports du Yang-tseu et de
Ning-po (avril 1863), il remplaça H.-N. Lay, trois mois plus tard,
définitivement (novembre 1863). L'Angleterre qui sait récompenser
les bous services, en a fait un Grand Croix de Saint-Michel et
Saint-George, G. C. M. G. (1889) et un Baronet (1893); la Chine
lui a donné le globule rouge de la première classe des fonctionnaires
(1881), l'a décoré de la première classe de la seconde division du
Double Dragon, et de la Plume de Paon (1885) et a anobli trois
générations de ses ancêtres avec le rang de la première classe du
premier ordre; récemment il a reçu le titre honorifique de Cha-Pao,
second tuteur de l'héritier présomptif, qui, à ma connaissance, n'avait
jamais été décerné à un étranger.
Sir Robert Hart a reçu les distinctions suivantes des gouvernements
étrangers: France: commandeur de la Légion d'Honneur, 1878; grand
oflBcier, 1885; Belgique: commandeur de l'Ordre de Leopold, 1869;
grand officier, 1893; Suède et iVoruè^e : chevalier de l'Ordre de Vasa,
1870; chevalier grand croix de l'Etoile Polaire, 1894; Autriche- Hongrie,
chevalier commandeur de l'Ordre de François-Joseph, 1870; grand
croix, 1873; Italie: grand officier de la Couronne, ISSi; Saitit- Siège:
commandeur de l'Ordre de Pie IX, 1885; Portugal: grand croix
de l'Ordre du Christ, 1888; Pays-Bas: grand croix de l'Ordre
d'Orauge-Nassau, IS97\- Prusse: Ordre de la Couronne, l^fe classe 1900.
Sir Robert Hart a été nommé, en mai 1885, envoyé extraordinaire
et ministre plénipotentiaire d'Angleterre en Chine et en Corée; il
donna sa démission au mois d'août 1885, pour rester comme In-
specteur Général dans le service chinois.
230 MELANGES.
La note suivante, probablement modifiée récemment, a été publiée
il y a deux ans et demi; elle explique les principes suivant lesquels
les nominations sont faites dans le service intérieur des douanes:
ADMISSION AU SERVICE CHINOIS DES DOUANES.
Service intérieur.
MEMORANDUM.
1. — Les nominations dans le service intérieur des douanes chinoises sont
faites directement par l'Inspecteur Général, et tout sujet de la nationalité de
toute puissance ayant un traité est admissible.
2. — L'Inspecteur Général nomme seulement ceux qu'il connaît ou qui lui
sont suffisamment bien recommandés en ce qui regarde les antécédents et la
conduite. Les candidats doivent adresser eux-mêmes directement leur demande
à l'inspecteur général, lui envoyant en même temps les recommandations et les
certificats qu'ils désirent présenter, ainsi que leur photographie.
3. — L'âge des candidats est de 19 à 23 ans.
4. — Les candidats doivent être célibataires. Le service n'a pas le moyen de
fournir une installation de maison pour des jeunes gens mariés.
5. — Tous ceux qui sont désignés à des emplois sont soumis à une épreuve
justifiant de leur aptitude et de leur éducation. Il n'y a pas de sujets spéciaux
d'examen, sauf que la connaissance de l'anglais, de l'arithmétique, de la géo-
graphie et au moins d'une autre langue moderne est requise. Outre ces sujets,
les candidats admissibles seront examinés sur tels autres sujets qu'ils choisiront.
En pratique, le candidat devra être socialement et par son éducation au moins
égal à la moyenne des plus hauts grades des employés civils des contrées d'Europe.
6. — Dans le cas où il se présenterait plus de candidats qu'il n'y a déplaces,
l'Inspecteur Général peut, comme il l'a fait jusqu'ici, faire passer un examen de
concours aux candidats et donner les places à ceux qui seront les plus heureux
dans cette épreuve.
7. — 11 est fait un examen médical de tous les candidats. Ils doivent donner
la preuve d'une intelligence générale, être exempts de toute maladie organique
et n'avoir aucun germe de maladie de poitrine, de cœur ou de faiblesse héré-
ditaire. Le bégaiement et la claudication sont des clauses d'exclusion, de même
qu'un défaut sérieux dans la vue.
8. — Une indemnité suffisante pour payer le passage à la Chine est donnée
aux candidats qui sont engagés en Europe. La somme allouée à cet effet est
actuellement de 100 livres sterling.
â
MÉLAN0K8. 231
9. — Ijes jeunes gens nommés sont surveillôs d'une manière spéciale pendant
leurs premières années do service pour juger de leur conduite, de leur tenue,
de leur aptitude à remplir leurs tonctiona et de leur zèle dans IV'tude de la
langue. chinoise, qui est essentielle. Dans le cab où ils seraient sous l'un de ces
rapports des employés ne donnant pas satisfaction, l'Inspecteur Général se ré-
serve le droit de les renvoyer.
Inspectorat général des douanes, Pékin, 30 décembre 1899.
La note suivante indique lea conditions d'admission et du service:
MEMORANDUM
Explicatif des conditions d'entrée dans les douanes maritimes
impériales chinoises.
1. — Toute nomination dans le service dépend de la seule volonté de l'in-
specteur général, Sir Robert Hart, Bart., G. C. M. G.
2. — Le cadre étranger placé sous les ordres de l'inspecteur général des
douanes comprend des sujets des différentes puissances liées à la Chine par un
traité.
3. — Pour être admis coniime 4* assistant, C, il faut être âgé de 19 ans au
moins et de 23 ans au plus.
4. — Le candidat doit être apte au service en Chine, c'est-à-dire: n'avoir
pas plus de 23 ans; — posséder une instruction convenable; se trouver dans
de bonnes conditions physiques (on se montre surtout exigeant pour la vue et
l'ouïe); — et être capable d'occuper un pupitre anglais dans un bureau [parler
et écrire l'anglais qui est la langue usitée dans le service des douanes].
5. — Suivant la lettre de nomination qui est donnée par l'inspecteur général
au 4* assistant, C, celui-ci, d'après les conditions générales du service, pourra
être appelé à remplir les occupations des douanes aussi bien comme employé
de bureau {in-door stuff) que comme employé pour le service extérieur (out-
door staff) et s'il aspire à un degré supérieur et à un traitement plus élevé,
il devra acquérir la connaissance de la langue chinoise ainsi que des usages et
des coutumes du peuple chinois. Le service est un département du service civil
de la Chine, ses membres étant employés du gouvernement chinois et non les
subordonnés d'aucun autre gouvernement; ils ne sont pas employés pour aucun
temps spécifié, mais l'acceptation d'un emploi implique l'acceptation des statuts
et des règlements du service.
(). — Il y a une allocation de 100 livres sterling pour le voyage, et les ap-
pointements commencent en Chine à raison de 1.20Ü haïkouan taèls par an.
232 MÉLAISGES.
La valeur du haïkouan taël varie suivant le taux courant du change; en
moyenne, elle était, en 1898, de 2sh. lOd. 5/8, en 1899 de 3sh. Od. 1/8, et
en 1900, de 3sh. Id. 1/4. En outre de ces appointements, chaque assistant est
logé (non meublé) ou reçoit à la place une indemnité. Si l'assistant quitte de
sa propre volonté le service avant l'expiration de cinq ans de service effectif en
Chine, il est tenu de rembourser les 100 livres sterling qui lui avaient été al-
louées pour son passage,
7. — Le traitement d'un 4^ assistant, C, est de 1.200 haïkouan taëls. (Les
anciens traitements en argent, — qui s'élevaient suivant les grades pour les
commissaires de 4.800 à 9.000 haïkouan taëls, — ont tous été augmentés.
8. — La promotion dans le service dépend :
a) des vacances qui peuvent se produire;
b) des progrès réalisés par l'intéressé dans l'étude du chinois;
c) de la conduite et des aptitudes de l'intéressé.
9. — Les agents ne sont pas retraités, mais d'après les règlements actuels,
une allocation d'une année de traitement peut être donnée au gré de l'inspecteur
général après chaque période de sept années de service.
10. — A la fin de la première période de sept ans de service, et dans la suite,
après une période de cinq ans, un congé de deux ans, à demi-solde, pourra,
suivant le présent règlement, être accordé, si les besoins du service le permettent,
*
* *
La note suivante indique les conditions de l'examen des candidats
qui ont reçu de l'Inspecteur Général leur nomination:
MEMORANDUM
IHxpUcatif des examens d'entrée dans V administration du service
des douanes chinoises.
1. — Avant que l'examen n'ait lieu, le candidat devra produire un certificat
médical à l'effet de prouver qu'il n'a aucun défaut dans la vue, la parole ou
l'ouïe; qu'il est exempt de toute maladie, affection constitutionnelle ou infirmité
corpoi*elle, qui pourrait probablement le gêner dans l'accomjjlissement exact de
ses devoirs officiels, et que, au point de vue de la santé, il est parfaitement
propre au service en Chine.
2, — Il y aura un examen préliminaire d'épreuve pour l'écritui'e, la dictée,
la grammaire et l'arithmétique. Tout candidat qui ne réussirait pas à passer cet
examen d'une manière satisfaisante sera disqualifié pour l'examen final, qui a
spécialement pour but de s'assurer des mérites de chaque candidat relativement
à ses connaissances, son intelligence et ses chances d'avenir. Les sujets de l'exa-
men final ou de l'examen d'épreuve de l'instruction sont partie obligatoires et
partie facultatifs.
HKLAMOKS. 23Ô
I. — Obligatoires.
a) Langue anglaise.
b) Éléments d'histoire moderne.
c) Géographie.
(/) Composition et précis.
e) Tenue de livres en partie double.
II. — Facultatifs.
Le candidat peut choisir n'importe quels sujets, plus spécialement fi-ançais et
allemand, afin de prouver qu'il a reçu une éducation convenable. On tiendra un
plus grand compte d'une profonde connaissance de quelques sujets que d'un savoir
superficiel d'un grand nombre.
Recrutement.
On verra d'après le memorandum relatif aux examens que l'on
ne cherche pas à faire atteindre aux candidats un niveau spécial
d'instruction. L'éducation que l'on nomme en général libérale,
c'est-à-dire celle que doit recevoir tout homme pour faire son chemin
dans le monde, est tout ce que l'on demande; en sorte que si un
jeune homme s'est préparé soit à la carrière des armes, soit à la
marine, au droit, à la médecine, aux travaux d'ingénieur, soit à toute
autre profession honorable, il ne se rend ainsi nullement impropre
au service des douanes. Mais l'on recherche aussi bien les avantages
physiques que les qualités intellectuelles, et l'on désire des hommes
digues de confiance, honnêtes, travailleurs et possédant du sang-froid
et du bon sens.
Quand un candidat est inconnu de Sir Robert Hart, il doit
naturellement fournir à l'appui de sa demande des recommandations
émanant d'une personne connue de l'Inspecteur Général officiellement
ou en particulier, ou dont la réputation ou le nom ou la position
soit une garantie suffisante pour la recommandation.
Lorsque Sir Robert Hart désigne an candidat en Europe, il en
informe M. Campbell, dont c'est le devoir d'exécuter les instructions
I^B relatives à l'examen et de décider si le candidat est ou n'est pas
I
234 MELANGES.
apte au service. Il est préférable que les caudidats adressent directe-
ment leur demande à Sir Robert Hart.
L'examen littéraire peut être remplacé par le diplôme d'établisse-
ments comme l'Ecole des langues orientales vivantes, l'Ecole coloniale,
etc. Si les candidats sont trop nombreux, il est alors nécessaire d'ouvrir
un concours; c'est ce qui est arrivé récemment quand 39 jeunes gens
se sont présentés pour 6 places vacantes.
Avancement.
Le service intérieur des douanes comprend dans ses 279 employés:
1 inspecteur général, 1 inspecteur général adjoint, 40 commissaires
(directeurs), 19 commissaires adjoints, 1 principal assistant, 18 premiers
assistants, 35 deuxièmes assistants, 40 troisièmes assistants, 100 qua-
trièmes assistants, 12 commis (Clerks), 12 divers.
Jusqu'à l'année dernière, les assistants étaient divisés en deux
classes A et B; pour accélérer les promotions, il seront dorénavant
répartis en trois classes A, B et C. Les traitements commençaient
à hk. tls. 900 et suivaient l'échelle suivante jusqu'aux commissaires
qui étaient en 1901 au nombre de 40 dont 21 Anglais, 7 Américains,
4 Allemands, 3 Français, 1 Hongrois, 1 Norvégien, 1 Belge, 1 Russe,
1 Danois:
4« Assistant B ...... hk. tls. 900
» A » 4.200
3= Assistant B » 1.500
» A » 4.800
2« Assistant B » 2.400
» A » 2.400
1" Assistant B , » 2.700
» A » 3.000
Principal assistant » 3.600
Commissaire adjoint .... » 3.600 à 4.200
Commissaire . » 4.800 à 9.000
A cause de la dépréciation de l'argent, les traitements commen-
â
MELANGES. 235
feront (lésoriuais îi hk. tls. 1.200 au lieu de 900 et suivrout une
augmentatiou progressive suivaut les grades.
L'avaucement est dû naturellement à l'intelligence, au travail,
à l'assiduité et à la bonne conduite, mais surtout aux progrès dans
la langue chinoise; un assistant qui ne possède pas cette langue à
fond n'a aucune chance d'arriver au grade de commissaire.
Dans les dernières promotions, les plus heureux parmi les com-
missaires adjoints ont été nommés commissaires au bout de 18 ans
de service dans les douanes, mais la plupart ont attendu 22, 24,
28 et même 29 ans ce haut emploi.
J'espère que ces quelques renseignements pourront donner une
idée exacte du service des douanes impériales maritimes chinoises,
des conditions dans lesquelles on peut y être admis, et de l'avancement
que l'on y peut obtenir.
Liste des ports ouverts au coiuinerce étranger^).
1° Nieou-Tchouang «^ s^ {anglais Newcliwang)^ dans la province
de Cheng-King en Mandchourie; ouvert en mai 1864 en vertu du
traité anglais de Tieu-Tsin (1858); à la fiu de 1901, population
chinoise estimée: 50 000 habitants:
2° T'ien-Tsin ^ ^ dans la province de Tche-li, au confluent
du Grand Canal et du Peï-ho; ouvert en mai 1861, en vertu des
conventions anglaise et française de Pé-king, 1860; pop. chin.:
700 000 hab. ;
3° Tche-Fou ^ ^ {anglais Chefoo) ou mieux Yeu-t'aï, dans la
province de Chan-Toung, sur le bord de la mer; ouvert en mars
1862 en vertu des traités anglais et français de Tien-Tsin, 1858;
pop. chin. : 60 000 hab. ;
4° Kiao-Tcheou ^ ^ (Kiaochow), dans la province de Chan-
1) Nous ajoutons cette liste tirée de notre Histoire des Rtlations de la Ckime, III,
pp 433—438.
23Ô MÉLANGES.
Touag, dans la baie du même uoni, occupé par les Allemands le
14 novembre 1897, déclaré port libre le 2 septembre 1891; (en
réalité Ts'ing'-tao) ;
5° Tchoung-K'ing ^ ^ (Chung-K'ing) dans la province de Se-
Tch'ouen; au confluent de la rivière Kia-ling et du Yang- tseu:
ouvert en novembre 1890; popul. chin.: 300000 hab. ;
6° I-Tch'ang ^ M (Ichang), dans la province de Hou-Pé, sur
la rive gauche du Yaug-tseu, ouvert le 1®^ avril 1877, en vertu de
la convention de Tche-Fou, 1876; popul. chin.: 40000 hab. ;
7° Cha-che *|J^ TÎT (Shasi), dans la province de Hou-Pé, entre
I-Tch'ang et Han-K'eou, sur la rive gauche du Yang-tseu ouvert
le l®*" octobre 1896, en vertu du traité japonais de 1895; pop.
chiu. : 80000 hab.;
8° Yo-Tcheou -^ ^|«| (Yochow), dans la province de Hou-Nan,
près du lac Toung-Ting; ouvert ofiSciellement le 13 novembre 1899;
pop. chin. : 20000 hab.;
9° Han-K''eou *^ JU (Hankow), sur la rive gauche du Yang-
Tseu, à son confluent avec la rivière Han, dans la province de
Hou-Pé, ouvert en décembre 1861, en vertu des règlements provisoires
de la même année; pop. chin. : 850000 hab.;
10° Kieou-Kiang ^ /X (Kew-Kiang, Kiukiang), dans la province
de Kiang-Si, sur la rive droite du Yang-Tseu, près du lac Po-yang:
ouvert en même temps que Han-K'eou; pop. chin.: 62000 hab.;
11" Woii-hou ^ yj^ (Wuhu), dans le Ngau-Houei, sur le Yang-
Tseu, entre Kieou-Kiang et Tchen-Kiang; ouv^t le 1^^ avril 1877
en vertu de la convention de Tche-Fou; pop. chin.: 102116 hab.; |
12° Nan-King ^ ]^ ou mieux Kiang Ning )[X. ^ (Nan-King
veut dire Cour du Sud, et désigne l'emplacement ancien de la capitale
avant Pé-kiug, Cour du Nord), sur la rive droite du Yang-Tseu,
capitale du Kiang-Nati, devait être ouvert en vertu du traité français
Mél.ANOES. 237
(le Tien-Tain, 1858; ne l'a été eu réalité que le l^' mai 1899; pop.
chin.: 225000 hab. ;
13° Ti'hen-Kiang ^ /X (Chiukiang), dans le Kiaug-Sou, sur la
rive droite du Yang-Tseu à sou confluent avec le Canal impérial,
ouvert eu avril 1861, en vertu du traité anglais de Tien-Tsin, 1858;
pop. chin.: 140000 hab.;
14° Chang-Haî J^ jf^ (Shanghaï), dans le Kiang-Sou, sur le
Houang-Pou, un des cinq ports ouverts eu vertu du traité de
Nan-King, 1842. Le port a été officiellement ouvert au commerce
le 17 novembre 1843 et le bureau des Douanes n'a été ouvert comme
nous l'avons vu qu'en 1854; pop. chin.: 620000 hab.;
15° Sou-Tcheoii ^ j^ (Soochow), capitale du Kiang-Sou, à l'ouest
et un peu au nord de Chang-Haï, sur le Grand Canal, près du
Grand Lac, Tai-Hou; ouvert le 26 septembre 1896 en vertu de
l'article VI du traité japonais; pop. chin.: 500000 hab.;
16° Ning-Po ^ ^ dans la province de Tche-Kiang, sur la
rivière Yong, un des cinq ports ouverts en vettu du traité de
Nan-King, 1842, mais n'a été ouvert par les Douanes qu'en mai
1861; pop. chin.: 255000 hab.;
17° Hang-Tcheou ^ j^ (Hangchow), capitale du Tche-Kiang,
sur la rivière Ts'ien-T'ang, ouvert le 26 septembre 1896, en vertu
de l'article VI du traité japonais; pop. chin.: 700000 hab.;
18° Wen-Tcheou ^ ^ (Wenchow), dans la province de Tche-
Kiang, sur la rive droite du Wou-Kiang, ouvert en avril 1877, en
vertu de la Convention de Tche-Fou, 1876; pop. chin.: 80000 hab.;
19° San-Tou Ngao (Santuao), port de Fou-Ning Fou, fjg ^
dans la province de Fou-Kien, ouvert spontanément par les Chinois
le P"^ mai 1899; le décret impérial est du 24 mars 1898; pop. chin.:
8000 hab.;
20° Fou-Tcheou ^ j^ (Foochow), capitale do Fon-Kien sur la
Lrivière Min, uu des cinq ports ouverts eu vertu du traité de Nan-
238 MÉLANGES.
Kiug, 1842, mais le bureau des Douanes u'a été installé qu'eu juillet
1861; pop. chin.: 650000 hab.;
21° Emoui ^ P^ ou Amoy, prononciation locale de Hia-Men,
dans le Fou-Kien, un des cinq ports ouverts en vertu du traité de
Nan-King, 1842, mais le bureau des Douanes n'a été installé qu'en
avril 1862; pop. chin.: 96000 hab.;
22° Chan-T'eou yjl) ^ (Swatow), dans le Kouaug-Toung, sur la
rive gauche et à l'embouchure de la rivière Han, ouvert en janvier
1860, en vertu des traités anglais, français et américain de Tien-
Tsin, 1858; pop. chin.: 38000 hab.;
23° Wou-Tcheou ^ j^ (Wuchow), dans le Kouang-Si, sur la
rive gauche du Si Kiang, ou rivière de l'Ouest, à son confluent
avec la rivière Fou, ou rivière de Kouei-lin; ouvert le 4 juin 1897,
en vertu de la convention anglo-chinoise relative à la frontière
birmane; pop. chin.: 52000 hab.;
24° Sam-Choui ^ "^ (Samshui), dans la province de Kouang
Toung, près du confluent des rivières de l'Ouest, du Nord et de l'Est
de Canton; sou port est Ho K'eou; il faut rattacher à ce bureau
Kongmoon et Kumchuk. Sam Choui a été ouvert en 1897 par la
même convention que Wou Tcheou; pop. chiu.: 5000 hab.;
25° Canton ^ ^H » en chinois Kouang-tcheou, capitale du Kouang
Toung, sur le Tchou-Kiang (rivière de la Perle), un des cinq ports
ouverts en vertu du traité de Nan-King, 1842, mais le bureau des
Douanes n'a été installé qu'en octobre 1859; pop. chin.: 850000 hab.
26° Kieou loung ^ ^ (Kowloon), dans le Kouang-Touug, en
face de Hong-Kong;
27° Lappa ou Kung-Pa :^ i(]^ , île en face du port intérieur de
Macao ;
28° Kioung-Tcheou ^ j^ (Kiungchow), dans l'île de Haï-Nan
(Kouang-Touug), ouvert eu avril 1876, en vertu des traités auglais
UÉLANORS. 239
et français de Tien-Tsin de 1858. Le port est Hoi-Heou (Hoihow);
pop. chin.: 35000 hab.;
29° Pak'Hoi :j(^ yjÇ , dans le dialecte du Nord, Pe-Haî, dans la
province de Kouang-Toung, sur le golfe du Toug-King, ouvert en
avril 1877, eu vertu de la convention de Tche-Fou; pop. chin.:
20000 hab.;
30° Loung-Tcheou ^ ^ (Luug-Chow), dans le Kouang-Si, au
confluent des rivières Song-Ki et Kao-Ping; la réunion de ces deux
rivières forme le Tso-Kiang, branche gauche du Si-Kiang ou rieière
de l'Ouest: ouvert le 1^"^ juin 1899, en vertu du traité avec la
France après la guerre du Tong-King; pop. chin.: 20000 hab.;
31° Mong-tseu ^ g (Mengtsz), dans le sud-est du Yun-Nan,
ouvert en vertu de la convention additionnelle au traité français de
Tien-Tsin du 25 avril 1886, signée à Peking le 26 juin 1887;
l'ouverture du consulat de France est du 30 avril 1889; pop.
chill.: 12000 hab.;
32° Se-mao ^^^ ^ (Szemao), au sud-ouest du Yun-Nan, ouvert
par les conventions françaises de 1895 et anglaise de 1896; pop.
chin.: 14000 hab.;
33° Teng-yueh ^^ ;^ ou Momein, au Yun-Nan; proposé pour
être ouvert au commerce étranger.
34° Ya-toung (Yatung), T'ibet.
La population totale chinoise est donc estimée à 6.584.1 16 habitants.
Nous n'avons pas donné, dans cette enumeration, Ta Kou -^ f^ ,
à l'embouchure du Peï-Ho, et Ho K'eou (Hokow), à la frontière du
Yuu-Nau et du Tong-King, parce que leurs statistiques ne sont pas
données séparément. Ts'in- Wang Tao^ dans l'arrondissement de Fou-
Ning Hien, dans le Tche-li, a été déclaré ouvert officiellement en
même temps que Yo-Tcheou, mais n'a pas encore de bureau. Nan-
Ning, dans le Eouaug-Si, a été déclaré port à traité, par décret
impérial, eu février 1890, mais n'était pas encore ouvert eu juin
240 MÉLANGES.
1900. Pei-Taï Ho est une station balnéaire du golfe du Tche-Li,
près de Chan-Haï Kouan; nous ne parlerons pas davantage de
Ta-Lien Wan 3^ 5J ^, Port- Arthur Jg )||^ (Liu-chouen), Wei-
Hai Wei ^ J^ ^^, Kouang-Tcheou Wan ^ j^ ^, cédés à bail
à la Russie, l'Angleterre et la France.
Voici quels étaient d'après les statistiques des Douanes chinoises
de 1901 *) le nombre des maisons de commerce et le chiffre de la
population étrangère en Chine par nationalités:
Anglais^ 427 maisons, 5410 résidents; Américains, 99-2292;
Allemands, 122-1531; Français, 64-1361; Hollandais, 9-119; Danois,
4-179; Espagnols, 15-353; Norvégiens, 1-88; Suédois, 1-113; Russes,
19-1648; Autrichiens, 11-142; Belges, 9-238; Italiens, 15-273; Ja-
ponaisf 289-4170; Portugais, 14-1139; Coréens, 18 res.; Puissances
sans traité, 3-45. — Total, 1102 maisons de commerce, 19119 résidents.
Henri Gordier.
Le Laos Siamois.
La Région de Xieng-Mai.
M. Suzor, vice-consul de France à Nan (Siam), a adressé ré-
cemment au ministre de France à Bang-Kok, un très intéressant
rapport.
La région intéressée est délimitée assez exactement, dit M. Suzor,
par une ligne qui, partant de M. Fang, à quelques kilomètres de la
frontière Birmane, passerait par Vieng-Papao, sur le Mé Lao (M.
Papou, carte Pavie) et Muoug Pen Yao sur le Mé Ing (M. Pen You,
1) Returns of Trade. .. for 1901.
ï
MÊLA NOES. 241
carte Pavie) pour veuir aboutir au coude formé par le Mékong, à
l'endroit indiqué sur la carte Pavie sous le nom de B. Houam Kooap.
Sur les cultures tropicales, coton, tabac, etc., qui sont pratiquées
dans cette région et sur les ressources forestières qu'elle renferme,
M. Suzor donne les indications suivantes:
Coton. — Le coton, assez abondant à l'état sauvage, est cultivé
sur les berges de quelques rivières, mais seulement pour la con-
sommation locale; on eu rencontre même quelques plants sur les
collines peu élevées, préalablement défrichées à l'aide du feu. C'est
avec ce coton qu'est tissée dans tous les villages la jupe laotienne,
universel vêtement des femmes ici, la jupe de soie, aussi tissée sur
place mais avec des fils de soie grège importés par les Hos, étant
réservée pour les fêtes.
Cette culture de coton pourrait certainement être perfectionnée
et développée.
Tabac. — Le tabac n'est de même cultivé que pour la consom-
mation locale, mais celle-ci est considérable: tous les villages possè-
dent des cultures, quelle que soit la nature du terrain; néanmoins
le tabac est, comme le coton, cultivé de préférence sur les rives
des cours d'eau, mieux exposées et où le défrichement est plus facile.
Ce tabac, bien que toujours très mal préparé, est parfois passable;
il y a donc lieu de penser qu'une amélioration dans les procédés
de préparation donnerait un produit d'une valeur appréciable.
L'arbre à cachou, que l'on rencontre assez souvent dans le
bassin du Mé-Ing, pourrait peut-être donner matière à une petite
exploitation, comme appoint aux autres cultures.
Thé. — Quant aux arbres à thé, ils poussent spontanément et
sur de grands espaces dans la plupart des vallées un peu élevées
de la chaîne de partage des eaux entre le Mé-Ping et les Mé-Lao
et Woung, ainsi qu'entre ces deux rivières et le Mé-lng, et entre
le Mé-Iuiî et le Mékouff.
242 MÉLANGES.
Ces forêts d'arbres à thé, désignées sous le nom de «Va-Mieng»
sont exploitées principalement entre le Mé-Ing et le Mé-Lao; à B.
Machiadi, où je suis passé, il y a un groupement assez considérable.
Mais partout les indigènes, généralement des Khamous venus de la
rive gauche, n'en exploitent souvent qu'une minime partie, pour
laquelle ils payent souvent une légère redevance, nullement légale
d'ailleurs, aux chefs de village, ou même simplement au premier
occupant, qui a découvert et circonscrit la forêt de Va-Mieng.
Les exploitants se contentent de dégager le pied des arbustes
sans aucune culture, ni tentative de multiplication; quatre fois par
an, il font la récolte des feuilles, la première étant la meilleure,
les feuilles vertes, empilées par petits paquets et préalablement
bouillies à la vapeur d'eau, sont laissées de côté pendant deux mois
et, après cette macération, vendues, sous le nom de «Mieng» à
chiquer, environ 12 roupies les 60 kilogrammes.
Les indigènes ignorent que ce même Mieng, vendu à ce prix
dérisoire, n'est autre chose que du thé; fussent-ils d'ailleurs ren-
seignés, ils ne sauraient point le préparer convenablement. Mais il
est certain que l'exploitation rationnelle de ces groupements consi-
dérables d'arbres à thé, faites par un colon expérimenté et à l'aide
de chefs coolies importés de Chine ou de Ceylan, donnerait d'ex-
cellents résultats dans une région aussi favorisée par la nature.
Cette culture serait même tout aussi rémunératrice que l'exploitation
des forêts de tecks; elle aurait sur celle-ci l'avantage de nécessiter
des capitaux beaucoup moins considérables et aussi de pouvoir être
continuée indéfiniment, tandis que les réserves de tecks s'épuisent
tous les jours.
Rien n'empêcherait d'ailleurs un forestier de mener de front les
deux exploitations, le travail du teck présentant cette particularité,
que, bien que les très nombreux ouvriers qu'il exige doivent de
toute nécessité être loués à l'année, ils n'eu août pas moins souvent
MEL AMOKS. 248
iuuctit'a, le plus souveut daas Tatteute d'une crue temporaire qui
permet de flotter quelques pièces dans les petits ruisseaux, et à la-
quelle succède une nouvelle période d'inactivité, jusqu'au prochain
orage. Il est évident que ces loisirs pourraient être utilisés.
Teck. — En ce qui concerne le teck, j'insisterai d'abord sur le
fait que les forêts de cette région, très importantes, sont encore
absolument inexploitées, si l'on en excepte quelques coupes partielles,
très restreintes, pratiquées il y a sept ou huit ans par de petits
forestiers munis de permis de coupe accordés par les chaos locaux.
Actuellement, depuis l'édit prohibitif de la cour de Bangkok, ces
permis sont sans valeur, tant qu'ils ne seront pas ratifiés par l'au-
torité siamoise, et cette éventualité est peu probable, leurs déten-
teurs actuels ne pourront s'en servir que pour faire des dupes.
C'est à ce point qu'un certain nombre d'arbres qui avaient été
entaillés juste au moment de l'édit précité, n'ont pu être abattus,
et que les petits forestiers qui ont fait ce premier travail n'ont
aucun recours pour s'en récupérer, ils devront s'en remettre abso-
lument à la bonne foi ou à la générosité du concessionnaire à venir.
Inutile de dire que tous les détenteurs d'anciens titres prétendent
d'ailleurs être chacun le seul à avoir entaillé le tout ou la majorité
des arbres eu question.
Donc ici le terrain est libre et les réserves abondantes; dans
les bassins de la Salouen et du Ménam, au contraire, on peut dès
maintenant prévoir le moment où les réserves seront épuisées et où,
pour les reconstituer, il faudra laisser les forêts en repos pendant
un nombre considérable d'années, cela en raison du manque de
surveillance, des incendies de la saison sèche qui détruisent tous
les aus beaucoup de jeunes pousses, et surtout en raison de l'im-
prévoyance des forestiers qui, jusqu'aux nouveaux règlements, cou-
paient à tort et à travers.
Ceci dit, j'en viens à la région que j'ai parcourue, du moins en
244 MELANGES.
partie, j'ai pu m'y convaincre que les renseignements fournis par
divers forestiers sur l'abondance des tecks dans cette région étaient
assez exacts.
Bassin du Mé-Ing. — Tout le bassin du Mé-Ing en est couvert
vers le milieu de son cours, en particulier, ce sont les tecks qui
dominent, englobant dans leur masse les autres essences dont plu-
sieurs sont d'ailleurs classées et utilisables. Entre le Mé-Ing et le
Mékong, et dans le cours supérieur du Mé-Ing, les tecks forment
des groupements moins compacts bien qu'aussi nombreux que dans
n'importe quelle exploitation actuelle; par contre, ils seraient, m'a-t-on
aflSrmé, de plus belle venue.
En outre, dans le bassin entier du Mé-Ing, l'exploitation pré-
senterait ce grand avantage, qu'on ne rencontre nulle part ailleurs,
d'une rivière sans rapides, sans rochers, sans détours considérables,
et où le flottage des bois se ferait avec la plus grande facilité depuis
la source, à Pen Yao jusqu'au confluent avec le Mékong. De plus,
le Mé-Ing coule au milieu d'une vaste plaine, où l'absence des
mamelons réduirait de beaucoup le travail de traînage des pièces
jusqu'aux ruisseaux flottables et permettrait probablement de dimi-
nuer d'une façon très appréciable le nombre d'éléphants d'ordinaire
indispensable.
Ces facilités devraient d'ailleurs être connues des anciens forestiers,
car c'est dans le bassin du Mé-Ing que se trouve la presque totalité
des tecks déjà entaillés dont je parle plus haut, plus de vingt mille,
m'a-t-on affirmé; néanmoins, je crois ce chifi're un peu exagéré.
Mais fallut-il le réduire de moitié, il n'en est pas moins certain
que ces pieds, déjà séchés et que l'on pourrait descendre en une
année, avec une main-d'œuvre suffisante et une saison de pluies
favorables, rendent la concession du Mé-Ing particulièrement pré-
cieuse: celui qui l'obtiendra pourra en effet non seulement amortir
de suite le premier capital engagé, mais réaliser des bénéfices con-
i
XKLAnom. 245
sidérables qui lui faciliteront singulièrement l'exploitation régulière.
Avant (le clore ces quelques renseignements sur le Mé-Ing,
j'ajouterai qu'il y a, outre cette artère principale, un assez grand
nombre de petits ruisseaux flottables qui se déversent directement
dans le Mékong et faciliteraient d'autant la descente des bois. Les
principaux, dont j'ai relevé les noms à mon passage, sont, à partir
de l'embouchure du Nam Kop, au Sud de Xiug Phong, jusqu'à celle
du Mé-Ing, le Houei Sua, le Houei Kot, le Uouei Pa Hiu, le
Houei Meng et le Houei Samuk.
D'après les renseignements, le teck abonderait aussi dans le bassin
Mé Kham et, à la frontière anglaise, dans celui du Nam Huock;
je n'ai pu les visiter, mais en tous cas, ces rivières étant peu im-
portantes ne pourraient donner lieu qu'à une petite exploitation.
Bassin du Mé-Khok. — Je n'ai pu remonter le Mé-Khok que
jusqu'à Xieng Hai et non jusqu'à M'Fang, comme je l'aurais voulu,
mais les renseignements que j'ai recueillis de tous côtés et contrô-
lés de mon mieux établissent que l'exploitation de cette région serait
aussi considérable que celle du Mé-Ing; on prétend même que les
tecks y sont de plus belle venue. Par contre, le flottage et le traînage
des pièces ne présenterait pas les facilités particulières au Mé-Ing,
sans être plus diflScultueux que dans les forêts actuellement exploitées.
Pour ma part, je puis aflfirmer que la partie du Mé-Khok que
j'ai parcourue, entre Xieug-sen et Xieu Hai, environ 70 kilomètres,
présente au contraire précisément les apparences du Mé-Ing: une
rivière assez large, coulant sans rapide ni rochers au milieu d'un
terrain très légèrement mamelonné; avec des bateaux assez lourds
et eu pleine saison sèche, je n'ai pas touché une seule fois.
Je crois devoir consigner ici, à côté de ces renseignements sur
le bassin du Mé-Khok, les noms des principaux affluents de cette
rivière, qui serviraient, le cas échéant, à y amener les bois ; d'autant
246 MELANGES.
plus que Tun d'eux, le Me Lao, est tellement important qu'il pourrait
être l'objet d'une exploitation particulière.
Renseignements géographiques. — Ajßiuents du Me-Khok. — Rive
droite: le Me-Bong, qui prend sa source au Doi Pa Muong et, après
un parcours d'une trentaine de kilomètres de l'Est à l'Ouest, vient
se jeter dans le Me-Khok, tout près du confluent avec le Mékong.
Le Me Bong, qui n'a lui-même qu'un petit affluent, le Me Ep,
sur la rive droite et vers son milieu, est couvert de tecks d'une belle
venue, de 14 et 16 kharas, m'a-t-on affirmé; à quelques kilomètres
de son embouchure, le teck serait l'essence dominante.
25 kilomètres plus haut, le Nam Pheng, venant du Nord-Ouest,
avec un parcours de 12 à 15 kilomètres seulement.
A 22 kilomètres du Nam Pheng, le Me Pena, direction Nord-
Est Sud-Ouest, aussi peu important.
Tout à côté de ce ruisseau, à 2 kilomètres à peine, se trouve
le confluent de Me Lao, que j'ai remonté en grande partie de Xieng
Hai à Xieng Main et dont le bassin renferme de très nombreux
groupements de teck. Il prend sa source au «Doi Nang-Kéo», l'un
des contreforts de la ligne de partage des eaux entre le Me Ping
et les petits bassins tributaires du Me Khong; cette petite ligne de
sommets, que traverse la route suivie par moi, porte un nom
caractéristique, «Pi pa nam», littéralement: «l'esprit a ici partagé
les eaux».
Du Doi Nang Kheo à son confluent, le Me Lao parcourt plus
de 130 kilomètres, sans s'écarter sensiblement de la direction Sud-
Ouest-Nord-Est. Il est grossi: à droite, uniquement par le Houei
Sai Kao à 36 kilomètres du Me Khok; à gauche: par le Houei
Champu, petit ruisseau à 15 kilomètres de la source du Me-Lao;
par le Nam Mechiadi, à 23 kilomètres de cette même source et
qui prend lui-même sa source au Doikom Pob, à 45 kilomètres de
son confluent avec le Me-Lao à Ban Mechiadi; par le Nam Sang
U^LANOI!». 247
Kao, peu împortaut et situé à 8 kilomètres plus loin à Bau Pa Naio;
par le Nam Me Tarn, qui a son couflueat à 20 kilomètres plus haut
et parcourt environ 25 kilomètres Nord-Nord-Ouest; et enfin 18,
puis 30 kilomètres plus au Nord, par le Houei Suei et le Houei
San qui malgré cet écart de 30 kilomètres entre leurs confluents
respectifs, prennent tous deux leur source au Doi Xaug, avec un
parcours d'environ 50 et 60 kilomètres, le premier descend donc
dans une direction Nord-Ouest-Sud-Est et l'autre Ouest-Est.
Le dernier affluent de droite du Mi Eoko que j'ai relevé avant
d'atteindre Xieng Hai est le Nam Kou, grossi lui-même par le
Houei-Sat; il vient du Sud-Ouest et suit pendant 15 kilomètres la
route de Xieng Hai à Xieng Mai.
R,ive gauche: le Me Loua, ruisseau sans importance, mais bordé
de petits tecks qu'il pourrait suffire à flotter à la saison des pluies.
On le trouve à 10 kilomètres du confluent du Me Khok. Quinze
kilomètres plus loin, le Nam Hak dont la source est au Doi Hena,
à une demi-journée vers le Nord; on trouve du, teck tout près de
son confluent, situé à Ban-Pa-Kao Pluenk, le seul village qui existe
le long du Nam Kok, de Xieng sen à Xieng Hai, et où les indi-
gènes cultivent un peu de mieng, de tabac et de coton; à environ
30 kilomètres du Nam Hak, le Houei-Mong-Khong et, tout à côté,
le Houei Kao-Tom, un peu plus important.
Je ne citerai que pour mémoire les deux principaux affluents du
cours supérieur du Mé Khok que je n'ai point parcouru et où, paraît-il,
l'on rencontre le plus de teck: le Me Fena et et le Me Fang.
A côté de ces trop brefs renseignements géographiques, j'ajouterai,
à titre d'indication, que j'ai rencontré sur le Mékong, entre Xieng-
Kong et Xieng sen, un forestier ou plutôt un trafiquant indigène
qui descendait uu radeau d'assez beaux tecks coupés à Xieng- Toung,
et qu'il avait l'intention de vendre, à Luang-Prabang.
NÉCROLOGIE.
EUGÈNE BUISSONNET.
Nous avons le vif regret d'annoncer la mort à Saint-Vallier (Drôme) le 7 Juin
1902, à l'âge de 68 ans, de M. Eugène Buissonnet, l'un des plus anciens ré-
sidents étrangers en Chine. Il était arrivé à Chang-Haï en 1854, et il avait
fait une fortune rapide dans les affaires de soie et les achats de terrain. Il fut
le premier président du Conseil Municipal français en 1862. M. Buissonnet a
laissé une somme de 25,000 francs à la Société de Géographie de Paris ').
H. C.
Marquis SAIGO.
Le Maréchal Marquis Saigo Tsoukoumitchi, commandant de l'expédition des
Japonais contre Formose en 1874, est mort le 17 juillet 1902, âgé de 63 ans;
il était le frère cadet de Saigo Takamori, chef de la rébellion de Satsouma en
1877. Saigo Tsoukoumitchi était ministre de la marine au moment de la dé-
claration de guerre contre la Chine en 1894. U. C.
Robert James FORREST.
M. Forrest était entré dans le service consulaire anglais comme élève-
interprète à Hong-kong, le 7 juin 1858. Il fut consul à Wen-tcheou (9 nov.
1877), à Amoy (25 fév. 1880), et à Tien-tsin (16 oct. 1877—22 nov. 1879);
il prit sa retraite le 13 avril 1893. Il eut à accomplir une mission auprès des
rebelles TVi-P*ing et il a écrit sur ce sujet plusieurs articles dans le North
China Herald, dont l'un intitulé Nanking and the inhabitants thereof (29 iuin
1861). M. Forrest est mort à Londres, le 17 juillet 1902, à l'âge de 66 ans.
H. C.
1) De Pékin à Shanghai. — Souvenirs de Voyages par Eugène Buissonnet. Paris, Amyot,
1871, in-l!3, pp. XV— 335.
— Carte des districts séricicoles chinois par £ug. Buissonnet, 1863. Gravé chez Erhard.
Paris, Imp. Lemercicr, 1 feuille.
NKCROLOGIE. 240
MARY SUMMER.
Madaino Ph. Ed. F0UOA.UX, née Filon, veuve du professeur au CJollége de
France, qui est morte cette année, a publié un grand nombre d'ouvrages, dont
deux se rattachent à nos <Hudes '). H. C,
LÉON FEER.
M. Léon Feer dont la santé était chancelante depuis longtemps, est mort à
Paris, le 10 mars 1902; il était né à Rouen le 22 novembre 1830. Après avoir
remplacé M. Foucaux (18(34) dans la chaire de Tibétain à la bibliothèque na-
tionale, il fit des conférences sur le tibétain et le mongol au Collège de France
(1809). En 1872, il entrait au Département des Manuscrits à la Bibliothèque
nationale où il devint bibliothécaire et conservateur-adjoint; il y resta jusqu'à
sa mort.
La collection du Tripitaka que possède la Bibliothèque nationale de Paris
n'est ni aussi complète, ni aussi homogène que celle de Londres; elle comprend
741 volumes formant les numéros 3668 — 4322, 4602 — 4608 du nouveau Fonds
chinois. M. Feer a dressé en manuscrit le catalogue de cette collection qu'il a
comparé aux recueils de S. Beal (1876) et de Bunyiu Nanjio (1883); nous en
avons publié l'introduction en 1898^).
Il a en outre fait un relevé des papiers d'Abel Rémusât') et dressé un ca-
talogue des papiers d'Eugène Burnouf conservés à la Bibliothèque nationale*).
Le Sutra en 42 articles ÜH -j-- ^^ ^S" 4^ tmduit déjà du mongol par
Hue et Gabat (1848), puis par Schiefner (1852) en allemand, et depuis, en anglais,
par Samuel Beal (1862) et, en français, par Mgr. de Harlez, a été ti'aduit du
1) Les Religieuses bouddhistes depuis Sakya-Moani jusqu'à nos jours par M°>" Mary
Summer avec une introduction par Ph. Ed. Foucaux, professeur au Collège de Krance.
Paris, Ernest Leroux, 1873, in-18, pp. xii— 70.
Forme le Vol. I de la Bibliothèque Orientakt ElzevirieHHe.
— Histoire dn Bouddha Sakya Mouni, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, par M"'
Mary Summer, avec préface et index par Ph. Ed. Foucaux. Paris, Ernest Ijeroux, 1874, in-18.
Forme le Vol. II de la Bibliothèque Orientale Elzeviriemte.
2) Introduction au Catalogue spécial des ouvrages bouddhiques da Fonds chinois de U
Bibliothèque nationale.. {Toung-pao, Juillet 1898, pp. 201 — 214).
3) Papiers d'Âbel Rémusat. (Jour. Jtiatiçue, IX« Sér.. IV, Nov.-Uéc. 1894, pp. 650—665.)
4) Papiers d'Eugène Burnouf conservés à la Bibliothèque nationale. Catalogue dresse par
M. Léon Feer, Bibliothécaire au Département des Manuscrits augmenté de renseignements
et de correspondances se rapportant à ces papiers. Paris, II. (Champion, 1S09, in-8, pp.
XXVI— 197.
18
250 NECBOLOGIB.
tibétain (1878) par M. Feer qui en avait publié dix ans auparavant les textes
chinois, tibétain et mongol ').
Il a donné à la Pâli Text Society une édition du Samyutta-nikaya. Ce sa-
vant, modeste, travailleur et obligeant, a laissé un grand nombre d'autres pu-
blications relatives au Bouddhisme et au Tibet ^). H. C.
1) Le Sûtra en quarante-deux articles. Textes chinois, tibétain, mongol autographies.
Paris, 1868, in-8.
— Le Sutra en 42 articles traduit du tibétain avec introduction et notes par Léon Feer.
Paris, E. Leroux, 1878, in-18.
A la suite du Bhammapada de M. Fernand Hû.
2) Entretien du Buddha et de Brahmâ sur l'Origine des choses, traduit du tibétain, par
Léon Feer. {Compte-rendu de la l*" Session du Gong, des Orient., 1878, I, pp. 463 — 496).
— Sur les causes qui ont favorisé la propagation du bouddhisme hors de l'Inde. Par
L. Feer. {Trans, second session Int. Cong, of Orientalists, pp 405 — 416).
— Le Bouddhisme à l'exposition de 1878. — Par M. Léon Feer, Conférence
faite au Palais du Trocadéro pendant l'Exposition universelle de 1878, par la Société aca-
de'mique Indo-Chinoise, br. in-8, 1879, Imp. Nat.; publiée sons les auspices du Comité
central des Congrès et Conférences de l'Exposition.
— Analyse du Kandjour, recueil des livres sacre's au Tibet par Alexandre Csoma, de
Koros, hongrois-siclien, de Transylvanie. Traduite de l'anglais et augmentée de diverses ad-
ditions et remarques par M. Léon Feer. {Annales du Mmée Guimet, II, Paris, Ernest
Leroux, 1881, pp. 131—573.)
— - Fragments extraits du Kandjour traduits du tibétain. Par M. Léon Feer. (Annales
du Musée Guimet, V, Paris, Ernest Leroux, 1883, pp. 1 — 577.)
— Etymologie, histoire, orthographe du mot Tibet. Par M. Léon Feer. {Verhand.d. VII.
Int. Orient. Cong. . . . "Wien . . . 1886. Hochasiat, u. Malay o-Folyn. Sect., pp. 63 — 81.)
BULLETIN CRITIQUE.
Relations économiques de V Angle-
terre avec V Extrême-Orient Par
M. Edouard Clavery, Consul de
France. (Extrait du Bulletin du
Comité de VAsie Française.) Paris,
1902, br. in-8, pp. 32.
«Dans cette étude sont con-
densées, en quelques pages, les
informations que contiennent, sur
le sujet indiqué, de nombreux
ouvrages publiés récemment, en
français et eu anglais. Les indi-
cations ainsi recueillies ont été
vérifiées et complétées auprès de
personnes ayant habité l'Extrême-
Orient, s'étant rendu compte, sur
place, des intérêts en préseuce. La
conclusiou de l'auteur, qui a résidé
un certain temps en Angleterre,
est que, si des moins-values se sont
produites sur quelques marchan-
dises, elles ont été compensées par
des accroissements sur d'autres ar-
ticles, et que le commerce d'expor-
tation de la Grande-Bretagne vers
les régions désignées est loin d'être
en décadence, comme on l'a parfois
prétendu » .
Je relève à la fin de cette
brochure, la phrase suivante d'un
article du Colonel Henry Knollys,
dans Blackwood's Magazine: «Cette
universalité du langage anglais,
tout corrompu qu'il soit dans ce
cas [pidgin^, est sûrement une
preuve évidente, irréfragable de
la prépondérance dominante (over-
whelmiug) de l'influence anglaise,
des intérêts anglais et des droits
anglais» . Cette phrase doit être lue
an passé et avec des restrictions:
les Etats-Unis dont le commerce a
jadis fait une rude concurrence à
252
BULLETIN CRITIQUE.
celui de l'Angleterre, ne sont pas
étrangers à la diffusion de la langue
anglaise adoptée d'ailleurs dans
beaucoup de pays à cause de sa
facilité relative. L'Angleterre a eu
Chine les mêmes droits que les
autres nations: ceux qu'elle a acquis
par la force, pas d'autres. Il ne faut
pas oublier qu'il n'y a pas dans ce
monde que des intérêts commer-
ciaux, et que ceux-ci se déplacent;
c'est ce qui arrive en Chine où
l'avenir commercial n'est certaine-
ment pas eu faveur de l'Angleterre,
mais bien de l'Allemagne, du Japon
et des États-Unis. H. C.
Université de Paris — Faculté
de Droit — Les Douanes Impériales
chinoises par Philippe Dei.mas —
Thèse de Doctorat Présentée et sou-
tenue le Mardi 17 Juin 1902 à 1
heure — Président : M. Léveillé, Pro-
fesseur.SuffragantsiMM.Estoublon,
Bourguin, Professeurs. Paris, A.
Chamion, 1902, in-8, pp. 171.
Les thèses sur la Chine présen-
tées à l'Ecole de Droit sont assez
rares pour que nous signalions
celle-ci. L'auteur a dû apprendre
beaucoup de choses à ses examina-
teurs. Elève à l'Ecole des Langues
Orientales, il a su puiser dans les
leçons et les ouvrages de ses pro-
fesseurs les éléments de son livre
qui est généralement exact et qui
suffira pour faire connaître l'or-
ganisation des douanes chinoises
dont nous parlons ailleurs dans ce
numéro.
A propos (p. 166); je n'ai ja-
mais publié en 1886, chez Alcan,
un volume intitulé La France en
Chine ; il a paru chez E. Leroux.
H. C.
Cl. Madrolle. — Les premiers
voyages français à la Chine. La Com-
pagnie de Chine (1698-1719). —
Paris, Challamel, 1901, gr. in-8
avec cartes (Tiré à 100 exem-
plaires).
M. Claudius Madrolle a été
tenté par l'idée d'écrire un livre
qui renouvelât ce qui a été dit de
nos premières relations avec le
Céleste Empire et qui nous apprit
qu'elles sont plus anciennes qu'on
ne le croyait généralement.
« Il y a lieu, dit-il, de rechercher
BULIiKnN CRITIQUE.
253
dans nos archives les traces d'expé-
ditions totalemeut oubliées au-
jourd'hui, mais prouvant que, dès
la première heure, au lendemain
de l'arrivée dans l'Inde, nous étions
préoccupés de l'ouverture de nou-
velles contrées à l'activité hu-
maine».
Ce beau sujet, M. Madrolie
l'a-t-il complètement traité? Je
regrette d'être obligé de dire qu'il
y a dans son livre de grosses
lacunes et je suis d'autant plus
peiné de le constater que la
personnalité de M. Madrolle est
éminemment sympathique. C'est
un homme actif, qui ne craint pas
de se dépenser, qui a tenté des
voies diverses et qui s'est, par cela
même, gaspillé. Il est encore un
peu tumultueux et n'a pas atteint
sa pleine maturité, car le travail
dont nous parlons porte les mar-
ques d'une hâte encore trop fébrile.
S'il nous avait consulté, nous
lui aurions appris que dès le lende-
main de l'arrivée des Portugais
dans l'Inde, la B'rance y chercha
[ses voies. C'est en 1508, le corsaire
fMondragon qui s'empare d'un des
vaisseaux de la flotte de Tristan da
Cunha, celui que commande Job
QueimSo '). Correa *) nous raconte
ensuite les aventures de trois vais-
seaux partis de Dieppe en 1526 qui
touchent à Madagascar, dont l'un
est saisi à Diu et dont l'équipage
est jeté en prison *) et adresse au
gouverneur portugais de l'Inde une
plainte éloquente. C'est encore en
1529 l'expédition des frères Par-
mentier envoyés par Ango dont
M. Mad rolle nous réédite le récit
d'après l'édition publiée par M. C.
Schefer.
Puis il nous dit: «>La route des
Indes extrêmes orientales ne fut
plus fréquentée qu'au commen-
cement du règne de Louis XIII».
M. Madrolle se trompe.
Desmarqueta — nous savons
combien il faut se méfier de ce chro-
niqueur crédule et sans critique —
signale de 1517 à 1531, sans pré-
1) Alguna documenlos do archiva tueional
(la Torre do Tomèo, Lisboa; 1892, in fol. p. 286.
2) Lendaj da ludia, Lisbon , 1860, 4 vol.
in^. T. m, pp. 238 à 241.
S) Sousa-Viterbo, TrabaVtoi nauticox dot
Portugueses nos seculos XFI' — XVII', Lisboa,
1898, 2 vol. in-fol. p. 85.
4) Mémoires chroMologiques pour servir à
l'histoire de Dieppe, Paris, 1785, 2 vol. in-18i
T. I. p. 113
254
BULLETIN CRITIQUE.
ciser les détails, l'arrivée des pre-
miers navires français eu Chine.
«Cette deraière année, ajoute-t-il,
le siear de Valois, par ordre du
roi, viût s'embarquer à Dieppe
pour se rendre en Chine, y portant
quatre canons de fonte dont il fit
présent, de la part du roi, à l'em-
pereur. Il fut bien reçu de ce prince
et les vaisseaux en rapportèrent,
en échange de leurs marchandises,
des porcelaines, du thé et d'autres
denrées».
M. Madrolle oublie également,
bien qu'elle ne soit pas allée jusqu'à
la Chine, l'expédition organisée
par les marchands de Laval et de
Vitré, composée de deux vaisseaux :
le Croissant et le Corbin commandés
par de La Bardellière et Groult du
Clos- Neuf qui, partie en 1601 ren-
tra en 1603, et dont faisait partie
Pyrard de Laval qui nous a laissé
de ses aventures un curieux récit.
Notons encore trois vaisseaux
normands qui, de 1616 à 1617,
vont à Java et à Sumatra ainsi
qu'une flottille de trois vaisseaux
et une frégate armée de huit canons
qui partent de Dieppe et de Nantes
et qui, entre 1619 et 1622, par-
courent les mêmes régions.
C'est tout ce qui nous est par-
venu jusqu'ici des tentatives, com-
merciales et oflBcielles de nos com-
patriotes ; nous ne doutons pas que
la liste ne s'allonge considérable-
ment à mesure que seront dépouil-
lées nos archives provinciales. En
tout cas, M. Madrolle n'a pas connu
ces expéditions qui rapprochent
singulièrement de nous ce qu'il
appelle nos premières relations
avec la Chine.
Tout cela eût été intéressant à
raconter avec les développements
que comporte le livre et non pas
avec l'aridité d'un bref compte-
rendu.
En réalité, la publication de
M. Madrolle n'est que l'histoire
de la Compagnie de Chine et de
ses transformations de 1698 à 1719
d'après des documents inédits. C'est
encore une intéressante page d'his-
toire à écrire, mais là aussi nous
avons certaines critiques à adresser
à notre auteur.
Il eut fallu donner quelques
détails biographiques sur les action-
naires de la Société de 1660, ex-
pliquer les lieus qui les avaient
BULLfcTIÄ CRITIQUR.
255
réunis et menés à s'associer; mais
M. MadroUo n'a l'jiir de ne con-
naître ui la duchesse d'Aiguillon,
ni Gourville, ni Jeannin de Casiille
qu'il appelle Je Canuin de Gastille,
ni Pellisson-Fontanier dont il fait
deux personnages différents, ni
Chanut qu'il écrit Chanu, ui. . . .
Eufiu il est un Malouin, Danycan,
sieur de l'Epine, l'un des associés
de la Compagnie de 1701, sur
lequel on aurait aimé avoir une
étude spéciale car c'est l'un de ces
armateurs bretons qui montrèrent
le plus d'initiative sous Louis XIV.
M. Madrolle a dressé une liste
des vaisseaux français qui firent le
voyage de la Chine. Nous regret-
tons vivement qu'il n'ait pas con-
sulté l'excellent ouvrage de M. E.
Dahlgren dont nous avons rendu
compte il y a deux ans; il y
aurait vu combien sa liste est
incomplète; il aurait, eu outre,
trouvé dans cette remarquable pu-
blication nombre de renseignements
qui lui auraient été infiniment
utiles.
Malgré tant de critiques, dont
certaines fort importantes, nous
devons louer M. Madrolle d'avoir
publié des textes très intéressants
qui n'auraient été qu'incomplète-
ment utilisés et de les avoir illustrés
de cartes dont quelques-unes, in-
édites, nous montrent ce que nons
savions alors de la rivière de Canton
et des abords de la Chine. Son étude,
qui demande a être consultée avec
précaution, n'en est pas moins une
intéressante contribution à l'his-
toire de nos anciennes, sinon pre-
mières, relations avec le Céleste
Empire. Gabrikl Marcel.
Histoire des Relations de la Chine
avec les Puissances Occidentales
I860-- 1900 L'Empereur Toung
Tché (1861-1875) par Henri
CoRDiER. Paris, Félix Alcan, 1901,
in-8, pp. 570.
The relations of China with the
Western Powers have always been
of the kind that is described in its
earlier stages as delicate, and then
strained. The heartfelt wish of
China herself is that no such
relations had ever existed, and there
is no doubt that this is a very
complete instance of the way in
which greatness may be thrust
256
BULLETIN CRITIQUE.
upoQ singularly inappreciative ob-
jects. There is outwardly a vivid
eoutrast between the flourishiug
communities at Shanghai and other
Treaty Ports and the situation,
more than sixty years ago, when
Captain Elliot was locked up in
the Hong at Canton because he
refused to knock under utterly to
Commissioner Lin. The worthy
Captain did indeed eat a vast
amount of humble pie, but that did
not prevent him and his com-
• patriots being hustled out of China
with every mark of ignominy. Such
things, we say, are not done now ;
but they would be done if there
were any prospect of success, and
the siege of the Legations at Peking
only a year and a half ago was
much too near success to be plea-
sant. Therefore when we come
across a history of China's relations
with the European Powers, we
must be prepared for some curious
reading. Such a work was much
needed, since most of the popular
histories do not print documents
in extenso, and very few people
make it their business to read
English Blue-books or the Livres
jaunes skilfully dished up at the
Quai d'Orsay; and although one
may get a very fair, and" indeed
almost a complete, account of
British relations with China from
such books as the biographies of
Sir Rutherford Alcock, Lord Elgin,
and Sir Harry Parkes, biographers
are necessarily occupied with the
doings of their own heroes, and
have little leisure to glance aside
at what other nations' heroes are
about. One is a good deal struck by
this onesidedness when one studies
the solid and authoritative volumes
compiled by Professor Cordier. No
one, at least in France, knows
more about China and Chinese
diplomatic history than this able
scholar. He is master of his docu-
ments, and they are overwhelmingly
numerous and dreary; he gives
"chapter and verse" for nearly
everything, appends neat little
biographical footnotes to every-
body named in despatches, and, in
short, has drawn up his history —
or perhaps we should say articulated
his diplomatic skeleton — in the
most painstaking and scientific
manner.
BULLETIN CRITIQUE.
257
"The work", we are told in one
of those oflScious little publishers'
leaflets which are iutended to guide
the reviewer and too often succeed
in making him vindictive — "the
work is written purely from the
historical point of view; the per-
sonal opinions of M. Cordier never
obtrude". That this is the intention
of the author we faithfully believe.
No more colourless and utterly flat
narrative has ever been presented
to the student. For ourselves, we
would not give a fig for a history
that owned no personal equation,
nor do we recall a single great
history that could deserve this
damning praise, except perhaps the
late Dr. S. R. Gardiner's, and even
here, though his studious im-
partiality tamed many a turbulent
scene or blotted the sharp lines of
a portrait, there was, let us hope,
some bias, and we always rejoice
when just a glimpse of the Round-
head peeps out in spite of every
precaution. But M. Cordier is a
Frenchman, and we defy a French-
man to maintain his absolute im-
partiality when the glorious deeds
of La Belle France are in debate.
To take an instauce: the ordinary
progression of a history is in
chronological order; not so M.
Cordier. He opens his first volume
with the reception of the French
Envoy Extraordinary, Baron Gros,
by the Prince of Kuug on October
25th, 1860. Nothing could be more
friendly and courteous. Baron Gros
apologised for his plain dress, and
explained that his uniform had
sunk in the 'Malabar'. The Prince
countered neatly: his dress also, he
said, was not as he would wish
it, but his best clothes had been
burned in the Summer Palace!
So they signed the Convention of
Peking, and the diplomatic history
begins. It it only after some pages
that it turns out that this was the
second act in the drama, and that
Lord Elgin had already had his
audience and signed the Anglo-
Chinese Convention. But what a
difierence in the two! The bar-
barous Scot had kept the Prince
waiting two hours and three-
quarters, as Baron Gros feelingly
comments, and then had been
myxoid et sévère*', naturally his
French colleague was there to the
258
BULLETIN CRITIQUE.
minute, bent upon showing by his
manner "awssi convenable et respee-
tiieu.c^ that Codlin, not Short, was
the true friend of China. It is the
same all the way through, and very
wholesome fur our insular conceit.
When we remember all the re-
proaches and murmurs of British
officers and diplomatists about the
delays and disloyalty of their allies,
it is salutary to turn to these pages
and learn that, after all, the suc-
cess of the campaign and Treaty
of 1860 was really due to the
heroic Montauban, Comte de Pali-
kao, and the indomitable energy of
his Excellency Baron Gros.
It is right to add that M.
Cordier honestly does his best to
suppress his feelings, and no histo-
rian was ever more sparing in
comments, his aim is to let his
documents speak for themselves,
and this is what makes his book an
invaluable work of reference. And
though it must be admitted that he
is too fond of saying nasty things
about English diplomatists, without
giving them a chance of hitting
back against their French collea-
gues — as when he remarks that
H. N. Lay was "attacked by an
access of megalomania, or at least
entirely wanting in tact", and
sometimes '"''presque hrutale\ or
that Wade "in fact yields to the
Chinese in everything, but in words
abuses them more than anybody" —
yet there is no denying the justice
and insight of many of his criti-
cisms, unkind as they are. Referring
to an obituary notice in which the
names of Alcock and Parkes were
coupled in proud pre-eminence, M.
Cordier says: —
"II faut en rabattre singulière-
ment de cet éloge. Alcock fait
médiocre figure à côté de Parkes;
il fut un des moins heureux parmi
les ministres d'Angleterre à Peking,
qui ont compté cependant dans
leurs nombres quelques personna-
lités fort ordinaires. Il a échoué
dans sa principale négociation, la
révision du traité de Tien-tsin, et
lorsqu'il donna sa démission le 22
Juillet 1871, on ne s'aperçut guère
du vide qu'il laissait. Droit, brave,
animé des meilleures intentions, si
Alcock fut un piteux diplomate,
manquant de tact et de jugement,
il fut un bon consul et, au demeu-
BÜLLKTIN CKITIQÜB,
259
rant, le plus bonuête homme du
monde".
Of. Sir Thomas Wade our author
truly remarks that his distinguished
merits have not been fully recog-
nised by the English community
in China: —
"In the Far East", he observes,
very justly, "foreigners are apt to
fancy that the attention of the
whole world is fixed upon them,
and that their interests govern all
others; they never seem to suspect
that even the most important pro-
blems in Chinese policy may be
quite secondary factors in the
general policy to which they are
sometimes subordinated. Alcock,
Wade, and Parkes form the trium-
virate of Anglo-Chinese diploma-
tists; they were different in char-
acter and aptitudes, all inspired
by the supreme interests of their,
country, but employing different
methods of action. I will not speak
again of Alcock, who as Minister
in China was what the English
call a 'failure'. Wade, though a
soldier, was above all a student;
Parkes, a civilian, was a man of
action; the former a man of the
desk, the other a man of the open
air. Wade was temporising, Parkes
masterful, but both deserved well
of their country, and their depar-
ture coincided with the decadence
of English influence in the Far
East".
Nothing could be truer than
the last sentence, and yet the best
work of Alcock, Wade, and Parkes
was done not as Ministers, but as
Consuls and Secretaries. In the
"forties" and "fifties" everybody
said that nothing could be effected
in China until there was direct
representation at Peking. After two
wars the Legations were planted
there in 1860, and what was the
I result? Instead of dealing at the
Treaty Ports with a local Taotai,
j or even a Viceroy, who might be a
fair-minded and not uncivil person,
we had to deal with a Board, the
Tsung-li Yamên, and every one
knows that any signs of grace a
man may possess are instantly
extinguished when he becomes a
member of a Boaid. We have had
infinitely more trouble with the
Yamên at Peking than ever before
in dealing with local authorities,
260
BULLETIN CRITiqUE.
except at Canton. One reason is,
no doubt, the improvement of
communications. When Alcock,
Balfour, Robertson, Parkes, and
the rest were fighting their way
through Chinese prejudices at the
ports, they were often a long sail
from the Plenipotentiary at Hong-
kong, and they were the better for
it. Delay was fatal, and the Consul
took his life in his hands, went
in, and won. Had he waited and
referred the matter, whether a
murder, a robbery, or an insult,
to headquarters, the quarrel would
have grown to unmanageable size,
the enemy would have gained cou-
rage, and the end would have been
compromise or defeat. When the
energetic Consul became H.M. Mi-
nister at Peking he found a tele-
graph wire tied to his leg, and,
further, he found that eight or ten
high Mandarins at a table in Peking
were far less easy to tackle than a
Taotai at Amoy or Foochow. This
is really the reason why the best
work in China was done during
what may be called the Consular
period, and why these same Consuls,
when they grew into Ministers
Plenipotentiary, discovered that
the second half of their title was
ridiculously inapplicable. For our-
selves, we have always thought the
earlier time — the time when the
Consuls were building up foreign
relations at the ports — much more
interesting, and even more signifi-
cant historically, than the years
which have succeeded the establish-
ment of the Legations at Peking.
The later time, however, is ex-
tremely important, and it is well
that an accurate scholar, such
as M. Cordier unquestionably is,
should have provided a solid com-
pilation of documentary evidence
to guide the student through a
complex and often misrepresented
period of European relations with
China.
(The Spectator, June 7, 1902,
pp. 881-882.)
BIBLIOGRAPHIE.
■ CJ0C3
LIVRES NOUVEAUX.
Le No. dû 15 juillet 1902 des Annales des Sciences politiques
renferme deux articles, l'un de M. Raphaël-Georges Levy, sur
Les Finances du Japon, l'autre de M. J. Silvbstre, sur La France
à Kouang-Tchéou-Ouan (avec une carte).
Le Compte rendu de la douzième session, Paris 1900, du
Congrès international d^ Anthropologie et d^ Archéologie préhistoriques
vient de paraître. Signalons une Note de paléoethnologie^ d'archéologie
et de minéralogie archéolithique japonaises par M. G. Dumoutikb.
M. Cl. HuART dans la Z. M. G., Bd. LVI, pp. 210—222 publie
le texte turc-oriental de la stèle de la mosquée de Peking. «Gabriel
Devéria, écrit M. Huàrt, dans son étude sur les Musulmans et les
Manichéens chinois {J. As., nov.-déc. 1897), a publié la traduction
de l'inscription chinoise qui figure sur l'une des deux stèles de
marbre placées dans la cour intérieure de la mosquée de Peking,
en même temps qu'une reproduction phototypique d'un estampage
de ces deux monuments, donnant non seulement le texte chinois
accompagné de sa traduction mandchoue, mais enoore la traduction
en turc -oriental et en mongol. La petite échelle à laquelle ont été
faites ces reproductions ne permettant pas de lire aisément le texte
262 BIBLIOGRAPHie.
turc-oriental, G. Devéria, qui m'honorait de son amitié, me remit,
pour l'étudier, l'estampage contenant le mongol et le turc-oriental;
c'est sur ce document que repose le déchiffrement ci-dessous».
Nous avons reçu le No. 3 du Vol. XXXIII, 1899-1900, du
Journal of the China Branch of the Royal Asiatic Society. II ren-
ferme des articles sur Mencins and other Reformers of China, by
the Rev. W. E. Macklin; The ancient City of Shaohing ^ J^
{Province of Cheh-kiang), by the Rev. W. Gilbert Walshe; un
compte-rendu de l'ouvrage de M. E. H. Parker, China, ainsi que
des notices nécrologiques sur P. G. v. Möllrndorpf, le Rév. William
MuiRHEAD et le Dr. E. Bretschneider.
Le No. 4 du Vol. 2 de The Korea Review continue The History
of Korea de 1366 à 1379; il renferme également des articles sur
A Submarine Adventtcre, Slavery in Korea, The Status of Woman.
Le No. 5 du Vol. II de The Korea Review continue l'Histoire
de Corée de 1379 à 1388; elle renferme enoutre des articles sur la
Necessity, the Mother of Invention, Rémusat on the Korean Alphabet,
The Products of Korea (Wheat, Sorghum, Oats, Millet) et le chemin
de fer de Seoul à Eui-ju. [Eui-tjyou ^ j^ , en chinois Yi-tcheou
est sur les bords du Ya-lou-kiang ^ê -^ */J^ .]
Je mentionne, sans les recommander à nos lecteurs, deux articles
de M. PÈNE-SiEFERT parus sous le titre de Missio7w aires et Protectorat
français en Chine dans la Revue d'Asie du 15 juin et du P"^ juillet 1902.
M. A. Vissière, Professeur à l'Ecole des Langues Orientales
vivantes, a traduit dans la Revue d'Histoire diplomatique du
chinois U audience de Congé du Marquis Tseng à Pékin (1878).
BIBI.IOOEAPUIB. 263
Tseng répond à une question des souverains: «La difficulté qu'il y
a à traiter les affaires étrangères provient de ce que les étrangers
ne parlent pas raison et que les Chinois ne voient pas clairement
l'état des choses. Que les mandarins et le peuple de Chine constam-
ment détestent les étrangers, il n'est pas besoin de le dire. Mais il
est nécessaire que nous cherchions tranquillement à nous rendre forts,
pour nous être de quelque secours. Ce n'est aucunement en brûlant
une église ou en tuant un étranger que nous passerons pour avoir
tiré vengeance et pour avoir lavé notre honte. Les Chinois, aujour-
d'hui, ne comprennent pas, pour la plupart, cette vérité».
M. le Comte Francesco L. PullÉ, Professeur a l'Université de
Bologne, vient de publier un mémoire extrêmement important sur
la géographie et la cartographie anciennes de l'Inde. Il forme le
Vol. IV des Studi iialiani di Filologia indo'iranica; en tête de
l'Atlas qui ttccompagne le mémoire se trouve le fac-similé d'une carte
inédite des connaissances des Grecs sur l'Inde dressée par le regretté
Heinrich Kiepert dont le portrait sert de frontispice au volume.
Le troisième et dernier volume de V Histoire des Relations de la
Chine avec les Puissances occidentales 1860 1902 — V Empereur
Kouang-Siu {Deuxième Partie, 1888 - 1902) par Henri Cordikr, a
paru en juillet à la librairie Félix Alcan, à Paris.
La troisième édition de The Book of Ser Marco Polo, by Sir
Henry Yule, revue et augmentée par Henri Cobdier, paraîtra à la
fin de cette année, chez John Murray, à Londres.
CHRONIQUE.
ALLEMAGNE ET AUTRICHE.
Le Comité d'organisation du XIII' Congrès International des Orientalistes
a publié une troisième circulaire avec le programme du jeudi, 4 sept, au mer-
credi 10 sept., comprenant un opéra de gala et un banquet. La question de la
transcription du chinois est à l'ordre du jour.
GRANDE-BRETAGNE.
Les arrangements pour l'enseignement du Chinois à Owens College, Manchester,
semblent bien réussir. La seconde série de leçons, par le Professeur E. H. Parker,
commence à la St. Michel. La série comprendra trois termes, à la fin desquels
on espère que les étudiants qui auront suivi régulièrement le cours seront ca-
pables de lire et d'écrire le Chinois suffisamment bien pour pouvoir continuer
leurs études d'une manière effective soit en Angleterre, soit en Chine. Les étu-
diants plus avancés qui ont déjà suivi le cours seront capables à la St. Michel
de faire de plus fortes études de Chinois, et l'on espère que des arrangements
seront faits pour que ceux qui suivent les cours de cette année, puissent à la
St. Michel de 1903, poursuivre plus loin leur étude de la langue.
{London and China Telegraph, 14 Juillet 1902.)
CHINE.
La China Branch of the Royal Asiatic Society se prépare à célébrer le 16
Octobre prochain le quarante-cinquième anniversaire de sa séance d'ouverture.
Nous enregistrons la publication à Tien-tsin d'un nouveau journal Bolletino
Italiano ^a ^ ^0 J^ ^ eß Italian Settlement Gazette; le no. 4, 1^'
année est daté de Tien-tsin, jeudi, 8 mai 1902; l^"" jour, 4^ lune, 28* année
Kouang-Siu ; 2" année, Victor Emanuel III, roi d'Italie. Nous y apprenons que
le ministre d'Italie, le Comte G. Gallina, a présenté le 11 avril ses lettres de
créance à l'Empei-eur. Ce journal continue un article sur l'Italie dans le Mitig
che ^ ^,
üUKONiquK. 265
On vient d'émettie en Allemagne pour 15 millions de maixs d'actions de la
Ck)inpagnie du chemin de fer de Cliantoung (Chine). Sur le capital de 54 millions
de marcs, 18 millions de marcs ont été entièrement souscrits. Le prix d'émission
a été ftxé à 103,.50 % et les actions qui doivent «^tre libérées avant le 31 juillet
rapportent intérêt k A % depuis le I" janvier dernier.
L'objet de l'entreprise est l'acquisition d'une conces.sion de ligne, qui est déjà
construite sur une longueur de 174 kilomètres, travereei-a plusieurs charbonnages
et divers districts très peuplés pour aboutir à Tsi-Nan-Fou, chef-lieu de la province.
Une dôpôche de Peking annonce également qu'un édit vient d'être publié or-
donnant l'achèveniont des travaux de construction du chemin de fer de Canton
à Hank'eou et autorisant l'émission de 40 millions de dollars en or, en obligations.
La ligne aura une longueur de 700 milles pour la voie principale et de 200
milles pour les embranchements.
10,000 pouds d'huile de chanvre ont été envoyés de Kharbin (Mandchourie)
à Vladivostok pour être expédiés à Odessa. C'était la première expédition de ce
produit de la Mandchourie en Ru.ssie. L'essai a été très satisfaisant. L'huile a
été si bien vendue et a été trouvée do si bonne qualité, qu'une seconde expé-
dition de 100,000 pouds provenant de Kharbin est déjà en route pour Odessa.
Peking, 30 juin. — Un syndicat franco-anglais, dont le siège est à Londres
et représenté en Chine par le consul général, M. Emile Rocher, très compétent
dans tout ce qui concerne la province, a acquis une conce.ssion minière importante
dans le Yun-Nan. Le contrat, qui a été sanctionné par un décret impérial, le
15 juin, a été ofßciellement reconnu et signé par les ministres français et anglais.
La concession est valable pour soixante ans, avec le droit d'extension, et
comprend quatre-vingt-cinq mines produisant du charbon, du cuivre, du nickel,
du mercure, du pétrole, de l'étain et d'autres minéraux et métaux précieux.
Ces mines s'étendent sur un tiers de la province, les mines les plusimportanter
étant groupées près du parcours projeté pour le chemin de fer du Tonkin à la
ville de Yun-Nan.
Les mines exploitées par le gouvernement chinois en sont exclues. Un droit
royal de 5 0/0 doit être payé au gouvernement chinois et 25 0/0 des profits nets
sont réservés au gouvernement chinois, 10 0/0 au gouvernement provincial et
60 0/0 aux actionnaires. Les profits nets sont établis après déduction des dépenses
préliminaires et des dépenses d'exploitation, plus 8 0/0 d'intérêt sur le capital,
10 0/0 pour le fonds d'amorti.ssement et 100/0 pour le fonds de réserve.
Pour le cuivre, il y a des conditions spéciales; la Chine s'engage à en acheter
chaque année une quantité déterminée au prix fixe de 336 taëls par tonne.
Le droit de construire des embranchements de chemin de fer. des routes et des
canaux pour desservir les mines a été également concédé.
M. Rocher est parti pour l'Europe la semaine passée. On doit se féliciter de
19
266 CHRONIQUE.
voir les capitalistes des deux pays qui ont les plus gros intérêts dans la province
du Yun-Nan, s'associer pour leur avantage commun.
Un autre consul général bien connu, M. Haas, qui est arrivé à Peking au
moment où M, Rocher partait, a servi activement les intérêts d'un puissant
syndicat de banques françaises cherchant des concessions minières dans la
province de Se-tchouan.
Il a déclaré à un interviewer combien il était désirable que deux syndicats
rivaux, français et anglais, dans le Se-tchouan, s'entendissent pour agir de concert ;
une telle combinaison serait praticable et d'un égal avantage pour les deux pays.
Actuellement, la Chine opposerait les deux syndicats l'un à l'autre, au détriment
de chacun d'eux. Une entente, au contraire, préconisée par M. Beau, dont la
nomination en Indo-Chine était une récompense bien due aux services signalés
qu'il avait rendus à la France depuis qu'il était ministre, et par sir E. Satow,
donnerait les meilleurs résultats pour les nationaux français et anglais dans les
deux provinces du Yun-Nan et du Se-tchouan qiii bénéficieraient des privilèges
et avantages contenus dans l'article 4 de la déclaration franco-anglaise du 15
janvier 1896. (Times.)
L'impératrice de Chine vient de désigner de nouveaux ministres plénipotentiaires
pour la France, la Russie, l'Italie et les Etats-Unis.
Les choix faits par l'impératrice indiquent qu'elle continue à considérer la
diplomatie chinoise comme de peu d'importance, car aucun des nouveaux mi-
nistres n'occupe un rang plus élevé que celui dont l'insigne est le bouton bleu,
et aucun d'eux n'a occupé de hautes fonctions.
Le ministre à Paris est Soun Pao-chi. Le ministre à Saint-Pétersbourg est
Hou Oué-teh.
FRANCE.
M. Beau, Ministre de France en Chine, est nommé Gouverneur général de
rindo-Chine française à la place de M. Paul Doumer (juillet). M. Beau venait
précisément d'obtenir un congé d'un mois.
M. Beau est né le 26 janvier 1857. Licencié en droit, il entra en 1883 au
ministère des affaires étrangères, fut nommé secrétaire de troisième classe au-
près de l'ambassade de France au Quirinal, à Rome, et revint à Paris comme
chef de bureau du personnel.
Chef-adjoint du cabinet de M. Hanotaux, il fut nommé chevalier de la Légion
d'honneur en 1894 et devint chef du cabinet de ce même ministre en 1896,
lors de son second ministère; il fut promu secrétaire de première classe la
même année et redevint, avec M. Delcassé, en 1898, chef du cabinet, du per-
sonnel et du secrétariat.
Officier de la Légion d'honneur en 1900, ministre plénipotentiaire de 2* classe,
CHEONIQUK. 207
envoyé extraordinaire à Péiiing, il a signé lo 7 septembre 1901 le protocole flnal
du traité de paix avec la Chine.
On sait que le gouvernement de l'Indo- Chine avait d'abord été offert à M.
Pierre Uaudin, que les capacités administrative» dont il a fait preuve, tant au
Conseil municipal de Paris que pendant les trois ans qu'il vient de passer au
ministère des travaux publics, avaient paru désigner d'une façon particulière
pour ce haut emploi.
M. Pierre Baudin s'était montré disposé à accepter, mais à la condition de
conserver son mandat de député et d'être nommé par délégation renouvelable
de six mois en six mois, comme il avait été fait pour M. Jonnart à Alger. Le
gouvernement a jugé que dans les circonstances actuelles la nomination d'un
titulaire à titre définitif s'imposait, et après que le ministre des colonies et que
le président du conseil eurent vainement insisté auprès de M. Baudin pour le
décider à accepter l'oiïre dans les conditions où elle lui était faite, le choix du
gouvernement s'est repoi'té sur M. Beau.
M. DoBAiL, Ministre de France à Montevideo, ministre j). t. à Tokio, est nommé
à Pé-king, en remplacement de M. lîeau.
M. le Comte du Chaylard, Consul Général à Tien-tsin, est nommé Ministre
de France à Montevideo, en remplacement de M. Dubail.
Nous extrayons du rapport de M. Klobukowski, ministre de France à Bang-kok,
les renseignements suivants sur lo Commeixe du Siam en 1901 :
Les statistiques des importations et des exportations du Siam en 1901, port
de Bangkok, viennent d'être publiées par la Direction des Douanes.
Voici un tableau indiquant pour les trois dernières années, la valeur totale
des marchandises importées et exportées:
1899. 1900. 1901.
Piastres. Piasti'es. Piastres.
Importations .... 26.316.301 26.492.396 29.520.730
Exportations .... 33.659.888 32.765.713 46.828.791
Total 59.976.189 59.258.109 76.340.521
Le total en 1898 était de 63,792,564 piastres.
Le nombre des passagers débai-qués à Bangkok durant l'année 1901 est de
779 passagers de cabines et 29,709 passagers de pont en diminution pour la
première de ces catégories et en augmentation pour la deuxième par rapporta
l'année précédente. Pendant la même année 1901, 497 passagers de cabines et
19,266 passagers de pont ont quitté Bangkok.
Le tableau suivant fait connaître la valeur des importations et exportations
de chaque puissance étrangère pendant les années 1900 et 1901.
268
CHRONIQUE,
IMPORTATION.
1900.
1901.
Pay.s.
Singapore
Hong-Kong
Chine
Inde
Possessions hollandaises. . . .
Royaume-Uni
Allemagne
États-Unis d'Amérique ....
Suisse
France
Danemark
Belgique.
Hollande
Cochinchine
Japon
Birmanie
Italie
Espagne
Autriche
Australie
Annam
Cambodge
Borneo
Sarawak
Manille
Penang .
Russie
Egypte
Algérie
Malte
Portugal
Grèce
Suède
Total
Soit en franc?, la piastre étant au taux
de 2 fr. 30
Piastres.
Piastres.
9.739.569
12.001.655
6.912.752
6.544.711
1.428.007
1.031.328
992.938
1.323.934
779.548
685.656
2.770.555
3.479.470
1.434.066
2.156.651
328.623
210.616
404.037
487.418
208.477
171.213
188.775
117.406
47.731
76.213
90.912
322.843
102.188
94.031
50.036
60.372
24.375
24.571
139.115
219.525
7.769
20.829
62.088
40.761
28.745
1.272
22.956
10.903
4.471
1.913
262
9.209
2.423
150
7.181
6.295
169
7.554
246.846
477
8.282
5.527
1.218
175
553
504
1.719
2.166
»
20
169
26.036.615
29.115.358
59.884.214 50 66.905.323 40
CHRONIQUE.
260
EXPORTATION.
1900.
1901.
Pays.
Singapore
Hong-Kong
Inde
Cochinchine
Japon
Chine
Annam
Manille
Penang
Birmanie
Cambodge
Possessions hollandaises . . .
Royaume-Uni
Autriche
Danemark
Allemagne
France
Suisse
Etats-Unis d'Amérique . . .
Hollande
Italie
Belgique
Russie
Portugal
Australie
Europe
Total
Soit en francs, la piastre étant au taux
de 2 fr. 30
Piastres.
Piastres.
14.433.553
20.430.021
11.735.488
17.480.053
1.155.234
752.191
144.760
120.005
38.913
54.497
12.113
90.061
10.289
8.671
9.615
»
8.570
11.10
5.155
1.2653
1.999
3.331
761
48.181
894.9G6
525.770
50.440
»
34.305
112.974
23.254
2.512.301
18.259
74.070
5.825
»
3.112
62.120
1.506
9.400
390
63
250
»
60
»
36
»
»
2.100
2.614.381
3.023.814
81.203.228
45.322.036
71.767.424,40 104.240.682,80
Rappelons qu'à l'importation, la flotte allemande représente 58 ^, la flott«
anglaise 27 %, la flotte norvégienne 10 j^. A l'exportation, les Allemands figu-
rent pour 51 %; les Anglais pour 23 %', les Norvégiens pour 20 %.
Ainsi que je l'ai déjfi fait remai^quer on ne saurait accoi*der grande créance
aux statistiques de l'administration douanière de ce pays qui ne parvient, de
son aveu môme, qu'à donner une approximation des opérations réalisées.
Aux causes de cette situation il convient d'ajouter la con.<«tatation suivante
270. CHRONIQÜR.
de laquelle il ressort que la méthode qui préside à la confection des statistiques
est certainement défectueuse et tend plutôt à perpétuer les erreurs qu'à les
dissiper.
C'est ainsi que les produits australiens (le charbon d'Australie, notamment,
abonde sur le marché) sont inscrits sous la rubrique: «Pays de Provenance:
Royaume-Uni», de même tous les articles français, autres que ceux directement
manifestés — de Saigon et venant par bateau français — sont mentionnés
comme produits anglais du moment qu'ils sont transbordés à Singapore.
En résumé, la statistique ne peut, ne doit être considérée que comme un essai
encore plein d'inexactitude et de lacunes, et d'après lequel il est impossible de
se rendre un compte exact de la répartition, par nationalité, du commerce
extérieur du Siam.
L'office national du Commerce extérieur vient de recevoir une note relative
aux diverses filatures de coton fondées depuis 1895 dans le bassin de Yang-Tseu
et à Hong-Kong.
Ce document sera communiqué sur place, 3, rue Feydeau, aux personnes dé-
sireuses de le consulter.
La Séance de la Société de Géographie du 11 avril 1902, a été principalement
consacrée à une intéressante conférence dans laquelle M. Boris Fedtschenko a
fait la relation d'une mission scientifique russe au Pamir et au Chougnan en
1901. Cette mission, qui s'est accomplie sous le patronage de la Société impériale
russe de géographie, a eu pour champ d'étude les pays situés au sud du Ferghana:
les chaînes de l'Alaï et du Trans-Alaï, le Pamir proprement dit, le Chougnan
jusqu'à la frontière afghane et l'Hindou Kouch. On voit que c'est à peu de
chose près l'itinéraire de la mission française Bonvalot, Capus et Pépin en Asie
centrale. Mme Olga Fedtschenko, sa mère, M. Serge Gregorief, et deux étudiants
accompagnaient le savant botaniste russe. L'escorte se composait de deux cosaques
et de quelques porteurs, caravaniers et courriers. Le but scientifique de la mission
était d'abord d'examiner au point de vue de la constitution physique le Pamir
intérieur et de définir les limites naturelles de ce désert élevé à 4,000 mètres
d'altitude et flanqué de chaînes de montagnes atteignant 7,000 ou 8,000
mètres. L'enquête porta sur la structure de ces chaînes, sur la formation des
vallées, sur le régime des rivières et des glaciers. Il faut noter dans les couches
de terrains qui bordent le grand Kara-Koul la découverte et l'exploration de
glaces souterraines. Les recherches botaniques devaient attirer tout spécialement
l'attention de M. Fedtschenko. Tant dans l'Alaï que dans le Pamir et le Chougnan,
10,000 échantillons furent recueillis et classés en 1,000 espèces différentes, sans
compter un grand nombre de bulbes, de racines, de .semences, etc. A côté des
espèces nouvelles, plusieurs, considéiées jusqu'alors comme spéciales à l'Himalaya
et au Thibet, ont été rencontrées et classées. Les notes recueillies dans cette
(UHRONIQUK. 271
cufiipaj^iie Kcietitifiqiie ont permis ù la mission d'établir une distribution de plantes
d'après les associations naturelles et les rapports mutuels des espèces. M. Fedt-
Kclienko sipnnie dans les régions élevées (5,000 m.) des adaptations tout à fait
remarquables de la flore aux rudes conditions de l'existence. La faune terrestre
du Pamir intérieur est extrêmement pauvre. Au Chougnan, la mission a trouvé
quelques insectes et quelques lézards intéressants. Des spécimens du sol ont été
recueillis sur tout le parcours. Quelques-uns, obtenus à l'aide de l'appareil de
M. Rizpolojensky, ont des proportions extraordinaires, £6 qui permet d'étudier la
situation des couches inférieures du sol. Cette conférence a été accompagnée de
nombreuses pi'ojections d'un grand intérêt scientifique.
Le Journal officiel publie, le 5 Juillet, un décret fixant les conditions suivant
lesquelles la médaille de Chine, instituée par la loi du 15 avril dernier, sera
délivrée aux ayants droit.
Aux termes de ce décret, le droit à l'obtention de la médaille est acquis pour
les personnes dépendant du département de la guerre, aux ofTiciei*s et soldats
qui ont séjourné en Chine pendant la période comprise entre le 30 juin 1900
et le 8 août 1901, et pour les personnes dépendant du ministère de la marine,
aux officiers et marins qui ont acquis le bénéfice de la campagne de guerre en
Chine, entre le 30 mai 1900 et le 31 décembre 1901.
En ce qui concerne les officiers, fonctionnaires militaii*e8 ou agents qui n'ont
pas figuré sur un rôle d'équipage, le droit à la médaille sera également acquis
à ceux qui auront perçu l'indemnité de séjour en Chine- prévue par le décret
du 4 août 1900 ou l'indemnité de cherté de vivres accordée antérieurement
au l*^' septembre 1900, en vertu de l'ordre du contre-amiral commandant la
division navale de l'Exti^me-Orient, ainsi qu'aux Français qui, au titre civil, ont
pris part à la défense des légations à Peking.
Le gouvernement prépare un intéressant album sur la campagne de Chine
qui sera formé de vues photographiques prises là-bas par nos officiers du corps
expéditionnaire, à Peking surtout, et qui forment un ensemble documentaire
unique sur les beautés artistiques extérieures et intérieures du palais de cette ville.
L'album de Chine comprendra quarante planches de grand format, portant
chacune de six à dix photographies encadrées de dessins de Rocher pour lesquels
cet artiste ne s'est inspii'é que de documents chinois, afin de conserver à l'en-
semble un caractère d'unité dont l'aspect est vraiment intéres.'sant, et séduit.
Les photographies sont reproduites par la phototypie avec des teintes variées :
bistre, noir, bleu, rouge, vert feuille, rose et vert. Elles sont des formats
16x18, 9x12, 6,5X9.
Le travail de formation de cet albura touche à sa fin. Il en sera tiré 1,240
exemplaires: 10 sur japon pour le chef de l'Etat et quelques hautes personna-
lités, 30 sur hollande et 1,200 sur papier fort.
272 CHRONIQUE.
INDO-CHINE FRANÇAISE.
A partir du l'^'" août prochain, il pourra être accepté, dans les relations avec
les colonies de l'Inde française et de l'Indo-Chine :
1" Des colis postaux de 5 à 10 kilos;
2» Des colis postaux portant déclaration de la valeur, jusqu'à concurrence de
500 fr.-,
3" Des colis postaux grevés de remboursement dont le montant ne devra pas
dépasser 500 fr.
IS Avenir du Tonkin annonce qu'un service de poste vient d'être créé entre
le Tong-King et Tchoung-King. La poste qui fonctionnait seulement jusqu'à
Yunnan-Sen, a quatre départs mensuels vers la vallée du Yang-Tseu. Elle met
quatorze jours pour atteindre le pi'eraier port fluvial de Soui-fou, et trois ou
quatre jours de plus pour arriver jusqu'à Tchoung-King. Le trajet total de
Haiphong jusqu'à ce grand port du haut Yang-Tseu est de trente-six jours,
c'est-à-dire que, vu le temps qu'il faut, surtout à certains moments de l'année,
pour remonter les rapides du fleuve Bleu au-dessus de Itchang, les correspon-
dances peuvent parvenir plus vite au Se-Tchouan par le Tong-King que par la
■voie de Chang-hai.
Le Bulletin Economique du gouvernement général de l'Indo-Chine contient
une étude très documentée de M. Louis de Saugy, chargé d'une mission géologique,
sur les gisements miniers de Van-say (Rivière noire, Tong-King). Il lui semble
hors de doute que l'exploitation de ces gisements puisse être rémunératrice, et
que des travaux de recherches plus complets donneront des résultats qui ne
feront que confirmer cette impression, qui est partagée par tons ceux qui ont
pu visiter ces mines.
Voici la conclusion de cette étude:
Il résulte de l'étude de la valeur commerciale du minerai de cuivre Van-Say,
et de l'étude des questions relatives à son transport, et à sa vente, qu'il serait
possible, dès la première période des travaux, de tirer un parti avantageux de
celui qui sei-ait forcément extrait.
Ces mines sont, en effet, placées dans des conditions extrêmement favorables
de transport, par suite du voisinage de cette grande artère fluviale navigable
en tous points et même si les renseignements sont exacts, en toute saison,
qu'est la Rivière-Noire.
De plus, la valeur commerciale est d'environ 212 francs, ainsi que nous l'avons
vu précédemment; si donc on ajoute à la somme de 60 francs par tonne que
nous avons établie pour prix de transport de Vau-say à Marseille, une somme
maximum de 20 francs par tonne, correspondant au prix maximum du transport
CHRONIQUE. 273
liopuiü le port de débarquement jusqu'à Pusine que l'on aura choUie pour son
traitement, on sera forc«^ de constater que l'on arrive à un prix total de
transport de 80 francs par tonne, somme évidemment forcée. Il s'en suit donc que
le minerai pounuit purfaitcment supporter les frais de transport de la mine en
Europe, et que l'on pourrait même encore compter sur un bénéflce très appré-
ciable de 212 — 80 francs, c'est-à-dire d'environ 130 francs par tonne, ce qui
n'est certes pas à négliger.
C'est d'ailleurs ce qui se fait dans un grand nombre de mines à Rio-Tinto,
par exemple, pour n'en citer qu'un exemple; on exporte actuellement en An-
gleterre, à Swansea, tout le minerai dont la teneur est sensiblement comprise
entre 3 et 60/0.
On remarquera également que dans l'établissement de ces différents prix, il
n'a môme été tenu aucun compte de la teneur en or de ce minerai, teneur en
or qui augmenterait encore singulièrement sa valeur.
Les analyses qui ont été faites, soit à Hanoi, soit à Paiis sur la demande
de M. lieauverie, en même temps et dans les mêmes conditions que pour le
cuivre, avaient, en effet, donné pour l'or des résultats accusant une teneur qui
variait de 0 à 42 grammes d'or à la tonne. L'écart est a.ssez considérable c'est
vrai, mais il me semble, pour les raisons que j'ai indiquées plus haut, qu'il
n'y aurait pas trop lieu de s'en inquiéter, et que le minerai pourrait m'-anmoins
donner sous ce rapport des résultats fort appréciables.
De plus, les parties moins riches du minerai, pour lesquelles on ne jugerait
pas utile de faire des dépenses de transport seraient mises en stocks et con-
servées »ur place, de façon à ce que l'on puisse toujours se réserver la faculté
de les traiter dans la suite, soit pour leur cuivre, soit pour leur or, ainsi qu'on
le jugera à propos loreqne la mine aura pris un développement suffisant.
Cette exportation du minerai en Europe, dans les débuts surtout, outre l'avan-
tage très réel de pouvoir être rémunératrice de suite, sans dépense aucune de
capital pour frais de premier établissement d'usine ou autres, présenterait en-
core, à mon sons, une série d'autres avantages qu'il y aurait tout lieu de
prendre en considération.
Elle ferait d'abord connaître, en France et en Europe, certains minerais du
Tonkin, et faciliterait dès loi-s, bien des questions relatives à la constitution
de Sociétés nouvelles et de Société annexes pour l'exploitation d'autres gisements,
en rendant à l'Indo-Chine et à ses mines une partie de la confiance que des
essais malheureux lui avaient momentanément enlevée.
Elle pourrait en outre, sinon éviter, tout au moins atténuer beaucoup la
période toujoui's si délicate et dispendieuse des débuts, en fournissant dans une
certaine mesure les moyens de couvrir de suite, sans aucun frais, avec un per-
sonnel encore restreint, une partie au moins des dépenses nécessitées par les
travaux.
274 CHRONIQUE.
On voit donc, d'après tout cela, qu'à tous les points de vue, les mines de
cuivre de la Rivière Noii-e méritent qn'on s'y intéresse et qu'on s'en occupe le
plus tôt possible; peut-être même leur étude plus approfondie amènera-t-elle
encore la découverte d'autres gisement miniers dans la même région ; la chose
est fort possible, étant donnée la richesse minière, et il serait bien temps d'en
tirer enßn parti.
Le tout n'est pas de posséder une belle et riche colonie, il faut encore mettre
à profit ses ressources nombreuses, et, à notre époque, les questions minières
sont, entre toutes les autres, plus à l'ordre du jour que jamais. Le pays pacifié,
les voies de communication plus nombreuses et mieux établies, la facilité de se
procurer la main-d'œuvre, ont amélioré beaucoup les conditions d'exploitation,
et nous n'avons plus à redouter aujourd'hui le |facheux concours de circon-
stances si diverses qui ont arrêté dès leurs débuts et fait échouer jusqu'à ces
dei-nières années, les quelques tentatives de ce genre qui avaient été faites un
peu prématurément, et sans une étude suffisante.
Le pays n'était pas encore mùr alors pour des entreprises de ce genre, mais,
depuis, les choses ont bien changé, et tout permet de croire maintenant que
le moment est venu de faire de nouvelles tentatives plus sérieuses et mieux
raisonnées, et qu'un plein succès pourra couronner enfin les généreux efforts
qui seront faits dans ce but.
JAPON.
M. DuBAiL, ministre de France p. i. à Tokio, écrit:
Les journaux viennent d'annoncer un projet dû à l'initiative privée et qui
est une nouvelle manifestation de l'activité déployée par les Japonais en Chine:
à ce titre, je crois devoir la signaler.
Un certain nombre de capitalistes de Tokio, Yokohama et Osaka dont les
noms sont cités auraient l'intention d'établir une ligne de navigation fluviale
au Hounan.
La «Hunan Steamer C» serait fondée au capital de 1 ,500,000 yens. La ligne
desservirait un parcours de plus de 525 milles; partant de Hankéou, elle
remonterait le Yang-Tseu jusqu'à Yochow, traverserait le lac Tong-Ting, remon-
terait la rivière de Siang par Tchang-cha jusqu'à Siang-Tane. Une première
mise de fonds de 850,000 ou 900,000 yen sei-ait dépensée et trois steamers de
700 tonnes chacun seraient construits prochainement.
Les promoteurs de cette affaire auraient l'intention d'étendre avec le temps
leur ligne de navigation jusqu'à Tchang-Té sur la rivière Yuan. Le Japan
Times, organe entièrement japonais, mais paraissant en anglais, qui annonce ce
projet, ajoute que cette entreprise a devant elle un brillant avenir, car le
gouvernement chinois serait disposé à ouvrir prochainement Tchang-té et Tchang-cha
CHRONIQUE. 275
aux étrungers: «le bon accueil réservô par les populationii du lluunan aux Japo-
nais (iupui» les dernier» événernenta le pouä^erait dan» cette vuie».
Unu duiuande de gai'antie d'intérêts de G Vo u été faite au guuvorneiiient
japonais qui est pi'èt à accorder cotte subvention.
M. du LuoY-FossARiEU, Consul de Franco à Kobe, signale la réclamation
suivante, dont il a rté récemment saisi par un de nos compatriotes résidant
à Kobe.
Ce négociant qui s'occupe particulièrement du commerce des vins, avait
toujours eu l'habitude de demander et de recevoir de ses fournisseurs en
France un nombre illimité d'étiquettes de rechange pour les vins en bouteilles.
Or, ces temps derniers, un de ses correspondants a rôduit à trois par caisse le
nombre des étiquettes supplémentaires, en annonçant que le syndicat dont il
fait partie avait décidé de supprimer les envois dVtiquettes, attendu que cer-
tains représentants de l'étranger abusaient des facilités qui leur étaient ainsi
offertes pour apposer les étiquettes disponibles sur des bouteilles contenant des
vins de qualité inférieure et discréditaient ainsi le nom et la marque des pro-
ducteurs.
Il n'est assurément pas impossible que les envois d'étiquette de rechange
puissent donner lieu à des manœuvres frauduleuses; mais il faut, par contre,
tenir compte du fait que la suppression de ces envois risque de porter un pré-
judice sérieux aux négociants honnêtes qui détaillent les vins à l'étranger.
D'une part, en effet, il suffît qu'un seule bouteille .se brise dans une caisse
en cours de voyage pour que les étiquettes de toutes les autres bouteilles de
la même caisse se trouvent souillées: le cas s'est présenté précisément pour
trois caisses constituant le dernier envoi reçu par le négociant de Kobe auquel
notre Consul fait allusion.
D'autre part, la vente des vins est fort peu active au Japon; les marchan-
dises demeurent souvent des mois, sinon des années, dans les godowns, et
l'humidité du climat est assez grande pour qu'en peu de temps les étiquettes
des bouteilles se moisissent et se décolorent.
On ne doit pas oublier que le commerce des vins au Japon est essentielle-
ment un commerce de détail, surtout en ce qui concerne les vins fins. Nul
parmi les l'ésidents étrangers, qui constituent pour ainsi dire l'unique clientèle,
ne songe à se former une «cave» : les vins s'achètent par petites quantités, au
fur et à mesure des besoins, ou à l'occa.sion d'un diner, et, dans ces conditions,
l'acheteur se montre exigeant sur l'apparence des bouteilles et refuse d'accepter
celles dont les étiquettes sont salies ou déchirées.
II est donc, pour les négociants qui font ce commerce de détail, indi8|>ensable
d'avoir en réserve des étiquettes de l'échange, et le manque de celles-ci pouiTait
les exposer à se voir refuser les bouteilles d'aspect peu présentable.
Cette question de l'envoi d'étiquettes supplémentaires n'est donc pas sans
276 CHRONIQUE.
intéresser notre commerce des vins à l'étranger, et il paraît utile de signaler
aux producteurs ou commissionnaires les inconvénients pouvant résulter de la
décision prise par certains syndicats, de supprimer ou de réduire de manière
excessive, la fourniture des étiquettes de rechange à leurs clients d'outre-mer.
Un l'apport consulaire anglais a signalé récemment que la valeur du camphre
exporté en 1900 de l'île de Formose s'était élevée à £ 253,750 soit une
augmentation de près de £ 40,000 ; par contre, l'exportation de l'huile de
camphre a subi une diminution d'environ £ 20,000. Presque toutes les quan-
tités de camphre et d'huile exportées ont été dirigées vers le Japon, où, comme
on le sait, cette industrie constitue un monopole du gouvernement.
Durant l'année 1900, l'administration du monopole de Formose a acheté les
quantités de camphre suivantes:
Quantités. Valeurs.
Catties. Liv. st.
Camphre de i'^ classe 2.608.983 77.089
— 2" — 701.158 18.696
— 3" — 168.038 4.073
3.578.179 99.858
Huile de camphre 2.362.108 34.591
Total 5.740.277 134.449
Les quantités et la valeur du camphre préparé et de l'huile de camphre
vendus par le monopole ont été comme suit en 1900:
Quantités. Valeurs.
Catties. Liv. st.
Camphre A 1.007.800 101.725
— B 2.677.000 241.830
Huile de camphre 1.227.694 48.103
4.913.124 391.658
Depuis 1896, le gouvernement a établi plusieurs plantations de camphriers à
Formose. Outre la plantation principale, il y en a actuellement deux dans la
préfecture de Taïhoku, quatre dans celle de Taïchn, une dans celle de Taïnan
et dans le district de Gilan. Cette culture a donné d'excellents résultats et on
compte qu'il y a actuellement un million de jeunes arbres pouvant être trans-
plantés.
La raffinerie de Taïhoku peut produire journellement 1,800 catties de camphre
raffiné et 5,800 catties de camphi-e de la qualité A. Elle comporte un personnel
de 72 personnes, dont 23 ouvriers japonais et 45 ouvriei's chinois. La plupai't
des machines et appareils employés ont été construits au .Tapon. 11 y a également,
à Kobe, une succursale avec raffinerie, dont la production journalière est de
1,000 catties de camphre raffiné et de 2,000 catties de camphre de la qualité A.
CHRONIQUK. 277
Il résulte d'infurmations adressées par le ministre de France à Tokio que les
armateurs japonais cherchent à augmenter leurs relations avec le continent
russe et pn';parent dès à présent des communications directes entre Vladivos-
tock et l'un des points les plus rapprochés du Japon qui présente on m^me
temps un bon port, Tsnruga.
Deux lignes ont été organisées par Oya (llichihéï),
La première a son point de départ ù Môji. Kscales: Hamada, Sakai, Myaza,
Tsuruga, Vladivostock, Tsuruga, Nanao, Fushiki, Ebisu, Nügata, Hakodate,
Otaru, Korsakoff, Vladivostock, Genzau, Fuzan et Môji.
La seconde, part d'Otaru, Escales: Hakodate, Ebisu, Nügata, Fushiki, Na-
nao, Tsuruga, Vladivostock, Tsuruga, Nyazu, Sakaï, Hamada, M6ji, Fuzan,
Korsakoff et Otaru.
Ces lignes, d'après M. Dubail, seraient subventionnâmes par le Trésor japo-
nais à raison de 140,000 yen par un.
Un bateau de 1,600 tonnes (le minimum prévu par le cahier des charges
est de 1,400 tonnes) est alTectt; à chaque ligne. La vitesse doit Hre de 19 railles
à l'heure. Le bateau affecté à la première ligne effectue cinq voyages par an;
celui de la seconde trois.
L'un et l'autre bateau peuvent se dispenser de faire escale à Korsakofl. Ils
peuvent également omettre Ebisu, mais pas plus de quatre fois en un an.
M. Dubail ajoute enfm que la durée du contrat est de cinq ans, du
1" avril 1901 au 31 mare. 1906.
Le gouvernement japonais a résolu d'organiser auprès de sa station d'essais
industriels, une école d'enseignement technique, destinée à former des ouvriei*«
pour la fabrication du verre à vitres La matière première et la main-d'œuvre à
bon marché se trouvent dans le pays, les ouvriers spécialistes seuls, font défaut.
La consommation du verre à vitres augmente sans cesse et l'importation est
seule à y faire face. La Belgique est le principal pays de provenance. On a
calculé qu'une caisse de verre à vitres importée de l'étranger revient entre 7
et 10 yens, tandis qu'elle pourrait être produite dans le pays pour 5 yens </>•
Si le Pai'lement accorde le crédit demandé, le Gouvernement créera lui-même
une verrerie. En attendant, deux Japonais ont été envoyés en Allemagne pour
y étudier cette branche d'industrie.
11 vient de se constituer à Tokio, sous le nom d' «Association russo-japonaise»,
une société dont le but est de développer les relations sociales, commeixiales et
industrielles des deux pays.
La Chine a demandé au Japon de lui procurer un professeur de droit international.
Les étudiants chinois au Japon s'agitent beaucoup dans la ferveur de leur
enthousiasme pour la civilisation des Jaunes par les Jaunes. On s'inquiète de
Teilet que produiront à Peking leurs meetings et leura résolutions.
278 CHRONIQUB.
Les Japonais ont créé, à Tokio, une académie navale, ou, plutôt, une école
navale supérieure. La direction de cette école est confiée à un amiral, secondé,
dans sa tâche, par un capitaine de vaisseau, tout spécialement chargé de l'in-
struction et qui a le titre de directeur des études. L'Ecole comprend cinq cours,
pour cinq catégories différentes d'élèves. Le cours A, d'une durée de deux ans,
où l'on n'entre que par concours, et qui est destiné à former des officiers d'état-
major; le cours B, d'une durée d'un an, où l'on n'est admis qu'au choix du
ministre, et qui est destiné à donner l'instruction théorique aux lieutenants de
vaisssau candidats aux brevets d'officiers des montres, canonnier, torpilleur; le
cours C, d'une durée d'un an, renouvelable, où l'on est admis sur sa demande,
et quel que soit le grade, après approbation du ministre, est réservé aux officiers
qui désirent faire des études spéciales; le cours D, d'une durée de deux ans,
où l'on n'entre que par concours, est réservé aux officiers mécaniciens et est
destiné à formes des ingénieurs et des constructeurs; le cours E, d'une durée
d'un an, se recrute également par concours, et est aussi réservé aux officiers
mécaniciens et aux ingénieurs, afin de leur permettre d'augmenter leurs con-
naissances générales.
Ainsi qu'on peut le voir, l'Ecole supéiieure de marine du Japon est conçue
dans un esprit tout différent de celui qui a présidé à la formation de la nôtre;
c'est, au Japon, une institution destinée à donner l'enseignement des sciences
élevées non seulement aux officiers subalternes, mais aux officiers supéi'ieurs, non
seulement aux officiers de vaisseau, mais aussi aux officiers du génie maritime
et aux officiers mécaniciens.
PAYS-BAS ET COLONIES NEERLANDAISES.
Par décret royal, M. W. J. van Duysberg, élève-interprète à la légation des
Pays-Bas en Chine, a été nommé chevalier de 4* classe de la «Militaire Willems-
orde», en récompense de sa brave conduite pendant le siège des légations à
Peking en 1900.
M. de MoNBEL, Ministre de France à la Haye, écrit:
«Le gouvernement vient de soumettre à l'approbation des Etats-Généraux un
projet de loi l'autorisant à conclure avec une compagnie, non encore formée,
une convention ayant pour objectif la création d'un service à vapeur régulier
entre Java, la Chine et le Japon, battant pavillon néerlandais et subventionné
par l'Etat.
Poui- démontrer l'importance de cette création, le gouvernement attire l'at-
tention des Chambres sur le développement continuel du trafic commercial entre
les Indes néerlandaises, la Chine et le Japon principalement en ce qui concerne
les produits coloniaux suivants: sucre, pétrole, produits de la pêche, gommes,
Â
omioNiQTJB. 279
gutta-percha, quinquina, caoutchouc, peaux, indigo, épices, coton, sagou, farine
(le tapioca, teirenoix, rotins, bois, thé, coprah et minerai d'étaiii.
A part l'intérêt cominerciai, une communication directe entre les Inde» néer-
landaises, la Chine et le Japon favorisera en outre Fémigration d'ouvriei-s chi-
nois pour les entreprises minières des Indes; elle contribuera h une extension
considérable des relations commerciales entre les Indes néerlandaises et la c6te
occidentale des Etats-Unis d'Amérique.
Enfin, à côté de ces avantages commerciaux, la création d'une ligne Java
Chine-Japon aura, dit le gouvernement, son importance [)olitique. Hien que le
trafic commercial so soit développé considérablement dans l'Asie orientale, le
pavillon néerlandais est presque complètement supplanté dans les poits chinois
et japonais par celui des nations étrangères; il est à craindre, si l'on ne cherche
pas à regagner au moins une partie du terrain perdu, que le trafic commercial
entre les colonies néerlandaises et l'Asie orientale, ne devienne h l'avenir un
monopole des pavillons étrangers.
Les bases de la convention à conclure sont les suivantes:
Annuellement, par intervalle de quatre semaines, treize voyages auront lieu
entre Sourabaya, Salarang, Batavia (ports de Java), et Hong-Kong, Yokohama,
Kobe, Amoy. Sauf des cas extraordinaires, à déterminer par le Gouverneur gé-
néral des Indes, tous les capitaines, timoniei"s et mécaniciens employés à bord
des bateaux à vapeur seront néerlandais.
Les lettres et les colis postaux devront être transportés gratuitement.
Le Gouverneur général aura le droit de louer en tout temps, à un prix dé-
terminé, un ou plusieurs des bateaux de la Compagnie.
L'Etat accordera un subside annuel de:
300,000 florins pendant les cinq premières années;
250,000 florins pendant les cinq années suivantes;
200,000 florins pendant les cinq dernières années.
L'Etat participera dans une certaine part aux bénéfices de la Compagnie,
qui devra être constituée conformément à la loi néerlandaise, et avoir son siège
et sa direction en Néerlande.
Les statuts de la Compagnie devront être soumis à l'approbation des Ministre«
des colonies et des travaux publics. Aucune modification ne pourra y être in-
troduite que du consentement de ces deux Ministres.
Au moins deux tiers des bateaux i\ vapeur devront être construits en Néer-
lande.
Le subside sera payé pour une moitié par le Trésor néerlandais, pour l'autre
moitié par le Trésor colonial qui se partageront les bénéfices».
280 CHRONIQUE.
CONGRÈS DES ORIENTALISTES DE HAMBOURG.
Au moment de mettre sous presse cette livraison, s'ouvre à Hambourg le
XHP Congrès international des Orientalistes auquel nous souhaitons le plus
vif succès. Nous en rendrons compte dans notre prochain numéro.
LES MARCHANDS HANISTES DE CANTON
PAR
HENRI CORDIER.
On désignait, à Canton, sous le nom de ^, Houg ou Häng, les HongonHang.
maisons de commerce et en particulier celles des marchands indigènes
privilégiés, intermédiaires ou garants des négociants étrangers; d'où les
expressions de Hong merchants ou de marchands hanistes; la réunion
de ces hanistes était appelée Co-hong ou Co-hang. Le term e/ac/orm«
désignait plus particulièrement les maisons des étrangers, résidence
et bureaux; les hong servaient également de magasins.
Les réunions des hanistes se tenaient sons la présidence du le Uoppo.
Hoppo dans un bâtiment appelé ^ ^ Kong-sse, 'Compagnie' d'où,
avec la prononciation locale, Consoo, et Conaoo House. Le Hoppo,
que Sonnerat appelle VOpeou ') et Reuouard de Ste. Croix le hau'
poul ^), était le titre donné par erreur par les étrangers an haut
fonctionnaire placé à la tête des douanes maritimes qui, représentant
le ministère des finances, Hou-Pou ]ß ^ , était désigné par ce nom
déformé. C'était prendre le Pirée pour un homme. Le Surintendant
des Douanes est appelé Hai Konan Kien-toii )^ [^ ^ ^ , mais
à Canton, ce fonctionnaire, désigné par la maison impériale, por-
tait le titre de Tué Hai Kouan Pou ^ j^ Rn in^ ** c'était le
1) Voyage, II, p. 9.
2) Foi/, aux Indes Orientales, III, p. 98.
80
282 HENRI CORDIER.
Hoppo ^), «terme, dit Mayers, dont l'origine est inconnue»; on
vient de voir au contraire que cette origine est connue.
Montigny écrit ^): «Le personnel des douanes chinoises auquel
le commerce européen a affaire dans la province de Canton a pour
chef le hoppo, ou surintendant des douanes, ofiScier administratif le
plus élevé avec lequel le commerce soit en relation. Cette fonction
est toujours remplie par un Mantchou tartare, et en général par
un membre de la famille impériale; c'est par l'Empereur lui-même
qu'il est nommé à son poste de surintendant du commerce maritime
de la province de Canton, et, comme tel, chargé de percevoir les
droits de douane et de navigation. Par les prérogatives de son
emploi, le hoppo se trouve assimilé aux plus hauts dignitaires de
l'Empire; son traitement ofiBciel est de 2.500 taels, soit environ
20.000 francs, mais il s'accroissait considérablement, avant le nouveau
tarif, de toutes les exactions et taxes imposées au commerce sous
le régime des marchands hongs, et de la commission qu'il prélevait
sur les rentrées du Trésor impérial. Depuis la destruction du mono-
pole des marchands hongs, cette importante partie du traitement du
hoppo est réduite presque à rien, par suite de la régularité légale
établie dans la perception des droits».
Voici les formalités, le village de Whampoa ^ j^f^ une fois
atteint par les vaisseaux étrangers:
«Dès qu'on est mouillé à Vampou, deux bateaux chinois vien-
nent s'amarrer aux deux côtés du vaisseau, avec des commis de la
douane, et ne le quittent, que lorsqu'il est chargé, et qu'il part.
Comme toutes les marchandises paient des droits d'entrée et de
sortie, et qu'il y en a quelques-unes de prohibées, telles que l'in-
troduction de l'opium et la sortie de l'argent; rien ne peut débar-
quer du vaisseau sans le consentement des douaniers, qui donnent
1) Mayers, Chinese Government, p. 40.
2) Manuel du négociant français en Chine, 1846, p. 324.
LES MARCHANDS HANISTKS DK CANTON. 283
UQ passe-port. On est obligé de le faire viser par les commis de
quatre autres douanes, situées sur la rive gauche de la rivière
pour les envoyer à Canton. Il y a trois lieues de Varapou, aux
factoreries européennes, et trente lieues de la ville à la Bouche-du-
Tigre '). Les canots qui portent le pavillon de la nation européenne
à laquelle ils appartiennent, sont exempts de s'arrêter aux quatre
douanes dont j'ai parlé; mais un douanier vient à la loge faire la
visite des canots. Il n'y a que les capitaines de vaisseaux et les
premiers supercargues qui aient le droit d'arborer pavillon. On ne
peut rien débarquer que le haupou ou intendant de la province
n'ait fait sa visite à bord. Il se fait toujours annoncer. Dès qu'il
paroit dans sa galère, qui est bien accompagnée, on envoie un
oflBcier au-devaut de lui, on le salue de onze coups de canon, on
le reçoit avec beaucoup de cérémonies et de distinction, et on le
régale. Il mesure le vaisseau tant en longueur qu'en largeur, pour
fixer les droits d'ancrage, qui sont dus à l'Empereur. Il fait ordi-
nairement présent au vaisseau de deux boeufs, de doux sacs de
farine et de quelques pintes de Sams'ou. C'est, dit-on, une liqueur
spiritueuse d'une odeur forte et fétide, extraite du riz par la fer-
mentation et par la distillation. Les Chinois en boivent et nos
matelots finissent par s'y accoutumer. Quand le haupou quitte le
vaisseau, il est encore salué par onze coups de canon» ').
En 1702, tout le commerce des étrangers était centralisé entre MarckanJ d/-
l'Empereur.
les mains d'un seul marchand chinois désigné sous le nom de
Marchand de l* Empereur; les abus de ce personnage et aussi la
nécessité de créer des intermédiaires plus nombreux, fit choisir, au
1) IIou-meuH Js^ r^ , dont les Portiigtia ont fait Boca Tigrit, et les Anglais 7ke
Bogue, embouchure de la rivière de Canton.
2) Charpentier Cossigny, Voyage à Canton, pp. 72 — 4. — Sonneraf, 11, p. Il, donne
les mêmes renseignements.
284 II KN RI CO RDI ER.
détriment du petit commerce de Canton, un certain nombre de
marchands privilégiés.
Marchands La corporation des marchands hanistes (Co-hang) fut créée en
1720 ou 1722, et sauf un bref espace de temps avant 1725, elle
dura jusqu'au traité de Nan-King en 1842.
«La position de Hong Merchant», dit M. W. C. Hunter*),
«s'obtenait par le paiement de grosses sommes d'argent à Pé-King.
J'ai entendu dire 200,000 taels, c'est à dire 55,000 livres sterling.
Si la «licence» ainsi acquise était coûteuse, elle leur assurait des
avantages pécuniaires ininterrompus et extraordinaires; mais, de
l'autre côté, cela les soumettait aux demandes ou «squeezes» de
contributions pour des travaux publics ou de bâtiments, pour le
soulagement de districts souffrant de la rareté du riz, aussi bien
que pour le dommage souvent imaginaire ou estimé plus grand,
causé par l'inondation du «Yang-tseu Kian g» ou du «Pleuve Jaune».
Lorsque Sir Hugh Gough parut le 21 mai 1841 avec les troupes
anglaises devant les murs de Canton, les mandarins payèrent une
rançon de 6 millions de dollars dont les hanistes versèrent 2 millions:
Pwankeiqua 260,000, Howqua 1,100,000 et les autres 640,000 ^).
«Le haniste», dit Renouard de Sainte Croix »), «est un marchand privilégié
par l'empereur pour faire le commerce avec les Européens; ce haniste demande
l'agrément du /î-aMjaow/, grand mandarin chargé de la surveillance des douanes
et qui a l'inspection sur les Européens. Pour obtenir cette c/ia/);3e ou permission,
il faut donner 800 piastres pour un bateau, ou champan *), qui vous transporte
avec vos effets; mais si vous ne portez que votre lit et votre malle, on vous
donne une chappe blanche, ou permission pour 150 à 200 piastres, et dans ces
deux sommes sont comprises les piastres que le comprador est obligé de donner
aux douanes qui se trouvent sur la route, et qui ne laissent pas d'être exces-
sivement chères».
1) Fan ktoae, p. 36.
2) Fan kicae, p. 44.
3) Poy. Commercial. . . aux Indes Orientales, III, p. 83.
*) "~~. ^(HX Sampan; en chinois, trois planches; probablement d'origine malaise.
LES MARCHANnS HANISTES DE CANTON. 285
Les voyageurs ont vanté rhonoêteté des marcbauds hanistes, Ilcnnétei,
det llaniitts.
honnêteté que j'ai eu moi-même souvent le plaisir de constater
chez les uégociauts cbiuois des ports ouverts par traité.
«On a beaucoup déclamé contre le goût des Chinois pour le vol, et contre
les tromperies des marcliands dans les qualités et dans les quantités des mar-
chandises. Il m'a semblé que les friponneries n'y étoient pa« plus fréquentes
qu'ailieui-s. Les n<''gocians et tous les gros marchands sont fidèle» dans le com-
merce. On a même vu un négociant de Canton payer une somme considérable
à un armateur français, qui avoit été volé, à roccasion des marchandises qu'il
lui avoit fournies, quoiqu'il n'eût point participé au vol. Il vouloit obtenir, par
ce sacrifice, la confiance qu'il méritoit. Je ne sais pas si parmi les Kiiropéens,
on en trouveroit beaucoup d'aussi nobles et d'aussi délicats.
«J'ai connu un négociant chinois, très âgé, particulièreraent attaché à la
Nation Française, qui avoit acquis une grande fortune, par un commerce loyal
avec elle, et qui, par reconnaissance, fit l'avance à la Compagnie des Indes, de
deux cargaisons, dans une circonstance où ses vaisseaux roanquoient de fonds.
Le plus fameux négociant de l'Europe auroit-il eu une conduite aussi noble et
aussi généreuse? Que l'on fasse attention que le Chinois ne pouvoit être rem-
boursé qu'au bout de vingt ou vingt-quatre mois, au plutôt» ').
Hunter déclare de son côté que comme corporation de marchanda,
il a trouvé les hanistes honorables et exacts dans leurs transactions,
fidèles à leurs engagements, et l'esprit ouvert *).
Au sujet des facilités accordées au commerce, l'ingénieur Char- Fadiitét
dm Commerce.
pentier Cossigny nous dit:
«Les lois prohibitives sont en très petit nombre; elles se réduisent à dé-
fendre l'importation de l'opium dans l'Empire, l'entrée et la sortie du verre,
et l'exportation de l'or, de l'argent et du riz. La première déniée est regardée
comme très-funeste, et propre à troubler la tranquillité publique; ainsi la po-
litique et l'humanité ont conseillé ce règlement de police. Les matières d'or et
d'argent sont regardées comme nécessaires à l'Empii^e. La loi qui en défend la
sortie a plus en vue l'exportation qu'en pourraient faire les émigrans, que celle
du commerce; car il n'est pas difficile aux négocians d'en exporter. Quant au
riz, c'est un comestible de première nécessité dans un pays exUvuioinent peuplé.
1) Charpentier Cossigny, Voifoge à Camiom, pp. 14S— 4.
2) Fan kwae, p. 40.
286 HENRI CORDIER.
Toutes les autres marchandises, quelles qu'elles soient, manufacturées ou non,
sont permises, tant à l'entrée qu'à la sortie. Ainsi les raisons d'Etat qui, dans
d'autres pays, ont mis des bornes à la concurrence ou à la consommation des
marchandises étrangères, sont ignorées ou dédaignées à la Chine. Plusieurs
écrivains ont, de nos jours, attaqué le principe sur lequel elles sont établies.
Ce n'est pas ici le lieu d'entamer cette discussion. Je me borne comme historien,
à raconter un fait qui me paroit digne d'être remarqué» ').
Établissement Les difficultés de toutes sortes suscitées par les hauts fonction-
de Ning-Po.
naires de Cautou, les entraves apportées au commerce, les demandes
exagérées d'argent, poussaient les étrangers à s'établir dans des
ports plus hospitaliers que ne l'était la capitale du Kouang-Toung.
Déjà en 1727 et en 1735, quelques négociants étrangers avaient
songé à quitter Canton pour Amoy.
Eu 1755, les Anglais voulurent établir leur commerce à Ning-
Po; une lettre du sieur Dumont adressée à la Compagnie des Indes
et datée de Canton le 28 novembre 1755 nous renseigne à cet égard:
«Sur le nombre des vaiseaux anglais venus cette année d'Europe, le premier
arrivé en juin n'a fait que paraître devant Macao pour prendre langue et a
continué sa route pour Ning-Po, ville où les Anglais ont dessein d'établir leur
commerce. Il avait été précédé dès le mois de Mai par un petit vaisseau por-
tugais de Macao armé par les supercargues anglais résidents en Chine à bord
duquel M. Harrison, premier supercargue, et l'interpi-ète anglais Flint se sont
embarqués: voici ce que j'ai appris concernant cette opération.
«A l'arrivée du vaisseau armé à Macao, les mandarins de Ning-Po surpris
de voir un vaisseau européen et ignorant ce qu'il venait faire ont empêché le
débarquement d'aucun effet; ils ont cependant reçu les supercargues avec poli-
te.sse et leur ont permis de descendre à terre, mais sans faire aucun commerce
jusqu'à ce qu'ils eussent reçu des ordres de l'Empereur et des nouvelles du
Tsong-tou de cette province auquel ils avaient envoyé des courriers pour leur
apprendre la nouvelle de l'arrivée de ce vaisseau dans leur port. Avant le retour
des dits courriers le vaisseau anglais d'Europe y a mouillé. Les supercargues
ont été également bien reçus, mais ils n'ont pas eu plus de liberté que les autres.
A la fin les ordres de l'Empereur sont arrivés. Comme il accorde une permission
non seulement aux Anglais, mais à tous autres Européens d'entrer et de coni-
1) Charpentier Cossigny, Voy. à Canton, p. 142 — 3.
LBS MARCHANDS HANISTES DE CANTOW. 287
mercer dans ses ports, le^ Anglais en ont profité, de sorte qu'ils y font leur
commerce avec avantage pour toutes sortes de raisons.
«La première, Ning-Po, se trouve par sa situation, pour ainsi dire, dans
le centi'e des dilTérents endroits d'où l'on tire les marchandises nécessaires aux
cargaisons des vaisseaux européens. La seconde, toutes les marchandises, tant
d'Europe, que de la côte, comme draps, poivre, kaolin, etc., se transportent
ordinairement dans le Nord, Ning-Po y est situé, ainsi tous les frais de trans-
port de Canton dans les provinces se trouvent éteints.
«La troisième, les Mandarins du pays sont infiniment plus abordables que
ceux de Canton ; quand les Anglais ont quelques affaires ils s'adressent directe-
ment aux Grands auxquels ils expliquent leurs raisons par le moyen de leur
interprète Flint, ce qu'il est impossible de faire en cette ville.
«Ce projet des Anglais a terriblement déconcerté les marchands de Canton ;
ils ont agi auprès du Tsong-tou et du Hou-pou pour les engager à le traverser;
ceux-ci y ont travaillé de toutes leurs forces en représentant aux Grands de la
province de Tche-kiang de laquelle Ning-Po dépend que les Européens étaient
gens barbares, capables de troubler le repos public, et qui, sous prétexte de
leur commerce, ne cherchaient qu'à reconnaître le pays, ce qui pourrait avoir
des suites iïicheuses, mais malgré tout ce qu'ils ont pu faire, les Anglais ont
été bien reçus, ils ont permission de bâtir un hong, et ils comptent que l'année
prochaine il ira deux de leurs vaisseaux. On présume aussi que les Hollandais
pourront fort bien y en envoyer un» ').
Une lettre adressée de Canton, le 31 décembre 1759, à son père,
par le sieur St. Martin, nous instruit sur les entreprises des
Anglais à Ning-Po:
«Vous aurez pu entendre parler à l'Hôtel de la Compagnie des mouvements
que les Anglais se sont donnés depuis quatre ans pour faire leur commerce à
Ning-Po. Je vais vous raconter en peu de mots quel a été le fruit de leur en-
têtement.
«La première année qu'ils y furent, on les admit à faire leur commerce,
mais avec défense d'y revenir l'année d'ensuite. La Compagnie anglaise qui ne
prévoyait point aloi's cette défense, continua toujoui-s à y envoyer, pei*suadée
que si elle pouvait parvenir à y établir un commer-ce suivi, elle aurait en
Europe la préférence sur les autres nations par le bon marché et la qualité de
toutes les marchandises que l'on exporte d'ici. M. Flint, supercague interprète
des Anglais, qui est ici depuis vingt-cinq ans, fut l'homme choisi pour faire
1) Archives des Colonies: Ünmi, 1732—1766^ No. 10.
288 HENRI CORDIER.
réussir ce projet. En conséquence, il est expédié de Canton dans un petit bâti-
ment anglais le il de juin, se rend à Ning-Po et chassé de ce port, il va,
suivant ses ordres, dans celui de Tien-tsin qui n'est qu'à deux journées de Pé-
King. Il trouve moyen de faire parvenir une chappe ou mémoire en langue
chinoise jusqu'à l'Empereur. Ce raémoiie contenait toutes les vexations commises
par les mandarins de Canton et particulièrement du hou-pou, qui est le grand
mandarin de toutes les douanes, envers les étrangers et les négociants. Aussitôt
l'Empereur donna ordre au tsiang-kiun ') du Fou-kien (mandarin commandant
toutes les troupes tartares dans cette province) de se rendre à Canton, et il
envoyé en même temps un Commissaire de Pé-King pour se joindre à ce der-
nier et examiner les plaintes des Anglais; aussitôt l'arrivée des Commissaires,
le hou-pou sur qui retombaient toutes les plaintes fut déposé, et pour ainsi
dire immolé sans examen aux cris des étrangers, des marchands et du peuple.
Nous crûmes tous par ce début que les nations européennes seraient plus
écoutées à l'avenir et qu'on leur rendrait la justice qu'elles demandoient dans
les différentes chappes qu'on avait présentées ci-devant au Tsong-tou, gouver-
neur 2) de la Province; mais nous n'eûmes qu'une fausse lueur d'espérance; ce
Tsong-tou (car quoiqu'il fut le dernier du conseil dans cette affaire), plein de
haine et de ressentiment contre les Anglais, ne songea plus qu'au moyen de
se venger d'eux. Il remua tout pour parvenir à connaître l'auteur de cette
chappe qui contenait, dit-on, des plaintes injurieuses contre ce mandarin, et
des menaces indiscrètes contre le gouvernement; tous les maîtres de langue
furent arrêtés et ceux des Anglais mis à la question; les marchands sur le
moindre soupçon furent inquiétés. Nous vîmes le moment où cette affaire allait
avoir des suites funestes pour eux, lorsqu'enfin on trouva un homme qui con-
vint qu'il était coupable; dès ce moment, les Commissaires rompirent leurs
conférences, le Tsiang-kiun retourna dans le Fou-kien et le Ta-jen •'') (nom
que l'on donne à un. envoyé) à Pe-king, le Tsong-tou resta seul chargé de
conclure cette affaire. Les Anglais demandaient une décision ; ils ne l'attendirent
pas longtemps. Quelques jours après le départ des Commissaires, le 7 décembre,
le Tsong-tou, ayant reçu la réponse et les ordres delà Cour, fit appeler M. Flint,
l'interprète des Anglais. Ceux-ci ayant répondu ainsi qu'ils l'avaient toujours
fait, qu'il ne pouvait rien dire sans eux et qu'en leur présence, on leur permit
de l'accompagner. Ils vont à la ville comptant y être reçus comme ils l'avaient
été dans les visites précédentes, mais à peine ont-ils traversé deux cours dans
lesquelles il y avait plus de 800 soldats qu'ils sont saisis chacun par quatre ou
cinq hommes des plus robustes. On commence par les désarmer et après leur
2) Gouverneur général, vice-roi, ^j0 >^^ .
3) -^ yl , Excellence.
LKS MARCHANDS HAMISTE8 DE CANTON. 289
avoir arraché leurs épées, ne pouvant les forcer à battre la t6te *), on les frappe,
on los ternisse et on les foule ignominieusement aux pieds. Le Tsong-tou voyait
cette scène d'un oeil sec et indifférent. Quand il crut les avoir assez humiliés,-
il ordonna do finir et fit avancer M. Flint auquel il annonça qu'il était exilé
pour trois ans à Macao et que le terme de son exil expiré, il devait retourner
en Europe et ne jamais remettre les pieds à la Chine. Après avoir prononcé
cet arr^t, il renvoya les Anglais et donna des ordres pour se faire obéir. Dèi
le soir, la chappe de l'Empereur fut affichée dans Canton même à la porte des
Anglais. Elle portait en substance que M. Flint, homme dangereux et qui ca-
chait quelque mauvais dessein, était exilé pour trois ans à Macao et ensuite
banni de l'Empire à perpétuité pour avoir été à Ning-Po contre les ordres de
l'Empereur, et que le Chinois qui avait fait la chappe des Anglai.s, serait dé-
capité pour y avoir inséré des termes insolents et séditieux. Ce qui fut exécuté.
Enfin on y condamnait en général les manœuvres du Hou-pou, et l'on disait
que les plaintes des Européens à cet égard étaient justes, et qu'ils pourraient
continuer leur commerce sans crainte s'ils y trouvaient quelque avantage.
«Voilà quelle a été la fin de cette longue querelle; les Anglais pour avoir
voulu s'établir à Ning-Po ont perdu un de leurs confrères, l'outrage qu'ils ont
essuyé est ineffaçable et les Chinois enhardis par leur tranquillité paraissent ne
les plus craindre. Ils ont raison j les engagements par lesquels ceux-ci sont liés
suffisent pour les retenir. Toutes les autres nations ont joué un si petit rôle
dans cette affaire que le Gouvernement n'en a pas même pris connaissance.
«Notre zèle nous a menés aussi loin qu'il étoit -possible d'aller sans se
compromettre et nous nous sommes arrêtés quand nous avons prévu que nos
démarches seraient indiscrètes ou infructueuses» ').
Eu 1760, les autorités de Cauton promulguèrent un règlement Rîgiem*ni.
en huit articles pour le bon fonctiouuement du commerce des
étrangers; révisée en 1810, ces règlements furent confirmés eu 1819
par Kia-K'ing ^ ^ :
Art. 4". — Il est interdit à tous les navires de guerre d'entrer dans Bocca
Tigris. Les navires de guerre agissant comme convoyeurs de vaisseaux marchands
devront ancrer en dehors en mer jusqu'à ce que ceux-ci soient prêts à partir
et mettre ensuite à la voile avec eux.
1) Faire le K'o-feou.
2) Archives de» Colonies: Chink, 1732 — 1766, No. 10. Montgomery Martin (C^ùw,
1847, II, p. 14) place cette affaire en 1761 -, évidemment une erreur, car il ajoute que
Flint a été retenu prisonnier trois ans jusqu'à 1762 et qu'en 1760, on essaya d'obtenir sa
mise en liberté.
290 HENRI CORDIER.
Art. 2. — Aucune femme, aucun canon, aucune lance, ou arme d'aucun
genre ne peuvent être amenés aux factoreries.
Art. 3. — Tous les pilotes de rivière et compradores de vaisseaux doivent
être enregistrés à l'office du «T'^oung-Tche» ') à Macao. Ce fonctionnaire leur
fournira à chacun une permission, ou insigne, qui devra être porté autour de
la taille. Ils devront le produire chaque fois qu'on leur demandera. Aucun autre
batelier ou habitant ne doit avoir de rapports avec les étrangei-s, à moins d'être
sous le contrôle immédiat des compradores des navires; et s'il y a quelque fraude,
le compradore du bateau intéressé sera puni.
Art. 4. — Chaque factorerie est limitée pour son service à 8 Chinois
(sans égard au nombre de ses occupants) c'est à dire à 2 porteurs, 4 porteurs
d'eau, 1 personne pour prendre soin des maichandises ('godown coolie') et 4
ma-chen (pour marchand) qui remplissait à l'origine toutes les charges du
«Compradore de la Maison» comme il est nommé aujourd'hui.
Art. 5. — Défend aux étrangers d'errer dans la rivière sur leurs propres
bateaux pour leur «plaisir». Les 8, 18, et 28* jours de la lune, «ils peuvent
prendre l'air» ainsi qu'il est fixé par le Gouvernement dans la 21* année de
Kia-K'ing (1819). Toutes les chaloupes passant devant les Douanes sur la rivière
doivent être retenues et examinées, pour empêcher qu'aucun canon, épées, ou
armes à feu ne soient transportés, en cachette sur elles. Les 8, 18, et 28* jours
de la lune, ces barbares étrangers pourront visiter les Jardins à fleui"s et le
Honara Joss-house (un temple bouddhiste), mais pas en groupes de plus de dix
à la fois. Quand ils se seront «rafraîchis», ils doivent rentrer aux factoreries,
n'étant pas autorisés à passer la nuit dehors ni à se réunii* pour faire des orgies.
S'ils le faisaient ainsi, ils ne seraient pas autorisés à sortir, lors de la prochaine
'vacance'. Si les dix personnes avaient l'audace de pénétrer dans les villages,
dans les places publiques ou les bazars, une punition serait infligée au Lingfuisfe
qui les accompagne.
Art. 6. — Les étrangers ne sont pas autorisés à pi'ésenter des pétitions.
S'ils ont quelque chose à représenter, ce doit être fait par les marchands
hanistes.
Art. 7. — Les marchands hanistes ne doivent pas être débiteui's des
étrangers. La contrebande hors et dedans la ville est interdite.
Art. 8. — Les navires étrangers arrivant avec de la marchandise ne doi-
vent pas flâner en dehors du fleuve; ils doivent venir directement à Wampou.
Ils ne doivent pas vagabonder dans les baies à leur fantaisie et vendre à des
coquins indigènes des marchandises sujettes aux droits, afin que ceux-ci en fas-
sent la contrebande et par cela fraudent les revenus de Sa Majesté Céleste.
1) H^.
LKS MARCHANDS HANI8Ti£S DE CAVTÜN. 291
TiiADUCTiON de la Chappe du Tsong-tou de Canton pour la Dettrvdion
du Co-htuig,
destructiou du Co-hang.
35* année de l'Empereur K'^en-Loung, 28* jour, 12* lune = 12 février 1771.
Avis pour la destruction du Co-SJNG et pour laisser le commerce des
Etrangers sur le même pied qu'il était autrefois avant le Co-haN6.
Autrefois les Etrangers qui venaient commercer à Canton demeuraient dans
les hong des Chinois; dans la suite certains Chinois avides les faisaient loger
chez eux pour faire le commerce en secret et en fraudant les droits de l'Empe-
reur. J'en fus averti, j'en fis mon rapport à l'Empereur la 24* année de son
règne '), et je suppliai Sa Majesté de faire certains rè>',lements pour obvier aux
désordres. L'Empereur me l'accorda. J'ordonnai dès lors aux hanistes de loger
les étrangers dans leurs hong, les chargeant d'en avoir soin et défendant aux
autres Chinois d'y entrer. De plus, j'ordonnai encore que leurs marchandises
fussent remises entre les mains de certains marchands chinois. Sur ces entre-
faites, Pen Thi-tchin (c'est à dire Pan Ke-qua en patois) et ses a.ssociés me
proposèrent d'établir ime Compagnie exclusive à tous autres mai'chands, moyen-
nant certaines précautions à prendre pour retrancher tous les désoi-dres. Je
donnai pour cela mes ordres à mes subalternes; mais, depuis, que cette com-
pagnie, Pen Thi-tchin et ses associés au nombre de dix, se sont aperçus qu'il
leur était difficile d'observer en corps les règlements établis, et qu'ils se dé-
chargeaient les uns sur les autres du soin d'obvier aux désordres, aussi des
gens rebelles à m.es ordres ont-ils pris de là occasion de se mêler parmi les
étrangers; de là mille inconvénients fâcheux qui s'en sont suivis: en sorte que
cette Compagnie n'en a que le nom, sans pouvoir faire ce qui lui a été imposé.
Ceux qui la composaient ont ensuite partagé entre eux le soin de remédier aux
désordres. Chacun d'eux était obligé d'avoir soin des barques placées devant les
hong, suivant l'ordre qu'on gardait autrefois avant l'établissement de la Com-
pagnie; heureusement, ce règlement a bien réussi. Sur cela on m'a demandé la
destruction de la Compagnie, je ne rapporte pas ici la réponse que j'ai donnée.
J'ai tenu conseil avec le Hou-Pou (intendant de la province) pour la destruction
de la dite Compagnie, en voici le résultat:
La Compagnie exclusive n'a été établie que parceque les Etrangers arrivés
à Canton, n'avaient pas de demeure fixe; ce qui a donné occasi3n aux désordres
et je ne l'ai permise que dans l'espérance que les marchands chinois, unis en
corps, s'efforceraient d'empêcher les commerces secrets; mais depuis plus de dix
ans que ladite Compagnie a été formée, bien loin d'être utile au public, elle
1) 1760.
292 HENRI CORDIER.
ne sert qu'à donner plus de moyens aux Chinois avides de commercer en secret.
Ceux qui la composent ne sont payés que de belles paroles, sans pouvoir exé-
cuter ce dont ils se sont chargés. C'est pourquoi suivant les raisons ci- dessus
rapportées, je donne les ordi-es marqués ci-dessous.
J'avertis tous les marchands et interprètes que désormais les marchands
étrangers arrivés à Canton, logeront dans les hong ordinaires, et je charge
chacun des grands marchands chinois d'obvier aux désordres, le tout en parti-
culier, non en corps; je défends en même temps à qui que ce soit de conduii'e
les dits étrangers hors de leur hong pour les loger parmi les Chinois, afin de
commercer en secret. Ainsi, si quelqu'un ose violer mes ordres, il sera puni
sévèrement sans aucune grâce. Pour ce qui regarde le Co-hang, je le déclare
détruit. Que chacun observe mes ordres: c'est pour cela expressément que je
donne cet avertissement.
Cet édit resta lettre morte.
Les hauistea pressurés par les hauts fonctionnaires, ne pouvaient
suffire à leurs demandes. Senqua, le premier des marchands hanistes
qui ait manqué à ses engagements, avait, en 1774, une dette de
266.672 piastres qui fut payée, sans intérêt, en dix annuités ').
L'argent dû aux négociants anglais par les hanistes amena en 1779
l'intervention du Gouvernement de Madras.
Missiondu ^ Montgomery Martin, en général bien renseigné, raconte ^)
Fanion. ^^^^^^ t^^ mission du Capitaine Panton:
«A.D. 1771. Cette année, le Co-hang, ou comité pour régler et fixer les
prix auxquels toutes les marchandises doivent être vendues et acquises, fut aboli,
aux dépens de 100,000 taëls pour la Compagnie des Indes Orientales.
Cependant nous trouvons qu'en 1779, cet instrument d'extortion opérait
pleinement sous un nouveau nom, Consoo Fund, dont voicU'histoire et l'origine:
L'énorme somme de 3,808,076 dollars espagnols, en relativement peu de
temps, fut due aux sujets britanniques, sans aucun espoir de pouvoir en recou-
vrer l'équivalent.
Tous les efforts pour recouvrer une partie de cette juste dette ayant échoué,
le cas fut soumis au gouvernement de Madras, qui dépêcha le Capitaine Panton,
sur un des navires de Sa Majesté, pour réclamer le paiement. Le Capitaine avait
des instructions de l'Amiral Sir E, Vernon, pour insister et obtenir une audience
du Vice-roi de Canton.
1) H. Cordier, La France en Chine, p. BO. 2) China, 1847, II, p. 16.
LBS IfARCHANDS HANISTES DE CAItTOM. 293
L'audience fut accordée, mais non sans menaces de la part du commandant
britannique. L'arrangemont qui eut lieu, était l'acceptation de dix shillings à la
livre (sans intérêt), comme composition devant ôtre payée en dix ans.
Le Capitaine Panton n'était pas pUit6t parti, que le Consoo Fund était
établi. Et ainsi cette dette légitime ayant été d'abord réduite de moitié, le fut
encore par un nouvel impôt sur le commerce européen, qui fut continué jusqu'à
une période récente».
Traduction d'un Ecrit du Fou-yuen Li à l'Empereur K'ien-Loung,
au sujet d'un vaisseau anglais arrivé à Canton en 1779, commandé
par M. Panton.
Il est arrivé en 1779 un vaisseau de Madras à Canton, commandé par
M'. Panton lequel m'a présenté une requête dans laquelle il était dit que les
hanistes chinois devaient beaucoup aux Européens, et qu'ils demandaient à êtie
payés; comme dans cette requête, il n'y avait aucun détail des sommes dues,
pas même les noms des débiteurs ni des créanciers, j'ai fait rassembler tous
les négociants européens ainsi que les hanistes chinoi.s pour qu'en ma présence
ils fassent leuis comptes. Les Messieurs Hollandais, Suédois, Danois et Impériaux
me dirent qu'ils s'étaient conformés à l'ordre de l'Empereur venu en 1759 et
que depuis les hanistes chinois ne leur devaient rien, parce qu'ils avaient tou-
jours soldé leurs comptes avec eux chaque année. Le chef de la Compagnie
anglaise, nommé M^ Fit/. Hugh avec le second, appelé M'. Beavan disent aussi
que depuis vingt années ils s'étaient conformés aux ordres de leur Compagnie,
qui sont conformes à ceux de l'Empereur de la Chine; qu'ils avaient soldé leurs
comptes chaque année avec les hanistes et qu'ils ne leur devaient rien; mais
qu'il se pourrait être que Messieurs les Particuliera de Côte Anglais ne se
soient point conformés aux lois de l'Empereur de la Chine; qu'ils aient fait
une importation de fonds pour les placer frauduleusement à intérêts chez les
hanistes chinois à Canton, qu'il n'y aurait rien en cela de surprenant, parce
que ces Messieurs sont sujets à ne point se conformer à bien des règlements.
Ils me proposèrent de faire partir M. Panton pour retourner à Madras prendre
un compte exact et détaillé des créances sur les hanistes dans lesquelles les
créanciers et débiteurs seraient nommés, me disant que dans quelques mois
j'aurais la réponse et le compte suivant mes desii's. Je consentis à cette propo-
sition et M'. Panton partit en conséquence.
Pendant l'absence de M^ Panton, Intchia vint me présenter son compte
par lequel il démontrait qu'en 1757 et 1758, après avoir payé aux Européens
une partie do ses dettes, il leur devait encore la somme de 165,600 piastres,
et que pour lors en 1759 l'ordre de l'Empereur est venu pour défendre d'em-
prunter et de prêter des fonds à intérêts.
294 HENRI CORDIER.
Intchia ajouta encore que ses créanciers européen^ n'osèrent point (eu
égard à cet ordre) le forcer à payer par le moyen de la justice, mais qu'ils
ajoutaient depuis ce temps les intérêts avec le capital et faisaient renouveler
leurs billets chaque année: que le commerce ne lui avait point été lucratif à
commercer depuis cette époque. Je lui répondis que je verrais par la réponse
que j'attendais de Madras si ce qu'il me disait était vrai.
MM. Fitz Hugh et Beavan vinrent m'avertir que M. Panton était de retour,
et qu'il donnait pour réponse qu'à Madras on ne pouvait donner le détail de
ce compte, mais qu'il y avait à Macao trois Messieurs anglais appelés Hutton,
Smith, Crichton, qui ont le détail et le maniement de cette affaire. Je fis tout
de suite venir ces Messieui's à Canton. A leur arrivée, je rassemblai tous les
hanistes, pour qu'ils fissent de concert avec eux leurs comptes. Suivant ces
susdits Messieurs, ils étaient onze Messieurs anglais qui avaient leur part dans
les fonds placés à intérêts. Intchia devait capital et intérêts 1,354,000 piastres.
Coccia •) devait capital et intérêts 438,000 piastres. Je demandai à Intchia
pourquoi il m'avait trompé; il me répondit que la somme de 165,600 piastres
dont il m'avait fait ci-devant mention était sa seule dette, et que MM. Fitz
Hugh et Beavan pour lors présents, pouvaient certifier de vive voix; que la
cause que le montant de ses dettes était monté à la quantité que ces Messieurs
réclamaient, provenait de ce qu'ils faisaient renouveler leurs billets, et quand
ils retournaient en Europe ne pouvant être payés, ils établissaient des procu-
reurs qui renouvelaient de même leurs papiers et qu'ils le faisaient avec d'au-
tant plus de facilités qu'ils y étaient intéressés. Ces Messieurs Fitz Hugh et
Beavan répondirent qu'ils ne connaissaient rien de cette affaire, seulement
qu'ils souffraient beaucoup de voir une si mauvaise conduite qui devenait hon-
teuse. Je vis clairement que tous ces contrats étaient contre la loi venue en
1759, mais sachant qu'ils avaient été passés en 1757 et 1758, qui sont un ou
deux ans avant la publication de cette loi, j'ai cru agir conformément à vos
intentions et à la bienveillance que vous accordez aux Européens, en faisant
payer aux créanciers européens le double de leur premier capital placé à
l'origine: parce qu'il eût été injuste de faire payer les intérêts surchargés des
capitaux depuis tant d'années. J'ai ensuite exilé ces deux hanistes pour la vie.
Mon jugement porté, les tribunaux de Pe-King l'ont approuvé d'après les
lois. Ils ont vu qu'effectivement lorsqu'un haniste commerçant avec les Euro-
péens est en danger de banqueroute, les lois sont de vendre tous ses biens et
du produit, de payer les droits qu'il doit à l'Empereur;' s'il y a du surplus,
de payer un à compte aux créanciers qui diminueront leurs créances d'autant;
ensuite de faire payer le solde des créances par dixième en dix ans, par le
restant des hanistes. pour que dans la suite, ils ne s'associent point avec des
1) Coccia fut arrêté au mois de juillet 1781.
LBS MARCHANDS HANISTR8 DB CANTON. 295'
coquins. Les tribunaux m'ont recommandé de dire aux chefs des nations d'écnre
en Europe, pour donner l'ordre aux Messieure négociants, européens venant ici,
de ne point placer des fonds à intéi'èts, parce que si cela arrive encore, les
fonds -seront confisqués et le créancier européen renvoyé pour toujours de
l'Empire.
Il faudrait que les hanistes seuls eussent le privilège exclusif de ce com-
merce, et qu'il y eût un tarif fixé à perpiHuité des marchandises d'importation
et d'exportation; pour lors mettre un mandarin demeurant dans la pagode de
la rue de la Porcelaine qui serait là pour recueillir le bénéfice de chaque ha-
niste; de ces bénéfices on paierait en premier les droits de l'Empereur, et du
restant on paierait au prorata les anciennes dettes; de cette manièi-e, le com-
merce sera chaque année soldé, les Européens ne pourront prêter de fonds à
intérêts, les hanistes ne pourront plus manquer à leurs devoii-s et les droits de
l'Empereur ne manqueront point •).
Traduction de la réponse des Tribunaux de Pe-King au dernier
article ci-des8us, prétendue de la part de l'Empereur.
Il résulterait beaucoup d'autres abus de la part de ce mandarin que vous
projetez de mettre à la tête des hanistes; il faut que vous tachiez absolument
de trouver un autre remède.
En 1780, dans le mois de Juin.
Je, soussigné, interpi'ète pour le Roy en langue chinoise, certifie la tra-
duction ci-dessus fidèle, traduite verbo ad verbum sur l'original déposé aux
Archives de la Chancellerie.
En foi de quoi j'ai signé le présent à Canton, le cinq janvier mil sept cent
quatre vingt un. ^)
Galbert. ')
Notre Consul, Vauquelin *), écrivait de Canton, le 6 janfier 1781,
à M. de Sartine, Ministre et Secrétaire d'Etat:
1) Archives des Colonies: Chinb. 1776—1782, No. 13.
2) Archives des Colonies: Chinb, 1776— 17S2, No. 13.
3) Jean Charles François Galbert, chancelier du Consulat de Canton, 26 sept. 1782;
démissionaire en faveur de Costar en décembre 1782, conservant le poste d'interprète ; il
était ne en 1757 et était le fils d'un ancien subrécargue de la Compagnie des Indes.
4) Pierre Charles François Vauquelin, ancien subrécargue des vaisseaux de la Compagnie
des Indes; premier consul de France à Canton, nommé le 20 octobre 1776; "t* à Canton,
le 23 sept. 1782.
296 HENRI CORDIER.
«Par mes lettres de l'année dernière, j'ai eu l'honneui- de vous donner un
précis de la situation de la place de Canton. J'ai eu l'honneur de vous observer
combien le commerce de Chine avait dégénéré de son antique splendeur, je
vous prédisais en partie une catastrophe totale, elle me paroissoit inévitable,
mais je la croyais plus éloignée. Je n'aurais pas cru pouvoir vous annoncer
cette année l'accomplissement de mes conjectures. L'arrivée de la frégate ang-
laise le Sea Horse a porté le dernier coup au commerce de la Chine, les
représentations faites à l'Empereur au sujet des dettes des Chinois, bien loin
de produire un bon effet a causé la ruine de deux des principaux négociants
de Canton. Le mémoire présenté par le Fou-youen ') est un tissu de fausseté.
J'ai l'honneur de vous en remettre çi-joint une copie; vous y verrez. Monseigneur,
la ruine des Européens signée d'une manière irrévocable. La requête des Euro-
péens était dirigée contre six négociants hanistes, Yoqua mort depuis quatre
années, Coqua, détenu depuis deux ans dans les prisons, délivré après avoir été
dépouillé de tous ses biens et richesses que les mandarins se sont arrogés,
Sayonqua, Intchia et Coccia tenant encore leur maison lors des pi-emières
plaintes portées contre eux ; la mort de Yoqua l'a sauvé, Coqua ruiné par les
vexations des Mandarins a financé pour n'être pas compris dans la chappe
présentée à l'Empereur; Sayonqua a suivi la même méthode; les seuls Intchia
et Coccia ont été sacrifiés. La réponse de l'Empereur est arrivée à Canton en
juillet; ces deux hanistes ont été plongés dans les prisons, leurs biens confis-
qués au profit de l'Empereur et finalement exilés pour la vie à Ili, petite ville
de la Corée 2). En novembre dernier, le Fou-youen a donné un décret par
lequel il déclare les Européens usuriers pour avoir placé des fonds à 1 8 et 20 Vo
d'intérêt annuel chez les Chinois sans hypothèque ni autre garantie que leur
simple parole et la bonne foi qu'un négociant a droit d'attendre d'un autre,
cependant. Monseigneur, les lois de l'Empire accordent ju.squ'à 33% avec hy-
pothèque, le remboursement fixé à trois années et au cas de non paiement, le
prêteur devient propriétaire des biens hypothéqués. Les dettes des Chinois
peuvent se monter vis-à-vis des Européens seulement à six millions de piastres,
les seuls Anglais y sont compris pour plus de quatre millions; cette catastrophe
a empiré les affaires; les Mandarins après avoir dépouillé les nommés Intchia
et Coccia se sont appliqués leurs biens, ont fait un compte par lequel le déficit
était de 175.000 taels pour solde de ce qu'ils dévoient à l'Empereur, consé-
quemment que suivant les lois les cinq hanistes encore subsistant auraient à
payer cette somme sur les profits de leur commerce, que les Européens ne
pouvaient rien prétendre puisque liquidation faite, il ne restait pas a.ssez pour
acquitter les droits impériaux. Le commerce a été obligé de payer cette année
^) ift 1%' gouverneur.
2) ! Je n'ai pas besoin de faire ressortir l'ignorance du Consul en géographie.
LES HARCHANitS HaNISTKS DK CANTON. 297
de vexations extraordinaires une somme de 175.000 taeis; pour y réussir les
marchands hanistes soutenus des Mandarins ont fait une association excluant
tous les marchands particuliers qui auraient pu entrer en concurrence avef; eux;
les Europ<''en8 ont été forcés de vendre leui-s marchandises à 50 "/• de moins
que les années précédentes et d'acheter les marchandises de sortie à 50 % plus
cher. Cette manoeuvre quoique préjudiciable au commerce momentané aurait
pu produire un bien pour l'avenir si eflectivement les profits immenses que les
hanistes devaient faire fussent restés entre leure mains, mais la vente de»
marchandises faites, les contrats de retour signés, les Mandarins ont pressuré
les hanistes dans une proportion supérieure au bénéfice qu'ils pouvaient espérer;
les marchands des provinces auxquels on avait coupé toute communication avec
les Européens ont tenu leurs marchandises à un taux proportionnel à l'accrois-
sement du prix exigé par les hanistes. Il y a plus, Monseigneur, les nommés
Intchia et Coccia non seulement devaient des sommes immenses aux Européens,
mais encore à leurs fournisseurs des Provinces; ceux-ci enveloppés dans leur
disgrâce ont signifié aux hanistes qu'ils ne leur fourniraient rien sans ai'gent,
qu'ils ne leur feraient plus dorénavant de crédit, qu'il était nécessaire avant
d'entamer les négociations pour cette année de liquider les anciennes dettes et
de continuer désormais l'argent à la main. Voici, Monseigneur, le tableau fidèle
de la situation d'une place que j'ai vue si brillante; elle ne présente plus que
misère, pauvreté, mauvaise foi, perspective peu éloignée d'une banqueroute
générale. Je pense, Monseigneur, vous en annoncer deux qui si elles ne s'effec-
tuent pas l'année prochaine ne peuvent manquer de se déclarer infailliblement
dans deux années. L'ouverture du commerce promettait mieux» ').
A la fin de l'année, le consul de France écrit au Marquis de
Castries (Canton, 31 Dec. 1781):
«D'après la peinture que j'ai eu l'honneur de faire l'an dernier à Monseif(neur
de Sartine de la triste situation du commerce de Chine, je croyais n'avoir rien
à ajouter, mais il en est autrement: les diflicultés de la part des Chinois aug-
mentent de jour en jour; ils sont parvenus à restreindre toute négociation à
quatre hanistes auxquels les Mandarins ont accordé le privilège exclusif de
commercer avec les Européens, cette frauduleuse association ayant détruit toute
concurrence. Ils ont fixé les marchandises d'importation à un taux si bas que
les vaisseaux de cote ont essuyé une perte de plus de 40%; les marchandises
d'exportation ont été fixées à un prix si haut que trois capitaines anglais ont
vendu leurs vaisseaux aux Portugais de Macao pour s'épargner la perte évidente
qui les attendait supposé leur heureuse arrivée dans les différentes parties de
1) Archives des Colonies > Chine, 1776—1782, No. 13.
21
298 HENRI CORDIER.
la côte de l'Inde. Les hanistes associés favorisés par les mandarins ont fait
entourer de palissades le quai assigné pour la résidence des Européens pour
leur couper toute communication avec la rivière et fait passer des corps de
garde pour épier tous les mouvements des Européens» ').
Le 31 décembre 1782, Ph. Vieillard ^), vice-consul à Canton, écrit:
«La guerre a occasionné des révolutions qui ont contribué à porter le coup
mortel à plusieurs marchands hanistes de façon que le nombre de ces marchands
privilégiés par le Gouvernement pour traiter avec les Européens était réduit à
cinq dont deux d'une faiblesse si grande qu'il y avait tout lieu de craindre une
banqueroute totale. Les principaux Mandarins pour pallier le mal ont augmenté
le nombre de ces hanistes jusqu'à dix. Ils ont eu attention de choisir cinq
nouveaux sujets dont la plupart sont plus connus pour leurs richesses que pour
leur intelligence. Le commerce se fait donc avec plus de sûreté, plus de promp-
titude que les années précédentes; mais, Monseigneur, les Mandarins n'ayant
pas renoncé aux extorsions pour lesquelles ils ont un goût aussi difficile à
décrire qu'à éteindre, ce remède n'est que momentané, et il y a tout lieu de
craindre pour les suites les mêmes révolutions que le commerce a déjà éprouvées.
L'avarice insatiable des Mandarins qui exigent des marchands les mêmes droits
sur 14 vaisseaux que sur 30, qui arrachent des sommes d'argent pour les offrir
à l'Empereur, pour enrichir leur famille, pour acheter leur innocence, la Cour
ne manquant pas de les trouver coupables s'ils sont riches, telle a été jusqu'à
ce moment la cause des désastres que le Commerce de Chine a éprouvés, et la
cause ne cessant pas, il y a tout à craindre que les effets ne se fassent ressentir
avant peu, surtout si les vaisseaux n'abondent pas plus par les suites que cette
année et l'an dernier. Pour avoir toujours les mêmes sommes à offrir à l'Em-
pereur, le hou-pou ou Intendant des Douanes de Canton a exigé des marchands
hanistes une somme de 6.000 piastres par chacun d'eux et a doublé les droits
d'entrée et de sortie sur les marchandises importées et exportées par les Euro-
péens» 3).
Se référant à la lettre de Vauquelin, écrite eu 1781, ou rappelle
dans une note (1783), avaut l'envoi du chevalier d'Entrecasteaux à
Canton :
\) Archives des Colonies:. Chine, 1776—1782, No. 13.
2) Philippe Vieillard, fils de Louis Alexandre Vieillard, Docteur Régent de la Faculté
de Médecine en l'Université de Paris — chancelier à la fondation du consulat de Canton,
1776; vice-consul et gérant du consulat à la mort de Vauquelin.
8) Archives des Colonies: Chink, 1776-1782, No. 13,
LRS MARCHANDS HANISTRS DE CANTON. 299
«Le fou-yuon Li ordonnti que los Hanistes paieraient seulement ù leurs
cr(';anciers le double du premier capital, ce qui faisait
Pour Intchia 330.000 P.
Et pour Coccia par une réduction proportionnelle. . 107.000 »
Total .... 437.000 P.
Les tribunaux de Pe-King confirmèrent son jugement et le chargèrent de
notifier aux Européens que s'il leur arrivait encore de placer des fonds à inté-
rêts, ces fonds seraient confisqués et le créancier européen renvoyé pour toujours
de l'Empire. Par la môme décision du mois de juin 1780, le fou-yuen Li était
chargé d'indiquer un autre moyen que celui qu'il avait proposé pour consommer
l'affaire.
«Il est malheureux qu'on ne puisse ajouter foi à des faits annoncés d'une
manière aussi authentique. M. Vauquelin assure dans sa lettre d'envoi que le
mémoire du fou-yuen Li était un tissu de faussetés; de ses négociants han-
nistes contre lesquels la requête des Européens pour le paiement des dettes
était dirigée, Intchia et Coccia, seules victimes, ont perdu leurs biens confisqués
au profit de l'Empereur, oilt été plongés dans les prisons et finalement exilés.
Les autres étaient morts ou s'étaient ruinés par les sacrifices qu'il.s avaient faits
pour n'être pas compris dans le mémoire du fou-yuen Li. M. Vauquelin prétend
que les dettes des Chinois envers les Européens seulement, montaient à plus
de 6 millions de piastres dont 4 millions pour les Anglais, que Intchia et Coccia
dévoient des sommes immenses non seulement aux Européens, mais encore à
leurs fournisseurs chinois» ').
Dans une autre note relative à la mission du capitaine Pauton,
nous lisons:
«Le fou-yuen ou gouverneur de Canton, surpris de l'énormité des dettes
réclamées, ordonna aux Cohannistes, marchands qui commercent exclusivement
avec les Européens, de les liquider. On prétend qu'elles montèrent à 2 millions
de piastres ou 10.800.000 I. tournois. Il fut stipulé que le paiement en serait
fait en 10 ans et que le premier terme sei'ait acquitté en 1780.
«Cette opération fut faite secrètement entre les subrécargues anglais et
les Cohannistes. Il parait que pour effectuer les paiements il fut convenu que
les droits d'entrée et de sortie sur les marchandises seraient augmentés de 5 «/o
et que le produit de cette augmentation semit versé chaque année dans la
caisse des Anglais. Ainsi les nations étrangères qui font la moitié du commeixe
de Chine (les Anglais faisant seuls le surplus) paient dans le fait la moitié des
2 millions de piastres dues à la nation anglaise. On prétend même que les
1) Archives des Affaires étrangères. — Henri Cordier, La France eu CAime, ff. 293 — 4.
300 HENRI CO RDI ER.
nations étrangères paient la totalité, en ce que chaque année on restitue aux
subrécargues anglais ce qu'ils n'ont payé que fictivement pour les 5 '/o d'aug-
mentation, manoeuvre secrète que M. Haumont du Tertre assure avoir été dé-
couverte par le S. Febvre, négociant français» ').
En 1783, il était dû aux Français, suivant l'état de notre
vice-consul, Vieillard, 617,480 piastres qui à 5 .8 faisaient la somme
de 3.334.362^ ')
Nous imitâmes les Anglais et le Capitaine Pan ton, en envoyant
le Chevalier d'Entrecasteaux à Canton.
Noie sur le En 1779, le Commandant d'une frégate anglaise réclama, au nom du
ommeice e gouvernement le paiement des sommes dues aux négocians de sa nation. Le
gouvernement de Canton ordonna aux Hanistes de liquider leurs comptes.
Quelques uns assurent qu'ils se trouvèrent débiteurs de près de 2 millions
de piastres ou 10 millions de livres tournois, d'autres ont prétendu qu'il n'était
dû aux Anglais que environ 440.000 piastres, ou 2.370.000 livres. Dans tous
les cas, il parait certain qu'il fut convenu que la dette serait acquittée en dix
ans et on croit que les Chinois emploient à cet acquittement le produit des
impôts qu'ils lèvent sur les marchandises étrangères et dont ils ont augmenté
la masse.
A la fin de 1784, les nations se sont réunies pour faire au Gouvernement
de Canton des représentations sur les vexations que le commerce éprouvait et
les dettes qui n'étaient point acquittées. Ce gouvernement a fait sur l'article
des griefs des promesses vagues qui n'ont point été exécutées, et n'a rien ré-
pondu sur les dettes.
Un état que le Consul de France a envoyé au commencement de 1785
porte à 617,480 piastres ou 3,334,362 livres tournois les sommes dues aux
négociants français.
Il a paru que le même moyen qui a procuré aux Anglais la liquidation
et le recouvrement des sommes qui leur étaient dues pourrait être utilement
employé pour faire rentrer les créances des négociants français.
M. d'Entrecasteaux, commandant la station de l'Inde, pourrait se porter
à Canton avec un vaisseau et une corvette. Il prendrait à son arrivée des
éclaircissements précis sur ce qui s'est passé en 1779 entre le gouvernement
chinois et le commandant de la frégate anglaise. Il examinerait les titres des
1) Archives des Affaires étrangères. — Henri Cordier, La France en CAine,]}T^. 281— 8.
2) La France en Chine, p. 289.
1
LKS MAUCHANDS HAN18TK8 DB CANTON. 301
créances des négociants français pour vérifler si elles sont bien exigibles, ou si
ellçs ne sont pas formées par une accumulation d'intérêt sans mesure. Il con-
sulterait les personnes désintéressées sur le plus ou le moins de possibilité
d'amener le gouvernement do Canton à donner des ordres efficaces pour la
liquidation et le paiement de ces dettes, ainsi que sur les moyens les plus
convenables pour remplir cet objet. Il ne ferait surtout aucune démarche d'éclat
sans une sorte de certitude de succès. Il éviterait particulièrement tout ce qui
pourrait compromettre le pavillon du Roi et la nation en général, ou mener à
une interruption de commerce dont les inconvénients ne pourraient pas être
balancés par le recouvrement des dettes qui, par une liquidation raisonnable,
éprouveront sans doute une grande réduction.
Indépendamment du recouvrement des dettes considérables que réclament
les négociants français, l'apparition du pavillon du Roi dans ces mers ne pourra
qu'augmenter la considération dont la nation française ne jouit peut-être pas
à Canton au degré qui lui est dû. A cet égard, le succès dépendra de la bonne
conduite de M. d'Entrecasteaux, qui devra se régler sur les circonstances. Ce
commandant mérite par sa sagesse et par ses lumières toute la confiance
du Roi.
Cette expédition enfm peut être très utile par les connaissances nautiques
que M. d'Entrecasteaux pourra se procurer en suivant des instructions particulières
qui lui seront données. ')
Je reprendrai quelque jour l'histoire de la mission du chevalier
d'Entrecasteaux.
Canton, 6 Janvier 1781. Exécution
eTmm Fiançait.
Monseigneur *)
J'ai l'honneur de vous remettre ci-joint copie de la sentence de mort pro-
noncée par le Fou-yucn de Canton, contre le nommé Louis, matelot déserteur
du service de France depuis quatre années. Ce malheureux, pour se soustraire
au service des Anglais, avait déserté de leiire vaisseaux et s'était réfugié chez
un Chinois chez lequel demeurait le supercargue d'un vaisseau Portugais, qui
à cette époque était à Macao. Un moine portugais, fugitif de Goa, servait sur
le même vaisseau anglais en qualité de matelot depuis plusieui*s années. Soit
1) Archives des CJolonies: Chink, 1787—1803, No. 16.
2) Monseigneur de Sartine, Ministre et Secrétaire d'Etat. — Antoine R«imond Jean
Gualbert Gabriel de Sartine, né à Barcelone, le 13 juillet 1729; secretaire d'£tat au dé-
partement de la marine, 24 aoAt 1774; ministre d'Etat en 1776; f à Timgone, 7 sept
1801.
302 HENRI CORDIER.
.remords, soit désir de rejoindre sa patrie, il vint se présenter chez M. Miranda
pour prendre service sur son vaisseau: cet homme vint sur les minuit frapper
à la porte du nommé Louis, qui refusa d'ouvrir jusqu'à ce qu'il y fut forcé
par le bruit redoublé qui ne promettait de finir qu'à l'ouverture de sa chambre;
pour lors, le moine portugais accablant d'injures le nommé Louis, ce dernier
s'emporta, menaça le Portugais de le faire sortir; celui-ci, armé d'un couteau,
menace Louis, qui faisant peu de cas de ces menaces, voulait se contenter de
refermer sa porte. Le moine fond sur Louis, le blesse au côté et au visage,
menaçant de le tuer. Louis recourt à la même arme et tue raide le Portugais.
Le Chinois, propriétaire de la maison, chez lequel le meurtre s'était passé,
craignant les suites, avertit les mandarins. Le Chinois fut au préalable, con-
damné à douze mille piastres d'amende, le commerce interdit tant pour lui
que pour le vaisseau portugais; finalement, les Chinois, après avoir tiré du
Chinois trois mille piastres, demandèrent la représentation du meurtrier, qu'il
soit conduit à Macao pour être remis entre les mains du Sénat qui jugerait de
son innocence ou de son crime. Le nommé Louis fut remis sur la parole du
lieutenant de police, qu'il le ferait partir sous deux heures pour Macao: celui-ci
le traduisit devant le Fou-yuen, homme d'une violence enhardie par le despo-
tisme, qui, autorisé par les lois de ce pays, î'a condamné à mort et fait exé-
cuter, alléguant que les lois de l'Empire ne permettent point l'homicide, pas
même pour défendre sa vie.
Je ne ferai aucune réflexion. Monseigneur, sur un jugement aussi barbare
qu'absurde. La lecture de l'arrêt est plus que suffisante pour faire voir combien
nous avons à souffrir d'une nation, que quelques enthousiastes représentent
comme un modèle de sagesse, et qui, appréciée par des hommes plus amateurs
de la vérité que du merveilleux, n'est qu'un amas d'esclaves victimes d'un
despotisme intolérable à moins d'avoir sucé ses principes dès la plus tendre
enfance.
Je suis avec respect.
Monseigneur,
Votre très humble et très obéissant serviteur
Vauquelin. >)
Traduction d'un écrit du Tsong-tou des deux provinces Kouang-
Toung et Kouang-Si, appelé Kio-lo-pa, et du Fou-yuen de la pro-
vince de Kouaug-Touug, nommé Li (Il Dec. 1780).
La position de Canton facilitant le commerce à un grand nombre de
négociants de différentes nations, qui viennent conformément aux intentions et
1) Archives des Colonies: Chine, 1776—1782, No. 13.
J
LBS MARCHANDS HANISIICS DK CANTON. 808
à hl bienveillance de notre Empereur, il s'ensuit que dans cette multitude
d'Kuropéens, il se trouve des hommes de tous caractères, et il est immanquable
qu'il n'arrive quelques disputes et meurtres. L'homicide ne se pardonne jamais.
Si un Chinois est tué, il faut que le meurtrier subi.sse la punition conforme
aux lois de notre Souverain. Pour ce qui regarde l'homicide commis d'Européen
à Européen, nous pourrions ne pas nous en mMer; mais les Européens éloiRnés
de leur patrie, commeiçant ici sur notre terrain, n'ont point le pouvoir de
juger et remédier à de pareils cas. Si nous consentons à vous lais.ser l'homicide
pour le punir ou ne pas le punir à son arrivée en Europe, c'est dont nous ne
.sommes pas certain; dans la suite, plusieurs imiteront la même action. Les
divers Européens étant sur notre terrain, pourront opposer la force à ceux qui
en manquent, insulter ceux qui sont eu petit nombre, abuser de la position
critique d'un chacun et causer un affreux désordre; vouk autres, Messieurs, ne
seriez plus sûrs de votre personne, et seriez toujours inquiétés. Notre Empereur
est de même que tous les autres Souverains; il doit et veut entretenir le bon
ordre et la tranquillité parmi vous. C'est la raison que depuis longtemps les
anciens faits par nous jugés (au sujet des Européens qui ont commis un délit
sur notre terrain) l'ont toujours été suivant nos lois. Il faut que les Européens
des différentes nations craignent dans la suite à commettre un délit. Ceci est
dans l'intention d'agir pour le bien de chacun. Supposez l'homicide jugé suivant
les lois de vos royaumes, il serait sûrement puni de mort; serait-il possible
qu'on consente et qu'on approuve le délit de se nuire et de s'entredétruire?
Cette année, dans la dixième lune '), un matelot français nommé Louis
étant dans le hang Y-fhong *) a eu une dispute avec un matelot portugais
nommé Âguiera et Ta tué avec un couteau. Le premier supercargue portugais
a ci-devant présenté requête demandant qu'on lui laisse cet homme pour le
faire juger en Europe. Mais moi, Fou-yuen, je me sers de mon autorité privi-
légiée, je ne veux point consentir à ce qu'il retourne en Europe, et veux qu'il
soit puni sur le terrain de l'Empereur. Le nommé Louis étant remis au lieu-
tenant de police, pour attendre son jugement, je conçois que vous croyez nos
lois justes. Je charge le lieutenant de police de se conformer à nos lois, et j'en
avertis l'Empereur. Vous voyez mes volontés sur ce papier, que les hanistes
commerçant avec les Européens, avec les interprêtes, doivent vous expliquer et
afficher sur le terrain de l'Empereur que vous habitez.
Vous venez ici. Messieurs, de loin pour commercer et tâcher de vous faire
un bien-être; les gens qui vous sont subordonnés et les hommes à gages pour
le service de votre commerce, travaillent aussi pour gagner quelque chose.
Que chacun se tienne donc suivant son rang et sa qualité ; empêchez et mettez
1) Dans le mois de novembre 1780.
2) Maison du premier supercargue portugais.
304 HENRI CO E Ol ER.
ordre à ce que vos matelots et tous les gens à gages qui vous sont subordonnés
ne s'écartent pas de leur devoir, se soûlent, aillent se quereller et se disputer.
Les lois de notre Empereur sont très sévères; il n'y aura point de grâce pour
l'homicide; le criminel ne pourra ni se sauver ni i-etourner dans sa patrie. La
volonté de l'Empei'eur est de punir ces sortes de meurtriers qui troublent la
tranquillité des gens de bien. Conformez-vous, Messieurs et instruisez les gens
qui vous sont subordonnés, des lois qui sont ci-dessus mentionnées, pour que à
l'occasion, ils n'aient point à prendre une cause d'ignorance.
Le seize de la onzième lune de la quarante cinquième année du règne de
l'Empereur K'ien-Loung qui répond à la date du onze Décembre mil sept cent
quatre vingt.
Je, soussigné. Interprète pour le Roi en langue chinoise, certifie la traduction
çi-dessus fidèle, traduite verbo ad verbum sur l'original déposé aux Archives de
la Chancellerie. En foi de quoi, j'ai signé le présent à Canton en Chine, le cinq
janvier mil sept cent quatre vingt un.
Galbert. 1)
Conquêtes de C'est par l'intermédiaire des hanistes que la gravure des seize
Fien-Loung.
dessins du frère Attiret, de Jean Damascene, de Joseph Castiglione,
d'Ignace Sichelbarth, représentant les conquêtes de l'Empereur
K'ien-Loung, envoyés en Europe pour être gravés sous la direction
de C. N. Cochin fils, par Masquelier, Aliamet, Le Bas, Aug. de St.
Aubin, Née, B. L. Prévost, ChofiPard, N. de Launay, furent payés
ainsi qu'en témoigne l'intéressant document suivant. C'est par un
décret de la 30^ année de son règne, daté du 13 juillet 1765, que
K'ien-Loung avait donné l'ordre d'envoyer les dessins en Europe
pour être gravés par les plus célèbres artistes.
Billet d'obligation ^^^ [Fö taeu] ^).
P'an T'oung-wen et autres, marchands hannistes au Kouang-Toung 3), en
1) Archives des Colonies: Chine, 1776—1782, No, 13.
2) Ce document que j'ai examiné a été traduit et m'a été communiqué obligeamment
par M. Maurice Courant. Il porte le No. 5231 du Nouveau Fonds chinois dont M. Cou-
rant dresse le catalogue à la Bibliothèque nationale.
3) ^ m^ yaÉ '^ Kouang Toung Yang Hang ; >f^ , Hong en cantonnais.
LKS MARCHANDS HANISTES DK CANTON. 805
s'engageant publiquement fait une commande a Kan-tché-li ') et à Wou-kia-lang >),
chefs ') pour le royaume de France.
Nous avons reçu de LL. EE. le vice-roi et le surintondant des Douanes
communication d'un ordre impérial prescrivant de transmettre, pour les faire
graver sur cuivre, quatre dessins représentant les victoires remportées iora de
la soumission des tribus musulmanes de Dzoungarie. Avec bordereau ont été en-
voyés: le camp de Ngai-yu-chi-tcha, dessin original de Lang Chi-ning*), 1
feuille; A-eul-tch'ou-eul, dessin original de Wang Tché-tch'eng »), 1 feuille; le
peuple d'Ili faisant sa soumission, dessin original de Ngai K'i-mong'), i feuille;
K'ou-eul-raan, dessin original de Ngan Te-yi '), 1 feuille. En mftme temps ont
été envoyés deu.Y papiers en caractères barbares (fan) d'Italie ^) et deux papiers
en caractères barbares (fan) ayant coui*s dans tous les pays d'Occident. Ces
diverses pièces sont parvenues à notre comptoir, avec l'ordre transmis par les
autorités de traiter [cette affaire].
Maintenant nous remettons aux chefs Kau-tché-li et Wou-kia-lang l'en-
semble des quatre dessins originaux et des quatre papiers en caractères bar-
bares, pour que le tout soit porté par le vaisseau Po-yé ') en Votre pays et
qu'on prenne la peine de le remettre à la Compagnie '") ; celle-ci confiera les
pièces aux Ministres d'Etat de votre pays et les chargera de faire graver quatre
planches de cuivre avec une exactitude respectueuse, en se conformant aux
modèles et aux instructions contenues dans les documents en caractères bar-
bares. La gravure étant achevée, pour chaque planche on tii-era 200 exemplaires
sur bon papier résistant; soit en tout 800 feuilles, qui^ avec les planches de
cuivre, seront divisées [en deux lots] et chargées sur deux vaisseaux pour être
rapportées: chaque vaisseau devra porter 2 planches de cuivre et 100 exemplaires
de chaque gravure, soit en tout, 400 feuilles. Les quatre dessins oiiginaux en-
1) Pf '^Äffl-
^) ~rC EfiE Ta-jian, chef; en pidgin-englùh, /at-^a«, nom donné au chef et aux associé«
(l'uue maison de commerce.
' ^) P^ "jir m. Lan Chi-ning, Joseph Castiglione.
5) J ^ 1^ }Fai,g Tché-tcVeng.
6) }X Jg^ ^^ Ngai K'i-moug.
10) .^V ^^ *^ Kong pan yi.
806 H EN m CORDIKR.
voyés d'ici et les quatre documents en caractères barbares seront joints, et le
tout exactement devra arriver au Kouang-Toung environ dans la 33^ année *)
pour être remis aux autorités.
Maintenant on verse à l'avance 5000 taels d'argent hoâ-ptën^) à titre
d'arrhes. Si pour le prix du travail cela n'est pas suffisant, au jour de l'arrivée
des planches de cuivre, on complétera intégralement le prix. S'il y a quelque
accident de mer, le prix du travail et le fret seront portés au compte de notre
comptoir.
Ce billet d'obligation est dressé en deux exemplaires semblables, l'un est
remis au chef Kan-tché-li qui l'emportera dans son pays et s'y conformera,
l'autre est rerais au chef Wou-kia-lang résidant à Canton pour qu'il le conserve
comme preuve. Des deux parts, il n'y aura pas de négligence.
Cela est une affaire importante transmise par les autorités pour être traitée ;
il faut que la gravure soit très fine et conforme au modèle. Aussitôt [le travail]
fait, renvoyer le tout dans les délais; le plus tôt sera le mieux.
Ce billet d'obligation est remis à MM. les chefs Kan-tché-li et Wou-kia-lang.
K'ien-loung, 30^ année, lune, jour 1765.
[Signé par] P'an T'oung-wen '^§ |^ ^.
Yen T'aï-houo ^ ^ ^ .
Tch'en Kouang-chouen J^ ^ j|^ .
K'iEOU Yi-foung ^K ^g ^ä .
Ts-Âi Tsiu-foung ^ M W- .
Tch'en Youen-ts'iuen j® jjB ^ .
Ts'ai Fong-youen ^ j^ yj^ .
TcHANß Kiai-youen H^ ^^ »^ .
Tch'en Youen-lai |J^ |§ ^.
Ye Kouang-youen ^^ fê Y© .
Nombre des Le nombre des marchands hanistes a souvent varié; ou vieut
Ilanistes.
de voir qu'il était de dix en 1765; Souuerat (Voy., II, p. 10) n'en
comptait que sept.
En novembre 1807, lors de la visite de Renouard de Sainte-Croix,
il y avait à Canton douze marchands hanistes:
1) 1769.
2) :fg ^ ^ «a milled dollar" (Williams).
LES MARCHANDS HANISTKS DE CANTON. 807
«1. Panquekois: mandarin à bouton bleu foncé. Il ne fait plu« d'affaires;
mais il a toujours deux parts dans celles de la compagnie anglaise.
2. Maukois: idem, part dan.s la compagnie anglaise.
3. '('uNsÉQUOi.s: idem, c'est un des meilleurs.
4. NouYQU\: mandarin à bouton de cristal.
5. Ponqua: mandarin à bouton bleu clair; fait beaucoup d'aflaires, dans
ce moment surtout, avec les Américains.
6. Leyqua: mandarin à bouton de cristal de roche.
7. Cheonqua : idem.
8. Honqua; idem.
9. Puanqua: idem.
10. Manhop: mandarin à bouton d'or; il était autrefois soldat de mandarin.
H. LoKQUA : mandarin à bouton d'or.
42. Mansching: idem.y> ')
La onzième année Kia-K'ing (1806), le Hoppo Ti-Kiog présenta
au Trône un mémoire pour demander qu'un premier marchand fut
désigné pour diriger les affaires des hongs et qui serait, ainsi que
ses collègues, garant des nouveaux hanistes qui pourraient être
nommés. A la suite d'un mémoire du hoppo Yen-loung (9® année
Tao-Kouaug = 1829) le chiffre de treize hanistes fut atteint; ce
chiffre fut déclaré définitif par un mémoire des autorités de Canton,
de septembre 1837.
D'après The Auglo-Chii\ese Kalendar de 1838 ^), voici la liste des
hanistes au nombre de 11:
Noms d'origine. Noms de Hong. Noms officiels.
Howqua. Woohaou kwan Ewo hong Woo Shaouyung
MowQUA. Loomow kwan Kwonglei hong Loo Eekwang
PoNKHEquA. Pwan Chinwei Tuugfoo hong Pwan Shaou kwang
GoQUA. Seaygaou kwan Tung hing hong Seay Yewyin
KiNGQUA ') Leangkiug kwan Teenpaou hong Leang Ching-he
MiNGQUA. Pwanming kwan Chnngwo hong Pwan Wan-taou
1) Voy. aux Indes Orientais, III, p. 100.
1) Page 89. .
2) t 1837.
308 HENRI CORDIER.
Saüqua. Ma-sew kwan Shuntae hong Ma Tso-leang
PüNHOYQUA. Pwan hae kwan Yunwo hong Pwau Wan-hae
Samqua. Woo Shwang-kwang Tungshun hong Woo Teeu-yuen
Chingshing or
KWANQUA. I
TARquA. Ganchang hong YungYew-kwang
Footae houg E Yuen-chang
L'année précédente, 1837, il y avait 13 hanistes; aux précédents
il faut ajouter;
SuNSHiNG. Hengtae Hengtae hong Yen Ke-chang
LuHQUA. Tungchang hong Lo Fuh-tae
En 1836, il n'y avait que 11 hanistes comme en 1838, mais
SuNSHiNG existait au lieu de Takqua.
En 1835 et en 1834, il y a 12 hanistes:
En plus
Fatqua. Le fa kwan Man une hong Le Ying-kwei
SuNSHING.
PuKSUNE. Fuktsune hong Wang Ta-tung
En moins: Chingshing et Takqua.
Eu 1835, Fat-qua fut déclaré en faillite; il devait plus de
300.000 taels au gouvernement; le hong de Go-qua qui avait été
récemment fermé, fut rouvert sous le nom de Toung-hing, au lieu
de celui de Toung-yu; Punhoy-qua reprenait les affaires qu'il avait
un instant abandonnées *).
Montigny dans son Manuel du Négociant français en Chine,
publié en 1846, mais rédigé avec des documents recueillis pendant
la mission de M. de Lagrené, ne compte que les dix hanistes sui-
vants (p. 327):
1) Chinese Repository, III, p. 577.
,LKS MARCHANDS H.\NISTK8 DE CANTON. 309
HowQUA Wû-liiiii-kwiin J'ho-hiing Wii-shâuyung.
MowQUA Lti-rnau-kwdn Kwiingli-hilng Lii-kikwang.
PoNKHEQUA Pwiin-cliingwei Tung-fii-hiing Pwan-Bhaukwslng.
GoQUA Sié-Ngiiu-kwdn Tiing-liing-luing Si<''-yiijin.
KiNOQUA Liang-king-kwin Tien-pâii-hâng Liang-chinghi
MiNQQUA Pwiin-ming-kwiin Chnngho-hiing Pwan-wantau.
Saoqua Mii-sew-kwan Sliuntai-lidng Ma-tsolidng.
PuNHOYQUA Pwdn-hai-kwdn Jinho-hdng Pwdn-wanhai.
Samqua Wii-shwdng-kwdn Tiing-shun-lidng Wutienyden.
KwANSHiNG Yih-kwdn-kwdn Fiitdi-hdng Yih-yiienchdng.
A la fia de leur privilege, les principaux hanistes étaient Howqua,
Mowqua ') et Pwaukeiqua; le grand père de ce dernier avait été chef du
co-bang en 1785; il eut pour successeur Paequa qui au commencement
du XIX^ siècle fut remplacé par son frère Howqua qui resta chef jusqu'à
la fermeture définitive eu 1842.
Le privilège commercial de l'East-India Company à Canton cessa en
1833; la plupart des employés se retirèrent aux Indes, seuls George
Harvey Astell et Henry Matthew Clarke restèrent jusqu'en décembre
1839 pour liquider les afiarires de la Compagnie.
Après le départ de Canton de l'East-India Company, Howqua s'oc-
cupa exclusivement des affaires de la maison américaine Russell & Co.; il
était né en 1769 et il mourut, âgé de 74 ans, à Ho-nam, le 4 sept. 1843 *).
Il y a quelques années voulant compléter les renseignements que
j'avais recueillis sur les hanistes, je priai mon ami, M. C. Imbault-Huart,
consul de France à Canton, que j'ai eu le vif regret de perdre depuis,
de consulter de ma part le descendant de Howqua et de lui demander
ce qu'il savait de l'ancienne corporation.
M. Imbault-Huart eut la bonne fortune de faire la connaissance de
ce descendant, Wou Kin-tch'eug, '^ ^ |fi ( i^ ^^ > H»o Kouan,
Howqua) qui habitait à Ho-Nam, faubourg de Canton, la demeure de ses
aacêtres. Wou, avec la plus grande obligeance dressa la liste suivante,
en exprimant le désir qu'il fut fait mention que c'était grâce à lui qu'on
l'avait obtenue.
1) Mowqua moarat à Ho-Nam le 7 mai 1836. 8) Fankwae, p. 60.
310
HENRI CORDIER.
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Wou Toun-youen
P'an Tchen-tch'eng
Lu Wen-weï
Sie Yéou-jen
P'an Kouô-young
Wou T'ien-t'an
Yi Youen-tch'aug
Ma Tsô-léang
Léang King-kouô
Ts'aï Tche-wen
P'an Tcheug-wei
Leou Kia-ts'oung
Sié Kia-wou
famille et prénoms
(postnom).
M^âlMVflM-Èiil^^lilIii^
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Y-ho hang
T'oung-fou hang
Kouang-li hang
Toung-chiug hang
Tchoung-ho hang
T'oung-chouen hang
Fou-t'aï hang
Chouen-t'aï hang
T'ien-paô hang
Wan-ho hang
T'oung-wen hang
Toung-cheng hang
Toung-yu hang
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Wou Haô-kouan
P'an Kou-kouan
Lu Mao-kouau
Siè Ao-kouan
P'an Ming-kouan
Wou San-kouan
Yi Fou-t'aï
Ma Cheou-kouan
Léang King-kouan
Ts'aï Wen-kouan
P'an Kou-kouan
Leöu Tchang-kouan
Siè Ao-kouan
S"
r»-
M
S
-i .
3
O
5
LES MARCHANDS HANI8TK8 DK CANTON. 311
Sur les treize hanistes cités, douze sont de familles originaires
de lit proviuce du Fou-kien, d'où, à la foukienoise, leurs surnoms
se terminent par la syllabe ^^ kouan {qua)\ le septième de la liste
est le seul qui soit originaire du Kouang-Toung. Il est à remarquer
qu'à part Howqua et un ou deux autres descendants des hanistes,
tous les autres sont dans la plus grande misère: les grandes fortunes
amassées par leurs ancêtres ont été dissipées ou perdues dans de
mauvaises spéculations. La famille Howqua actuelle est bien déchue
de son ancienne splendeur, elle ne possède guère plus aujourd'hui,
dit-on, que cent mille dollars environ.
Samqua a été depuis tao-taï à Ghang-Haï ').
Les hanistes étaient aidés de «linguistes», interprètes désignés lAngmutei.
et autorisés par le hou-pou, conformément aux ordres de Pe-King.
Les linguistes ^ ^ t'oung ché étaient, écrit Montigny *): «les
intermédiaires obligés entre le marchand européen et la douane. Le
linguiste se charge d'obtenir le permis d'embarquement et de dé-
barquement des marchandises; il loue, pour Ces opérations, des
allèges et embarcations, surveille le transport des marchandises du
bord à terre et de terre à bord, etc. En un mot, l'habitude des
affaires, que possèdent les linguistes, les rend fort utiles aux Euro-
péens; on peut même généralement se fier à leur bonne foi, lors-
qu'ils ne sont pas eux-mêmes personnellement intéressés dans les
affaires qu'ils traitent avec le commerce. Depuis qu'il n'existe plus
de monopole eu Chine, le négociant européen a le droit de louer
lui-même toutes les embarcations ou allèges qu'il désire; mais, dans
son intérêt, il doit laisser ce soin à un linguiste, parceque celui-ci
ne prendra pas plus cher et sera responsable des marchandises,
qu'il surveillera d'ailleurs avec bien plus de soin que si elles étaient
confiées à des bateliers inconnus».
1) Voir mon Eût. du Relation» de la Chine, I, p. 159.
2) Mannel du Négociant françait, p. 397.
312 HENRI CORDIEK.
En 1834, il y avait six linguistes; *)
Désignation ordinaire. Nom de hong. Nom officiel.
Atom Foonwo Tsae-mow
Atung Uetloy Ho-hwuy
Akong, ou Young Tom Woshang Paou-leäng
Alantsei Chengwo Woo-tseäng
Aheen Unefoo Ho-pin
AcHow Cheongtoy Too-ching
En 1838, les deux derniers ont disparu et
Young Aheen , Shun wo Tsoytsung
figure dans V Anglo-Chinese Kalendar de cette année.
En 1845, Montigny donne une liste de 5 linguistes ^) compre-
nant Foonwo, Woshang, Chengwo, Shunwo, et
Apooy Tai-wo Liù-yung
Compradore. Le principal agent ou employé de la factorerie était le compradore,
du portugais comprar, comprador, acheter, acheteur; en chinois
^ ^ Mai pan. «Le compradore d'une maison se charge de pro-
curer tous les autres domestiques et répond de leur conduite; il
achète tous les approvisionnements, se charge des petites dépenses
de ménage, et fait, sous sa responsabilité, les paiemens et en-
caissemens» ').
Factoreries. Au sud de faubourgs trop peuplés, les factoreries au nombre de
treize, Che-san hang, -|- ^ ^ , étaient rangées, avec leurs façades
tournées vers le sud, dans l'ordre suivant, sur la rive gauche du
Ïchou-Kiang, en face de l'île de Ho-nam, |^ ^ , sur une longueur
d'environ 350 mètres:
1) The Angh-Chinese Kalendar for. . . 1834, p. 36.
2) P. 328.
3) Montigny, p. 328.
LBS MARCHANDS HANI8TBB DB CANTOK. * dl9
La première, ù l'ouest, était la factorerie danoiêe léparée de
New China Street par des boutiques chinoises; de l'autre côté de la
rue se trouvait la factorerie espagnole^ puis la factorerie française
lioiitrophe du liatig de Tchoung qua en bordure de Old China Street;
en face, sur cette même rue la factorerie américaine {Kouang-t/ouen'
hang) au coin de laquelle était un corps de garde avec une douzaine
de soldats chiuois, puis venaient les hang Paou-shan, Impérial
{Ma-ying hang), Suédois {Sut hang), la vieille factorerie anglaiie
{Lung-shun hang) et Chow Chow (Mélangée, Fung^tae hang) séparée
par une étroite ruelle, Hog Lane, bien nommée, des hautes murailles
de la nouvelle factorerie anglaise (Paou-ho hang) reconstruite après
l'incendie de 1822 qui détruisit presque toutes les factoreries,
voisine de la factorerie hollandaise {Tseih-e hang) et de la Criqité
{Creek ') factory, E-ho hang) ainsi nommée d'après une crique qui
longeait les murs de la ville dont elle formait jadis le fossé ouest
et qui déversait à cet endroit ses eaux dans la rivière. En tout 18
factoreries formant un square et derrière lesquelles courait de l'est
à l'ouest la Rue des Treize factoreries {Thirteen factory Street).
Devant la nouvelle factorerie anglaise et devant la factorerie hol-
landaise se trouvaient des terrasses dont les colonnes portaient pour la
première Pro Rege et Seuatu Angliae et la seconde Je maintiendrai.
A l'extrémité nord de Old China Street, s'élevaient sur la Rue
des Factoreries les beaux bâtiments d'architecture chinoise du
«Conseil des Factoreries étrangères» {Consoo House), propriété de
la collectivité des marchands hauistes qui étaient d'ailleurs proprié-
taires, principalement Howqua et Pouan Keiqua, des factoreries
qu'ils louaient aux étrangers à un prix modéré payable une fois
l'an; on pénétrait dans la Maison du Conseil par un escalier de
larges marches en granit et par de grandes portes eu bois de teck.
1) Montigoy (p. 474) qui a »ans doate la Oreti, dit qoe «lea Strängen rappellent la
factorerie preegw^A
28
314 ' HE^RI CO II DIB«.
«En payant une somme considérable», écrit Sonnerat, II, p. 15,
«il leur fut permis [aux étrangers] de bâtir la façade [de leurs hangs]
à leur manière, pourvu que l'intérieur fut à la Chinoise, comme il
l'est effectivement; chaque Nation a son pavillon devant sa loge,
non pas comme une marque de considération, mais comme une
enseigne qui la distingue des autres». En 1825, les pavillons
anglais, hollandais, américain et espagnol, étaient hissés tous les
jours devant les factoreries; le pavillon français, absent depuis
trente ans, fut hissé le 13 déc. 1832, pour marquer la résidence de
notre consul; notre commerce était alors insignifiant; la Suéde, le
Danemark et l'Empire (Autriche) avaient cessé tout commerce direct
avec Canton *).
Chaque factorerie se composait d'une série de bâtiments presque
tous de trois étages, placés les uns derrière les autres, séparés par
des cours, et numérotés 1, 2, 3, etc.; le rez-de-chaussée était con-
sacré aux bureaux, le premier aux salons de réception et le second
aux appartements privés.
Le Vendredi soir, l®'" novembre 1822, à 9 heures, un terrible
incendie détruisit avec un grand nombre de maisons indigènes les
hongs de Fatqua, Chunqua et Punkhequa ainsi que toutes les
factoreries étrangères à l'exception de celles du consul américain
(Wilcock), de M. Berry et d'une partie de celle de M. Magniac.
A la suite de l'attaque des forts de Canton par l'amiral anglais
Sir Michael Seymour, les Chinois, exaspérés, brûlèrent les factoreries
étrangères le 14 décembre 1856, à onze heures du soir; toutes fu-
rent détruites, sauf l'établissement anglais qui échappa à la ruine
commune.
Abolition du Le privilège des marchands hanistes fut définitivement aboli par
•ivilége.
l'article V du Traité signé par l'Angleterre à Nan-King, le 29 août 1842 :
1) Fan-kwae, p. 22.
LBfl MARCHANDS HANTOTES OB OANTOIf. 815
«The Government of China having compelled the British merchants tfoding
at Canton to deal exclnsivoly witli certain Chinese Merchants, called Ilong-
merchiints (or Co-hong), who had been licensed by the Chinese Government
for that purpose, the Emperor of China agrees to abolish that practice in
future at ail ports where British merchants may reside, and to permit them
to carry on their mercantile transactions with whatever persons they please;
and His Imperial Majesty further agrees to pay to the British Government the
sum of Three Millions of Dollars, on account of debts due to British subjects
by some of the said Hong-merchants, or Co-hong, who have become insolvent,
and who owe very large sums of money to subjects of Her Britannic Majesty.»
VARIÉTÉS.
— >-«3aa(XVK2>» —
XIIP CONGRÈS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES
HAMBOURG (4— 10 SEPT. 1902).
Lors du Congrès de Rome en 1899,
Hambourg avait été choisi comme le lieu
de la pi'ochaine réunion ; on pouvait se
demander ce que serait un congrès scien-
tifique dans un grand port de commerce,
n'ayant pas d'université, et n'ayant au-
cun Orientaliste dont le renom devait
nécessairement faire graviter de nom-
breux disciples autour de lui. L'expérience
a été faite et elle a pleinement réu.ssi :
le Congrès de Hambourg a eu le plus vif
succès, grâce à ses deux bourgmestres,
les Drs. Mönckeberg et Burchard, à son
Président, M. le Dr. Senior D. Behrmann,
pasteur de l'Eglise St. Michel, à son
Secrétaire-général, M. leDr.F.SiEVEKiNG,
et aux membres de son Comité d'Organi-
sation, MM. les Drs. Ch. Bottler et Max
Schramm, en particulier.
Des délégués avaient été envoyés par
presque tous les gouvernements étrangers
et par un grand nombre de sociétés sa-
vantes. J'avais l'honneur de repré.senter
le Ministère de l'Instruction Publique et
des Beaux- Arts et la Société de Géogra-
phie; M. Jules Oppert avait été délégué
par la Société Asiatique, et mon collègue,
M. Clément Huart, par l'Ecole des Lan-
gues Orientales. On retrouvait les figures
amies ou familières de MM. Vilh. Thom-
sen et Valdemar Schmidt, de Copenhague;
le Comte Carlo Landberg, de Suède; le
Prof. Radlolf, de St. Pétersbourg, tou-
jours actif; le Prof 0. Donner, de
Helsingfors; le Prof M. J. de Goeje, de
Leyde; les Prof Leo Rheinisch, Jo-sef
Karaba6ek et Leopold von Schroeder, de
Vienne; les Prof E. G. Browne, Cecil
Bendall et H. A. Giles, de Cambridge;
le Prof A. A. Macdonnell, d'Oxford ; Sir
Raymond West, le Prof T. W. Rhys
Davids, le Dr. Gaster, de la Royal Asiatic
Society ; le Dr. James Burgess, d'Edim-
bourg; le Prof R. K. Douglas, de l'Uni-
versité de Londres et du British Museum;
Sir Charles J. Lyall, de l'Inde; Dr. M. A.
Stein, de l'Indian Educational Service;
M. René Basset, d'Alger; les Prof Angelo
de Gubernatis, Comte F. Lorenzo Pullé,
et I. Guidi, MM. Edouard Naville et
Montet, de Genève; M. Arthur Diôsy,
de la Japan Society ; les Prof Emil
Kautz.sch, de Halle, Kuhn, Krumbacher
et Hirth, de Munich, Windisch, de la
Deutsche Morg. Gesellschaft, le Conseiller
de Légation, Dr. G. Rosen, le vétéran de
Strasbourg, le Prof Nöldeke; le Prof
J. Lieblein, de Christiania ; M. Francisco
del Paso y Troncoso, conservateur du
Musée de Mexico; M. A. Foucher, de
l'Ecole des Hautes Etudes, de Paris, et
M. Victor Loret, de l'Université de Lyon;
les Prof I. Goldzilier, de Budapest ; C.
Solemann, de St. Pétersbourg: Miss Eliza
Seid more, de Washington; le Prof A. V.
Williams Jackson, de l'American Oriental
Society, etc , etc.
M. le Dr. Senior D. Behrmann a publié
à l'occasion du congrès un petit livre
Hamburgs Orientalisten d'où il ressort
que le grand port allemand a eu sa part
dans le mouvement des études orientales.
Diverses brochures étaient remises aux
Congressistes à leur arrivée: Un Guide
de Hambourg, dédié au Public voyageur
par la Verein zur Förderung des Frem-
den-Verkers in Hamburg: de son côté,
l'impriraerieorientaledeM.W.DRUQULiN,
Varietes.
317
à Leipzip, avait olVeit uii élépant Vade-
mecurn à Ilambuurg. — Les Dames
recevaient un carnet indiquant les diti-
tractions oif?anisées pour elles (tendant
les s(^anc.es. — Et comme un praiid port
ne perd jamais ses droits, notons iiiiejolie
brocliure illustrée Hambur(fs Ithcderei
und die Levante im 19. Jahrhundert.
* #
A l'occasion du Congrès, la Bibliothè-
que de la Ville avait organisé une expo-
sition et autographié un catalogue dont
nous tirons les renseignements suivants:
Les manuscrits orientaux de la Biblio-
thèque de la Ville de Hambourg, dont un
certain nombre a été exposé à l'occasion
du Congrès international des Orientalis-
tes, se composent de 330 numéros, sans
parler des 355 appartenant au domaine
de la philologie hébraïque dont le cata-
logue a paru en 1878. Sur ces 330 numé-
l'os, la moitié est arabe, un quart per.san,
un dixième turc, le reste comprend les
manuscrits divers en plusde vingt langues
différentes.
Les deux tiers de cette collection pro
viennent avant tout d'une ancienne
bibliothèque unique, celle des deux frères
Wolf.
Le frère aine était le célèbre orient-
aliste Jean Christophe Wolf, né le 21 Fé-
vrier 1683 à Vernigerode, nommé en
1712 professeur des langues orientales
au Gymnase Académique de Hambourg,
qui fut choisi en 1716 comme pasteur en
chef de Sainte Catherine et mourut le
25 Juillet 1739. Le plus jeune, né le 10
avril 1689, était professeur de physique
et de poésie au Gymnase Académique ;
devenu en 1716 administrateur de la
Bibliothèque de la Ville, il s'éteignit le
9 février 1770. Tous deux ont laissé à
cette môme Bibliothèque leurs collections
considérables.
Jean Christophe Wolf avait acquis ses
manuscrits orientaux presque tous hé-
braïques d'une seule source, il avait
acheté en 1732 la collection de plus de
150 pièces la plupait arabes et persanes,
qui avaient appartenu à Joachim Mor-
genweg et avant lui à Abraham Hinckel-
mann.
Abraham Hinckelmann, né le 2 Mai
1652 à Döbeln, en Saxe, était en 1688
pasteur en chef de Ste Catherine et
mourut le 11 Février 1695. Son riche
trésor de manuscrits lui était venu de
plusieurs côtés; il Tavaitacquis, à diffé-
rentes reprises, — ainKÏ qu'on |ieuts'en
rendre compte par dos note» marnes dans
ces nmnu.scrits — de ilolhindaiK. qui eux»
mômes les avaient rapportés d'Orient.
Joachim Morgenweg, pasteur de l'or-
phelinat de Hambourg, mort en 1730,
avait encore augmenté la collection de
Hinckelmann de quelques numéros.
Au legs de son frère, le plus jeune
Wolf avait ajouté environ 50 manuscrits
orientaux, dunt il s'était rendu acquéreur
en 1749 de l'héritage du bibliophile
Zacharie Conrad de Offenbach, mort à
Francfort en 1734.
Auprès du contingent laissé par les
frères Wolf, les contributions des autres
donateurs sont très faibles en proportion ;
il faut cependant nommer Jean Frédéric
Winckler qui mourut en 1738, pasteur
en chef de St. Nicolai. Il avait possédé
un certain nombre de manuscrits arabes,
persans, turcs et éthiopiens; mais ceux-
ci, qui lui venaient de Job Ludolf, il les
avait laissés à Morgenweg.
La Bibliothèque hérita également de
quelques manuscrits do Paul Schaflhau
sen, mort en 1761 professeur au Gym-
nase Académique et second bibliothécaire,
et en 1871 de quelques-uns venant du
Surintendant général Adler, du Slesvig.
En 1885, il lui futremi8l5 manuscrits,
dont onze sont tmcs, provenant de l'héri-
tage du Dr. Andreas David Mordtmann,
le même qui en 1841, avait fait le cata-
logue des manuscrits orientaux, encore
en usage à la Bibliothèque de la Ville de
Hambourg. Les numéros 280 et 281 du
catalogue Mordtmann ont été décrits en
1851 d'une façon plus exacte par le prof.
Théodore Aufrecht.
• *
Parmi les ouvrages présentés au Con-
grès, notons : le 3* fascicule du Vol. I,
El Teatro de la Bibliofheat Nàuatl qui
renferme la Comedia de los Reyes, écrite
en mexicain au commencement du XVII*
siècle par Agustin de la Fuente et tra-
duite de l'espagnol par le savant direc-
teur du Musée National de Mexico, Don
Francisco del Paso y Tronco.*^o; le4'làsr.
l'enfermera la Deslrucciôn de Jerusalén
et le 5*, la deuxième édition de la
Invenciôn de la Santa Cruz por Santa
Elena, dont la première édition publiée
il y a douze ans par Don Francisco n'a
été tirée qu à 50 exemplaires. — Une
brochure publiée à l'occasion du Conines
; par la Deutach-japaniacher Gexlbchaß
318
VARIETES.
(Wa-Doku-Kai) de Berlin; elle con-
tient les travaux suivants: Schun-izu's
( ^i -^ ) Stellung in der Geschichte
der chinesischen Philosophie par le
Prof. U. Hattori; une lettre (en portu-
gais) de Fernao Mendez Pinto, publiée
par le Dr. 0. Nachod ; Recht und Sprache
in Japan, par le Dr. en droit Paul Brtjun;
Traumdeutung in Japan, par S. Iwaya
de Tokio. — La Revue orientale {Keleti
Szemle) rédigée à Budapest par les Drs.
Igndcz Ki'iNOS et Bernât MuNKacsi a
imprimé d'avance dans son no. 2 — 3 de
4902 la communication faite au Congrès
par le Dr. Kurakichi Shiratori, Prof, à
Tokio : Beitrag zur Geschichte und
Sprache des Centralasiatischen Wusun-
Stammes. — Signaions aussi la revue
publiée à Helsingfors par les Prof. E. N.
SETäLä et Kaarle Krohn, Fimiisch-
Ugrische Forschungen, qui a débuté en
1901. — Beschreibung einiger Schädel
aus Turkestan, par M. G. Retzius, de
Stockholm, qui est un tirage à part de
AlterfhiJmer aus dem Thaïe des Talas
in Turkestan, publication de la Société
Finno-Ougrienne, de Helsingfors. —
Ost-Asien, la première revue mensuelle
publiée en Europe (Berlin) par les Japo-
nais ; en sept. 1902, paraissait son no. 54;
rédigée en allemand, elle est dans la
cinquième année de son existence. —
Le Dr. Fried. Hirth a distribué son
système de transcription du chinois :
Tabelle für die Umschreibung chinesi-
scher Schriftzeichen in dem für Schrift-
zwecke modifizierten Dialekt vonPeking;
nous y reviendrons dansnotre 'Sommaire
des Etudes chinoises'. — Miss Eliza Ru-
hamah Scidmore a distribué un char-
mant guide illustré dont elle est l'auteur,
Westward to the Far Fast, publié par la
'Canadian Pacific Railway Co. 'qui a at-
teint sa dixième édition en 1902.
M. le Dr. Justus Brinkmann a fait
distribuer le catalogue rédigé par M.
Shinkichi Hara de la belle collection des
objets d'arts japonais du Hamburgisches
Museum für Kunst und Geioerbe: Die
Meisler der Japanischen Schwertziera-
thcn von Shinkichi Hara Fingeleilcl von
Justus Br.iNCKMANN, Hamburg, 1902.
Nous en extrayons les renseignements
suivants sur l'origine de cette collection :
L'Exposition universelle de Vienne en
1873, sur laquelle les Hambourgeois
comptaient pour fonder la collection
japonaise de leur Musée des Arts et
Métiers, ne leur donna aucune occasion
d'acheter des gardes et des ornements
d'épée japonais. Ce ne fut qu'après 1876,
époque à laquelle défense fut faite de
porter l'épée, que les épées japonaises et
leurs accessoires ai-rivèrent en grand
nombre en Europe. Les premiers achats
se firent au début de 1880 par l'inter-
médiaire du magasin d'objets d'art, R.
Wagner, de Berlin, dont le propriétaire,
M. Hermann Paechter, mort depuis peu,
eut dans la suite le grand mérite de
fournir aux collections allemandes les
antiquités japonaises. Un séjour du Di-
recteur du Musée à Paris lui ouvrit, dans
l'automne de l'année 1883, le marché
jusqu'alors le plus considérable des objets
d'art japonais. L'établissement de M.
Bing offrait, à côté d'autres branches de
commerce, un choix immensément riche
d'ornements d'épées. La collection per-
sonnelle de M. Bing facilitait l'étude de
ces derniers, alors que les Musées publics
de Paris ne collectionnaient pas encore
d'antiquités japonaises. Dans cette cir-
constance, M. Tadamasa Hayashi se
révéla comme un conseiller expert pour
le déchiffrement du nom des artistes et
l'explication des descriptions sur les gar-
des d'épée, le même, qui plus tard, lors-
que M. Bing quitta son commerce japo-
nais, pour se consacrer entièrement à
«l'Art nouveau» devint le conseiller du
collectionneur parisien, et termina bril-
lamment sa carrière en France comme
Commissaire général du Gouvernement
Impérial Japonais à l'Exposition de 1900.
*
* *
Une réunion préliminaire du Congrès
a eu lieu le jeudi soir 4 sept, dans le
'Concerthaus Hamburg' (jadis Ludwig)
St. Pauli, où sesont d'ailleurs tenues les
séances d'ouverture et de clôture. Le
congrès a été ouvert solennellement le
vendredi matin 5, à 10 h. Notons le soir
du même jour, une splendide réception
dans le nouvel et somptueux hôtel de ville
où les deux bourgmestres ont rivalisé
d'amabilité; le samedi soir, une repré-
sentation de gala a été donnée au Stadt-
Theater; on a joué la Valkyrie. Le di-
manche, nous nous sommes rendus à Cux-
haven, à l'embouchure de l'Elbe, point
de départ des grands transatlantiques.
Le mardi, 9, une fête vénitienne splendide
a eu lieu sur les bassins de l'Alster. —
Un banquet d'environ 700 couverts a clos
VMlll-rTKS.
319
le Congrès; il a eu lieu le Meicredi 10
sept, dans la jurande salle du Jardin
Zooloj^ique, kous la présidoiiccidn [nvuiier
Mourjîrnestie ; do nombreux <liscours ont
été iirononcés, et M. ReneJUssKT a invité
les personnes présentes à assister au 1-i»
Congrès des Orientalistes qui aura lieu à
Alger en 1905.
Cette tête a terminé brillamment une
réunion scientifique qui a eu, grùce à ses
organisateurs, le plus vif succès.
#
* *
L'Asie centrale et orientale qui for-
mait la 4* section a composé son bureau
de la manière suivante: Présidents: M.
le Dr. Friedrich IIirth, de Munich, et
M. le Dr. Vilh. Thomsen, de Copenhague:
Vice-Présidents: MM. Henri Cordier, de
Paris, Herbert A. Giles, de Cambridge,
et Robert K. Dougî-as, de Londres;
Secrétaires: MM. le Dr. 0. Franke, de
Dresde, le Dr. L KiîNos, de Hudapest,
le Prof Shiratori et Miss R. Sciumore.
Dans la séance de l'après-midi du 5
sept., M. le Dr. Hirth dépose la Table de
son système de tran.scription allemande
pour les mots chinois dans le dialecte de
Pé-King et l'explique (voir çi-de.ssus).
Dans cette séance du 5 Septeujbre,
malgré l'opposition de MM. H. A Giles
et Henri Cordier, M. Martin-Fortris
avait fait adopter par la 4* section, Asie
centrale et OnVutoic, la proposition sui-
vante relative à la transcription des sons
chinois :
«Le Xni* Congrès des Orientalistes a dans
sa séance de clôture adopté le voeu suivant :
La 4« Section (Chine, Japon et Corée) du
Xin® Congrès international des Orientalistes
émet le voeu que chaque pays fixe un système
unique et oflioiel de transcriptions de» bods
chinois, ces différentes transcriptions seront
recueillies dans un manuel international.
Afin que ce voeu ne restftt pas stérile, le
comité organisateur du Congrès de Hambourg
a fait imprimer en même temps que le Bulletin
No. 4, le Tableau des sons mandarins des
caractères chinois.
Ce tableau comprend trois colonnes:
La 1*" est affectée am sons mandarins tels
que Wells Williams les écrit; la 2*"' aux
mêmes sons orthogra|)hids suivant le système
de la Commission internationale de 1S97; la
'i''"" enfin, laissée en blanc, est destinée à
recevoir les équivalents officiels dont chaque
Gouvernement aura fait choix pour représenter
let toni mentionné« dam le« deui autre» oo>
lonnea.
Il appartient maintenant à la 4* «ection de
décider s'il convient de permettre au Comité'
de poursuivre l'exécution de l'oeuvre commen-
cée en lui donnant mandat d'adresser à chacun
de« Gouvernements intéressés un exemplaire
du Tableau qu'il a fait imprimer avec prière
d en remplir la 3" colonne et de le retourner
ensuite au Secrétaire de la Commission inter-
nationale».
Sur les observations de M. W. Radloff,
fa commission supérieure du Congrès a
écarté cette proposition par i'À voix
contre 10. Les gouvernements ont déjà
été avisés de la première proposition
faite à Rome; il était donc {»rfuitoment
inutile de les déranger une seconde fois
pour une question d'ordre scientiflque.
Le 6 sept., dans la deuxième séance
de la section, les mémoires suivants ont
été lus: liber den Rhythmus der türki'
sehen Spracheti^ par le Prof KÜNOs, de
Budapest; Über die Hunnen frar/e, par
le Prof RâLiNT, de Klausenburg; une
discu.5sion a eu lieu à la suite de cette
dernière lecture entre le Prof Bälint et
le Prof HiRTH, dont on connaît le beau
travail sur la langue d'Attila; Über die
wichtir/sten chinesischen Beformachrif-
ten vom Ende des 19. Jahrhunderts, par
le Dr. 0. Franke^ de Dresde; à la suite
d'une discussion à laquelle prennent part
le Prof Hirth et M. A. Diôsv, la résolu-
tion suivante est adoptée:
En considération de l'importance actuelle da
Mémoire de M. le Dr. Franke, une rapide im-
pression de ce dernier est souhaitée.
Dans la séance de l'après-midi du 8
Septembre les trois mémoires suivants
ont été lus: On a recent attempt for
oriental researches in Japan par le Dr.
Sawayanagi, de Tokio; On the Historio-
graphical Institute in the Imperial
University of Tokyo; with explanations
of some typical materials, l>oth oriyinal
and p/jo/o</rop/iic,parleProf 8. MiKAMi,
de Tokio ; Les Saintes instructions de
l'KmiH'reur Homf-ou (1368—1398) du
Prof E. Chavannes, de Paris, lu par
M. A. Fouchek.
Nous croyons utile de donner le pros-
pectus des ouvrages japonais suivants :
320
VARIETES.
NOTIFICATION.
Depuis plusieurs années, l'Université impériale de Tokyo, Japon, s'est occupée
de ramasser et de compiler des matériaux, dans le but de publier deux ouvrages
d'importance: le Dai-Nippon Komonjo^ ou «Documents de l'Empire du Japon»,
et le Dai-Nippon Shiryd, ou «Matériaux relatifs à l'histoire du Japon». A pré-
sent, l'Université est à même d'annoncer que ces deux ouvrages sont en cours
de publication. Les remarques suivantes permettront de se faire une idée de
leur contenu et de la valeur que les historiens pourront leur attribuer.
I. DAI-NfPPON KOMONJO.
Cet ouvrage offre la collection complète des documents les plus divers actuelle-
ment possédés par l'Empire du Japon, depuis les décrets impériaux jusqu'aux
simples certificats et aux lettres privées Les documents les plus anciens datent
du huitième siècle de l'ère chrétienne, et les plus récents, du milieu du dix-
neuvième. Tous ces documents ont été rangés dans l'ordre chronologique. Ils
seront reproduits à l'aide des caractères ordinaires d'imprimerie, à l'exception
toutefois de quelques documents plus importants et particulièrement intéressants
qui seront reproduits en fac-similé lithographiques, avec une légère réduction
de l'original pour quelques-uns.
L'ouvrage complet se composera d'environ 200 volumes dont chacun com-
prendra environ 600 pages; on publiera chaque année de 2 à 5 volumes. Le prix
de chaque volume sera de 3 yen (= 7 fr. 65 c), frais de poste non compris.
II. DAI-NIPPON SHIRYÔ.
Cet ouvi'age contiendra une gi'ande variété de matériaux l'elatifs à l'histoire
de l'Empire du Japon, archives de tous genres, agendas, documents civils et autres,
embrassant une période de neuf cent quatre-vingt et une années, de 887 a.D.
à 1868, époque de la Restauration. Tous les matériaux seront disposés dans
l'ordre chronologique, suivant un plan très simple et tiès commode. Chaque
événement important s'y trouvera raconté brièvement à la date où il s'est
produit, et immédiatement après, on donneia groupés par ordre, tous les ma-
tériaux relatifs à cet événement.
L'ouvrage complet se composera d'environ 300 volumes dont chacun com-
prendra environ 1000 pages; on publiera chaque année de 4 à 10 volumes. Le
prix de chaque volume sera de 4 yen (= 10 fr. 20 c.) frais de poste non compris.
Les amateurs sont priés d'adresser leurs demandes, jusqu'à la fin de décembre
1902, et ensuite leurs souscriptions à M.
H. YOSHIKAWA. \
Dai-Nippon Tosho Kwaisha. | Éditeurs.
FUSANBO. '
Tokyo, Japon.
Mars, 1901.
La séance de la Section de l'Inde à la-
quelle s'était jointe la section de l'Asie
centrale et orientale a été particulière-
ment intéressante le 6 septembre.
Après que M. A. Foucher eut fait
une communication sur l'Ecole française
«Der XIII. Internationale Orientalisten-
Koiigress gestattet sich, der Regierung von
Indochina seinen ehrerbietigen Dank für die
Förderung auszusprechen, welche die Regie-,
rang durch die Begründung der Ecole d'Ex-
trême Orient den orientalischen Studien hat
Zuteil werden lassen. Der Kongress hat die
Ehre, die Regierung zu den schon erreichten
d'Extrême-Orient dont il est Directeur- wichtigen Erfolgen jener Anstalt angelegent-
adjoint, M. le Prof. Oldenberg fit la | ^'"^^^ ^"^ beglückwünschen»,
proposition suivante appuyée par M. le ' La communication la plus importante
Prof. Rhys Davids: , qui ait été faite au Congrès est celle du
J
VARIKTKS.
821
Dr. M.. A. 3tk!N devant los sections de
l'Inde et de l'Extrôtne-Orient. Cliar^é en
juin 1900, pur le Gouvernement de l'Inde,
de faire pondant un an des recherches
archéulogiquas dans leTurkestan Chinois
et en particulier dans la région de Khotan,
le Dr. Stein a raconté son voyage et ex-
posé ses découvertes lemarquables. Nous
renvoyons en attendant la publication
en volume de ses explorations à son
Preliminary Report on a Journey of
Arc hœo logical and Topographical Ex-
ploration in Chinese Turkestan, London,
1901, in-4.
Après cette importantecommunication,
M. Henri Cordier fit ressortir les mérites
du Dl'. M. A. Stein comme archéologue et
comme explorateur et fit la proposition
suivante appuyée par M. le Prof. A. A.
Macdonnell, d'Oxford :
«The Combined Indian, Central Asian, and
Far Eastern sections of the Xlllth Inter-
national Congress of Orientalists held at Ham-
burg beg to express their thanks to His Ex-
cellency the Viceroy and the Government of
India for the great encouragement they have
extended to Oriental learning and research by
granting to Dr. M. A. Stein the necessary
leisure and means for the prosecution of hit
. recent expirations in Eastern Turkestan. The
thanks of the Xlllth International Congress
of Orientalists are equally to be conveyed to
Mr. G. Macartney, C. L. E., the political
representative of the Government of India at
Kashgar, and to the Mandarins Pan-Dauin
and Kuan Ualoi, of the Provincial Govern-
ment of Chinese Turkestan, for the very
effective help they had given to Dr Stein in the
coarse of his archaeological and geographical
explorations about Khotan^ as well as to Mr.
Petbovsky, the Imperial Consul-General of
Russia, at Kashgar for the valuable assistance
rendered by him towards the safe transport
of Dr. Stein's collection of antiquities from
Turkestan to Europe. They desire at the same
time to express their appreciation of the highly
important results which have rewarded the
labours of the scholar selected by the Govern-
ment of India and which represent an ample
return for the outlay incurred, owing to the
practical nature of the operations conducted
by him. They would also venture to express
the hope that facilities will be given to him
for completing the publication and elaboration
of the results obtained, and that the Govern-
ment will be pleased to sanction any necessary
extension for this purpose of Dr. STtin's present
deputation. Finnlly they venture to express the
hope that, when circumstances permit, the
interests of archaeological research will be
allowed to benefit by Dr. Stkin's special
experience aud previous knowledge, which are
likely to facilitate considerably the farther
explorations which it it do»irable should be
entrusted to him in the interests of India».
Les propositions des Prof. Oldenberg
et Cordier ont été également adoptées en
séance plénière du Congrès.
Après des débats fort animés, la pro-
position suivante de M. Edouard Navii.i.e,
de Genève, relative à la ptiblication future
des Actes des Congrès des Orientalistes,
a été adoptée à une grande majorit«'-
dans la séance plénière du mercredi 10
septembre; ceux qui ont eu la tâche de
publier ces Actes dans les Congrès précé-
dents apprécieront toute l'iroporlance de
la proposition:
«Considérant en première ligne, qu'il résulte
de l'expe'rience des congrès précédents que la
publication in extenso des travaux présentés ne
peut avoir lieu qu'après un délai prolongé,
au point que dans l'intervalle le contenu de
plusieurs travaux a été dépassé par les progrès
de la science.
Considérant en outre, qu'il n'est pas difficile
de trouver pour l'impression de chaque tr::vail
une revue spéciale on tel autre organe de
publication où il sera accessible aux personnes
que ce travail intéresse,
La Réunion plénière du X 111« Congrès des
Orientalistes décide de renoncer à la publication
in extenso des travaux présentés an Congres.
Le comité directeur de Hambourg est
chargé de publier dans le délai de six
mois la substance d<!S mémoires et
communications verbales dont an ré-
sumé aura été envoyé au secrétaire
général dans le délai d'un mois après
la clôture du Congrès. La longueur
moyenne de ces résumés doit être
autant que possible d'une on deux pages
imprimées du format des bulletins.
Le Congrès prie le bureau de la Société
Orientale allemande de prêter son con-
cours au Comité de Hambourg pour
cette publication».
Sur la proposition de M. le Comte
Angelo de Gubernatis il a été décidé
qu'il serait C\éé un Bureau central per-
manent du Congre:}, dont le siège serait
à Londies dans les bureaux de la Royal
Asiatic Society qui recevrait les Archives:
M. le Prof. Rhys Davids, Secrétaire de
cette Société, demandera à son Conseil
l'autorisation nécessaire.
322
VA KI ETES.
Lors du Congrès de Rome en 1899,
une commission internationale avait été
désignée pour constituer une société
pour l'exploration de l'Asie Centrale
et Orientale; St. Pétersbourg avait été
choisi comme siège central de l'Asfjo-
ciation sous la direction de MM. Radloff
et Oldenburg. (Voir T'^oung-Pao, Dec.
4899, p. 480).
A la suite d'une réunion préparatoire,
le projet suivant de M. Radloff a été
adopté à la séance plénière de 10 septem-
bre 1902:
PROJET
DE L'aS.SOCIATION INTERNATIONALE
pour l'Exploration historique, archéologique, linguistique et ethno-
graphique de l'Asie Centrale et de l'Extrême Orient.
II.
I. Conformément à la décision du XII* Congrès International des Orientalistes,
il sera fondé une association internationale qui auia pour but d'explorer
l'Asie Centrale et l'Exti'ême Orient au point de vue de l'Histoire, de
l'Archéologie, de la Linguistique et de l'Ethnographie de ces contrées.
L'Association aura pour but:
a) de travailler autant que possible à l'exploration des monuments maté-
riels ainsi qu'à la recherche et à l'étude des documents d'ordre scien-
tifique conservés jusqu'à présent dans ces pays.
b) de décider par des efforts communs et par voie de communications
constantes avec les personnes compétentes demeurant dans ces contrées
et avec les établissements scientifiques, quels sont les monuments qu'il
importe d'examiner en premier et de déterminer quelles sont les peu-
plades qui demandent au point de vue de l'Ethnographie et de la
Linguistique une enquête immédiate pour être conservées à |a science.
c) de faire des démarches auprès des Gouvernements intéressés pour at-
tirer leur bienveillante attention sur la conservation des monuments
qui sont menacés d'une disparition imminente, soit par le temps, soit
par la main de l'homme.
d) de joindre à l'examen des monuments et des races, des projets pour
une exploration consciencieuse et pour l'étude des questions relatives à
l'ensemble de ces peuples.
e) de faciliter aux savants de toutes les nationalités les moyens de parti-
ciper à ces travaux.
III. Pour atteindre ce but, des comités indépendants Seront formés dans tous
les pays qui feront partie de l'Association.
IV. Jusqu'à la fondation de ces comités nationaux, le Congrès désignera des
personnes qui pourront être considérées comme les représentants de ces
divers pays et auxquelles sera confié le soin de former les comités locaux.
V. Le Comité Central de l'Association sera le Comité Russe, siégeant à Saint-
Pétersbourg. Les Comités locaux ou les personnes désignées à cet effet seront
de droit membres correspondants du Comité Central, et pourront assister
à ses déhbérations pendant leurs séjours à Saint-Pétersbourg.
La Composition du Comité Central et son Organisation devront être con-
firmées par une décision Impériale.
Les attributions du Comité Central sont les suivantes:
a) Rester en communication constante avec les savants résidant dans les
pays appartenant à la sphère des études de l'Association, ainsi qu'avec
les établissements scientifiques, de façon à former ainsi un centre de
tous les renseignements qui intéressent l'Association.
b) Servir d'intermédiaire entre les Gouvernements intéressés et les érudits
des différents pays pour obtenir toutes les autorisations ou facilités né-
cessaires aux explorations scientifiques et à l'exécution de fouilles sur
les territoires des différents pays.
VI
VII
VARIETES.
828
(•) Recommander les hommes spéciaux pour les expéditionn, quand une
demande à cet el!et lui sera adressée,
d) S'occuper tie l'or^^anisation des expéditions, ainsi que des néROciations
avec les divers Gouvernements et avec les savants, si ces expéditions
sont nécessaiieinent communes à plusieurs pays.
e) Publier, en langue française, les comtnunications, émanant des comités
locaux, sur toutes les expéditions nouvelles envoyées dans divers pays
et faire des communications aux comités locaux, en langues française,
anglaise, allemande, italienne, russe ou latine.
f) Faire parvenir aux comités nationaux les publications qui lui seront
adressées dans ce but.
VIII. La propriété des objets découverts sera réglée de la manière suivante:
a) Les monuments découverts par les fouilles seront considérés comme la
propriétt'^ des pays où ils seront trouvés. Les monuments découverts
dans les pays non représentés dans l'Âcsociation seront traités d'après
les conventions spéciales internationales.
b) Celui qui aura découvert un monument jouira pendant cinq ans du droit
de priorité de la publication. Si après un délai de cinq ans la publi-
cation n'est pas terminée, les comités locaux pourront décider que le
droit de publication tombera dans le domaine public.
Les savants suivants ont été désignés
pour organiser les comités locaux :
France: MM. Henri Cordier, Emile Se-
nart, et A. Foucher ; Grande-Bretagne :
Lord Reay, le Prof. W. T. Rhys-Davids,
et le Dr. M. A. Stein; Allemagne : ]eH
Prof. R. Pischel, Grünwedel, E. Kuhn et
E. Leumann ; Pays-Bas: les Prpf. H.
Kern, M. J. de Goeje, et J. J. M. deGroot:
Danemark : le Prof. V. Thomson : Suède:
le Prof. D. Montelius; A'o/vV'f/f.' le Prof.
J. Lieblein ; Finlande: le Piof. 0. Donner.
Autriche: les Prof. J. v. Kaiabacek et
L. V. Schroeder; Hongrie: les Prof.
Vambéry et Hermann; Suisse: le Prof.
Edouard Naville; Italie: le Prof. L. No-
centini; Etats-Unis: le Dr. Fried, llirth.
H. C.
CONGRÈS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES DE HANOÏ".
Le Congrès de Hanoï s'ouvrira le 3
Décembre prochain.
Les Délégués suivants sont partis de
Marseille le 2 novembre dernier par le
paquebot des Messageries Maritimes:
MM. L. NocENTiNi, Prof, à l'Université
de Rome (Gouvernement italien): le
Comte F. L. Pullé {Gouvernement ita-
lien et Univei'sité de Bologne); Liebi.ein
(Académie des Sciences de Christianin);
.lean DuPUiS (Société des Etudes Mariti-
mes et Coloniales): Dr. H. Stönner
(K. Museum f. Völkerkunde, Herlin);
D. Mois (Muséum d'Histoire naturelle
de Paris) : Franz Heger {Soc. d'Anthro-
pologie, Museum d'Histoire naturelle,
Vienne) ; Pierre Lekè vre- Ponta lis (Co-
mité de l'Asie française): H. Huber
(Ecole des Hautes Etudes, Sciences re-
ligieuses); le Meut. Jacques Garnier
(Société de Géographie de Paris).
M. Claudius Madrolle (Société Asiati-
que) est parti par un paquebot précédent.
Notons encore les délégués suivants:
MM. le Dr. J. Ph. Vooel, de Lahore
(Académie des Sciences d'Amstcniam);
le lient -col. Gerini, de Bangkok (Gou-
vernement Siamois): le Prof. Chas. S.
Leavenworth, de Nan-yang College,
Chang-Ilaï (l'niversily de Yalé).
M. Patd d'ENJOY (Société d'Anthropo-
logie, Paris) ne pourra se rendre à Hanoï;
il a envoyé un mémoire : Du rôle de In
femme dans la Société annamite {Jille,
épouse^ mère; divorcée, veuve, morte).
DOCUMENTS OFFICIELS.
ANGLO-CHINESE TREATY.
(Shang-Haï, 5th Sept. 1902).
His Majesty the King of the United
Kingdom of Great Britain and Ireland
and of the british dominions beyond
THE Seas, Emperor of India, and His
Majesty the Emperor of China, having
resolved to enter into negotiations with
a view to carrying out the provision
contained in Article XI of the Final
Protocol signed àt Peking on Sept. 7,
1901, under which the Chinese Govern-
ment agreed to negotiate the amend-
ments deemed useful by the Foreign
Governments to the Treaties of Com-
merce and Navigation and other subjects
concerning commercial relations with
the object of facilitating them, have for
that purpose named as their Plenipoten-
tiaries that is to say.
His Majesty the King of Great
Britain and Ireland, His Majesty's
Special Commissioner, Sir James
Lyle Mackay, Knight Commander
of the Most Eminent Order of the
Indian Empire, a member of the
Council of the Secretary of State
for India, &c. And His Majesty the
Emperor of China, the Imperial
Commissioners Lu Hai-huan, Presi-
dent of the Board of Public Works,
&c., and Shèng Hsüan-huai, .lunior
Guardian of the Heir Apparent.
Senior Vice-President of the Board
of Public Works, &c.
Who having communicated to
each other their respective Full
Powers, and found them to be in
good and due form have agreed
upon and concluded the following
Articles :
Article I.
Delay having occurred in the past
in the issue of Di'awback Certificates
owing to the fact that those documents
have to be dealt with by the Super-
intendent of Customs at a distance from
the Customs Office, it is now agreed
that Drawback Certificates shall here-
after in all cases be issued by the Imperial
Maritime Customs within three weeks
of the presentation to the Customs ot
the papers entitling the apphcant to
receive such Drawback Certificates.
These Certificates shall be valid tender
to the Customs Authorities inpayment
of any duty upon goods imported or
exported (transit dues excepted), or shall,
in the case of Drawbacks on foreign
goods re-exported abroad within three
years from the date of importation, be
payable in cash without deduction by
the Customs Bank at the place where
the import duty was paid.
But if, in connection with any ap-
plication for a Drawback Certificate,
the Customs Authorities discover an
attempt to defraud the revenue, the
applicant shall be liable to a fine not
exceeding five times the amount of the
duty whereof he attempted to defraud
the Customs, or to a confiscation of
the goods.
Article II.
China agrees t© take the necessary
steps to provide for a uniform national
coinage which shall be legal tender in
DOCUMENTS OfflCIKLS.
825
payment of all duties, taxes and other
oblip;ation8 throupthout the Empiro by
British as well as Chinese suhjects.
Article III.
China agrees that the duties and
Ickin combined levied on goods carried
by junks from Hong Kong to the Treaty
Ports in the Canton Province and vice
versa, shall together not be less than
the duties charged by the Imperial
Maritime Customs on similar goods car-
ried by steamer.
Article IV.
Whereas questions have arisen in the
past concerning the right of Chinese
subjects to invest money in non-Chinese
enterprises and companies, and whereas
it is a matter of common knowledge
that large sums of Chinese capital are
so invested, China hereby agrees to
recognise the legality of all such in-
vestments past, present, and future.
It being, moreover, of the utmost
importance that all shareholders in a
Joint Stock Company should stand on
a footing of perfect equality as far as
mutual obligations are concerned, China
further agrees that Chinese subjects
who have or may become shareholders
in any British Joint Stock Company
shall be held to have accepted, by the
very act of becoming shareholdei's, the
Charter of Incorporation or Memoran-
dum and Articles of Association of such
Company and regulations framed there-
under as interpreted by British Courts
and that Chinese Courts shall enforce
compliance therewith by such Chinese
shareholders, if a suit to that effect be
entered, provided always that their
liability shall not be other or greater
than that of British shareholders in
the same Company.
Similarly the British Government
agree that British subjects investing in
Chinese Companies shall be under the
same obligations as the Chinese share-
holders in such companies.
The foregoing shall not apply to cases
which have already been before the
Courts and been dismissed.
Article V.
The Chinese Government undertake
to remove within the next two years
the artificial obstructions to navigation
in the Canton River. The Chinese
Government also agree to improve the
accommodation for shipping in the har-
bour of Civ^ton and to take the neces-
sary steps to maintain that improvenient
such work to be carried out by the
Imperial Maritime Customs and the cost
thei'eof to be defrayed by a tax on goods
landed and shipped by British and
Chinese alike according to a scale to
be arranged between the merchants
and Customs.
The Chinese Government are aware
of the desirability of improving the
navigability by steamer of the waterway
between Ichang and Chungking, but
are also fully aware that such improve-
ment might involve heavy expense and
would affect the interests of the popu-
lation of the provinces of Szechuan,
Hunan, and Hupeh. It is. therefore,
mutually agreed that until improve-
ments can be carried out, steamship
owners shall be allowed, subject to
approval by the Imperial Maritime
Customs, to erect, at their own expense,
appliance for haujing through the rapids.
Such appliances shall be at the disposal
of all vessels, both steamers and junks,
I subject to regulations to be drawn up
by the Imperial Maritime Customs. T hase
appliances shall not obstruct the water-
way, or interfere with the free passage
' of junks. Signal sUitions and channel
i marks, where and when necessary, shall
I be erected by the Imperial Maritime
I Customs. Should any practical scheme
be presented for improving the water-
way, and assisting navigation without
injury to the local population or cost
to the Chinese Government, it shall be
considered by the latter in a friendly
spirit.
Article VI.
The Chinese Government agree to
make arrangements to give increased
facilities at the open ports for bonding
and for repacking merchandi.se in bond,
and, on official representation being
made by the Bntish Authorities, to
grant the piivilegee of a bonded ware-
326
ÜOCTJMÜISTS OFFICIEL».
house to any warehouse which it is
estabhshed to the satisfaction of the
Customs Authorities alTords the neces-
sary security to the revenue.
Such warehouses will be subject to
regulations, including; a scale of fees
according to commodities, distance from
Custom House and hours of working,
to be drawn up by the Custojns Authori-
ties who will meet the convenience of
merchants so far as is compatible with
the pi^otection of the revenue.
Article VII.
Inasmuch as the British Government
afford protection to the Chinese trade-
marks against infringement, imitation
or colourable imitation by British sub-
jects, the Chinese Government undertake
to aiïord protection to British trade-
marks against infringement, imitation or
colourable imitation by Chinese subjects.
The Chinese Government further un-
dertake that the Superintendents of
Northern and Southern trade shall
establish offices within their respective
jurisdictions under control of the Im-
perial Maritime Customs where foreign
trade-marks may be registei-ed on pay-
ment of a reasonable fee.
Article VIII.
The Chinese Government, recognising
that the system of levying lekin and
other dues on goods at the place of
production, in transit, and at destination,
impedes the free circulation of commo-
dities and injures the interests of trade,
hereby undertake to discard completely
those means of raising revenue with the
limitation mentioned in Section 8.
The British Government, in return,
consent to allow a surtax, in excess of
the Treaty Tariff' rates at present in
force, to be imposed on foreign goods
imported by British subjects and Chinese
produce, destined for export abroad or
coastwise.
It is clearly understood that, after
lekin barriers and other stations for
taxing goods in transit have been
removed, no attempt shall be made to
revive them in any form or under any
pretext whatsoever; that in no case shall
the surtax on foreign imports exceed the
equivalent of one and a half times the
import duty leviable in terms of the
Final Protocol signed by China and the
Powers on Sept. 7, 1901; that the pay-
ment of the import duty and surtax shall
secure for foreign imports, whether in
the hands of Chine.se or non-Chinese
subjects, in original packages or other-
wise, complete immunity from all other
taxation, examination, or delay; that
the total amount of taxation leviable on
native produce for export abroad .shall,
under no circumstances, exceed 7^ per
cent, ad valorem. Keeping these funda-
mental principles steadily in view, the
High Contracting Parties have agreed
upon the following methods of procedure.
1. The Chinese Government undertake
that all barriers of whatsoever kind
collecting lekin or such like dues or
duties shall be permanently abolished on
all roads, railways, and waterways in
the 18 provinces of China and the three
Eastern provinces. This provision does
not apply to the Native Custom Houses
at present in existence on the seaboard
or waterways, at treaty ports, on land
routes and on land frontiers of China.
2. The British Government agree that
foreign goods on importation, in addition
to the effective 5 per cent, import duty
as provided for in the Protocol of 1901,
shall pay a special surtax equivalent to
one-and-a-half times the said duty to
compensate for the abolition of lekin.,
of transit dues in lieu oHekin, and of all
other taxation on foreign goods and
in consideration of the other reforms
provided for in this Article: but this
pi'ovision shall not impair the right of
China to tax salt, native opium, and
native produce as provided for in Sections
3, 5, 6, and 8. The same amount of surtax
shall be levied on goods imported into
China across land frontiers as on goods
entering China by sea.
3. All Native Custom Houses now
existing, whether at the treaty ports, on
the seaboard, on rivers, inland water-
ways, land routes, or land frontiers, as
enumerated in the Hu Pu and Kung Pu
Tse Li (Regulations of the Boards of
Revenue and Works) and Ta Ch'ing Hui
Tien (Dynastic Institutes), may remain ;
a list of the same, with their location,
shall be furnished to the British Govern-
ment for purposes of record.
Wherever there are Imperial Maritime
Custom Houses, or wherever such may
t»OCUMBNTa OKKICIBIA.
827
be liei'eafter placed, Native Custom
Houses nuiy bo also ustablùshed, u» well
as at any points on the seaboard or land
frontiers. The loaition of Native C!nstom
Houses in the interior may be changed
as the circumstances of trade seem to
require, but any change must be com-
municated to the British Government,
that the list may be corrected; the
originally stated number of them shall
not, however, be exceeded.
Goods carried by junks or sailing
vessels trading to and from open ports
shall not pay lower duties than the
combined duties and surtax on similar
cargo carried by steamers. Native pro-
duce, when transported from one place
to another in the interior, shall, on
arrival at the first Custom House after
leaving the place of production, pay
duty equivalent to the export surtax
mentioned in Section 7. When this duty
has been paid a certificate shall be
given, which shall describe the nature
of the goods, weight, number of pac-
kages, &c., amount of duty paid, and
intended destination. This certificate,
which shall be valid for a fixed period
of not less than one year from date
of payment ot duty, shall free the goods
from all taxation, examination, delay,
or stoppage at any other Native Custom
Houses passed en route.
If the goods are taken to a place
not in the foreign settlements or con-
cessions of an open port, for local use,
they become there liable to the con-
sumption tax described in Section 8.
If the goods are shipped from an open
port, the certificate is to be accepted
by the Customhouse concerned in lieu
of the export surtax mentioned in Sec-
tion 7. Junks, boats, or carts shall not
be subjected to any taxation beyond a
small and reasonable charge, paid perio-
dically at a fixed annual rate. This
does not exclude the right to levy, as
at present, tonnage (Chuan Chao) and
port dues (Chuan Liao) on junks.
4. Foreign opium duty and present
lekin — which latter will now become
a surtax in lieu o( lekin — shall remain
as provided for by existing treaties.
5. The British Government have no
intention whatever of interfering with
China's right to tax native opium, but
it is essential to declai-o that, in her
ari-angements for levying such taxation,
China will not subject other good« to
taxation, <lelay, or Hto|>page. China in
free to retain at important points on
the borders of each province — eithqr
on land or water — nfiiccs for collecting
duty on native opium where duties or
contributions leviable shall be paid in
one lump sum, which payment shall
cover taxation of all kinds within that
province. Each cake of opium will have
a stamp affixed as evidence of duty
payment. Kxcise officers and police may
be employed in connection with these
offices; but no barriers or other obstruc-
tions a"e to be erected, and the Excise
officers or police of these ofïlces shall
not stop or molest any other kinds ot
goods, or collect taxes thereon. A. list
of these offices shall be made and presen-
ted to the British Government for record.
6. Lekin on Salt is liereby abolished,
and the amount of the said lekin and
of other taxes and contributions shall
be added to the salt duty, which shall
be collected at place of production or
at first station after entering the pro-
vince where it is to be consumed. The
Chinese Government shall be at liberty
to establish salt reporting offices, at
which boats conveying salt which is
being moved under salt passes or cer-
tificates may be required to stop for
purposes of examination, and to have
their certificat&s vised; but at such
offices no lekin or ti-ansit taxation shall
be levied, and no barriei-s or obstructions
of any kind shall be erected.
7. The Chinese Government may recast
the foreign export tariff with specific
duties, as far as practicable, on a scale
not exceeding 5 per cent ad valorem;
but existing export duties shall not be
raised until at least six months' notice
has been given. In cases where existing
export duties are above 5 per cent they
shall be reduced to not more than
that rate.
An additional special surtax of one-
half the export duty payable for the
time being, in lieu of internal taxation
and lekin, may be levied at time of
export on goods exported either to
foreign countries or coastwise.
In the case of silk, whether hand or
filature reeled, the total export duty
shall not exceed a specific rate equivalent
to not more than ô per cent, ad valorem.
Half of this specific duty may be levied
328
DOCUMENTS OFFICIELS.
at the first native Custom-house in the
interior which the silk may pass, and
in such case a certificate shall be given,
as provided tor in Section 3, and will
be accepted by the Custom-house con-
cerned at place of export in lieu of
half the export duty. Cocoons passing
native Custom-houses shall be liable to
no taxation whatever. Silk not exported
but consumed in China is liable to the
consumption tax mentioned, and under
conditions mentioned in Section 8.
8. The abolition of the lekin system
in China and the abandonment of all
other kinds of internal taxation on
foreign goods imported and on exports
will diminish the revenue materially.
The surtax on foreign imports and ex-
ports and on coastwise exports is in-
tended to compensate in a measure for
this loss of revenue, but there remains
the loss of lekin revenue on internal
trade to be inet, and it is therefore
agreed that the Chinese Government is
at liberty to impose a consumption tax
on articles of Chinese origin not intended
for export.
This tax shall be levied only at places
of consumption, and not on goods while
in transit, and the Chinese Government
solemnly undertake that the arrange-
ments which they may make for its
collection shall in no way interfere with
foreign goods or native goods for export.
The fact of goods being of foreign origin
shall of itself free them from all taxation,
delay or stoppage after having passed
the (Custom House. Foreign goods which
bear a similarity to native goods shall
be furnished by the Custom House, if
required by the owner, with a protective
certificate for each package, on payment
of import duty and surtax, to prevent
the risk of any dispute in the interior.
Native goods brought by junks to open
ports, if intended for local consumption,
iriespective of the nationality of the
owner of the goods, shall be reported
at the native Custom House only, where
the consumption tax may be levied.
China is at liberty to fix the amount
of this (consumption) tax, which may
vary according to the nature of the
merchandise concerned — that is to
say, accx)rding as the articles are neces-
saries of life or luxuries; but it shall
be levied at a uniform rate on goods of
the same description, no matter whether
carried by junk, sailing vessel, or steamer.
As mentioned in Section 3, the Con-
sumption Tax is not to be levied within
foreign settlements or concessions.
9. An Excise equivalent to double the
import duty as laid down in the Protocol
of 1901 is to be charged on all machine-
made yarn and cloth manufactured in
China, whether by foreigners at the
treaty ports or by Chinese anywhere
in China. A rebate of the import duty
and two-thirds of the import surtax is
to be given on raw cotton imported from
foreign countries, and of all duties, in-
cluding consumption tax, paid on Chinese
raw cotton used in mills in China. Chinese
machine-made yarn or cloth having paid
Excise is to be free of export duty, coast
trade duty, export surtax, and consump-
tion duty. This Excise is to be collected
through the Imperial Maritime Customs.
The same principle and procedure to
be applied to all other products of foreign
type turned out by machinery, whether
by foreigners at the treaty ports or by
Chinese anywhere in China. This stipula-
tion is not to apply to the outturn of the
Hanyang and Ta Yeh Iionworks in
Hupeh and othersimilar existing Govern-
ment woi'ks at present exempt from
taxation, or to that of arsenals. Govern-
ment dockyards, or establishments of
that nature for Government purposes
which may hereafter be erected.
10. A member or members of the
Imperial Mai'itime Customs foreign staff
shall be selected by the Governors-
General and Governors, and appointed in
consultation with the Inspector- General
of Imperial Maritime Customs, for duty
in connection with native customs affairs,
consumption tax, salt and native opium
taxes. These officers shall exercise an
efficient supervision of the working of
these departments, and in the event of
theii" reporting any case of abuse, illegal
exaction, obstruction to the movement
of goods, or other cause of complaint,
the Governor-General or Governor con-
cerned will take immediate steps to put
an end to same.
11. Cases where illegal action is com-
plained of shall be promptly investigated
by an officer of the Chinese Government
of sufficiently high rank, in conjimction
with, a Bi'itish officer and an officer of
the Imperial Maritime Customs, each of
sufficient standing; and in the event of
D0CUMISNT8 OFFICIELS.
320
its being found by the investigating
oflicei-s that the coinphiint is well-
founded and losa has been incurred, due
compensation is to be })aid from the
surtax funds, through the Imperial
Maritime Customs. The high provincial
officials are to be held responsible that
the oflicer guilty of the illegal action
shall be severely [lunished and lemoved
from his post. 11 the complaint turns out
to be without foundation, complainant
shall be held responsible for the expenses
of the investigation. His Ih'itannic Ma-
jesty's Minister will have the right to
demand investigation where from the
evidence before him he is satisfied that
illegal exactions or obstructions have
occurred.
42. The Chinese Government agrees to
open to foreign trade on the same footing
as the places opened to foi'eign trade by
the Treaties of Nanking and Tientsin the
following places, namely: Ch'angsha in
Hunan, Wanlisien in Szechuan, Ngan-
king in Anhui, Waichow in Kuangtung,
and Kongmoon in Kwangtung. Foreign-
ers residing in these open ports are to
observe the municipal regulations and
police regulations on the same footing as
Chinese residents, and they are not to be
entitled to establish municipalities and
police of their own within the limits
of these Tieaty ports except with the
consent of the Chinese authorities. If
this article, as a whole, is not accepted
by the British Government and the
other Treaty Towers, they shall not
have the right to demand the opening
of these ports — with the exception
of Kongmoon, which is provided for in
Article 10.
13. Subject to the provisions of section
44, the arrangements provided lor in
this article are to come into force on
Jan. 1, 1904. Hy that date all lekin
barriers shall be i-en)oved and officials
employed in the collection of taxes and
dues prohibited by this Treaty shall
be removed fiom their posts.
14. The condition on which the Chi-
nese Government enter into the present
engagement is that all Powers entitled
to most-favoured nation treatment in
China enter into the same engagements
as Great Britain with regard to the
payment of surtaxes and other obliga-
tions imposed by this Article on His
Britannic Majesty's Government. The
conditions on wliich His Majeety's Govern-
ment enter into the present engage-
ment are:
(1). That ^11 Powers who are now
or who may hereafter liecome entitled
to most-favoured-nation treatment in
China entei* into the same engagements;
(2). And that their assent in neither
directly nor indirectly made dependent
on the granting by China of any |M)litical
concession, or of any exclusive commer-
cial concession.
15. Should the Powers entitled to
most-favoured-nation treatment by Chi-
na have failed to agree to enter into
the engagements undertaken by (îrcat
Britain under this Article by Jan. I,
1904, then the provisions of the .\rticle
shall only come into force when all the
Puwei*s have signified their acceptance
of these engagements.
10. When the abolition of lekiu and
other forms of internal taxation as pro-
vided for in this Article has been decided
upon and sanctioned, an Imperial Edict
.shall be published in due form on yellow
paper and circulated, setting forth the
aboliti(>n of all lekin taxation, lekin
barriers, and all descriptions of internal
taxation on goods, except as provided
for in this Article. The Edict shall state
that the Provincial High Authorities
are responsible that any oflicial disre-
garding the letter or the spirit of its
injunction shall be severely punished
and removed from his post.
Article IX.
The Chinese Government, recognising
that it is advantageous for the country
to develop Us mineral resource«, and
that it is desiiable to attract foreign
as well as Chinese capital to embark.
in mining enterprises, agree within one
year from the signing of this Treaty
to initiate and conclude the revision of
the existing Mining Regulations. China
will, with all expedition and earnestness,
go into the whole question of Mining
Rules and, selecting from the rules of
Great Britain. India and other countries,
regulations which seem applicable to
the condition of China, she will recast
her piesent Mining Rules in such a
way as. while promoting the interests
of Chinese subjects and not injuring
in any way the sovereign rigiits of China,
id
330
DOCUMENTS OFFICIELS.
shall oßei' no impediment to the attrac-
tion of foreign capital or place foreign
capitalists at a greater disadvantage than
they would be under genej'ally accepted
foreign regulations.
Any mining concession granted after
the publication of these new Rules shall
be subject to their provisions.
Article X.
Whereas in the year 1898 the Inland
Waters of China were opened to all
such steam vessels, native or foreign,
as might be especially registered for
that trade at the Treaty Ports, and
whereas the Regulations dated July 28,
1898, and Supplementary Rules dated
September, 1898, have been found in
some respects inconvenient in working,
it is now mutually agreed to amend
them and to annex such new Rules to
this Treaty. These Rules shall remain
in force until altered by mutual consent.
It is further agreed that Kongmoon
shall be opened as a Treaty Port, and
that, in addition to the places named in
the special Article of the Burmah Con-
vention of Feb. 4, 1897, British steamers
shall be allowed to land or ship cargo
and passengers, under the same regula-
tions as apply to the "Ports of Call" on
the Yangtsze River, at the following
"Ports of Call": Pak Tau Hau (Pai-t'u
k'ou), Lo Ting Hau (Lo-ting k'ou), and
Do Sing (Tou-ch'êng) ; and to land or
discharge passengers at the following
ten passenger landing stages on the
West River: Yung Ki (Jung-chi), Mah
Ning(Ma-ning),KauKong(Chiu-chiang),
Kulow (Ku-lao), Wing On (Yung-an),
How Lik (Hou-li), Luk Pu (Lu-pu), Yuet
Sing (Yüeh-ch'eng), Luk To (Lu-tu), and
Fung Chuen (Fêng-ch'uan).
Article XI.
His Britannic Majesty's Government
agree to the prohibition of the general
importation of morphia into China, on
condition, however, that the Chinese
Government will allow ofits importation,
on payment of the Tarif! import duty and
under special permit, by duly qualified
British medical practitioners and for the
use of hospitals, or by British chemists
and druggists who shall only be per-
mitted to sell it in small quantities and
on receipt of a requisition signed by a duly
qualified foreign medical practitioner.
The special permits above referred to
will be granted to an intending importer
on his signing a bond before a British
Consul guaranteeing the fulfilment of
these conditions. Should an importer be
found guilty before a British Consul of a
breach of his bond he will not be entitled
to take out another permit. Any British
subject importing morphia without a
permit shall be liable to have such
morphia confiscated.
This Article will come into operation
on all other Treaty Powers agreeing to
its conditions, but any morphia actually
shipped before that date will not be
affected by this prohibition.
The Chinese Government on their side
undertake to adopt measures at once to
prevent the manufactui-e of morphia in
China.
Article XII.
China having expressed a strong desire
to reform her judicial system and to
bring it into accord with that of Western
nations, Great Britain agrees to give
every assistance to such reform, and she
will also be prepared to relinquish her
extra-territorial rights when she is
satisfied that the state of the Chinese
laws, the arrangement for their ad-
ministration, and other considerations
warrant her in so doing.
Article XIII.
The missionary question in China
being, in the opinion of the Chinese
Government, one requiring careful con-
sideration, so that, if possible, troubles
such as have occurred in the past may
be averted in the future. Great Britain
agrees to join in a Commission to investi-
gate this question, and if possible, to
devise means for securing permanent
peace between converts and non-converts,
should such a Commission be formed by
China and the Treaty Powers interested.
Article XIV.
Whereas under Rule V. appended to
the Treaty of Tientsin of 1858, British
merchants are permitted to export rice
and all other giain from one port of
DOCUMENTS OFFICIELS.
881
China to another under tlie same con-
ditions in respect ut' security as cupper
"cash", it is now agreed that in cases of
expected scarcity or famine from what-
soever cause in any district, tlie Chinese
Government shall, on giving '21 days'
notice, he at liberty to prohibit the
shipment of rice and other grain from
such district.
Should any vessel specially chartered
to load rice or grain previously contracted
for, have arrived at her loading port
prior to or on the day when a notice
of prohibition to export comes into force
she shall be allowed an extra week in
which to ship her cargo.
If, during the existence of this pro-
liibition, any shipment of rice or grain is
allowed by the authorities, the pro-
hibition shall, ipso facto, be considered
cancelled and shall not be re-imposed
until six weeks' notice has been given
When a prohibition is notified, it will
be stated whether the Government have
any Tribute or Army Rice which they
intend to ship during the time of pro-
hibition, and if so, the quantity shall be
named.
Such rice shall not be included in the
prohibition, and the Customs shall keep
a record of any Tribute or Army Rice so
shipped or landed.
The Chinese Government undertake
that no rice, other than Tribute or Army
Rice belonging to the Government, shall
be shipped during the period of pro-
hibition.
Notifications of prohibitions, and of
the quantities of Army or Tribute Rice
for shipment shall be made by the
Governors of the Provinces concerned.
Similarly, notifications of the removals
of prohibitions shall be made by the same
authorities.
The export of rice and other grain to
foreign countries remains prohibited.
Article XV.
It is agreed that either of the High
Contracting Pai-ties to this Treaty may
demand a revision of the Tariff at the
end of 10 years; but if no demand be
made on either side within six months
after the end of the first 10 yeai*s, then
the Tarilï shall remain in force for 10
years more, reckoned from the end of
the preceding 10 years; and so it shall be
at the end of each Huccewive 10 years.
Any Tarill concession which China
may hereafter accord to articles of the
I)roduce or manufacture of any other
State shall immediately be extended to
similar articles of the produce or manu-
facture of His Hritannic Majesty's Do-
minions by whomsoever imported.
Treaties already existing between the
United Kingdom and China shall con-
tinue in force in so far as they are not
abrogated or modified by stipulations of
the present Treaty.
Article XVI.
The English and Chinese Texts of the
present Treaty have been carefully com-
pared, but in the event of there being
any diflerencf; of meaning between them,
the sense as expressed in the English text
shall be held to be the correct sense.
The mtifications of this Treaty, under
the hand of His Majesty the King of
Great Britain and Ireland, and of
His Majesty the Emperor of China
respectively, shall be exclianged at
Peking within a year from this day
of signature.
In token whereof the respective Pleni-
potentiaries have signed and sealed this
Treaty, two copies in English and two in
Chinese.
Done at Shanghai this fifth day of
September in the year of our Lord, 1902;
corresponding with the Chinese date, the
fourth day of the eight moon of the
twenty-eight year of Kwang Ilsü.
[L.S.] Jas. L. Mackay.
Signatare of
Hit Kxeelleney
Shèng ntôan-liiui.
Signature of
Hit Excellency
Lfi-Hai-hoan.
Seal of the
Chinese
Plenipotentiariei
332
DOCUMENTS OFFICIELS.
Annex A
(n
(^Translation.)
Lii, President of Works;
SnÊNG, Junior Guardian of the Heir
Apparent, Vice-President of the Board
of Works;
Imperial Chinese Commissioners, for
dealing with questions connected
with the Commercial Ti'eaties, to
Sir James Mackay, His Britannic
Majesty's Special Commissioner for the
discussion of Treaty matters.
Shanghai: K. H. XXVHI., 7th moon,
11 th day.
(Received August 15, 1902.)
We have the honour to inform you
that we have received the following tele-
gram from His Excellency Liu, Governor-
General of the Liang Chiang, on the
subject of Clause H. mutually agreed
upon by us:
"As regards this clause, it is necessary
to insert therein a clear stipulation, to
the effect that no matter what changes
may take place in the future, all Customs'
duties must continue to be calculated on
the basis of the existing higher rate of
the Haikwan Tael over the Treasury
Taei, and that 'the touch' and weight
of the former must be made good".
As we have already arranged with
you that a declaration of this kind should
be embodied in an official note, and form
an Annex to the present Treaty for pur-
poses of record, we hereby do ourselves
the honour to make this communication.
Annex A
(2).
Shanghai, Aug. 18. 1902.
Gentlemen, — I have the honour to
acknowledge the receipt of your despatch
of the 14th inst. forwarding copy of
a telegram from his Excellency Liu,
Governor-General of the Liang Chiang,
on the subject of Article IL of the new
Treaty, and in reply I have the honour
to state that his Excellency's under-
standing of the- Article is perfectly
correct.
I presume the Chinese Government
will make arrangements for the coinage
of a national silver coin of such weight
and touch as may be decided upon by
them. These coins will be made available
to the public in return for a quantity of
silver bullion of equivalent weight and
fineness plus the usual mintage charge.
The coins which will become the
national coinage of China will be declared
by the Chinese Government to be legal
tender in payment of Customs duty and
in discharge of obligations contracted in
Haikwan taels, but only at their pro-
portionate value to the Kaikwan tael,
whatever that may be. — I have, &c.
(Signed) Jas. L. Mackay.
Their Excellencies
Lii Hai-huan and Shêng Hsuan-huai.
&c. &c. &c.
Annex B — (1).
{Translation.)
Lii, President of the Board of Works ;
Shêng, Junior Guardian of the Heir
Apparent, Vice-President of the Board
of Works
ItFiperial Chinese Commissioners for
dealing with questions connected
with the Commercial Treaties, to
Sir James L. Mackay, His Britannic
Majesty's Special Commissioner.
Shanghai, Sept. 2, 1902.
We have the honour to inform you
that on Aug. 22 we, in conjunction with
the Governors-General of the Liang
Chiang and the Hukuang Provinces,
Their Excellencies Liu and Chang, ad-
dressed the following telegraphic Me-
morial to the Throne:
"Of the revenue of the different Pro-
vinces derived from lekin of all kinds, a
portion is appropriated for the service of
the foreign loans, a portion for the Peking
Government, and the balance is reserved
for the local expenditure of the Provinces
concerned.
"In the negotiations now being con-
ducted with Great Britain for the
amendment of the Commercial Treaties,
a mutual arrangement has been come to
providing for the imposition of additional
taxes, in compensation for the abolition
of all kinds oïlehin and other imposts on
goods, prohibited by article VIII. After
payment of interest and sinking fund on
the existing foreign loan, to the extent
to which lekin is thereto pledged, these
additional taxes shall be allocated to the
various Provinces to make up deficiencies
and replace revenue, in order that no
hardships may be entailed on them.
ÜOCUMüm'S OFFlCIKI-8.
388
With a view to preserving the original
intention underlying the proposal to in-
crease the tliitics ill compciii>ution for the
loss of revenue derived frojn Ickin and
other . imposts on goods, it is further
stipulated that the surtaxes shall not be
apj)ropriated for other [»urposes, shall
not form part of the Imperial Maritime
Customs revenue proper, and shall in no
case be pledged as security for any new
foreign loan.
"It is therefore necessary to memoitilise
for the issue of an Edict, giving effect to
the above stipulations and directing the
Board of Revenue to find out what
proportion of the provincial revenues
derived from lekin of all kinds, now
about to be abolished, each Province has
hitherto had to remit, and what propor-
tion it has been entitled to retain, so
that, when the Article comes into
aperation, due apportionment may be
made accordingly, thus providing the
Provinces with funds available for local
expenditure, and displaying equitable
and just treatment towards all".
On ist inst, an Imperial Decree "Let
action, as requested, be taken" was
issued, and we now do ourselves the
honour reverently to transcribe the
same for your infoiination.
Annex B — (2).
Shanghai, Sept. 5, 1902.
Gentlemen, I have the honour to
acknowledge the receipt of your des-
patch of the 2nd inst. forwarding the
text of the Memorial and Decree dealing
with the disposal of the surtaxes.
I understand that the surtaxes in
addition to not being pledged for any
new foreign loan are not to be pledged
to, or held to be security for, liabilities
already contracted by China except in so
far as lekiti revenue has already been
pledged to an existing loan.
I also understand from the Memoiial
that the whole of the surtaxes provided
by Article VIIT. of the New Treaty goes
to the Provinces in proportions to be
agreed u})on between them and the
Board of Revenue, but that out of these
surtaxes each Province is obliged to
remit to Peking the same contribution
as that which it has hitherto remitted
out of its Ickin collections, and that the
Provinces also provide as hitherto out
of these surtax funds whatever may be
nec^CHsary for the service of the foreign
loan to which Ickin is partlypledged.
I hope Your Excellencies will send me
a reply to this despatcli and tliat you
will agree to this correspondence forming
part of the Treaty as an Annex, — I
have, &c. (Signed) .Ias. L. Mackay.
Their Excellencies,
Lu Hai-IIuan and Sh£no Hsuan-Huai.
CC iSC oC
Annex B — (3).
( 'I'ranslntiun.)
Lu, President of the Roard of Works;
Shëno, Junior Guardian of the Heir
Apparent, Vice-President of the Board
of Works;
Imperial Chinese Commissioners for
dealing with questions connected
with the Commercial Treaties, to
Sir .Iames L. Mackay, His liritannic
Majesty's Special Commisfioner.
Shanghai, Sept. 5, 1902.
We have the honour to acknowledge
the receipt of your communication of to-
day's date with regard to the allocation
of the surtax funds allotted to the Pro-
vinces, and to inform you that the views
therein expressed are the same as our
own.
We would, however, wish to point out
that, were the^ whole amount of the
allocation due paid over to the Provinces,
unnecessary expense would be incurred
in the retransmission by them of such
portions thereof as would have to be
remitted to Peking in place of the con-
tributions hitherto payable out of lekin
revenue. The amount, therefore, of the
allocation due to the Provinces,arranged
between them and Board of Revenue,
will be retained in the hands of the
Maritime Customs, who will await the
instructions of the Provinces in regaixi
to the remittance of such portion thereof
as may be necessary to fulfil their
obligations, and (on receipt of these
insti'uctions) wilt send forwaiii the
amount direct. The balance will be held
to the order of the Provinces.
In so far as lekin is pledged to the
service of the 1898 loan, a similar method
of procedure will be adopted.
As you reqtiest that thiscorrespondeoce
be annexed to the Treaty, we have the
honour to state that we see no objection
to this being done.
334
DOCUMENTS OFFICIELS.
Annex (C).
INLAND WATERS STEAM NAVIGATION.
ADDITIONAL RULES.
1. British steamship owners are at
liberty to leare warehouses and jetties
on the banks of waterways from Chinese
subjects for a term not exceeding 25
years, with option of renewal on terms
to be mutually arranged. In cases where
British merchants are unable to secure
warehouses and jetties from Chinese
subjects on satisfactory terms, the local
officials, after consultation with the
Minister of Commerce, shall arrange to
provide these on renewable lease as
above mentioned at current equitable
rates.
2. Jetties shall only be erected in such
positions that they will not obstruct the
inland waterway or interfere with na-
vigation, and with the sanction of the
nearest Commissioner of Customs; such
sanction, however, shall not be arbitrarily
withheld.
3. British merchants shall pay taxes
and contributions on these warehouses
and jetties on the same footing as
Chinese proprietors of similar properties
in the neighbourhood. British merchants
may only employ Chinese agents and
staff to reside in warehouses so leased at
places touched at by steamers engaged
in inland traffic to carry on their
business; but British merchants may
visit these places from time to time to
look after their affairs. The existing
rights of Chinese jurisdiction over Chinese
subjects shall not by reason of this clause
be diminished or interfered with in any
way.
4. Steam vessels navigation the inland
waterways of China shall be responsible
for loss caused to riparian proprietors by
damage which they may do to the banks
or works on them and for the loss which
may be caused by such damage. In the
event of China desii'ing to prohibit the
use of some particular shallow waterway
by launches, because there is reason to
fear that the use of it by thetn would be
likely to injure the banks and cause
damage to the adjoining country, the
British authorities, when appealed to,
shall, if satisfied of the validity of the
objection, prohibit the use ofthat water-
way by British launches, provided that
Chinese launches are also prohibited
from using it.
Both Foreign and Chinese launches
are prohibited from crossing dams and
weirs at present in existence on inland
waterways where they are likely to
cause injury to such works, which would
be detrimental to the water service of
the local people.
5. The main object of the British
Government in desiring to see the inland
waterways of China opened to steam
navigation being to afford facilities for
the rapid transport of both foreign and
native merchandise, they undertake to
offer no impediment to the transfer to a
Chinese company and the Chinese flag
of any British steamer which may now
or hereafter be employed on the inland
waters of China, should the owner be
willing to make the transfer.
In event of a Chinese company
registered under Chinese law being
formed to run steamers on the inland
waters of China the fact of British sub-
jects holding shares in such a company
shall not entitle the steamers to fly the
British flag.
6. Registered steamers and their tows
are forbidden, just as junks have always
been forbidden, to carry contraband
goods. Infraction of this rule will entail
the penalties prescribed in the treaties
for such an offence and cancellation of
the Inland Waters Navigation Certificate
carried by the vessels, which will be
prohibited from thereafter plying on in-
land waters.
7. As it is desirable that the people
living inland should be disturbed as little
as possible by the advent of steam vessels
to which they are not accustomed, inland
waters not hitherto frequented by
steamers shall be opened as gradually
as may be convenient to merchants and
only as the owners of steamers may see
prospect of remunerative trade.
In cases where it is intended to run
steam vessels on waterways on which
such vessels have not hitherto run,
intimation shall be made to the Com-
mis.sioner of Customs at the nearest open
port who shall report the matter to the
Ministers of Commerce. The latter in
conjunction with the Governor-General
orGovernor of the Province, after careful
consideration of all the circumstances of
the case, shall at once give their approval.
UOCUMÜNTS OVKICIKI^S.
385
8. A registered steamer may ply I
within the waters of" a port, or from
one open port or ports to another open
port or ports, oi- from one open port or
ports to places inland, and thence back
to such port or ports. She may, on
making due report to tho Customs, land
or ship passengers or cargo at any
recognised places of trade passed in the
course of the voyage; but may not ply
between inland places exclusively except
with the consent of the Chinese Govern-
ment.
9. Any cargo and passenger boats may
be towed by steamers. The helmsman
and crew of any boat towed shall be
Chinese. All boats, irrespective of owner-
ship, must be registered before they can
proceed inland.
iO. These Rules are supplementary to
the Inland Steam Navigation Regulations
of July and September, 1898. The latter,
where untouched by the pre.sent Rules,
remain in full force and effect; but the
present Rules hold in the case of such
of the former Regulations as the present
Rules affect. The present Rules, and the
Regulations of July and September, 1898,
to which they are supplementary, are
provisional, and may be modified, a8
circumstances require, by mutual con-
sent.
Done at Shanghai this fifth day of
September in the y ear of Our Lord, 19(W;
corresponding with the Chinese date, the
fourth day of the eighth moon of the
twenty eighth year of Kwang Hsu.
[L.S.] Jas. L. Maokay.
Signature of
Hii Excelleocy
Shêng Hfüan-hnai
Signatare of
Hif Ezcelleney
Li Hai-hnam.
Seal of the
Chineae
Plenipotentiariea.
CONVENTION ENTRE LA FRANCE ET LE SIAM.
(Paris, 7 octobre 1902.)
Le président de la République française I
et S. M. le roi de Siam, désireux de rendre
plus étroites et plus confiantes les rela-
tions d'amitié qui existent entre leurs
deux pays et de régler certaines diffi-
cultés qui s'étaient élevées sur l'inter-
prétation du traité et de la convention
du 3 octobre 1893, ont décidé de conclure
une nouvelle convention et ont nommé
à cet effet pour leurs plénipotentiaires,
savoir :
Le président de la République fran-
çaise, M. Théophile Delcassé, député,
ministie des Affaires étrangères, etc., et
Sa Majesté le roi de Siam, PhyaSuriya
Nuvatr, son envoyé extraordinaire et
ministre plénipotentiaire près le prési-
dent de la République française, décoré
de la 1" classe de l'Ordre royal de la
Couronne de Siam, grand Officier de
l'Ordre national de la Légion d'honneur,
etc.
Lesquels, après s'être communiqué
leurs pleins pouvoirs, trouvés en bonne
et due forme, sont convenus des dis-
positions suivantes:
Article premier.
§. 1 . — La frontière entre le Siam et
le Cambodge part, sur la rive gauche du
Grand Lac, de l'embouchure de la rivière
Stung-Roluos; elle suit le parallèle de ce
point dans la direction de l'Est jusqu'à
la rencontre de la rivière Piék-kompong-
tiam, puis, remontant vei-s le Nord, elle
se confond avec le méridien de ce point
de rencontre jusqu'à la chaîne de mon-
tagnes Pnora-dang-rek. De là elle suit la
ligne do partage des eaux entre les
bassins du Nam Sen et du Mékong d'une
part et du Nam-moun d'autre part, et
rejoint la chaîne Pnom-padang dont elle
suit la crête vers l'Est jusqu'au Mékong.
336
DOCUMENTS OFFICTKI.S.
En amont de ce point, le Mékong reste
la frontière du royaume du Siam, con-
formément à l'article premier du traité
du 3 octobre 1893.
§ 2. — Quant à la frontière entre le
Luang-prabang, rive droite, et les pro-
vinces de Muang-phichaï et Muang-nan,
elle part du Mékong à son confluent avec
le Nam-huong et, suivant la crête des
montagnes qui sépare les vallées du
Nam-huong et du Mékong, elle se dirige
vers l'Ouest jusqu'à la rencontre de la
ligne de partage des eaux entre le bassin
du Mékong et celui du Mé-nam. Tour-
nant vers le Nord à partir de ce point,
elle suit la ligne de faîte entre ces deux
bassins Jusqu'à la source de la riviètequi,
venant du Sud-Est, se jette dans le Nam-
ngoum, puis le cours de cette rivière et le
Nam-ngoum lui-même jusqu'à son con-
fluent avec la rivière de Ban-luak. La
frontière revient ensuite, en remontant
cette rivière, à la ligne de faîte entre les
bassins du Mé-nam et du Mékong et suit
cette ligne à l'Ouest jusqu'à la rivière
de Nam-kop dont elle descend le cours
jusqu'au Mékong.
§ 3. — Il est bien entendu toutefois
que la présente Convention, pas plus que
le Traité et la Convention de 1893, ne
change rien aux rapports traditionnels
entre Sa Majesté le roi de Siam et la
partie du Luang-prabang située sur la
rive droite du Mékong.
Article II.
En même temps que les provinces de
Melou-prey, ^e Bassac (et généralement
les teri'itoires situés à l'est de la frontière
indiquée à l'article 1^"', § 1^'') seront re-
mises par le Gouvernement siamois aux
autorités françaises, les troupes françaises
quitteront la ville de Chantaboun qu'elles
occupent provisoirement en vertu de
l'article 6 de la Convention du 3 octobre
1893.
Article III.
Les différentes restiictions visées aux
articles 3 et 4 du traité du 3 octobre 1 893
sont supprimées. Toutefois, S. M. le roi de
Siam prend l'engagement que les troupes,
qu'Elle enverra ou entretiendra dans tout
le Massin siamois du Mékong, seront tou-
jours des troupes de nationalité siamoise,
commandées par des officiers de cette
nationalité. Il n'est fait exception à cette
règle qu'en faveur do la gendarmerie
siamoise, actuellement commandée par
des officiers danois. Dans le cas où le
gouvernement siamois voudrait substi-
tuer à ces officiers des officiers étrangers
appartenant à une autre nationalité, il
devrait s'entendre au préalable avec le
Gouvernement français.
Article IV.
A l'avenir, dans la partie siamoise du
bassin du Mékong,leGouvernement royal,
s'il désire exécuter des ports, canaux,
chemins de fer (notamment les chemins
de fer destinés à relier la capitale à un
point quelconque de ce bassin) se mettra
d'accord, avec le Gouvernement français,
dans le cas où ces travaux ne pourraient
être exécutés exclusivement par un per-
sonnel et avec des capitaux siamois.
En ce qui concerne l'usage des ports,
canaux, chemins de fer aussi bien dans la
partie siamoise du bassin du Mékong que
dans le reste du royaume, il est entendu
qu'aucun droit différentiel ne pourra être
établi contrairement au principe de
l'égalité commerciale inscrite dans les
traités signés par le Siam.
Article V.
Les personnes d'origine asiatique nées
sur un territoire soumis à la domination
directe ou placé sous le protectorat de la
France, sauf celles qui ont fixé leur rési-
dence au Siam avant l'époque où le terri-
toire dont elles sont originaires a été
placé sous cette domination ou sous ce
protectorat, ont droit à la protection
française et pourront se faire inscrire
comme ressortissants français à la Léga-
tion ou aux Consulats et Vice-consulats
de la République dans le royaume de
Siam. La protection française sera accor-
dée aux enfants de ces personnes, mais
ne s'étendra pas à leurs petits-enfants.
Les Cambodgiens au Siam continue-
ront à être régis par l'article V du traité
du 15 juillet 1867.
Article VI.
§ 1 . — Les listes des protégés actuelle-
ment existantes seront revisées par les
autorités consulaires françaises, confor-
mément aux règles établies à l'article
i
DOCUMENTS 0KFICIBL8.
337
précédent, et seront (communiquées au
gouvernement siamois qui pourra pré-
senter (les observations contre les in-
scriptions à son sens injustifiées. Les
apents français soumettront alors à un
nouvel examen les cas qui leur seraient
ainsi signalés.
§ 2. — Los Chinois actuellement in«
scrits sur les listes susmentionnées à la
Légation ou dans un Consulat français
au Siam continueront à jouir de la pro-
tection française.
Au point de vue de la juridiction, ils
seront soumis à la loi siamoise et jugés
par les tribunaux siamois. Toutefois, un
représentant de la Légation ou d'un
Consulat de France aura le droit d'avoir
communication des piècesde l'instruction
et d'assister aux audiences du tribunal
qui les jugera.
Article VII.
En ce qui concerne l'admission à la
protection française des Asiatiques qui
ne sont pas nés sur un territoire soumis
à l'autorité directe ou au protectorat de
la France, le gouvernement de la Répu-
blique jouira de droits égaux à ceux que
le Siam accorderait à l'avenir à toute
autre puissance.
Article VIII.
Les dispositions des anciens traités,
accords et conventions entre la France et
le Siam, non modifiées par la présente
convention, restent en pleine vigueur.
Article I"^.
En cas de difficultés d'interprétation
de la présente Convention, rédigée en
français et en siamois, le texte français
fera .seul foi.
Article X.
La présente convention sera ratifiée
dans un délai de quatre mois à partir
du jour de la signature, ou plus tôt si
faire se peut.
En foi de quoi les plénipotentiaires
respectifs ont signé la présente conven-
tion et y ont apposé leurs cachets.
Fait à Paris, en double exemplaire, le
7 octobre 1902.
L.S. Signé: Delcassé.
L.S. Signé: Phya Suriva.
NÉCROLOGIE.
ALEXANDRE MICHIE.
M. Michie est mort à l'âge de 69 ans le 7 août 1902 à l'Hôtel Cecil, Londres.
Né en 1833 à Earlferry, Fifeshire, il partit en 1853 pour Hongkong où il entm
dans la maison Lindsay & Cie. dont il devint l'associé et le représentant à
Chang- Haï. Rentré en Angleterre, il retourna en 1883 en Chine et s'établit à
Tien-tsin où il a été correspondant du Times.
Outre un grand nombre d'articles de journaux et de revues, il a publié un
certain nombre d'ouvrages '). H. G.
JONATHAN LEES ^ — ' jjü ^^ Yi-shé.
Le Rev. J. Lees qui est mort cette année, était né à Manchester le 7 août
1835. Il fut envoyé en Chine par la London Missionary Society et il arriva à
Chang-Hai le 21 février 1862 d'où il partit le mois suivant pour Tien-tsin; en
différentes circonstances, il a joué un rôle fort actif dans la défense des intérêts
anglais et protestants '). H. C.
1) Report of the Delegates of the Shanghai General Chamber of Commerce on the trade
of the Upper Yangtsze and Report of the Naval Surveyors on the River above Hankow.
Shanghai: Printed at the "Shanghai Recorder" OfiBce. MDCCCIJX, in-fol. pp. 51.
Reimp. à Londres et forme le "Blue Book" suivant:
— China. N°. 8 (1870) Report of the Delegates of the Shanghai General Chamber of
Commerce on the trade of the Upper Yangtsze River. (Presented to Parliament by Her
Majesty's Command.) In-fol., pp 67.
— The Siberian Overland Route from Peking to Petersburg, through the deserts and
steppes of Mongolia, Tartary, &c. London: John Murray, 1864, in-8, pp. xiii — 402, grav.
et cartes.
— The Englishman in China, during the Victorian Era, as illustrated in the career of
Sir Rutherford Alcock. London and Edinburgh, A. Michie, 1900, 2 vol. in-8.
2) Sacred Songs for Home and School. Manchester, 1858.
Recueil de 253 hymnes, en partie originaux. — Une quatrième édition parue à
Manchester en 1863, in-12, pp. 145, contient 75 nouveaux hymnes
— Union in Bible and Tract Work. By Rev. Jonathan Lees, L.M.S. {Chinese Recorder^
Sept. 1892, pp. 412—415.)
MÉCROLOGIK. 889
JAMES H. HABT.
Mr. Hart, frère cadet de Sir Robert Hart, est mort à Hove, Brighton, le 13
nov. 1902, à l'fige de 55 ans; il était entré dans les Douanes chinoises en août
1807 et il était Commissaire depuis octobre 1872. Il avait pris part à la déli-
mitation de la frontière de la Chine et du Tong-king et aux n/'gociation« de
la Convention entre la Chine et l'Angleterre au sujet du Sikkim. Il était décoré
du Double Dragon, deuxième division, première classe; officier de la Légion
d'Honneur (1878); chevalier de l'Ordre de François-Joseph (1873); il avait reçu
la plume de Paon (31 mai 1890) et le globule de première classe (1894);
une médaille de bronze lui avait été décernée à l'Exposition de Philadelphie
en 1870. H. C.
ANGELO ZOTTOLI, S. J., ^ ^ ^ Tch'ao Té-li.
Nous avons le regret de recevoir la nouvelle arrivée par le télégraphe de la
mort le 9 du mois de novembre du R. P. Zottoli. Le P. Zottoli était né à Naples
le 21 juin 1820; il était entré le 2 mai 1843, dans la Compagnie de Jt'-su.s, et
il était arrivé dans la mission du Kiang Nan, le 27 sept. 1848, avec les PP.
Adinolfi, Catte, délia Corte, Ducis et L. de Massa, tous italiens, sauf l'avant-
dernier. Il est mort avant d'avoir vu l'impression du Dictionnaire qui devait
couronner son grand ouvrage Cursus litteraturae sinicae neo-miiisionnariis
accommodatus paru en cinq volumes depuis 1878; le P. Charles de Hussy qui
avait traduit en français le premier volume du Cursus j(^\S9i) avait précédé le
P. Zottoli dans la tombe. Outre le Cursus, le P. Z. a laissé des ouvrages dont
nous donnons la liste sommaire '). H. C.
LIEOU K'OUEN-YI ^ i^ — • .
Nous nous bornons à enregistrer la mort à la suite d'une attaque de dyssenterie
du vieux vice-roi des Deux-Kiang qui a rendu le dernier soupir à Nan-King, le
0 octobre 1902. Lieou était né le 21 janvier 1830, à Ilèng-yang, dans le Hou-
Nan. On trouvera le détail de sa carrière dans mon Hisloirc des liclations
de la Chine.
Le vice-roi des deux Hou, Tchang Tchi-toung, B^ ^ *^ , remplace Lieoa
à Nan-King temporairement. H. C.
1) Ascetica nommclaiio. Kes spirituales librom exercitioram, res Soeietati«, Perfectionem
religiosara coraplectens. Chang-hai. 1877, in-8, pp. 12 autog.
— Tractatus de Indal(;entii8. — Mensis Marianus. — Mensis SS. Cordis Jeao. —
Mensis S. .losephi. — Catechismi historici et dogmatici mnemosynon. — Catechisnos
comparationibus exemplisque adornatus. — Tractatus de vera Religione. — Emmanuelis
Alvarez institutio grammatica ad sinenses alnmnos accommodata.
BULLETIN CRITIQUE.
Notes on Chinese Literature:
with Introductory Remarks on the
Progressive Advancement of the Art;
and a List of Translations from
the Chinese into various european
Languages — By A. Wylib, Agent
of the British and Foreign Bible
Society in China. — New edition. —
Shanghai: Printed at the American
Presbyterian Mission Press. —
1901, in-8, pp. XXXIX- 307.
L'ouvrage de Wylie paru en
1867 est depuis longtemps épuisé;
son prix de vente a considérable-
ment augmenté et son utilité étant
toujours grande, une nouvelle
édition paraissait nécessaire. Les
Notes de Wylie, très remarquables
pour l'époque à laquelle elles ont
été données, avaient comme tout
livre subi l'épreuve du temps et de
la critique, et ses défauts avaient
été relevés par ceux-mêmes qui les
estiment le plus justement. La
nouvelle impression devait donc
comprendre une revision complète
du texte, revision d'autant plus
nécessaire que ce texte avait été
réimprimé une première fois sans
le concours de Wylie, quoique rien
n'indique ce fait qui m'a été révélé
par l'auteur lui-même. Il y avait
lieu aussi de mettre au point la
bibliographie européenne placée
en tête du volume.
Rien de la sorte n'a été fait;
la présente édition n'est qu'une
reproduction verbatim de la pre-
mière; elle n'est pas photographi-
que comme certaines contrefaçons
japonaises; elle est in-8 au lieu
d'être in-4 et elle comprend 307
pages au lieu des 260 pages de
BULMJTIN CRITiqUE.
341
Torigiual. Je ne puis donc qu'ex- ! pressiou est aussi sotte que celle
primer mes regrets qu'une sem-
blable occasion ait été perdue de
nous donner un Wylie au courant
do la science actuelle. Cette réira-
qui a été faite de la Notitia de Pré-
mare par les Missions Etrangères
à Hongkong en 1893.
H. C.
BIBLIOGRAPHIE.
LIVRES NOUVEAUX.
M. Henri Cordibr espère pouvoir commencer l'impression de la
deuxième édition revue et augmentée de la Bibliotheca Sinica en
janvier 1903; il sera reconnaissant à tous ceux qui voudront bien
lui signaler les erreurs et les omissions de la première édition.
Avec le volume de Papers relating to the Foreign Relations of
the United States, December 3, 1901, qui vient de paraître, un ap-
pendice est publié; il renferme le rapport de l'Hon. William W.
RoCKHiLL, commissaire des Etats-Unis eu Chine, à la suite des
événements de 1900, iu-8, pp. 391.
Le troisième fascicule qui termine le premier volume du Cata-
logue des Livres chinois, coréens, japonais, etc. de la Bibliothèque
nationale par M. Maurice Courant a paru chez Ernest Leroux. Il
comprend les N°* 3470 — 4423 et il renferme les chapitres suivants:
Chapitre VI: Littérature — Première Section: Anciens Classiques
ou Sages (Tseu), 3470—3555 — Deuxième Section: Recueils collectifs,
3556—3692 — Troisième Section-. Recueils itidividuels,SQ9S — SSSd —
Quatrième Section: Oeuvres diverses, 3834 — 3878 — Cinquième Section :
Traités didactiques et modèles, 3879—3939. — Chap. VII: Oeuvres
d'Imagination — Première Section: Romans, 3940 — 4245 —
Deuxième Section: Recueils de Nouvelles, 4246-4291 — Troisième
BIBl.IOORAPHIB. 848
Section: Oeuvres diverses, 4292—4328 — Quatrième Sectioa: Tkéâtre^
4329-4423.
L'excellent ouvrage de M. W. G. Abtgn sur la Littérature japonaise
a été traduite en français par M. Henry D. Davkay dans la collec-
tion des Histoires des Littératures publiée par la librairie Armand
Colin. Une bonne note bibliographique due à M. Maurice Courant
a été placée en tête du volume pour remplacer celle qui avait été
rédigée pour l'original en vue des lecteurs anglais.
M. A. VissiÈRE vient de donner une deuxième livraison de son
Recueil de textes chinois à Vusage des élèves de l'Ecole spéciale des
Langues Orientales] ces textes comprennent des extraits de journaux,
des pièces administratives et commerciales, des documents officiels,
etc.; cette livraison comprend les pages 17—32 et les pièces
numérotées 13 à 51.
La librairie C. F. Amelang, de Leipzig, a entrepris une collec-
tion d'Histoires des Littératures {Litteratureu des Ostens in eimel"
darstellungen) qui comprend une Geschichte der Japanischen Litteratur
von Dr. K. Florenz, Professeur à l'Université de Tokio, et ö«-
schichte der chinesischen Litteratur von Prof. Dr. Wilhelm Grubb,
de Berlin; ces vol. sont les 10® et 8® de la collection.
M. Félix RÉGAMEY, chargé le 15 novembre 1898, parle Ministre
de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, d'une mission: «Enquête
sur l'Enseignement des Beaux-Arts au Japon, et les résultats obtenus
dans les Ecoles japonaises par l'application de nos méthodes», vient
d'imprimer son rapport eu un volume gr. in-4, orné de dessina
d'artistes japonais et de ses propres croquis.
344 BIBLIOGRAPHIE.
Le Vol. V de la Mission Pavie, Indo-Chine 1879 — 1895 vient
de paraître; il renferme les Voyages dans le Haut Laos et sur les
frontières de Chine et de Birmanie par Pierre Lefèvre-Pontalis; il
est le plus intéressant des volumes publiés jusqu'à ce jour.
M. le Baron de Contenson a publié dans V Université Catholique
de Lyon un article intitulé VAvenir de noire Démocratie égalitaire
d'après la Chine.
PUBLICATIONS PERIODIQUES.
Le no. 3 du Tome II (Juillet-Septembre 1902) du Bulletin de
C École Française d'Extrême-Orient renferme les articles suivants:
I. Stèle de Vat Phou près de Bassac (Laos) par M. A. Barth
[«Le plus vieux document fourni par les environs de Bassac était
jusqu'ici l'inscription digrapbique de Yaço varman à Houé Tamoh,
datée de çaka 811 = 889 A.D. La nouvelle stèle de Vat Phou
nous fait remonter de deux cents ans plus haut. Bien qu'elle ne soit
pas datée, le Jayavarman dont elle émane est, en effet, le roi de
ce nom appartenant à la plus ancienne dynastie directement docu-
mentée, celui que, provisoirement, nous appelons Jayavarman P*^,
et dont nous avons déjà deux inscriptions datées de çaka 586 et
589 - 664 et 667 A.D. L'inspection des caractères ne laisse aucun
doute à cet égard. La stèle nous montre donc que, dès le VIP siècle
çaka, l'empire khmer avait atteint de ce côté la limite qu'il ne
parait plus avoir beaucoup dépassée, même à l'époque de son apogée.
Elle nous apprend de plus que l'art khmer n'est pas né subitement
avec les grands monuments de la plaine d'Angkor»]. — IL Vat
Phou par M. L. Fingt j «Le monument de Vat Phou est situé à
7 ou 8 kilomètres au S.-O. de Bassac, au pied des hauteurs de
Phou Bassac. Il est construit, suivant l'orientation Est-Ouest, sur
BIBUOOKAPHIR. 845
une pente qui s'élève de la pltiine jusqu'à une hauteur do 90 mètres
environ, où elle est brusquement coupée par une muraille de rocher
à pic»]. — III. Noies chinoises snr VInde par M. Sylvain LÉvi.
[I. IJécritnre Kharoçtri et son bercoan. — II. Une veraiun ehinoine
du Bodhicaryavatîlra]. — IV. L'Itinéraire du Pèlerin Ki ye ^là ^
dans VInde par M. Edouard Huber. [Contenu dans le Wou-tch'ouan-
lou ^ Äß ^ do Fan tch'eng ta ^ J^ ;;Ac • - Cf. G. Schlegel,
Mém. du Comité Sinico-japonais, XXI, 1893, pp. 35 — 64; il a été
fait uu tirage à part de 25 exemplaires]. — V. Les Ruines 'de
Bassac (Cambodge) par M. J. Comma ille. [«Les ruines de Bassac
(province de Romduol, résidence de Svai-rieng) sont situées à 6
kilomètres environ de la Résidence de Svai-rieng, derrière un petit
village annamite qui a pris le nom du vieux temple (Batac, pro-
nonciation annamite de Bassac), et à deux minutes de la berge du
fleuve»]. — VI. Contes populaires des Mans du Tonkin par M. A.
BoNiFACY. — Enfin des Notes et Mélanges.
Le premier fascicule. Ostasiatische Studien, de la 5® année des
Mittheilungen des Seminars für Orientalische Sprachen qui vient de
paraître renferme: La chronique du Séminaire pour l'année scolaire
1901 — 1902. — Alphabetisches Verzeichniss japanischer Frauen-namen^
von R. Lange. — Zur volksthûmlichen japanischen Lyrik, \or\ K. Kunzk
(Sendai), — Die Gaku in meinem Hause, von Dr. Geamatzky —
Yamagucbi. — Bataksche Umpana, von J. G. Warnbck. — Über
das Muschelgeld (a tabu) auf Neu-Pommern, Bismarck' Archipel
{Deutsch- Neu- Guinea), von Missionar Taufa. — Is there Religious
Liberty in Chinai By J. J. M. Db Groot. — Eine wissenschaftliche
Gesellschaft in Taiwan (Formosa), von R. Lanok. [Banjo kenkyü
k(w)ai ^MM^#' à Tamsui j^ i^^l - Un aperçu des
travaux russes sur l'Asie orientale pour l'année 1901, par M. W.
Bartuolü. — Eine chinesische Hochschule in Tsinanfu. — Enfin une
346 BIBLIOGRAPHIE.
notice nécrologique sur le regretté professeur Cari Arendt, né le
l^'' (léc. 1838 à Berlin, mort dans la nuit du 29 au 30 janvier 1902,
après une courte maladie, par le Dr. Mbrklinghaus; cette notice
est suivie de quelques souvenirs sur la personnalité de Cari Arendt,
par Karl Foy.
Le No. 6 du Vol. II de The Korea Revîeio continue The History
of Korea de 1389 à 1420; il renferme également des articles sur
Burial Customs^ The Wreck of the Kuma-gawa Maru; Japanese
Banking in Korea; il contient une notice nécrologique sur le Rév.
Henry G. Appenzeller, l'un des deux fondateurs de la Mission de
l'Eglise méthodiste épiscopale eu Corée, né à Sonderton, Pennsyl-
vania, le 6 février 1858.
Le No. 7 du Vol. II de The Korea Review continue The History
of Korea de 1420 à 1478; il renferme également des articles sur
Korean Fiction, la suite des Burial Customs, Korean Products, etc.
Le No. 8 du Vol. II de The Korea Review continue The History
of Korea de 1482 à 1556, ainsi que l'article sur les Ä'orm?? ProtZwc/s;
notons encore le commencement d'un article sur la Korean Currency.
Le No. 9 du Vol. II de The Korea Review continue Tlie History
of Korea de 1568 à 1592; il donne la suite de l'article sur les
Korean Products', ainsi que les articles suivants: The Treasures of
Kyorig-ju, Korean Cm^rency, Telegraph and. Postal Services.
Nous apprenons que la China Review a été achetée par MM.
Kelly & Walsh et que, temporairement, elle cessera de paraître.
Son dernier numéro est le No. VI, June and July 1901, du Vol. XXV.
CHRONIQUE.
ALLEMAGNE ET AUTRICHE.
M. le Dr. Fried. Hirth a quitté Cuxhaven sur le Columbia le 13 octobre
pour se rendre à New- York où il occupera à Columbia Univei-sity la chaire de
chinois inaugurée cet hiver par M. le Professeur Herbert A. Giles. Le départ
du Dr. Hirth est une grande perte pour l'Allemagne, car la chaire de chinois
de Berlin reste toujours vacante, M. le Dr. J. J. M. de Groot l'ayant refusée
pour rester à Leyde.
ASIE CENTRALE.
Simla, 26 septembre (par service spécial). — Une dt^pêche confirme qn'tin
violent tremblement de terre s'est produit le 22 août, à 8 h. du matin, à
Kachgar. Un grand nombre de maisons se sont écroulées et le résident bri-
tannique a failli périr. Le gros bourg d'Artush, dans le voisinage de Kachgar,
a été détruit. 667 personnes ont succombé dans le district, et plus d'un millier
ont (Hé blessées. La chaleur devint intense, et pendant cinq jours l'on a res-
senti de nouvelles secousses plus faibles. Aucun Européen n'a péri.
A la séance de la Société de Géographie, de Paris, du 7 nov. 1902:
La séance a été consacrée à une intéressante conférence de M. Levât, ingénieur
des mines, sur la mission qu'il a accomplie en 1902 en Turkestan et en Houkharie
en compagnie de M. André Petit, ingénieur des manufactures. Après avoir étudié
le régime des eaux de l'Amou-Daria et séjourné dans le Darvat et le Karathé-
gine pour en étudier les ressources minières et géologiques, la mission gagnait,
au commencement du mois de juillet, la vallée du Sourk-Ob, pour franchir la
chaîne des monts Alaï. M. Levât se décida à tenter ce passage par le col de
Karagouchkana, porté sur les cartes russes de la contrée comme encore inconnu.
En vue des difficultés do ce passage, l'expt'dition française avait été l'éduite à
douze hommes et autant de chevaux. Partie le 7 juillet du village de Yarkhitch,
elle passait le col le 8 à l'altitude de 4,180 mètres et i-edescendait de là, an
348 CHRONIQUE.
village de Sokh, dans la vallée de môme nom, qui aboutit à Khokand, grande
ville du Ferganah, sur le chemin de fer russe de l'Asie centrale. La découverte
de ce passage abrèie la route ordinaire de quatre jours. Indépendamment de
ces résultats purement géographiques, la mission a rapporté d'abondants maté-
l'iaux relatifs à la géologie de la Boukharie et du Turkestan.
M. Paul Labbé. retour de la mission en Extrême-Orient que lui avait confiée
le ministère de l'instruction publique pour le Muséum de Paris, a fait le 21 nov.
à la Société de géographie une fort intéressante conférence avec projections
électriques sur le Japon, la Sibérie et la Mandchourie. — Le ministère de l'in-
struction publique était représenté par M. Germain, attaché au cabinet de M.
Chauraié, et le gouvernement russe par M. Arthur Raffalovich, conseiller d'Etat
actuel, agent commercial de Russie à Paris.
GRANDE-BRETAGNE.
Les nominations suivantes (Sept. 1902) ont été faites par le Foreign Office
dans le service consulaire de Chine:
MM. A. HosiE, consul-général pour le Se-Tch'ouan ;
J. Scott, consul-général pour le Kouang-Toung et le Kouang-Si, avec
Canton comme résidence;
W. H. Wilkinson, consul-général pour le Yun-Nan et le Kouei-tcheou ;
E. F. Bennett, consul à I-tchang;
W. Holland, consul à SwatoW;
R; h, Mortimore, consul à Ning-Po;
P. E. O'Brien Butler, consul pour le Tche-Kiang, avec Hang-tcheou
comme résidence;
W. P. Ker, consul à Wou-hou;
W. J. Clennell, consul à Kieou-kiang;
H. A. Little, consul à Pak-hoi.
La création des postes du Se-tch'ouan et du Yun-Nan porte à cinq (Chang-
Haï, Canton, Tien-tsin) le nombre des consulats généraux anglais en Chine.
CHINE.
Pe-king, 2 novembre. — La Chine a cédé à la requête du ministre de Grande-
Bretagne qui a demandé que les six fonctionnaires responsables du meurtre des
deux missionnaires anglais à Tchen-Tchéou, dans le Hou-Nan, reçoivent un
châtiment rigoureux. Un décret impérial condamne à la décapitation immédiate
le fonctionnaire militaire qui a fermé la porte de son yamen au missionnaire
qui voulait s'y réfugier. L'autre fonctionnaire militaire est condamné à être
décapité après emprisonnement. Le préfet de la ville est condamné à cinq ans
d'exil et ne devra plus remplir de fonctions officielles. Les autres fonctionnaires
CHROMIQUE. 849
ont été condamnés à la peine de bannJHsoment pour des périodes de diverse
durée. La Cliine payera une indemnité en argent à titre de compeniuition, et
fera ériger un monument commémoratif sur les lieux du crime. L'édit, qui est
conçu en termes corrects, est considéré comme satisfaisant. {Times.)
Peking, 18 novembre. — Lieou Han-yeou, le mandarin roRponsable du meurtre
des deux missionnaires anglais, MM. Bruce et Lewis, qu'on disait s'être vauvé,
a t'té ext'-cuté hier à Tchang-Cha, capitale du Hou-Nan, en présence du repré-
sentant consulaire anglais. {Laffan.)
Le fonctionnaire responsable du meurtre de deux missionnaires anglais dans
le Hou-Nan, a été exécuté le 17 novembre, à Tchang-Cha, capitale de la pro-
vince, en face d'un représentant consulaire britannique.
On annonce qu'un contrat relatif t\ la construction de la ligne du Chan-Si
est à la veille d'être signé entre la Banque russo-chinoise et le gouvernement
chinois. La nouvelle ligne doit partir de Tcheng-Ting-Fou sur la ligne Hankéou-
Peking et. aboutir à T'aï-Youen-Fou, capitale du Chan-Si. C'est l'amorce de la
future grande ligne de pénétration vers l'intérieur par le Chan-Si et le Chen-Si.
Chang-hai, 16 novembre {par service spécial). — Les funérailles du vice-roi
Lieou K'ouen-yi, à Nan-king ont donné lieu à des démonstrations sans précédents
de la part des représentants étrangers. Dans la matinée de samedi, les officiers
des navires de guerre étrangers se sont rendus à Nanking auprès de Tchang
Tche-tong, le nouveau vice-roi. Us ont été suivis par les membres du corps
consulaire. Le vice-roi leur a ensuite rendu visite et a tenu une réception dans
l'après-midi. Tous les représentants ou les lésidents étrangers y assistaient. I^e
vice-roi a donné dans la soirée un banquet de 80 couverts. Les places d'honneur
étaient occupées par l'amiral anglais et par le consul général d'Alienmgne à
Chang-hai. Le \ice-roi a porté des toasts à l'impératrice douairière, à l'empereur,
aux souverains étrangers et aux présidents de Républiques, L'amiral anglais a
répondu. Ce matin, les fonctionnaires étrangers ont rendu visite au fils du dé-
funt dans son yamen. Les funérailles se sont déroulées au milieu d'une pompe
toute impériale. Le cercueil était suivi de l'amiral anglais entouré de son état-
major, par les consuls étrangers et par un grand nombre de dignitaires chinois.
Une foule énorme, évaluée à '250,000 personnes, se tenait le long de la route
suivie par le cortège. Les navires de guerre étrangère tiraient des salves de
minute en minute, tandis que la procession venait et se dirigeait vers la jetée,
où un croiseur chinois attendait le cercueil pour le transporter dans la province
de Hou-Nan.
Recensement de la Cliitu: — M. Casenave, chargé d'aflaii-es de France à
Pe-king, communique, pai- l'entremise de M. Delcass«», ministre des Affaires
350
CHRONIQUE.
Etrangères, la note suivante sur le dernier recensement officiel des habitants de
l'Empire chinois par provinces:
«Le recens>ement, qui vient d'être publié par les journaux chinois quoique
sujet à caution, doit probablement fournir une approximation assez approchée
dans son ensemble. Les opérations ont été faites, dans chaque sous-préfecture,
par les sous-préfets aidés des autres mandarins locaux et des notables, les ré-
sultats concentrés dans les capitales des provinces par les gouverneurs et finale-
ment expédiés à Pe-king, au ministre des Finances.
Nombre des
Superficie ')
Nombre d'hab,
habitants.
en K. c.
par K. c.
Tche-li
20,930,000
300,000
70
Chan-si
12,200,450
212,000
57
Chan-toung
38,247,900
145,000
264
Ho-nan
25,316,820
176,000
201
Kiang-sou
23,980,230
100,000
240
Ngan-houei
23,672,300
142,000
167
Kiang-si
26,532,000
180,000
148
Tche-kiang
11,580,000
95,000
122
Fou-kien
22,870,000
120,000
191
Hou-pé
35,280,000
185,000
191
Hou-nan
22,169,000
216,000
103
Ch en-si
8,450,000
195,000
43
Kan-sou
10,386,000
325,000
32
Seu-tch'ouan
68,724,800
566,000
121
Kouang-toung
31,865,200
259,000
123
Kouang-si
5,142.000
200,000
26
Kouei-Tcheou
7,650,000
174,000
44
Yun-nan
12,721,500
380,000
34
Mongolie
2,580,000
3,543,000
0,7
Thibet
6,430,000
1,200,000
5
Sin-kiang (Turkestan chinois)
1,200,000
1,426,000
0,8
Mandchourie
8,500,000
942,000
9
Soit, en tout, environ 425
millions d'habitants
1) Les superficies et le pourcentage par Kilomètre carré sont empruntés au supplément
du London and China Telegraph, Londres, no. du 22 sept. 1902. Les chiifres de la popu-
lation donnés par M. Casenave diffèrent à&caux\nà\ç\\iu&^9,x\t London and China Telegraph;
il en résulte que le chiffre de la population de l'Empire chinois fourni par ce périodique
dépasse de 1,400,000 celui indiqué dans la dépêche de M. Casenave. {Note du Secrétaire
de la Rédaction). {La Géographie, VI, No. 5, 15 novembre 1902, p. 840).
CHRONIQÜB. 351
lierlin, 24 septembre. — On télégraphie de Pe-king, le 23 septembre:
«Le contre-amiral Geissier, commandant de l'escadre de croisière allemande,
et le baron Von der Goltz, chargé d'aflaires d'Allemagne, ont été reçus au-
jourd'hui au Palais d'Été par l'empereur et l'impératrice régente. L'andienee
a eu un caractère très satisfaisant. Au cours de l'entretien, qui a été assez
long, l'impératrice régente a exprimé le désir d'entretenir de bonnes relations
avec l'empereur d'Allemagne».
M. W. H. Pethick, de Tien-tsin, mort cette année, avait écrit une biographie
de Li Houng-tchang dont il fut un des conseillers les plus intimes. Son ma-
nuscrit a disparu.
FRANCE.
Le ministi'e des affaires étrangères tient de décider la création de nouveaux
postes diplomatiques et consulaires en Extrême-Orient, en A.sie-Mineure et on
Ethiopie. De plus les modifications récentes apportées au régime politique de
l'île de Cuba ont nécessité l'installation d'une légation près la Rt'publique cubaine.
Voici le détail des nouveaux postes dont le ministre estime la création nécessaire
en Chine pour la surveillance de nos intérêts.
En Chine, un vice-consulat serait créé à Swatow.
Déjà en 1900, le consul de France à Canton recommandait l'établissement
d'un poste consulaire à Swatow. L'éloignement de cette ville de la capitale du
Kouang-Toung rend en effet difficiles les relations, au point que notre consul
à Canton s'est vu à plusieurs reprises dans l'obligation de confier des missions
auprès du taotaï de Tchao-Tchéou à des Français qui ne pouvaient, d'ailleurs,
assumer la responsabilité d'une représentation permanente. D'autre part, le port
de Swatow est devenu en ces dernières années un des plus importants de la
Chine; l'Angleterre, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et la Norvège y ont
créé des consulats et la France est plus intéres.«iée encore que ces puissances
en raison des rapport.s constants existant entre Swatow et l'Indo-Chine.
D'autre part, le nombre des élèves interprètes en Chine serait notablement
augmenté.
Cette mesure, dont la nécessité a été signalée par notre ministre à Pe-king,
ne répondrait pas seulement aux besoins immédiats de notre légation dans la
capitale de l'empire chinois; elle permettrait en outre au ministère des afTaires
étrangères de trouver sur place un personnel pouvant, en cas de vacances de
certains postes d'Extrême-Orient, remplacer les titulaii'es absents, tout en éco-
nomisant des déplacements onéreux. D'ailleurs, l'application des derniers accords
avec la Chine entraîne pour nos agents dans ce pays, et surtout pour le corps
des interprètes, des travaux plus considérables que par le passé. Enfin, il est
prudent d'assurer le recrutement des interprètes-chanceliers et des vice-consuls
en Chine dont le nombre a été augmenté dans ces dernières années.
352
CHRONIQUE.
Le Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux- Arts a nommé Corres-
pondants du Ministère, en Chine: M. Joseph Beauvais, interprète de l''* classe,
à Yun-Nan Sen; le Rév. P. Henri Boucher, recteur de l'Etablissement de Zi-
ka-wei, près Chang-Haï; en Indo-Chine, en plus de M. Dumoutier, M. Louis
FiNOT, Directeur de l'Ecole d'Extrême-Orient.
A 'la séance de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres du 19 septembre
1902, M. H. Dufour, architecte diplômé par le gouvernement, a rendu compte
des éléments qui lui ont servi pour faire une étude précise des bas-reliefs du
Bayôn, dans l'ancienne ville khmère d'Angkor-Thôra, dont l'avait chargé le di-
recteur de l'Ecole française d'Extrême-Orient. M. Dufour a fait circuler un al-
bum de photographies reproduisant la suite des bas-reliefs qui se développent
sur la face Est de la deuxième enceinte du monument, et un plan permettant
de se rendre compte de leurs emplacements. Ces photographies ont pu être
prises par M. Carpeaux, compagnon de M. Dufour, après des travaux assez
considérables de défrichement et de déblaiement nécessités par la végétation
envahissante et par l'obstruction des matériaux provenant de l'écroulement des
voûtes en différents endroits. Jusqu'à présent on ne connaissait de ces bas-reliefs
qu'une description assez sommaire publiée dans la relation de la mission Dela-
porte, en 1894. L'école française d'Extrême-Orient est maintenant en possession
de la documentation photographique complète de ces bas-reliefs de la deuxième
enceinte. Dans la partie où la muraille qui les porte est entièrement écroulée,
particulièrement dans la galerie nord face ouest, tous les fragments sculptés
ont été retrouvés dans les décombres et estampés; les scènes qu'ils représentent
seront rétablies et ainsi conservées au patrimoine archéologique.
Un Comité s'est constitué pour élever un monument à la mémoire du Prince
Henri d'ORLÉANS au Cap Saint-Jacques (Cochinchine). Il a pour Président d'hon-
neur, M. Paul DüUMER, ancien Gouverneur Général de l'Indo-Chine, pour Prési-
dent, le Prince Roland Bonaparte, pour Secrétaire-Trésorier, le Comte Réoopé
qui reçoit les souscriptions, H Avenue d'Iéna, Paris. Le monument en marbre
blanc, dépassera 12 mètres et son prix atteindra 100.000 francs environ ; il sera
exécuté par le sculpteur Raoul Verlet, et l'architecte Deglane.
INDO-CHINE FRANÇAISE.
M. Bérard, sous-secrétaire d'Etat aux postes et télégraphes, fait étudier en
ce moment la possibilité de se servir du chemin de fer transsibérien pour le
transport des dépêches. Cette voie étant définitivement ouverte et parcourue
par les trains réguliers lui a semblé tout indiquée pour assurer le transport du
courrier vers la Chine, la Cochinchine et le Japon.
L'économie de temps que l'on pourrait ainsi réaliser sur la durée des parcours
maritimes serait considérable, attendu qu'actuellement les dépêches envoyées de
CHRONIQUE. 858
Pans via Marseille à Port- Arthur, n'arrivent à destination qu'au bout de 37 jouri.
Si l'on se rend compte que par ce nouveau mode de transport le courrier
serait distribua environ 15 jours après son expédition, il est indiscutable que le
projet de M. Bémrd est appelé à rendre les plus grands services.
Une trombe d'eau d'une violence presque sans précédent et provenant d'un
typhon qui venait de la direction de Manille, s'est abattuu sur Hanoi dans la
journée du 12 juillet. La quantili'' d'eau tombée en vingt heures et enregistrée
IUI pluviomètre a »Hé de 55 centimèties, niveau qui n'avait jamais été constaté
au Tong-king jusqu'à ce jour, ni probablement dans aucune contrée pour une
pareille période de temps. Les principales rues de la ville ont été transformées
en neuves. Des sampans y circulaient.
Le lac ayant débordé, on péchait couramment des poissons sur les plus fré-
quentés des boulevards du centre. Les dégâts ont été considérables. Un grand
nombre de maisons en construction se sont écroulées. Des égouts tout récem-
ment construits se sont effrondrés sous l'action et le poids des eaux. Devant la
gare du boulevard Garabetta il y avait un mètra et demi d'eau. Les chantiers
de l'Exposition ont été complètement noyés et ne sont pas encore dégagés. On
a eu de fortes craintes, un instant, pour les pavillons dont quelques-uns -vien-
nent à peine d'êtie couverts. Mais ces constructions, d'une élégance si légère
d'apparence, se sont vaillamment comportées et ont fait leui-s preuves.
La ligne du chemin de fer a été coupée sur trois points, à Gia-Lam et sur
le grand viaduc qui traverse la ville. La circulation est aujourd'hui rétablie.
Mais la fête du 14 juillet, encore à demi noyée d'eau,'' s'est ressentie des dés-
astres de la veille. Elle a été fort morose. Illuminations et drapeaux n'ont pu
lutter longtemps contre les derniers souffles du typhon qui balayaient Hanoï.
M. Beau, gouverneur général de l'Indo-Chine, est arrivé à Saigon le 15 octobre.
Le nouveau chef de la colonie a été reçu par tous les chefs de service et les
notabilités de la ville. Répondant aux souhaits de bienvenue qui lui étaient
adressés, M. Beau a déclaré qu'il comptait sur le concoura de tous pour con-
tinuer l'œuvre commencée par son eminent prédécesseur. Cette déclaration de
M. Beau a été accueillie avec une grande faveur. On comprend en eflet, en
Indo-Chine, que l'avenir de la colonie est étroitement lié à la continuation des
pi-ojets dont la réalisation a été si largement entamée déjà par M. Doumer.
JAPON.
Tokio, 17 septembre. — Il résulte de la statistique officielle de l'année finan-
cière échue au 31 mars que les revenus du Japon se sont élevés à 267,100,(K)t)
yen, le montant des dépenses étant de 266,800,000 yen, dont 10,200,000 yen
atlectés à l'amortissement de la dette publique. — Les pluies abondantes de cet
été ont endommagé les récoltes de ria, qui donneront vraisemblablement des
354 CHRONIQUE.
résultats moins satisfaisants qu'à l'ordinaire. — D'autre part, le commerce de
la soie est très prospère. (Times.)
Le courrier d'Haïphong, parvenu le 14 nov. au matin à Marseille, annonce
que la petite île de Tori-Shima, qui fait partie d'un petit gi'oupe d'îles s'éten-
dant entre les îles Bonin et le Japon, a été anéantie par une éruption volcani-
que qui s'est produite entre le 13 et le 15 août. Il y avait 150 habitants dont
on ne trouve pas la moindre trace. Il ne fait aucun doute que toute la popu-
lation de l'île ait disparu. L'île est couverte de débris volcaniques et toutes les
maisons sont détruites; l'éruption continue toujours en même temps qu'une
éruption sous-marine. Il est encore impossible d'aborder dans l'île et ces parages
offrent les plus grands dangers pour la navigation.
Il est peu de voyageurs qui, passant au Japon et ayant vu Tokio, ne soient
pas allés jusqu'au merveilleux site de Nikko, environ soixante milles au nord
de la capitale. — Nikko est renommé dans tout le Japon comme un des
exemples les plus parfaits de grâce et de beauté. C'est là qu'étaient enterrés
les anciens Shogouns et l'art japonais s'y était donné libre carrière au milieu
d'un décor naturel en soi-même enchanteur. Un proverbe populaire dit que
«quiconque n'a pas vu Nikko n'a pas encore le droit de prononcer le mot
«kekko» c'est-à-dire «beau». — Cette féeiùe de montagnes, de lacs, de ruisseaux,
de ponts laqués, de temples blancs, de statues, d'avenues, vient d'être ravagée
par un cataclysme. Après quatre jours de pluie continuelle, la montagne Nan-
taïsan, qui surmontait l'un des lacs de cette Arcadie, s'est effondrée dans les
eaux du lac. Celui-ci a débordé, -ransformant aussitôt la rivière qui en sort en
torrent irrésistible. Toute la vallée fut balayée. Deux cents maisons sont dé-
truites. Les délicieux ponts couverts de laque rouge, dont les photographies
sont connues partout, le vieux pont Mi, conservé depuis trois cents ans et trop
sacré pour que les pas d'un mortel y puissent retentir, les énormes statues
bouddhistes qui bordaient les avenues, tout cela vient de disparaître en un
instant. C'est comme si Paris avait perdu Ver.sailles. C'est pour le Japon un
malheur comparable à celui de la chute du campanile pour Venise.
De la France Automobile :
La plus grande avenue du monde, c'est au Japon qu'il faut l'allei' chercher.
Dans l'empire du Soleil-Levant, entre les villes de Namada et de Nikko, s'étend
une route parfaitement droite qui n'a pas moins de 82 kilomètres d'une ex-
trémité à l'autre: un joli bout de chemin, comme l'on voit. Cette avenue, de
8 mètres de large, est bordée tout du long par des cryptomerias, un arbre
magnifique de la famille des cyprès, dont les branches stipérieures atteignent
la hauteur de 40 à 45 mètres et dont le tronc mesuie 4 on 5 mèties de cir-
conférence. Leurs rameaux inclinés vei's lu terre et leur feuillage, touffu, en
CHRONIQUE. 355
forme de fer de lance, répandent une ombre bienfaisante 8ur cette immense
allée, une des curiosités du pays de Mme Chrysanthème. Quelle roule à records
et quelle piteuse mine feraient auprès d'elle les trois kilomètres de Dourdan!
PAYS-HAS ET COLONIES NÉERLANDAISES.
M. J. VAN DER Spek, docteur en médecine à Amsterdam, vient de décéder à
ITige de 45 ans.
En 1880 il fut nommé Intei-prète pour la langue chinoise dans les Colonies
néerlandaises, après avoir fait ses études, premièrement à Dcift, son lieu de
naissance, et ensuite à Leide, sous les auspicec de M. G. Schlegel, professeur à
l'Université.
Ayant donné en 1885 sa démission au Gouverneur néerlandais, pour se
fiiii-e inscrire comme étudiant à l'Université d'Amsterdam, il passait en 1890
son examen comme médecin.
«Les maladies de la peau» avaient depuis lors été l'objet de ses recherches.
Il se rendit à l'étranger, y visita plusieurs cliniques dermatologiques, et fut reçu
docteur en médecine en 1891 sur une thèse: Pemphigus und andere bullöse
Hautkrankheiten.
Plusieurs écrits scientifiques parurent ensuite de sa main. Hélas, il ne lui a
pas été permis de voir paraître son dernier livre (d'après Mracék, Hautkrayxh'
heiten), qu'on publiera bientôt.
RUSSIE.
Saint-Pétersbourg, 4 novembre. — Le Novaie Vremya publie un intéressant
compte rendu de la visite faite à Vladivostok il y a quinze jours par M. Witte,
ministre des finances de Russie. Des représentants de la guilde des commerçants,
du conseil municipal, de la Boni'se, et de nombreux particuliers ont été reçus
par le ministre et lui ont remis un certain nombre de plaintes et de pétitions.
Le ministre a présidé ensuite une réunion qui a eu lieu dans l'hôtel du gou-
verneur militaire. Cette réunion avait pour but d'examiner quelles mesures
devraient être prises pour le développement du commerce de Vladivostok. Le
correspondant du Novoie Vremya annonce que M. Witte a donné son assenti-
ment pour les réformes suivantes: un port libi-e pour les navii-es sera ouvert
dans la baie de Vladivostok : les marchandises importées de Chine, soit par
terre, soit par mer, y compris toutes les sortes de soies, ne paieront pas de
droits d'entrée; une école commerciale et des cours de navigation seront ouveru
à Vladivostok; la permission sera donnée de transborder les marchandises im-
portées dans des vaisseaux étrangers sans un examen des douanes, et fniale-
ment un certain nombre de formalités des douanes, peu importantes mais très
ennuyeuses, ont été supprimées. {Times.)
356 CHRONIQUE.
Pe-king, 4 novembre. — Les annonces parues dans les journaux d'Extrême-
Orient font savoir que le 14 novembre prochain quarante-neuf lots de terrain
seront vendus aux enchères à Dalny, aux acheteurs de n'importe quelle natio-
nalité. Dalny possède un port magnifique jouissant de tous les avantages natu-
rels, et pour l'amélioration duquel on a consenti des dépenses très importantes.
Aux mains d'une nation commerciale, ce port deviendrait l'un des ports les plus
prospèi'es de l'Asie. Malheureusement, les négociants étrangers, se rappelant la
façon dont ils ont été traités à Vladivostok, n'ajoutent guère foi aux assurances
de la Russie d'après lesquelles le port de Dalny sera placé dans des conditions
différentes de celles d'aucun autre port de l'empire russe. A l'heure actuelle,
pendant la construction du chemin de fer mandchourien, qui doit l'elier Vladi-
vostok à Port-Arthur, le chemin de fer, aussi bien que le port de Dalny sont
soumis à la direction civile. Cependant le chemin de fer ne tardera pas à être
achevé et l'on transférera ensuite la direction aux autorités militaires. Le gé-
néral Houvat, directeur militaire du Chemin de fer transcaspien, a été nommé
en remplacement de l'ingénieur en chef M. Jougovitch. En môme temps le
personnel civil sera remplacé par un personnel militaire; neuf «bataillons des
chemins de fer» doivent arriver au printemps prochain en Mandchourie. Il en
est de même de Dalny. Le gouverneur actuel, M. Sakharoff, ingénieur, sera
remplacé sans doute par un gouverneur militaire; ensuite, on se préoccupera
de la question de savoir à quelle époque il conviendra de créer à Dalny les
droits élevés qui ont porté en deux ans un si grand préjudice au poi't de
Vladivostok. La brochure qui expose les conditions de la vente à Dalny déclare,
en effet, que ces conditions n'ont qu'un caractère provisoire. (Tithes.)
D'après le numéro d'octobre 1902 du Bulletin des Transports internationaux
par chemins de fer, le directeui'-gérant des services internationaux des chemins
de fer russes a adressé la circulaire suivante, à la date du 21 août— 3 sep-
tembre 1901, aux administrations de chemins de fer les plus importantes d'Alle-
magne, d'Autriche, de Hongrie, de Belgique, de France, d'Italie, des Pays-Bas,
de Suéde, du Danemark et de Turquie:
«Au commencement de l'année prochaine, le chemin de fer de l'Est chinois
sera mis en exploitation régulière sur tout son parcours. Par l'ouverture dudit
chemin de fer qui est le prolongement de la ligne Transsibérienne sera établie
une voie ferrée continue reliant l'Europe Occidentale à l'Exti-ême-Orient.
«Cette nouvelle ligne acquiert une importance toute particulière, si l'on prend
en considération que le développement progressif des intérêts économiques réunit
toujours plus étroitement l'industrie et le commeice de l'Europe à ceux de la
Chine et du Japon, et que le service direct avec l'Extrême-Orient exercera, en
premier lieu, une influence très sensible sur le mouvement des voyageurs.
«Comparé à la voie maritime, le nouveau service offi'ira tous les avantages;
sous le rapport du comfort, de la vitesse et des pri.x de transport.
CHROWIQTJB.
857
«En ce qui concerne la rapidité du trajet, il est & remarquer que In parcours
de.s principales villes de l'Europe Occidentale aux stations fruntièi'es rosîtes
d'Alexandiovo et de Virballon jusqu'à Port-Arthur (Dalny) 15 joui*« •/« «t
enflUr des mêmes stations frontières à Peking, via Inkow, par le chemin de fer
du Nord Chinois, 10 jours
aDe Port-Arthur (Dalny) à Chang-hai ou Nagasaki, par voie matitime, la durée
du voyage est de 2 à 3 jours.
«Depuis les ports anglais et celui de Hambourg le trajet par mer s'eflectue:
Jusqu'aux ports de:
Via Canada-Québec
Vancouver
Jours
31—33
29—30
33—35
26—27
Via Brindisi ou
Naples-Canal de Suez
Jours
Chang-hai 31—32
Nagasaki 32—34
Hong-Kong 29—30
Yokohama 35—36
«Il en résulte que la durée du trajet par voie de terre est diminuée de 13
à 15 jours dans une direction, ce qui fait environ un mois pour l'aller et le
retour.
«Outre l'économie de temps, la nouvelle route présentera encore d'autres
avantages. En 1900, les travaux entrepris sur le chemin de fer Transsibérien
dans le but d'accélérer la vitesse des trains seront terminés et la ligne de
Saint-Pétersbourg- Viatka, . actuellement en construction, pourra être mise en
exploitation, de sorte que la durée du trajet précité se, trouvera abrégée encore
de 3 joui-s.
«Les prix de transport, actuellement perçus pour les voyages par l'Amérique
ou le canal de Suez, s'élèvent, depuis Londres ou Hambourg, nourriture comprise:
Via Amérique
Jusqu'aux ports de :
Chang-hai, Nagasaki et
Yokohama ....
Ire Classe.
635—700 roubles.
1.694-1.867 francs.
2e Classe.
400—460 roubles.
1.069—1.227 francs.
Via Suez
Ire Classe.
2e Classe.
Jusqu'aux ports de:
Chang-hai, Nagasaki et
Yokohama ....
410^445 roubles.
1.094—1.187 francs.
. 740—780 roubles.
1.974—2.081 francs.
«Par voie de terre, à travers la Sibérie, les prix de transport, d'après les
tarifs actuellement en vigueur sont, y compris 5 roubles (14 fr.) pour la nourri-
ture par voyageur et par jour et les suppléments pour les trains de grande
358 CHRONIQUE.
vitesse, de 400 roubles environ (1.067 fr.) en première classe et de 330 roubles
environ (884 fr.) en deuxième classe, Les différences moyennes en faveur de la
voie de terre seront, par conséquent, en première classe 260 roubles (694 fr.) et
en deuxième classe 100 roubles (267 fr.), ou le double de ces chiffres pour l'aller
et le retour.
«La nouvelle ligne profitera également d'une manière sensible aux voyageurs
de troisième classe, puisque le trajet de Hamboui'g à Chang-hai par la voie
maritime coûte environ 225 roubles (601 fr.) tandis que le voyage, par la Sibérie,
ne revient qu'à 100 roubles (257 fr.) environ.
«Pour suffire aux besoins de confort des voyageurs qui entrependront un
aussi long voyage, il sera nécessaire d'organiser des trains express comportant
des wagons-lits et des wagons-restaurants. Il faudra donc créer un service direct
et rapide, entre les ports et principales villes de l'Europe Occidentale jusqu'aux
stations frontières russes d'Alexandrovo et de Virballen,
«Les stations frontières sus-indiquées commenceront par expédier trois fois
par semaine, à la frontière chinoise et au delà jusqu'à Port-Arthur (Dalny) et
Peking, via Moscou-Irkoutsk, des trains rapides, mis en circulation par les ad-
ministrations des chemins de fer étrangers. Les trains en question seront en
correspondance directe avec les bateaux à vapeur du chemin de fer de l'Est
Chinois qui desserviront une fois au moins par semaine Chang-hai et Nagasaki.
Ces bateaux de construction la plus moderne satisferont par leur confort à
toutes les exigences.
«Les voyageurs désireux de se reposer après les fatigues d'un voyage aussi
prolongé, trouveront à [nkow et Dalny des hôtels confortables, construits par
la compagnie du chemin de fer de l'Est-Chinois.
«Tous les faits précités imposent la nécessité d'organiser un service direct
des voyageurs par la Sibérie entre les principales villes et les grands ports de
l'Europe, d'une part, et certaines stations sibériennes, ainsi que les principales
villes de la Chine et du Japon, d'autre part».
Dans ce but, le directeur des services internationaux des chemins de fer
russes (M. D. de Perl, conseiller d'Etat actuel à Saint-Pétersbourg) a invité les
administrations de chemins de fer mentionnées plus haut à prendre part à une
conférence qui a été convoquée le 9 octobre, à Paris.
Saint-Pétersbourg, 19 novembre. Unegrandeaffaireindustriellerusso-japonai.se,
dont les statuts sont complètement arrêtés, s'organise à Moscou. Cette com-
pagnie s'est constituée avec une grande fabrique de soieries de Yokohama et
plusieurs importantes maisons de commerce de Moscou, russes et étrangères.
Elle se propose de construire à Slomine une fabrique pour le travail des soies
brutes du Japon; en outi'e, elle importera au Japon du pétrole, du sucre, du
blé et des produits chinois.
INDEX ALPHABÉTIQUE.
A.
Page
Anglo-Chinese Treaty 324
Annamites, Coloration dentaire des, par Paul d'Enjoy 184
Arendt, Cari. Nécrologie par Henri Cordier 37
— Listes chronologiques des souverains chinois 142
— Nécrologie par le Dr. Merklingliaus 346
Art Japonais, une histoire de 1'. Collection Ilayashi par Thiébauit-Oisson 33
Asie centrale, Association internationale 322
Aston, W. G. Littérature japonaise 343
Avenir de notre Démocratie égalitaire d'après la Chine 344
B.
Barth, Notes sur Çanf et Campa 199
—, A. Stèle de Vat Phou " 344
Barthold, W. Revue des ouvrages russes sur l'Asie Orientale 142
— Aperçu des travaux russes sur l'Asie Orientale en 1901 345
Bassac, ruines 345
Beau, nommé gouverneur-général de l'Indo-Chine française 266
— Arrivée à Saigon 353
Beauvais, J. Kouang-si, Traduction de document^ 12, 59, 145
— , nommé correspondant du Ministère de l'Instr. PubI 352
Behrmann, Dr. Senior D. Hamburgs Orientalisten 316
Bénazet, Alexandre. Le Théâtre au Japon 140
Bennett, E. F., nommé consul à 1-tchang 348
Berlin, Séminaire des Langues Orientales 49
— Seminar für orientalischen Sprachen, Mittheilungen 142, 345
Bibliographie des ouvrages publiés en Chine par Henri Cordier . . 140
— coréenne, supplément, par Maurice Courant 141
Bibliotheca Sinica, 2" édition, par Henri Cordier 342
Bolletino Italian©, de Tien-tsin 264
Bonifaoy, A. Contes populaires des Mans du Tonkin '^Aï^
Bons d'Anty, Yang-tseu Kiang 52
360 IITÜEX ALPHABÉTIQUK.
Page
Boucher, R. P. Henri, recteur de l'Etablissement de Zi-ka-wei, nommé
correspondant du Ministère de l'instr. Pub! 352
Brinkmann, Dr. Justus. Collection japonaise de Hambourg 318
Buhle, Heinrich. Chinesische und Griechische Kunst by G. Schlegel. . 477
Buissonnet, Eugene. Nécrologie par Henri Cordier 248
Bulletin de l'Ecole Française d'Extrême-Orient 344
Butler, P. E. O'Brien, nommé consul à Hang-tcheou 348
c.
Cabaton, A. Nouvelles Etudes sur les Chams, revue par Henri Cordier 187, 489
Cadière, Phonétique annamite, revue par Henri Cordier .... 187, 190
— , le R. P. L., S. J. Géographie historique du Quang Binh 199
Camphre de Forraose 276
Casenave, Recensement de la Chine 350
Catalogue des livres chinois, coréens, japonais, etc., de la Bibliothèque
Nationale, par Maurice Courant 342
Central Asian Society fondation de... à Londres 49
Chemin de fer de Chan-toung, Compagnie 265
— transsibérien. Courrier de Chine et d'Extrême-Orient 352
— de l'Est chinois exploitation 356
China Branch Royal Asiatic Society; 45® anniversaire 264
— Review 346
Chine, nomination par l'Impératrice de nouveaux ministres plénipotentiaires 266
— Album de la campagne de 271
— recensement 350
Chinois, Cours de, à Owens College, Manchester 264
Clavery, Edouard. Relations économiques de l'Angleterre avec l'Extrême-
Orient; revue par Henri Cordier 251
Clennell, W. J., nommé consul à Kieou-kiang 348
Commaille, J. Ruines de Bassac 345
Congrès int. d'Anthropologie de Paris 261
— des Orientalistes, Hambourg 35, 264, 280, 316
— des Orientalistes, Hanoï 57, 183, 323
Contenson, baron de. Avenir de notre Démocratie égalitaire d'après la Chine 344
Convention entre la France et le Siam 335
Cordier, Henri. Nécrologie: Professor Carl Arendt 37
— Nécrologie: Pierre Heude 38
— Abel-Rémusat, bibliographe 109
— Bibliographie des ouvrages publiés en Chine par les Européens au XVU^
et XVIIP siècle 140
— Revue de Numismatique annamite par Désiré Lacroix 187
— Revue sur Nouvelles Recherches sur les Chams, par Antoine Cabaton . 189
TVmtX AI.PM M«r riiJlîK. 3öl
P»ge
Cordier, llonri. Revue sur I'lioiifiuiut! aniiainiii) de L. (Jadière .... 490
— Revue sur Atlas archéologique de i'Iiidu-Cliiue du Cap, de Lajonquière 191
— Les douanes impériales maritimes chinoises '■l'I^l
— Nécrologie du Marquis Saigo ^248
— — de Robert James Forrest '2i8
Eugène Buissonnet 248
— — de Mary Summer 240
Léon Feer 249
— Revue de: Relations économiques de l'Angleterre avec rExtrAme>Orient
par Edouard Clavery • 251
— Revue: Les Douanes Impériales chinoises par Philippe Delmas. . . . 252
— Histoire des Relations de la Chine avec les Puissances Occidentales 255, 263
— Troisième édition du Marco Polo, de Yule 263
— Marchands hanistes de Canton 2S1
— Nécrologie d'Alexandi-e Michie 338
de Jonathan Lees 338
de James H. Hart 339
d'Angelo Zottoli 339
de Lieou K'ouen-yi 3.39
— Notice sur Notes on Chinese Literature d'A. Wylie IVtO
— Bibliotheca Sinica Q' édition 34îi
Courant, Maurice. Deux prononciations pour certains caractères chinois . 54
— Bibliographie coréenne, supplément 141
— Catalogue des livres chinois, coréens, japonais, etc. '' 342
— Note bibliographique de la Littérature Japonaise de W. 6. Aston, traduite
par Henry D. Davray 343
D.
Dalny, port de 356
Davray, Henry D. Traduction de la Littérature Japonaise de W. G. Aston 343
De Groot, J. J. M. The religious system of China: Review by Q. Schlegel 41
— Is there Religious Liberty in China? 345
Delmas, Philippe. Les Douanes impériales chinoises, ravue par Henri Cordier 252
Deshayes, ¥j. Conférences au Musée Guimet 54
— (inference sur les Animaux fantastiques de l'ancien art chinois . . . 144
— Conférence sur un tissu du VU' siècle du temple de Hariowji à Narm . 144
Devéria, Gabriel. Musulmans et les Manichéens chinois 261
Douanes impériales maritimes chinoises, par Henri Cordier 223
Doumer, Paul. Rapport sur la situation de l'Indo-Chine 122
Dubail, nommé ministre de France à Peking .... '2^7
— Lettre de Tokio 274
Du Chaylard, Comte, nommé ministre de France à Montevideo . . 267
3G2 INDKX ALPHABÉTIQUE.
Page
Dufour, H. Etude des bas-reliefs de Bayon 352
Dumoutier, G. Note de paléoethnologie, etc 261
Duysberg, W. J. van, nommé chevalier de la «Militaire Willemsorde» . 278
E.
Ecole française d'Extrême-Orient, Bulletin N«. 4 55
Bulletin N«. 1, 4902 199
— — — Publications 187
Enjoy, Paul d'. Coloration dentaire des Annamites 184
P.
Fedtschenko, Boris. Mission scientifique russe au Pamir, conférence à la
Société de Géographie de Paiis 270
Feer, Léon. Nécrologie par Heni-i Cordier 249
Finot, Louis. Transciiption adoptée pour le Cambodgien 199
— Vat Phou 344
— Directeur de l'Ecole d'Extrême-Orient, nommé correspondant du Ministère
de l'Instr. Publ 352
Finzag, Un train impérial 134
Fire-arms and Gunpowder in China, .... by G. Schlegel 1
Florenz, Dr. K. Neue Bewegungen zur Japanischen Schriftreform . . .198
— Geschichte der Japanischen Litteratur 343
Forke, A. Recherches sur l'état financier en Chine 142
Formose, Camphre 276
Forrest, Robert James. Nécrologie par Henri Cordier 248
Foucher, A. Notes sur la géographie ancienne du Gandhâra 56
Foy, Karl. Souvenirs sur Cari Arendt 346
G.
Gallina, ministre d'Italie, présente ses lettres de créance à Kouang-Siu . 264
G-eissler, contre-amiral allemand, réception au Palais d'Eté 351
Geschichte der Chinesischen Litteratur par le Dr. Wilhelm Grube . 343
— der Japanischen Litteratur par le Dr. K. Florenz 343
Giles, Herbert A. Chaire de Columbia College 52
Goltz, von der. Charge d'affaires d'Allemagne, réception au Palais d'Eté . 351
Gramatzky, Dr. Shichi ko Zoshikwan no uta 30
— Die Gaku in meinem Hause 345
Grube, Dr. Wilhelm. Geschichte der chinesischen Litteratur 343
H.
Hambourg, XIII« Congrès des Orientalistes 35, 264, 280, 316
Hanoi, Congrès international des Oi'ientalistes 57, 183, 323
I
INÜKX AI.PJlABKTiqilK. 363
Hanoï, Typlion du 12 juillet 353
Hart, Jarnos H. Nécrologie par Henri Cordier 339
Hayashi, Collection .33
Hondo, Pierre. Nécrologie par Henri Cordier ... :{8
Hirth, Friedrich. China im Zeichen des Fortschrittes r»4
— Chinesische Malereien auf Papier und Seide by tl. Schlegel . . .177
— , nommé professeur de chinois à Columbia University, New- York . 192. 347
Histoire des Littératures publiée par Armand Colin 343
Holland, W., nommé consul à Swatow 348
Hosie, nommé consul-général au Se-Tch'ouan 348
Huart, Clément. Texte turc-oriental de la stèle de la mosquée de Peking 2G1
Huber, Edouard. Itinéraire du Pèlerin Ki-ye 345
Huile de chanvre, première expédition de Kharbin à Odessa 265
Huth, Dr, George. Rapport de son voyage aux Toungouse« ."»5
I.
Indo>Chine, situation de 1', rapport de M. Doumer 122
J.
Japanese, Want of ear-laps 143
Japon, peinture au Itw
— état de la flotte de guerre 197
— statistique financière » . .^ .353
K.
Kachgar, Tremblement de terre 347
Ker, W. P., nommé consul à Wou-hoii :<'i*^
Kharbine, transfert du gouvernement général de la c6te sibérienne
Ki ye, pèlerin Mb
Klobukowski, rapport sur le Commerce du Siara en lî^OI 207
Kouang-si, traduction de documents, par J. lieauvais . . . .12, 59, 145
Korea Review 262, ;i46
Kunze, II. Zur volksthümliche japanischen Lyrik Mrt
L.
Labadie-Lagrave, G. Le roi Tchoulalonkorn 179
Labbé, Paul. Conférence à Paris sur le Japon, la Sibérie et la Mandchourie 348
Lacroix, Cap. Désiré, Numismatique annamite, revue par H. Coixlier .
Lajonquiere, Cap. E. Lunet de, Atlas archéologique de l'Indo-Chine, revue
par Henri Cordier 187, 191
Lange, R. Noms de femme japonais 142
— Alphabetische Verzeichniss japanischer Frauen-namen
364 INDEX ALPHABETIQUE.
Page
Lange, R. Eine wissenschaftliche Gesellschaft in Taiwan 345
Laos Siamois 240
Lavallee, A. Notes ethnographiques sur diverses tribus du Sud-Est de
l'Indo-Chine 55
Lees, Jonathan. Nécrologie par Henri Cordier 338
Lefévre-Pontalis, Pierre. Voyages dans le Haut Laos etc 344
Levât, Daniel. Conféi-ence à Paris sur le Turkestan et la Bonkharie . . 347
Levi, Sylvain. Notes chinoises sur l'Inde 344
Levy, Raphaël-Georges. Les Finances du Japon 261
Lieou Han-yeou, mandarin responsable du meurtre de deux missionnaires
anglais dans le Hou-nan , 348
— K'ouen-yi. Nécrologie par Henri Cordier 339
Funérailles 349
Li Houng-tchang, titre posthume 50
Littérature japonaise de W. G. Aston 343
Litteraturea des Ostens in einzeldarstellungen publiées par C. F. Amelang 343
Little, A. J., remonte à Tchoung-king 52
— H. A., nommé consul à Pak-hoi 348
Lob-nor, déplacement du 143
LomuUer, le P., S. J. Assassiné à Wei Hien 193
Londres, School of Modem Oriental Studies 49
Luoy-Possarieu, Etiquettes du commerce de vins au Japon 275
M.
Macklin, Rev. W. E. Mencius and other Refoi-mers of China .... 262
MadroUe, Claudius. Les premiers voyages français à la Chine; revue par
Gabriel Marcel 252
Mans du Tonkin, Contes populaires 345
Marcel, Gabriel. Revue de Les premiers voyages français à la Chine... de
Cl. Madrolle 252
Marchands hanistes de Canton par Henri Cordier 281
Marolles, Commandant de, Souvenirs de la révolte des T'aï-P'ing . . . 201
Martin, W. A. P. Arrive dans la Colombie britannique 138
Merklinghaus, le Dr. P., nommé à la chaire de chinois à Berlin ... 49
— Nécrologie du prof. Cari Arendt 346
Michie, Alexandre. Nécrologie par Henri Cordier 338
Monbel, de. Lettre au sujet de la création d'une ligne Java — Chine — Japon 279
Mortimore, R, H., nommé consul à Ning-Po 348
Muramats, Meiji Kaiwahen 56
N.
Wew-York, Columbia College; inauguration de la chaire de chinois . . 52
IWDKX ALPHABmQUK. 365
Nikko, Cataclysme de 354
Nooentini, Lndovico. Etudes sur lu Corée 52
o.
Odend'hal, note sur l'existence de ntines à Giam-Biftu 499
Orléans, Henri prince d', Monument au cap. St. .lacques 352
Ox, Dr. Uemèdes tonkinois 132
P.
Parker, E. il. Coui-s de chinois de... ä Owens College, Manchester. . . 2()4
Parmentier, Description du sanctuaire de Po-Nagar à Nha-trang . . . 1î)9
— Note sur l'exécution de fouilles 199
Pavie, Indo-Chine, Mission 343
Peking, conférence sur, faite par M. Charles Vapereau 52
— Mosquée de 261
Pelliot, Bibliographie 199
Pethiok, W. H. Biographie de Li Houng-tchang 351
Phonetics, ancient Chinese, by S. A. Schaank 106
Ports ouverts au commerce étranger 235
Pullé, Comte Francesco L. Mémoire sur la géographie et la cartographie
anciennes de l'Inde 263
R.
Beboul, Dr. Henri. Etude sur le plateau de L«ng-Sa 139
Recueil de textes chinois, par A. Vissière 343
B.égamey, Félix. Rapport sur sa mission au Japon 343
Remèdes tonkinois par le Dr. Ox 132
Àbel-Rémusat, bibliographe par Henri Cordier 109
Riess, Dr. L. William Adam and his Gi-ave in Hemimura 198
Rocher, Emile. Mission au Yun-nan . 265
Rockhill, William W. Rapport dans Papers ralating to the Foreign Relations
of the United States, December 3, 1901 342
Romaji-kwai 198
s.
Saigo, Marquis. Nécrologie par Henii Cordier 248
Sarasin, frères P. et F., Voyages des 139
Saugy, Louis de, Etude sur les gisements miniers de Van-Say .... 112
Schaank, S. H., Ancient Chinese Phonetics 106
Schiller, E., Japanische Geschenksitten 198
Schlegel, G., Invention and Use of Fire-Arms and Gunpowder in China,
prior to the Arrival of Europeans I
366 INDEX ALPHABÉTIQUE.
Page
Schlegel, G., Nécrologie: Cornells Petrus Tiele 39
— Review of J. J. M. de Groot's Religious System of China, Vol. IV, Book II 41
— Want of ear-laps with the Japanese i 43
— Chinese pictorial art 177
Scott, J., nommé consul-général à Canton 348
Seidel, A., Grammaire de langue japonaise parlée 56
— Vocabulaire systématique de langue vulgaire chinoise du Nord ... 56
Service postal entre le Tong-King et Tchoung-King 137
Shichi ko Zöshikwan no uta. Lied der Daishichi Kötögakko Zöshi-kwan.
Par le Dr. Gramatzky 30
Siam, rapport de M. Klobukowski .' 267
— Convention entre la France et le 335
Silvestre, J. La France à Kouang Tcheou-wan 261
Sixte« Quint, Lettre du Pape à l'Empereur de la Chine 141
Specht, Edouard. Note sur le déchiffrement des monnaies Sindo-ephtalites 55
Spek, J. van der, Décès de 355
Summer, Mary. Nécrologie par Henri Coidier 249
Suzor, Région de Xieng-mai 240
Swatow, Création d'un poste consulaire français 351
Sweerts de Laudas Wyborgh, nommé ministre des Pays-Bas au Japon 53
T.
Taigny, Collection Edmond 107
T'aï-P'ing, Souvenirs de la révolte des... par le Comm. de Marolles . . 201
Taufa, Über das Muschelgeld 345
Tchang, R. P. Mathias, S. J. Tableau des souverains du Nan-tchao . . 56
Thiébault-Sisson, Collection Hayashi 33
Tiele, Cornelis Petrus. Nécrologie par G. Schlegel 39
Tokio, Association russo-japonaise 277
— Académie navale 278
Tori-Shima, île de. Destruction par éruption volcanique 354
Traité anglo-japonais 32
— russo-chinois sur la Mandchourie 119
Treaty, Anglo-Chinese 324
Troncoso, F. del Paso y, Comedia de los Reyes 317
Tseng, Marquis. Audience de congé du Marquis à Peking 262
Tsinanfu, Chinesische Hofschule in 345
V.
Vapereau, Charles. Conférence sur Peking 52
Vat Phou 344
Vissiére, A. Tiaité des caractères chinois que l'on évite par respect . . 56
IUDEX ALPHVBKTiqUB. 367
Pa««
Vissiére, A. Tables de transcription française de« gons chinois . . . .196
— Audience de congé du Marquis Tseng '262
— Recueil de textes chinois 343
Voyages duns le Haut Laos etc. par Pierre Lefèvre-Pontalis 344
w.
Wai-wou pou, nainistèi-e des Âflaires Etrangères en Chine 50
Walshe, Rev. W. Gilbert. The ancient City of Shaohing 262
Warneck, ,F. G. Hatakscho Umpana . . . • 345
Wilkinson, W. il., nommé con»ul-gén. pour le Yun-nan et Kouei-tcheou 348
Witte, Compte rendu de sa visite à Vladivostok 355
Woermann, K. Austeilung der llirthschen Sammlung chinesischer Male-
reien... by G. Schlegel , . . . 177
Wolf, Jean Christophe, Orientaliste 316
Wylie, A. Notes on Chinese Literature 340
Y.
Yang Tseu Klang, navigation sur le... conférence de M. Bons d'Anty . 52
Yule, Henry. Marco Polo, troisième édition par Henri Cordier .... 263
Yunnan, la Mission du ... et les Chemins de fer de pénétration en Chine,
par G. L 50
— Concession minière 265
Yun-Nan-Seng, Ecole française 137
z.
Zottoli, Angelo, S. J. Nécrologie par Henri Cordier 339
DS
501
T45
sér.2
V.3
T'oung pao
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